‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 188 sur 250 · E. et J. de Concourt, Le Directoire, p. 18i · texte numérisé non relu

E. et J. de Concourt, Le Directoire, p. 18i

322 I-'IN nu CLASSICISME ET RETOUR A l'aNTIQCE.

Il a aussi sos triomphes, rominc la Ronio républicaine ou la Bonic impériale : le joui- de la lèle du 9 thermidor an \'l. on vil défiler sur des chars toutes les dépouilles artistiques prises î'i l'Italie pendant la dernière campaLTc : la Tiamfigw'dtioa de Raj)haël, le Christ du Titien, ï Apollon du Belvédère, les Neuf Muses, V Antinous, le Laocoon, le Gladiateur et combien d'autres * œuvres fameus(>s '.

Bientôt avec Bonaparte ce mirage antique va se rapprocher encore de la réalité. C'est César qui revieai d'Italie pour gouverner la Gaule. Italien d'origine, il est le trait d'union entre les deux pays. Il renoue les traditions, il l'onde là-bas des républiques sœurs de la nôtre. A Mantoue, il fait élever un monument à Virgile. Puis plus tard, lorsque Tltalie et la France ne seront plus cprun mémi> empire, son rêve sera de fondre Rome dans Paris, ou même, selon le mot de Hugo, d'accoupler en lui les deux Rome, la Rome catholique et la Rome païenne. Le jour du couronnement, il ap|)araîtra comme lantique Imperator à la fois Pontife et Roi, éclipsant la |)apauté écrasée, la tète ceinic (lu laurier impériale! élevant entre ses mains la couronne avec le geste qui consacre.

L'illusion descend dans la rue. L'arc de Titus se répète dans l'arc de triomphe du Carrousel, la colonne Trajane dans la colonne W-ndùme. Le Tenqile de la (jloire, (|ui deviendra plus tard la Madeleine, lait songer au Parthénon et au temple de Paestum. On commenee la rue des Coloinies, toujours dans le style de P;ieslniii. on construit des quais et des égoùts. Et les poètes otlici(>ls de chanter :

Dressez les portes triomphales, Taillez les marbres de i'aros,

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