‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 198 sur 250 · En particulier V Hymne de mort chaulé par Méi)islirts · texte numérisé non relu

En particulier V Hymne de mort chaulé par Méi)islirts

i. L'épisode d'Ib-ro el de Lcandre est visiblement inspire de celui d<; Lancelot el de Françoise de Uimini, sans jiarler de la description ilu supplice des sophistes. Il est |u'obable que Enntanes avait lu la Iraduclidn do l'Enfer, de Hivarcl.

classiques. Celui-ci, daus les Martyrs, avait marié les deux antiquités; Fontanes, dans sa Grèce sauvée, raj)proclie Eschyle et Homère, Hercule et Léonidas. Phidias et Airénor, les Gaulois i et les Spartiates. On se souvient que c'était déjà le procédé de \'irgile; mais chez Virgile, il semble naturel, tandis que chez Fontanes et chez Cliateaubriand lui-même, il est extrêmement artificiel. 11 n"y a qu'une nuance qui sépare le pseudo-classique de son modèle, et cette nuance suffit; ils ne sont ni du même temps ni de la même famille.

Ce qu'il y a |)eut-étrc de plus curieux dans tous ces poèmes, c'est la bigarrure due à des emprunts multiples. Il est difficile à première vue d'indiquer dans Racine les sources, et d'ailleurs les emprunts sont choisis de manière à se fondre sans trop de peine en une même couleur. Chez ces pseudo-classiques, les emprunts sont criards et disparates : c'est Virgile accouplé à Milton, Homère à Dante ou à Chateaubriand. Rien ne révèle mieux l'inq^uissance, et en même temps ce faux goût classique qu'attaquait Hugo, ce goût qui ne s'attache qu'à la forme et qui ne sent pas la disconvenance du fond, dont le triomphe (mfin a été la péi-iphrase à la Delille.

Peut-être faudrait-il rattacher à ces poèmes épiques ces poèmes assez étranges de Lemercier, qui s'intitulent Moïse, Homère, Alexandre, VAtlantiade et même la Panhypocrisiade-; mais l'originalité y est beaucoup plus grande, si le moule reste classique, et Ton y sent moins, surtout dans la forme, la velléité de s'inspirer de l'antique.

1. Épisode de l'arriVL'e dos l'iiocéciis sous la coïKlnitc de Protès.

2. Voir, à ce sujet, Essai sur la vie et les œuvres de Népomuc'ene Lemercier, par G. Vaulhier (Ihèse).

Nous allons d"ailleurs l'etrouvei" I.onierciei' dans la tragédi(\ Au UiéAlre les ai)proclu'S du romantisme se font sinpulièrement sentir et les sujets tirés de Tliistoii'e nationale ou lie l'hisloire du moyen âge deviennent de pl.us en plus nondjixHix. dépendant la vieille forme traditionnelle se maintient. — tragédies romanesques ou tragédies officielles déguisées à l'antique, tragédies tirées de Thistoire romaine ou de Ihistoire grecque, avec les allusions politiques obligatoires. A la première catégorie appartient le Cynis, de J.-M. Chénier (1805), com|)oséponr le couronnement de l'Empereur*, VArtaxcrce de Delrieu (IHOS), le Mnus II de Brifaut (1814); à la seconde, le Caiiis Gracchus du même Chénier (1702), VEpicharis et IScron (1794). le Quintus Fahim ou la discipline romaine (I70G), YÉtcocle (1800) de Legouvé. Mais parmi toutes ces tragédies, il n'y en a guère que deux qui aient cherché sérieusement la couleur antique - et qui par conséquent doivent nous intéresser : c'est VArjamcmnon de Lemercier (1797) et VHeclor de Luce de Lancival (1809).

La i)remière eut, paraît-il, un grand succès; les journaux en firent un ti'és chaleureux éloge et queitiue tcnq)S après la l'eprésentation elle fut couronnée solennellement au (lliamp de .Mars^. Plus lard, quand le romantisme eut triomphé, elle i)assa })Oiii' « la dernière des Itelles tragédies dans le goût antique* ».

Lemercier avait voulu, sinon traduire Eschyle, du moins donnei- une tragétlie escliylienne ^ 11 y a méilio-

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