Mémoires de M""' Vigée-Lcbriin
:t. L'amilié de Chcnicr et de Lebrun est connue : voir |iar e.\cmi)le VKpilre à M. Lebrun et celle Au marquis de Brnzais: mais ce qu'on n'a pa> assez relevé c'est l'influence certaine de Lebrun sur Chénier.
4. Discours sur Tihi/lle, adressé à >L de Ohassiron, de l'Acid^mie royale de La Rochelle i\'&ij.
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ék'vé pour ignorer les médiocres: — Lebiuii au cou- Irairc s'exaspérait contre eux '. Comme ils étaient légion, surtout dans la période qui va de 1780 à 1789, on juge s'il a dû exciter des colères et d<'s rancunes '-. Mais ce qui l'isole plus eii(()r<' au milieu de ses confrères en littérature, C(> sont ses idées sur la poésie. Par delà Voltaire, il remonte" cl se rattache aux gi'ands classiques du xvir siècle, on du moins telle est sa prétention : « Klève du second liacine », — c'est lui-même qui le dit — il veut, comme eux, rajeunir la |>oésie aux sources antiques : « Je ne puis trop le redire et peut être ci"ié-je dans les déserts, imitons les anciens] marchons d'un pas invariable vers les beautés innnortclles de la nature: laissons l'art à la Irivolité '', etc. » Il écrit une ode dont le titre est encore plus ex[)licile : Que l'étude de la nature est préférable même à celle des anciens. C'est le tond même de VArt poétique de Boileau. Mais il ne faudrait pas le croire sur parole. 11 n'est C{ue de parcourir son œuvre, pour voir qu'il a beaucouir plus pratiqué les anciens que la nature. Avec la poésie et la foi naïve en moins, c'est en somme à Ronsard qu'il revient : même ivresse de ijloire. même culte du lyrisme antique, même goût pour les raretés mythologiques, même bigarrure grécolatine, sans parler des grands airs de prêtre des .Muses.
On ne sait jusqu'à quel point Lebrun était lié avec Ar.dré Chénier et son ami, le marquis de Brazais, ni si il'autres jeunes gens se groupaient autour de lui : mais il me semble qu'il y a dans ces trois hommes