Cf. Laroiisso, art. Uoiiclier
108 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A l'aNTIQUE.
commentaire : < J'éprouve en lisant certains morceaux de son Églog lies el de ses Gèorgiqucs un attendrissement qui ne se manifeste point, il est vrai, par des larmes, mais qui peut-être en est plus doux parce qu'il me l'ait tomber dans une sorte de rêverie amoureuse '. »
Malheureusement la sécheresse et le prosaïsme de Roucher empêchent d'en citer seulement un morceau. Il est tout entier perdu comme Delillc; mais là où il lui est vraiment très sui)érieur, c'est par la force du vers. Celui de Delille ne donne jamais l'impression de Virgile, même lorsqu'il en est traduit: il ne fait jamais soniïer à l'arl, il est constamment flasque et énervé. Au contraire Rouchrr abonde en vers fortement musclés, qui rai)pellent la structure sévère et solide du vers latin :
Sa fonniilalile main porte un large Iridenl-. Trésor que nous porlon;^ en des vases d'argile •''. Les peuples marclierunl ii sa vive hiuiière.
Ou ce que Sainte-BruM' ai)i)elle des vers « d'un seul jet . :
Les yeux demi fermés, il boil un long amour '►.
L'Océan déploya jusqu'aux bornes «les cieux-^ Su surfact; immobile, immense, solitaire.
Sa vei'silication est aussi plus originale (pie celle de Delille. beaucoup moins monotone :