‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 162 sur 250 · Voir là-dessus notre cliap. ix, p. 380. 0. L'Invention · texte numérisé non relu

Voir là-dessus notre cliap. ix, p. 380. 0. L'Invention

Notons d'ailleurs que dans la seconde partie du dernier vers, le rythme l'ait lutalenient défaut.

Il serait injuste pourtant de méconnaître qu'il est un de ceux qui ont le plus conlribu*'- à répandre la coupe ternaire, si rarement employée des classiques, et qu'il en a d'auti-es d'un effet très heureux. Mais il ne faut i)as aller plus loin. Il serait lut-xacl de tlire qu'il a retrempé l'alexandrin français, qu'il lui a donné une solidité et une sonorité nouvelles. Justement parce qu'il ignore la loi de lacceid, il néglige de renforcer les syllabes marquées de l'accent rythmique, et son vers conserve générahMuent Tallurc sautillante ou la cadence monotone et sèche de l'alexandrin abâtardi du xviu" siècle. C'était d'ailleurs un art extrêmement difficile, où l'instinct a i)lus de part que le raisonnement, et il a fallu ;i lluy^o lui-même bien des tâtonnements avant de le possédei-. Chénier s'est consumé inutilement dans ces questions de technique et l'on peut dire que son érudition classupie lui a plus nui en cela qu'elle ne lui a servi.

C'est précisément i)arce c[u'il est trop grammairien et trop styliste, parce qu'il étudie trop par le dehors, que son imitation des anciens est si inconq)lète. Comme un écolier qui fait un pastiche, c'est la forme qui le préoccupe et ainsi il est peu scrupuleux sur la qualité du fond. Il accepte et il traite sans distinction tous les lieux communs des anciens, en y mêlanl la sentimentalité toujours un peu grossière du wiii" siècle. C'est un monde invraiscndjlable que celui (|u"on rencontre dans ses vers : tous les jeunes gens y ont le respect des vieillards, qui sont invariablement vénérables. Les riches sont toujours gént-i-env et hospitaliers. Les époux sont dévoués par del.'i la tond)e. Les belles sont toujours sensil)les autant (|ne perfides et charmantes, les amoureux toujours timides, déses-

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pc'Mvs. OU pleins lie reproches et d'invoctives: los amis (riiiic lidélité suhlimo ot les voyageurs iiiéditatils. I"]nfni tous les liuuiains sei'aieut bons s'ils n'étaient esclaves et malheureux, et les villas:eois. les plus fortunés des hommes s'ils connaissaient leur l)onheur et s'ils n'étaient rançonnés pai' » l'avide puMicain ». ^'ent-on savoir h' lève d'Andn'- C.hr'uier? vivre au village :

Avoir un liiniitjli' (oit. luie source d'eau vive, Oui parle et dans sa fuite et féconde et jilainlive, Nourrisse mon verger, al)reuve mes troupeaux... Avoir amis, enfants, épouse belle et sage, Eirer. un livre en main, de bocafje en bocarje '.

Veut-i>n connaître sa |)hilosophie? C'est encore le lien commun antique :

Humains nous ressemblons au.K feuilles iTiin ombrage -

Dont, au faite des cieux le soleil remonté

Itafruichit dans nos iiois les chaleurs de l'été-.

Mais riiiver accourant d un vol sombre et rapide

Nous sèche, nous flétrit...

La mort est désirable, et vaut mieux que la vie

car, tiélas ! nul mortel

Ne vit exempt de maux sous la voûte du cieP.

Il est curieux de voir qu'André Chénier. pour les mêmes raisons que Ronsard, parce qu'il n'est attentif qu'à la forme, est d'une extrême banalité d'idées, ce qui revient à dire qu'il n'en a pas. C'est d'ailleurs ce qui manque à tout le \\i\\^ siècle : chose bizarre, ces iionmies ont renversé les anciennes croyances, remué toutes les littératures et toute l'histoire, depuis celle de la Chine et du Japon jusqu'à l'histoire contempo-

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