‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 151 sur 250 · Ali traiini'i; v. 2', 2.S · texte numérisé non relu

Ali traiini'i; v. 2', 2.S

A.NDHK CllKMKH. 249

lions (le (llit'iiicM' dans les lerrrs cuites les plus i^racicuses et les plus Unes de Clodioii. 11 vante les petits [lieds et les petites mains, il sui-veille \r Uni de rexéculion. la Iranspai'ence on le ijrenn de l'épiderine. l'ovale du visage, l'étroitesse de la bouche, rexpression des yeux. Tout le ihMail pittorescpie on plasticjue du corps lininain le sr-duit : de grands vimix noirs profonds, le contraste tles yeux sombres et do la joue rose d'un l'plièbe. de la blancheur d'une épaule et de la masse dune clievehire brune. C-e sont surtout les cheveux (pi'll décrit avec prédilection, les cheveux blonds épars, en toison, comme dans Rubens. Les cheveux reviennent aussi souvent dans ses poèmes que les roses. Il suflit d'y songer, des vers répondent aussitôt dans la mémoire :

l".t pour SCS liloïKJs ciievciix k'S iiarfiiins préparés... (loupe/ sur iiiiin loini)eau vos clievehn-es l)londes...

C'est pourquoi il aime à évoquer un jeune Iront de nymphe couronné de lilas, ou le dieu Bacchus, toujours adolescent, avec une couronne de grappes sur ses cheveux bouclés.

Faut-il s'étonner c]u'il ait le don de la composition picturale? On voit certains de ses poèmes : par exemple les bergers groupés autour d'Homère, le mendiant eml)rassant l'autel domestique, ou. dans un genre plus IbUUre. Camille surprise, et par son trouble et son négligé rapi)elant toutes les nymphes légères de Boucher et de Fragonard. Mais ce qu'il possède au plus haut degré, c'est le don de la plastique. Fn cela, il se montre le digne élève de David. Il est capable de comprendre la beauté violente de Michel-Ange : du Moise. la forte ossature des genoux l'a tellement frap|)é (pi'il la copie dans son AveiKjle : « Ils versent à l'envi sur ses genoux pesanta... » Les beaux

gestes e\ les belles poses abondent dans ses vers : e'est la fille de Lycus qui supplie la vieille esclave en posant ses mains sur son visage antique. C"esl Myrto sur la proue invoquant les étoiles, ou « les Nymphes des bois, des sources, des montagnes « formant une théorie autour de son beau corps rejeté i)ar la vasrue. Ou encore la Naïade « qui dort et sur sa main, au murmure des eaux. — laisse fond)cr son Iront couronné de roseaux ». Il a particulièrement le sentiment de la ligne très pure : le profil d'un berger qui joue de la llùte ou de la syrinx. ou d'une danseuse rythmant ses poses au son des crotales, comme sur les panneaux de Pompéi. Il y a presque autant de flûtes dans ses vers qu'au-dessus des cadres et des trumeaux de son temps. Son sens artiste en fait le rival des délicats ornemanistes de cette fin de siècle.

Ajoutons qu'il a au même degré que nos ciseleurs et nos émailleurs parnassiens le sentiment de la beauté des mots. !Mais il en a pris le secret aux anciens, à Homère, à Virgile, dont il copie les énumérations euphoniques de nymphes et de divinités. ()u'on se rappelle le début de son Hymne à Bacchus :

Vif'ns, ô divin Bacchus, ô jeune Tliyonéc,

0 IMonyso, Kvan, lacchus et Lénée...

El tout ce que la Grèce eut pour loi de hc.uix noms '...

Salut, dieux de l'Euxin. Hcllé. Seslos, Al)\de,

Kt nymphe du Bosphore et nymphe Proponlide 2.

Il a noir rei'IVt niél()(li(ju(' des rolVaiiis dans Théocrite et il s'en souvient dans /'( Jeune Tmentine et ailleurs. H est tellemeid. homme de niélici' qu'il copie de sa main une épi^raninx- de Myio la iJyzauline. adressée aux Nym|)lii's llamadryadrs. uiii(|iM'iu('nt ' à cause

i. lUitdcs cl friKjments, p. IJD.

Page 1