‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 28 sur 250 · Barllu'Ii'iiiN , op. cit · texte numérisé non relu

Barllu'Ii'iiiN , op. cit

2. Quels qiiaicnt été le zèle et la science de l'althé l?arllié- It'iiiy, il serait injuste (Je ne point nommer à côlt- de hii tous ces amateurs dont les rollerlions avaient enrichi le caliincl, les Cary, les de Clèvcs, les d'Hnnery. mais entre tous, ce Pellerin, dont liartliélemy acheta la collection el (ini, dans son faraud ouvrape en 'J volumes in-'t sur les médailles, eut le mé'rite de préparer les voies au Doctrina nummontm velerum de Kckliel, le fondateur de la niuuisniatique moderne. (Cf. Bursian. op. cil., p. VJl.)

:!. Il n'y a f.'U(''re à citer que l'explicalion de la ni(jsaï(pie de Palestine par l'ahlié Barlliélemy. (Cf. Mém. de IW'/id <h.t

luscr., .\xx. p. ;;o:;.)

LES TRAVAIX DE L ÉRiniTIOX. o5

mont ntfarlié à la description dos nionumonts du Midi. Mais pour être complet sur celte question, il faudrait énum«''rer toutes nos i)rovinces et indiquer tous les académiciens ou tous les parlementaires qui se sont occupés — quel(|ues-uns avec une véi-ilnhle passion — des antiquités de leur pays.

C'est surtout en ce qui conrcrn»^ 1 "ail cl les monuments de rilalie ancienne, (pie le proirrès a été considéral)le. t lie des raisons de la médiocrité de la crili(pie des textes à l'Académie des Inscriptions, pendant foute la première période de son existence, c'a été riirnorance des monuments (igurés ' : Barthélémy, pendant son voyage en Italie, est un des premiers qui s'en soient rendu compte. Mais depuis cjuelque temps déjà Caylns était à l'œuvre et c'est grâce à son iniluence et à Tentraînement de son exemple, cjuune orientation nouvelle fut donnée aux travaux de l'Académie sur l'antiquité' -.

In grand fait domine toute cette période. — c'est non pas précisément la découverte d'Herculanum et de Pompéi — mais la reprise et la conduite régulière, sinon méthodiciue. des fouilles commencées sur leur emplacement ^.

Dès 1748 paraît un M'huoirc liMovique et critique fHir la ville fioutermine découverte au pied du mont Vésuve *.

l.Cr. Dacier, Tableau hislorique de l'érudition française, p. 41.

'1. <'.r. s. Roehcblave. Essai sur le comte de Caijlus, p. 2()0 et suiv.

:j. Déjà au xvr el au xvii" siècle, une foule d'indices avaient révélé l'existence de ruines importantes sur remplacement de CCS villes. .Mais les fouilles ne commencèrent véritablement qu'en n:î8 pour Merculanum et eu HiS pour Pompéi. Voir sur cette (piestion : (Kerbeck, Pompeji in seinem Gehaiiden, Alterthiimprn und Kunstnerken dar;/pstellt; — Furclilieim, Bdjliof/rafia di l'iimpri, Ercolano e Slahia, Napoli, IS'.U.

4. (l'est un des premiers écrits sur la déeouveite de Pompéi. flù au marquis de rilnf)ital, alors envoyé extraordinaire de France, el rédigé par Darthenay. Cf. Furchlieim, op. cit. —

o6 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A L'ANïIQUE.

