Chénier, Ait d'aimer, XIII, p
2. Cf. noies du pot'nic do Suzanne. va\i[. Hecq de Foiiquicres, passive.
2o2 l'IN IJU CLASSlC.lSMl': ET 1ŒT0[^R A l. ANTIOUK.
Voilà le (lilrllanh^ livs « artislo » l)ion plus «iiio \o poète qu'a été André ('.liéiiier. Si sa grande aml)ition a été déçue, il n"en reste pas moins un amateur des mieux informés et des plus originaux, un homme de méfier très fravailleiu' et très habile. Mais il a eu une seconde prétention (pii <Mait dèlre modiM-ne. et il y a beaucoui» mieux n'ussi.
Presque parloul. sauf dans ses iVagnienls antiques, quil n'a pas eu le tenqis de fondre ou d'ajuster, André Chénier reste l'Iionime du w iir' siècle. 11 en a les sentinieids. pour ne pas dire la sentimentalité, les idées et les préjugés; et comme tout cela ne laisse pas que détre i)arfois f(»i't déphiisant. il en résull<' que le meilleur de son (euvre en est souveid g;\lé. Sous la forme grecque ou latine toujoui-s un i)eu lahorieuse, on retrouve les polissonneries de C'-éhilloii lils. les déclamations vertueuses de Jean-Jacques ou les admirations de Denis Diderot. A'oici trahoi'd la louange do la nature que tf)us ses coiiteniporains ont célébrée jusqu'au rabâchage. Bien (|uc Chénier se pique d'être un disciple des anciens et d'aimer la natui-e comme eux, on peut dire qu'il n'en a point conqjris la grande idée panthéisticpie et religieuse, telle qu'elle se révèl(> (i;in> les Gf'ortjiijuca de ^'irgile. 11 n'est pas davantage un réaliste ou un objectif ù la manière de Hugo, dont l'teil est fortement inq^ressionné par la couleur on le relief des objets. Ce qu'il aime, ces! une nature peigm'-e et arrangée pour le plaisii- des yeux on machinée comme un déc(»i-. (fest /'/ hclle miluic, coiume on disait alors. \'ue de ce cAté-là. son (cuvn^ esl coniuie un musée d';iniateur (»ii sont r(>])n'->eutées, lune à côté de l'aidre, toutes les mauièics des paysagistes du xviii'' siècle.
\'eul-on le paysage des FHcs galantes de Waltean, ou de V Embarquement pour Cythârc, avec quek|uc chose
AMDHD CUKNIKH. 2iJ3
(les r;i(k'urs île HoucIkt. voici un nutrccaii (jni en tloiiiio rilliisioii ;
L;i tmil aiiiii'. loiil |il.'ul. Iniil jdiiil. li>ul. sniipirr; Là. lit' plus beaux soleils dorenl l'azur des deux; Là, les prés, les gazons, les bois harmonieux, Oe mobiles niissoaux la colline animée, l-'àme (le niilli- (lenrs dans les zéphyrs seniéo. Là, parmi les ruisseaux, Vamoitr vient se Jouer: Là, NOUS les autres frais habile le baiser '.
\'(iiri iniiiiitciKiiil \v j)aysagc sonliiucntal dons le goût d'Hoi-aco \'crnel et de Loullierbourg. av(>c tout (•<' quil a de théâtral et de déclamatoire :
Douce mélancolie, aimable mensontcère,
Mes anli'es, «les forêts, déesse Uitélaire,
(Jui viens, dune insensible et charmante lnnj:ueur,
Saisir Vami des champs et pénétrei' son rn;ur.
ijuand, sorti vers le soir, des f/rotles reculées.
Il s'égare à pas lents au penchant des vallées.
Et voit des derniers feux le ciel se colorer.
Et sur les monts lointains un beau Jour expirer.
Dans sa volupté sage et pensive et muette.
// s'assied, sur son sein laisse tombe}' sa Iric ...
Plus loin, c'est le paysage roniantiiiue tel que la yoiiielle HiHoisc lavait mis à la mode, avec « les monts chevelus, les torrents et les cascades ». Ailleurs, cesl l'allégorie mythologique dans la manièi'e de Vien. N'eut-on maintenant des raines:' On se rappelle que c'était la fureur de l'époque et que les Ruines des plus beaux monuments tl' la Grèce, de Le Roy. y avaient singulièrement conti'ihut'. N'oici dom- du Pannini el de l'Hubert Robert.
Pai'tout de lonjzs cliemins, des temples, des citi^s. Des ponts, des a<|uoducs en arcades voûtés, Des théâtres, des forts assis sur des collines. Des bains, de f-'rands palais ou de f/randes ruines ^...