J.-L. Jiiles-David. o/j. cit., \^. i'i'.'t
2. On sait que répitliéte de ■• grisâlre » était la suprême injure pour les romanlinues. Tli. Gautier, Histoire du romantisme, p. 1)3.
3. • Je veu.x essayer de nicllrc de côté ces niouveinonts, ces e.rpressions de Ihéâlre, auxc^nels les modernes ont donné Iq litre lie peinture d'expression. » Cf. Delécluze, op. cit., p. 226.
314 FIN nr classicisme: i:ï hetotr a lantioue.
exemple, lo gpouj)o des trois jeunes gens enlacés qui élèvent des ronronnes, accuse très nettement celte tendance : lélan rytiimé de leur course, l'entliousiasme qui éclaire leurs visages et qui soulève leurs bras, tout cela rappelle, avec (pielque chose de plus religieux, le beau mouvement du tableau des Aigles. Mais il suffit de songer au Maral pour s'apercevoir non seulement de ce quil y a de contradictoire dans INeuvre de David, mais des côtés tout modernes et déjà romantiques de son génie '.
Il ne faut pas oublier (pie David est loin d'ètro une exception parmi ses contemporains. Si les autres artistes, ses émules, n'ont pas sur Tart des idées aussi personnelles que lui, ils n'en montrent pas moins le même goût exclusif pour les restitutions archéologiques et les sujets républicains de l'histoire grecque ou romaine. Les livrets des Salons en sont pleins -. Le Salon de 1789, avec d'abondantes illustrations des événements récents , n'est renq)li que de scènes empruntées à l'antiquité s. Rappelons d'ailleurs qu'il ce moment David n'est i)as encore devenu le dictateur des arts qu'il sera sous la Convention. Ses confrères N'incent et Hegiiaidt, qu'il déleste, ont un atelier aussi
1. Noter que la pcinlun- iiioyciiiiticiise est déjà rL-préseiilée dans l'aUdii^r de David, surtout par (iranet, que ses camarades aiipelaieiil le ■• moine -.Oii trouve un grand nombre de ces toiles au Musée d'.\ix-en-Provcnce. Il s'étail fait une spécialité des intérieurs de monaslére.
2. On iteut voir aussi dans les Salons de Diderot i|iie colle mode avait commencé avant SU.
3. E. et J. de Gone<»iirt, la Sncit'U' frtimaisp priulaiit In Uérotulion, p. Vi.
KCOLE DE DAVin KT IMIIATION DE L ANTIQUE. 31;)
rrtMiucnlt' (|U(' le sien et leurs tableaux obtieuuenl fdut autant de succès.
Mais plus on se rapproche de '.Ci, plus rinllueiice de David devieiU tyrannique. Il forme toute une école de disciples enthousiastes, qui le vénrrent comme le sauveur de fart. Parmi eu.\, il convient de distinguer un petit groupe dindépendants. qui sans doute n'eurent pas grande inlluence. mais dont les tendances sont curieuses à connaître comme exagi-ration des propres doctrines de David : nous voulons parler de la secte des Penseurs ou des Primilifs ', dont le chef était un jeune homme mort i>réniaturément. — Maurice Quaï, ou plus simplement Maurice, comme l'appelaient ses camarades. On les voyait passer dans la cour du Louvre, vêtus à la grecque et drapés comme des statues antiques : le costume de Maurice consistait « en une grande tunique descendant jusqu'à la cheville du pied et un vaste manteau, dont il couvrait sa tète en cas de pluie ou de soleil - ». Talma lui-même, nous dil-on, ne portait pas ce costume avec plus de grâce et d'aisance. Si l'on entrait dans son atelier, « on voyait une toile de trente pieds de long, où était dessiné seulement le sujet de Palrocle renvoyant Briséis à Agamemnon ■' ».
I. C'i^st K. Deiérliizf et Ch. Nodier qui l'ont remise au jour : le i)reniier, d.Tns son livre, Louis David, son école et son temps (l*<i'J), et ilans une notice parue en 18:52 sous ce litre : Les Bardes d'à présent et tes Bardes de 1800, dans le 7" vol. des Cent-un; le second, dans im article du journal le Temps (l.-i orloltre 1X32). Ces deux dernières pièces forment rappeudice du livre d'E. I)eléclu/e, cité plus haut. On trouvera aussi des allusions aux Primitifs dans les Mémoires de la duchesse d'Altrnntés. — Ch. Nodier a consacré un morceau dithyram bique à la mémoire rie Maurice Quai dans les Essais d'un jeune Ijarde. de morcau a été reproduit éj-'alement dans l'ouvrage de Delécluze, p. "i.