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L'Invention, v. 2S.'J et suiv

232 FIN DU CLASSICISMlî ET HIÎTOUH A L ANTIQUE.

Il semble lioiic (juil y ail là connue une première ébauche plus iliscrèlc des {)rincipalcs revendications de la Pirf'iire de Croinwell, quelque chose comme un appel à l'indépendance, une déclaration de guerre à la routine classique. Pour s'apercevoir que nous en sommes encore loin, il n'est que de préciser avec Chénier sa théorie de l'invention.

D'abord le poète, tout cnlhousiasle ((u'il est. devra être capable de gouverner son inspiration. Pour Chénier comme pour Gœthe, création est délivrance. La liberté souveraine du poète s'atteste non seulement par l'économie parlaitcment intelligente et harmonieuse de son œuvre, mais par la facilité avec laquelle il la ({uitte et la reprend. Voilà une idée éminemment classique. C'a été celle de Hacinc et de G(ethe, l'un (pii pouvait écrire en prose des plans développés de ses tragédies, l'autre (jui était capable de reveniv à son Iphigôuie eit Tduri'le. et d'en changei' la i)rose en l)oésie. De même André Chénier : il travaille sans hâte, parlaitcment sûr de lui et de ses moyens :

Je prépare loii^'lemps cl la forme el le moule '.

Après avoir ébauché l'ensemble, il Unit tantôt un fragment, tantôt un autre :

S'i'îzaranl à mon gré mon ciseau vagaljond

.achève à ce poème ou les pieds ou le fronl,

(Ireuse à l'aulre les flancs, puis l'abandonne — et vole

Travailler à eel autre ou la jamhe ou l'épaule -.

C'est le procédé fju'il a résumé dans le vers ianieu.K :

ilien n'e^l fait aujourd'hui, lout sera t'ait demain ■'.

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