L'intérêt des fouilles n'échappa point même au «rand public : < Les curieux, disait Raynal dans ses Nouvelles Htfi'rairei^. se promettent de grands avantages de cette découverte. On a déjà trouvé un théâtre, un tem[)lc, des maisons et des rues, des peintures, des mosaïques, des statues, des médailles, des instruments destinés aux sacrilices, des lampes et des ustensiles. » A partir de cette époque, les publications se succèdent sans interruption '. Le i)résident de Brosses écrit des Lettres sur l'état actuel de la ville souterraine d Herculée et sur les causes de son ensevelissement (1750). Caylus ijublie une Lettre sur les peintures d'IIcrculanum{n5i): Cochin et lîellicard des Observations sur les antiquités d'Herculanum,... avec quelques réflexions sur la peinture et la sculpture des anciens (17o7); l'abbé Richard une Description historique et critique de Pompéi (1770), — sans parler de tout ce que les voyageurs d'alors ont écrit sur la question.

Avec sa passion tenace de collectionneur, Caylus se tient au courant de toutes les trouvailles. Il achète et brocante en Italie par l'intermédiaire de l'abbé Bar thélemy et du théatin Pariaudi, <jui met à son service un véritable dévouement. Mais il ne suffît pas de parler de son zèle et de son activité : il apporte une méthode vraiment originale ^. A l'étude forcément incom])lète des textes, il subslilue l'élude directe des monuments. Surtout il se pivoccupe de la teclini<pie. qu'il fait passer même avaid raj)précialion de Iji vah'ur esthétique des œuvres. Rien de plus précis et il<> plus positif que sa façon de procéder. .\u lieu des vagues dissertations d'autrefois ^ il fait porter la discussion

.M. Maurice ToiiriicMix laUriljuc à raMn' Mnii-siinil ; cl. Curresp. lift., 1, liO (iiolc).

i. Corresp. tilt., I. p. I iO.

2. Cf. S. Rochehiave, op. cit., cliaii. iv (la Tlicorie, Caylus et Winckelniann).

'À. Voir par exemple le i)i<i(iuis de Bditidin sur la forme

LKS TRAVAUX HE L'kUUDITION. 57

sur (les points Irt'-s (lt''l(M"iiiint''S : Mémoire sur Ui peinture Il l'encaustique, Sur un moijen d'incorporer ii couleur dans le marbre et de fixer le trait, Di^^sertution sur le papyrus, sur la porcelaine de l'ane'ienne Egypte, etc. Co sont de vérital)I(>s lt'(;oiis do clioscs qu'il donne à ses conlVères. Ses inveslii>;ilions se portent siu- tous les points; toutes les épo(jiies de Fart finlri-esseiit . 11 soui^eait peut-être à un !>-rand ouvrage d'enscnihie eniln'assanl toutes les nianilestations de fart dans laiil iipiilé. Maliieureusement ce projet est resté à l'état IVaiiuientaire et ee n'est que les matériaux de l'teuvre que nous trouvons aceunudés dans son Recueil cVantiquités égyptiennes, étrusques, grecques, romaines et gauloises.

Pour ne pas sortir de l'Académie des Inscriptions — car ils sont légion ceux qui se sont passionnés alors pour les fouilles d'Herculanum et de Pompéi, — mentionnons, à côté de Caylus, l'ex-jésuite Leroy, qui, en 1734, fit un voyage à Athènes en compagnie de deux Anglais. J. Stuart et l'architecte Revett. Il donna en 17o<S une première édition de son livre sur les Ruines des plus beaux monuments de la Grèce ^ qui fut édité très luxueusement à la façon des puldications de la Société des dilettantes anglais et dont le succès fut considérable -. Nous verrons plus tard quelle influence il eut sur les transformations ultérieures de l'architecture française. D'autre part. Clioiseul-Gouffier commuinquait à l'Académie un mémoire sur l'Hippodrome dOlympie. qui permet d'apprécier tout le chemin parcouru par l'archéologie dei)uis le commencement du siècle, en luontrant tout ce que l'étude immédiate des

et la conslniclioii des lliéàtres dos anciens. .Ww. de l'.lcad.des In/tcr., I, p. 1:îC.

i. La 2'" édition est de 1770. SLuarl cl Ilevelt firenl paraître leur ouvrafçe sur les antiquités d'Atl)ènes en 1702.

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