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ANOUK CIIKMEH. 251
(le l>n|ilionic (l<> ces mots : Nyiiiplios Ihimadrjadcs! C'est le sentiment de la forme et de la eonleur ([iii a amené (^liénier à la conteur locale bien plus que le sens historique (|ui n'existe pas encore. La beauté quelle quelle soit, pourvu qu'elle se révèle sous les espèces antiques, le séduit. Il rêve d'une sorte de sérail iiù. pour la jo'ir de ses yeux d'artiste et de voluptueux, il auiait réuni fcnites les beautés fameuses, depuis la beauté grecque jusqu'à la beauté septentrionale, ce (jui a été une idée chère à Théophile Gautier'. Il lit la Bible pour y trouver des f(jrmes nouvelles. Dans son poème de Suzanne il veut mettre des « comparaisons asiatiques ». il consultera l'Ecriture pour les vêtements. les sandales, les aromates, les trésors, les tapisseries. Pour les mœurs babyloniennes, il consultera Hérodote, pour les chansons d'amour, le Cantique des Cantiques -. C'est encore ce sens de la beauté qui l'avait attiré vers Shakespeare, malgré toutes les restrictions de son goût : il avait senti tout ce que le poète anglais a de commun avec les tragiques grecs. A en juger d'après ses essais et ses plans, on peut croire cjue c'est surtout la mise en scène qui l'avait frappé, comme Voltaire dans le Jules César. En vrai hellène, la tragédie est d'abord pour lui un jjlaisir des yeux, .\ussi. comme nous le disions, il n'y a pas à pro|)rement parler de couleur locale chez André Chénier. Il ne la recherche pas méthodiquement et de propos délibéré. Ce n'est point une restitution exacte des mœuis du passé qu'il nous oiïre, mais une sorte d'éclectisme esthéticiue, qui consiste à reproduire les formes de l'art les mieux ajipropriées à un certain idéal.