‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 27 sur 250 · V. .M.iury, op. cil., p. 2iS · texte numérisé non relu

V. .M.iury, op. cil., p. 2iS

52 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A L'aMIOLK.

synthèse la plus curieuse que le xvin° siècle ail leulée sur celte question. Il faut tenir compte aussi (.les sujets mis au concours par rAcadèmie sur divers points de la mythologie grecque el latine '.

Kntin. pour ne point parler des travaux sur la [»liysique. la philosophie, Tastronomie ou la cosmographie des anciens, — d'Anville entreprit d'importants travaux sur la géographie antique, qui touche de si près à riiistoire : la ?iotke de l'ancienne Gaule (1761) et son Graeciae antiquac spécimen geographicum (1782) sont des œuvres maîtresses qu'aucun géographe n'a dépassées au xviii" siècle.

Plus encore que les sciences liisloriques, l'archéologie se développe par un i)rogrès conlinu. D'abord la numismati([ue. qui avait toujours été en hoimeur chez nous : sans remontci- jusqu'au père de l'archéologie française, celui (pie Monlliiucon app(>!ait « rinconiparaMe ;\I. i]o Peiresc ^ », on trouverait d('\jà de iu)mhreux amateurs au xvii" siècle : « Dans ce temps-là. dit Huet, non seulciiieul les ('Tudits mais les grands seigneurs étaient dévorés de la passion des médailles dont ils faisaient des collections: et l'illustre M. Colbert. dans le but (ronrithii- le cnliiiict du roi el aussi de garnir son propre médaillier. envoyait de toutes parts des gens à la recherche de ces précieuses

1. En l"tw, fis c\ 69: en JTTI, Des allrihu/s de Jiiiion chez les difj'érenls peuples de la Grèce et de l'Italie; en \~~i, Des noms et des attributs de Jupiter, de ceux d'Apollon el de Diane en iirèce et en Italie. t;le.

i. Voici le passapo lie Montfaucon sur Peiresc : ■• ... Tinconiparable M. «le Peiresc, (iiii a pins ramassé île nionunienls sur presque toute l'anticpiilé, soit en dessins, soit en nature, que nul autre que nous connaissions, (|ui ajoutait ordinairement h ces monuments des explications courles, rjue nous voyons eneore anjourdlini dans ses mauuserils. cl qui fournissait des matériaux à la plupart des savants de l'Europi-... •>. (l'n-fncc \\(' VA ntir]inté expliquée.)

rcliijiios, iiu'ils atlietaioiif quelquefois un prix l'ou '. » A côté des collections royales, il y avait diniporlants cabinets «ramateurs, comme ceux du cardinal de Politrnac. amliassadeui'à Rome, du ministre Pontcliartrain, du duc de Sully. On peut dire que cesl l'Académie surtout qui a contribué à mettre ces richesses en valeur: fidèle, en cela, à l'esprit de son règlement elle s'est constamment occupée de numismatique. Mais le plus illustre et le plus savant de nos numismates au xviii'' siècle, ce fut l'abbé Barthélémy, nommé directeur du cabinet des médadles en 1753 -. après la mort de de Bozes. Jamais directeur ne fut plus entièrement dévoué à ses fonctions : pendant son voyage en Italie, où tant d'objets sollicitaient sa curiosité de savant et de lettré, sa grande préoccupation est d'augmenter la collection royale ^. Il décline même l'offre si séduisante pour lui d'accompagner Choiseul en Grèce, afin de ne pas laisser si longtemps fermé le cabinet des médailles '. Mais il ne s'en tient pas là. Il se préoccupe de rendre le cabinet plus accessible, donne tous les éclaircissements qu'on lui demande soit de la province, soit de l'étranger; — et lui-même nous avertit que ces réponses exigeaient parfois de longues discussions. Enfin vers le même temps où

1. Mémoires de Hiiet, trail. Charles Nisard (cit. par P. Clénienl. Colberl, II, p. 20G).

2. Il avait été attaché aii Cabinet par de Bozes en 1745. (VA. Mémoires sur la vie et quelques-uns des ouvrages de J.:l. Bnrthélemjj écrits par ho'-méme).

."î. Cf. op. cit. (Second mémoire.)

i. Lors de son passage à Marseille, il avait acheté la collection Cary, qui combla bien des lacunes dans toutes les suites du cabinet. Il fit des échanges en Italie, choisit dans la collection de Clèves. puis dans celle de d'Ennery; il fil enfin l'acquisition de la collection de Pcllerin. premier commis de la marine, « qui avait formé le plus riche cabinet qu'eût jamais possédé un amateur ». (Cf. Barthélémy, Mémoires.)

n4 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A l'aNTIQUE.

rAcadéniie des Inscriptions entreprenait le Catalogne des manuscrits de la bibliothèque du Roi, il proposait au baron de Hreleuil la gi-avure et la publication du cabinet loul enliei' '. Ici (Micore la 1^''\ olulioii l'ut robstacle: mais l)iuiliélcniy avait ('lé jusqu'au bout de sa lâche et d aurait entrepris une oHivre aussi considérable et pi'obablement plus l'éconde que son Jeune Amtcfi(irsi<i. \in tout cas, tous ces travaux commencés ou projetés à peu i)rès vers la même date par nos éru dits sont extrêmement significatifs : le mouvement aniiquisant est alors dans toute sa ferveur et il y a là certainement autre chose qu'une sinq)le coïncidence ^. Si répigrapbie n"a donné i)res(|ue aucun résultat ^, en revanche l'élude des monuments ligur('s a larirement compensé cette failtlesse. Ici. comme jiartout. l'universel Montfaucon a été l'ouvrier de la première heure et, à côlé de ses travaux sur l'histoire nationale, la l)aléographie et l'archéologie ancienne, il a laissé des mémoires sur les anticiuités de Paris. De leur côté, les provinciaux apportent leur contribution : Séguier et .Ménard à Nîmes, Calvet à Avignon, Bimard de la Bastie à Carpcntras s'occupent des anli(iuités galloromaines si abondantes dans leur région. Auparavant l'ablté Lebœuf avait entrepris de véritables voyages d'exploration à travers la France et s'était particulière-

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