Qiif-rard (art. Liicc de Lancival
344 FIN DU CLASSICISMK KT RETOUIl A L ANTIQUE.
assez liieii au décor un peu IVoid cl ;il)sli-;iit (pic Corinaient raniouhlcmoul et la mode d'alors. On se représente volontiers //et/ or joué en petit comité à Fonlainebleau. i)arnii les hautes boiseries toutes lilanchcs. les fauteuils aux pieds droits et aux dossiers canes et les Victoires des candélabres avec leurs robes aux plis rigides et leuis girandoles de cristal.
Une pièce qui dut donner plus fortement encore cette impression de ranticjue, c"esl la Vestale de Spontini (iî^UT), dont le succès, contre toute attente, fut lirotligieux '. Le maestro italien, dédaignant la musique facile et spirituelle (]ni lui avait réussi jusque-là. avait essayé de renouer la grande tradition de Gluck, en sacrifiant tout à rex|)ression. iMallieureusement. si vive qu'ait été la vogue de cet opéra, les pièces à spectacle n'en furent pas évincées pour cela. Il y eut même l'ecrudescence de }»ièces et de cantates ollicielles , où Tallégoric mythologique s'épanouit comme sous Louis XIV : Spontini lui-même sacrilia à l'idole du jour dans son Ercelsa Gara -, qui fut exécutée au Théâtre de rimj)ératrice le 8 février ISOô. Mais le modèle du genre fut la Clémence de Trajan avec paroles d'Esniénard et musicpie de Lesueur et Persuis, pour lequel on avait fait de grandes dépenses et même construit un couloir de dégagemeid, telliiiicnl la figuration était nombreuse et splejulide '.
A c(Mé de cette musique de commande, il faut mentionner les innondjrables poésies officielles que provoquaient les grands événements du règne, — le couronnement, le mariage avec Marie-Louise, la naissance du roi de Rome. Tous les poètes pensionnc's payèrent
I. ('.(. A(i(>i|ilir JiillioM, l'(tr-i.s dilcllmtle au conimcncenunil du sirclr, p. :iNl.
-2. Cf. »/). cil., p. 270.