‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 196 sur 250 · M. Chénier, Tahteau, etc., p · texte numérisé non relu

M. Chénier, Tahteau, etc., p

3. Fonlanes. (jiii avait fait imprimer cette Iradiiclion avec celle (le VEsxai sur Vhomme. ne la fil pas paraître de son vivant. Sainte-Beuve «U'-ciarc en avoir vu nn exemplaire : Chaleaubriand et son (poupe, l, p. 86.

LA LITTKIUTURE DU DIRECTOIRE ET DE l'EMPIRE. 335

la plus belle do ses éh'o-ics \ le Jour des morts dans une cfimp(ir/nt\es{ aussi uue traducliou libre deGray; autrel'ois il avait douué à ses débuts une traduction de YEssai sur ihoinmc de Poi)e^. Chateaubriand lui-même s'essaie à traduire Milton en vers et nous verrons tout ce qu'il y avait dans ses Martijrsûe traductions fondues comme dans André Chénier.

On va même jusqu'à traduire la prose; Chateaubriand accuse t'orniellenient Chénedolh' d"avoir i maraudé ^ ï chez lui; en tout cas, son épisf)de de la Jeune Canadienne deviendra une véritable « matière » pour les poètes contemporains, di'[)uis Millevoye jusqu'à Victor Huo;o. Enfin est-ce forcer les mots que de ne voir dans la Grèce sauvée de Fontanes que la mise en vers du Jeune Anacharsis *?

Si en effet nous passons en revue tous les genres littéraii'cs, en dehors du poème didactique ou descriptif, — nous verrons que tous subissent encore l'influence de Delille, de celui qu'on a appelé le traducteur-né; ce sont les mêmes procédés de composition et de versification : coudre bout à bout des paraphrases et l'éserver tous ses efforts d'invention pour de petites découvertes de style. Parceval-Grand' Maison, le futur auteur de Philippe-Auguste, compose les Amours épigueti, poème en six chants, selon la méthode de Lebrun dans ses Veillées du Parnasse : c'est un pot-pourri d'Homère, de Virgile, de Tasse, de Milton ■'. En 1806 parut une

1. Note dans rédilion des Œuvres de Fontanes, Paris. Har hotte, 1839, I, p. U.

2. Le sujet lui plaisait tellement, cpie plus tard il entreprit une nouvelle traduction de VEssai, qui ne i)arul qu'après sa mort (1822).

3. Mémoires d'Oulre-tomhc, II, p. 2i3 (éd. Cli. Crouzet. Paris).

4. C'est aussi ro])inion de Sainte-Beuve {Notice sur Fontanes).

ii. La première édition est de 1804. C'était uno imitation

336 FIN DU CLASSICISME ET KETOl'R A l'aNTIQUE.

seconde édition « entièi-ement refondue, précédée d'un discours préliininnirc. aunmentce de deux mille vers et suivie de j)lusieurs nioiTCiuix ti-aduits dllomère. de Milton et d Ariosle ». Ce titre se passe de conunentaires; nous sommes dans le fatras épique jusqu'au cou. Dans le même genre, Luce de Lancival donne un AcJUIleàScyros, où il se borne tout uniment à délayer VAchilléide de Stace.

Je m'engage d'un pas cliancelant, effrayé, Dans lin sentier que Stace h ma iunso a frayé.

Il i)araît que Luce de Lancival avait le génie du vers latin : un poème sur la mort de Marie-Thérèse lui aurait valu tout jeune les encouragements du grand Frédéric, et l'on se rappelle que sa dernière production fut un discours latin sur le mariage de Napoléon et de Marie-Louise. L'Achille à Scyros, c'est encore du vers latin : les pastiches, les imitations foisonnent; il y a même tels passages qui ne sont que des traductions de Stace K Des coupes hardies, des descriptions scabreuses oîi la diftîculté est ridiculement escamotée, comme ce passage où il s'agit de représenter Thélis montant sur le dos de (^hiron :

Il al)onle Tlu'lis; sous sa main caressante, Il courbe avec respect sa croupe complaisante, Il rinvilc à s^isseoir, et, d'un pas diligent. Lui-même l'introduit sous son toit indigent 2.

Des alliances de mots prétentieuses se henri.uil à des platitudes prosaïques, de fausses élégances, tout

de « six épisodes clioisis dans les poètes épiques les |)lus illustres ».

Page 1