f. K. el J. de fJoncourt, op. cit., Il" série, p
LA RENAISSANCE DE L IDEE l'AÏE.NNE. 35
Térencr ' : « Je ne me lasserai point île ciiei' à nos Franç;ais : La vérité, la nature, les anciens! Sophocle, Philoctète! Le poète l'a nionti'é sur la scène couché à rentrée de sa caverne et couvert de lambeaux déchirés. Il s'y roule, il y éprouve une attaque de douleur.... La décoration était sauvage, la pièce marchait sans appareil. Des habits vrais, des discours vrais, une intrigue simple et naturelle ^ » Le même Diderot ne tarit pas sur la beauté et la poésie des mœurs homériques, sur la vérité et la profondeur avec lesquelles le poète a su les rendre. Homère redevient le poète par excellence. On le traduit : on prononce son panégyrique en pleine Académie; les critiques semblent avoir pris à tâche de le venger des outrages des Perrault et des abbés Terrasson.
Évidemment à ces idées nouvelles se mêlent bien des idées de provenance étrangère. Les Anglais surtout ont beaucoup fourni. Mais tous ces emprunts n'arrivent jusqu'à la pensée française qu'à travers un voile de réminiscences antiques ou classic^ues. Diderot ne manque pas une occasion de comparer Eschyle à Shakespeare. Il compare même — rapprochement inattendu — Lillo à Sophocle ^ Au théâtre, toutes ces prétendues innovations dramatiques ({ni font tant de bruit, ces tragédies nationales ou patriotiques — les Siè(jc de <'ulats, les Gahr'ullc de Yerçjy ou les Adcle de Ponthieu — sont consciencieusement rimées suivant la formule traditionnelle. Bien longtemps plus tard, Lamartine s'imaginera encore que la grande originalité, pour la tragédie, ce serait de couler du Shake- S[)eare dans le moule de Racine *.