‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 127 sur 250 · I. Voir Sainte-Btuve, l'orlr. liU., 1, p. liT · texte numérisé non relu

I. Voir Sainte-Btuve, l'orlr. liU., 1, p. liT

2 Cf. lo Petit Almanach des f/rands hommes de Hivarul i,l"88); De Lescure, Rivarol et la société française, p. 12-> et suiv.

;i. Discours sur Tibulle,

212 FIN nu CLASSICISME ET HETUUIJ A LANTIOLE.

coniino le noyau (ruiie petite école dissidente. Kn tout cas les idées de Lebrun sur lélégie et le poème didactique sont exaclenienl les mêmes que celles d'André Chénier. En haine des (lolardc^au et des Dorât, il ramène Télégie aux modèles latins, à Tibulle et à Properce, (rest réléiîie savante, littéraire, sans sincérité et sans abandon, avec un insupportable abus de mythologie. Et dans le i)oème didactique, il rêve, comme Chénier encore, d' « allier Eucrèce à Newton ' ».

Pour ce c|ui est de la poésie lyrique, il a également ses idées h lui. qui ne soid pas très différentes de celles de llonsai-d, non jjIus rpie de celles d'André Cliéniei" -. On jieut dire qu'en cela il se forma tout seul. car il n'attendit pas que l'opinion se préoccupât de Pindare, pour le célébi-er et l'imiter. 11 ne dut rien à la traduction de Chabanon, non plus qu'à VEssni de Vauvilicrs '. qui parurent bien après ses débuts (1772). Dès 17.16, il donnait des Héflexlom sur le génie del'(klc. en même temps fjue son poème sur le désastre de Lisbonne. 11 y gloriliait Pindare. Mais le connaissait-il de première main? Etait-il capable de le lire dans le texte? On en doute à voir l'éloge très vague qu'il «"ii fait, surtout loi'squ'il le compare à Horace. Quoi qu'il en soit, c'est Pindare qui était désormais son modèle, et, bien ou mal connu, c'est l'idée (pi'il en a qu'il va essayer de réaliser dans ses Odes : « La hauteur des j^ensées. In rivacilé des imat/cx. la fiurdirsse des figrirc>!,

L Liv. VI. nijc viii.

2. Voir par cxciiiplt' son oile divisco en sli'oplies. .'irilislniplicel épodes : •• 0 mon o<.\>v\\ ! ;iii sein des cit'ux... » .Mdis siirloul ses remarques sur l'ode de Malherbe à Marie de ^lé(Hci.s, nvcc un plan d'ode pind.irirpie : Œuvres en prose (('dil. lî. de Vm\- (luières), p. \\V.\.

3. Non i>his qu'an Discours sur lu poésie h/rique avec /m modèles du r/enre, par laldié fiossarl, (jui parul en 1"CI, et ne rt-nfermail d'.ulleur^ auenne vue originaiei

LKS <( l'OF/r.K MINOrŒS ». 213

l'impéluoAité (tu style, la noblesse, la nouveauté, la magnificence, l'éclat, la ctiateurdes expressiotis, tel est le caractère (le sa poésie; toutes ces beautés se précipitent en loule dans ses audacieux dithyrambes; de ses vers coule une profonde harmonie; l'enthousiasme est son Ame; et s'il est vrai que la poésie soit le langage des dieux, c'est dans la bouche de Pindare ' .» — \oi\i\ en somme tout le programme de Lebrun pour la poésie lyrique.

11 est impossible de ne pas remarquer en passant combien cet entêtement de nos poètes h ressusciter Piudare était étrange et condjien même il serait inexplical)le sans la force de la tradition et le principe de l'imilation qui est à la base du classicisme. Malherbe, après les erreurs de Ronsard, s'en était sagement abstenu, et cela sans doute pour toute espèce de raisons, mais surlo'ut par un secret sentiment que ces pastiches étaient un contre-bon sens dans la poésie française et ne pouvaient être qu'un amusement de dilettante ou dérudit. On ne se rendait pas assez compte que le lyrisme de Pindare est une chose extrêmement spéciale et qu'essayer de le faire revivre était à peu près aussi absurde que de vouloir l'établir en plein Paris moderne la procession des Panathénées.

D'ailleurs Pindare, comme les lois du lyrisme grec, étaient encore trop mal connus même des philologues de profession, pour <(u'on put tenter des pastiches exacts des Odes triomplmtes; c'est ainsi, par exemple, <pie le problème de la composition de l'ode pindarique, qui est encore aujourd'hui si obscur, pour ne pas dire qu'il est insoluble ^, Lelnun le tranche sans

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