‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 168 sur 250 · I. r.r. XI, i», IK) (é.lii. Assézal · texte numérisé non relu

I. r.r. XI, i», IK) (é.lii. Assézal

282 FIN nu CLASSICISME ET HETOLR A L ANTIQUE.

que. cest la reprise régulière des rouilles d'Herculaiiuin et de Pouipéi. Ou sait quelle curiosité et, chez certaius, quel enthousiasme elles excitèronl : toute l'érudition en lut renouvelée. La l'évolution de fart à la fin du siècle s'en ressentit profondément.

Les pensionnaires de l'École de Rome subissent plus ou moins l'entraînement général : Fragonard et Hnlx-rt Robert l'ont des études d'après l'antique : celui-ci dessine les ruines du teni])le de Pa'stum, en attendant qu'il se fasse une spécialité du genre '. A Rome, il y a toute une jietite chapelle d'antiquaires et d'amateurs, où le culte de l'antique devient un véritable fanatisme. Au premier abord, on pourrait croire à une reprise de l'effervescence du xv*^ siècle. Mengs professe à l'Lcole Capitoline depuis IT.'ik Son atelier devient le rendez-vous de tout ce qu'il y a de plus considérable en Italie, ou à l'éti'anger, parmi les artistes et les amateurs : il disserte, il impose ses théories sur l'art et en fixe l'idéal au siècle d'Alexandre. Ses œuvres se répandent en France, en Angleteri"e. en Allemagne. Son plafond de la villa Albani passe pour aussi beau que les plus fameuses fresques de Raphaël. Pour certains de ses contemporains, il a réalisé foules les ambitions de son père -, <(ui eu l'aiipelant Antoine- Raphaèl. entendait faire de lui à la f(»is l'émule île Raphaël et du Corrège.

Pourtant l'inlluence de Meiigs sur les artistes Iraiicais fui beaueoup moins ('(Hisidérable qu'on ne pour-

1. Cf. !•'. (inliillot. Unhi-rl Robert et son temps (collcclion Quanlin).

2. Pour l"a<liiiir.ilion qu'inspirait i'inuvrc de Mengs. voir la jiréface de Jansen dans sa Iraduction des Œuvres île M. le Chevalier Antoine Itopltacl Mengs, Amslerdani, l"8l. — Elof/e historique <le M. Menr/s, premier peintre du roi tVEspaqne, olr. S. I. ITSI.

ECOLE HE HAVin ET IMITATION DE L ANTIQUE. 283

l'oil le croii'c '. Sos (inivrcs en soniiiir sont peu coiiiiiics cIh^z mous et on radiiiire plutôt de conlianco. Les arlisles qui ri-vicMincnt de Rome oui à compter avec ré(ol<> de Bouclier toujours vivante et avec les habiludes du pulilic. Knfîn les théories de Mengs, par ce qu'elles avaient d'abstrus, répugnaient à la clarté de l'i'spril français -. et d'ailleurs il se |)roposait tout aulre cliose que nos |)eiutres, en pai'ticulier David.

Ce retour à l'antique, nous ne saurions trop le redire, a élé avant tout en France une conséquence naturelle de l'évolution des mœurs et de Tesprit public, interprétés par la littérature. Mais cette réserve laite, il convient d'attribuer à Caylus ^ la plus grande |)art d'initiative dans relie révolution qui, vers la fin du siècle, va bouleverser larl de fond en comble.

Membre honoraire de l'Académie de })einture depuis IT.'H, son aulorilé sui' la compagnie et par conséquent son aciion sur les élèves était immédiate, on a même dit qu'elle avait été tyran nique : c'est seulement à parlir de 1710 environ que celte action commence à se l'aire sentir. Nous n'insistons i)as sur tout ce qu'il a fait pour relever la technicjue du peintre : non seulement il [)roclame la nécessité des conférences, c|ui ne sont que des discussions sur les procédés et le style des maîtres; mais il fait lui-même des conférences, il lit des vies de peintres; il fonde un prix d'expression, un prix d'osléologie, un prix de perspective. Probablement sous son influence, l'Académie fait figurer dans ses programmes l'élude des antiques. II va plus

Page 1