‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 29 sur 250 · Corresp. Ult., IV, p · texte numérisé non relu

Corresp. Ult., IV, p

o8 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A L'ANTIQUE.

momimriils (>( dos V\cy\\ njoiil»^ m I;i ronnnissanc(> dos toxlos. Enfin, coninio iiiio sorte do conroniiemonl tlo tout oc grand lahonr dr la (>)ni|)at,Miio dopuis sa fondation, ral)lK'' JJai'tliolomy |)id)liait on 1789 son Yoi/aije du jeune Anacharsin eu (îrccc. Criliiiuo liilôraiio. liistoiro dos niœnrs ot dos instiintions. opiyi apliio. nuniisniafi(|uo. roprodnotion des inonnnionts, tout s"v liouvaif iôsnni('> cl Tondu : Barlliôlomy nous dit Ini-niènie (pi'il n"a pas ccssô d'y Iravaillor dopuis 17.17. Mais ro n'ôtait pas seulcniont U IVnit do loulo nno longue vie de recherclios ot d'études, c'était on réalité W bilan i\r lérudition française au xviii'' siècle.

Malhouronsonionl loulcol échange d'idées ol d'apei"cus nouveaux" se passait oniro gens du métier. Kn dehors de l'Académie des Inscriptions on ne s'en doutait guère ou on ne s'y intéressait pas. II nous faul cependant ossaycM' i\v démêler rc cpii. i\f proche on proche, et d'une facjon j)lus ou moins diroclo. on est parvenu jusqu'au grand puhlic.

Cette fameuse quei'ollo dos anciens ol dos modorn(>s. qui avait tant préoccupé le sièch» précédent, n'avait pas été tranchée d'une façon déliiiitivo: elle était jilutôl assonjjio tpio t<'rminéo : ^(>llail■o. Didoi'ot. Marmonlel, La Harpe y rovionnonl encore en faisant tlos concessions toujours plus larges, mais sans se séparer néanmoins, pour lo fond, dos niod rnrs t\u xvii'-' siècle. Le déliai pont se circonscrire à trois grands n<uiis, Homère. INudaro et Théocrilo; Homère ot Pindaro n'avaient pas v\r complèlonionl jusli(i(''s dos alhupios de l'iTianlI. ni 'riii'oci'i! o. dos allainics t\i- j'onloiiollo

LES TRAVAIX DK L liHUDITION. 59

Il V ;iv;iil fiicorc la qiicslioii de la Iratrrdic^ çri'crqiK^ et (le la roiut'dic aiiciennr dans son |)riiici|>al re|trcs(>ntaiit. Arisl(>|)lianc. L"Acad(''iiii<> scniail (|u'il fallait eu finir avec Inidcs ces errcni-s cl ces jnocnicnls snpci'licicds. Elle sentait même qui! rtait de son devoir d'intervenir l't l"on voit que tout ce qu'elle eoniplait «riicllrnistcs s'est efforcé consciencieusenKMit de redresser sur tous c(>s points l'opinion faussée par les »//o'/('r»f,<;. Qu'elle y ait réussi, c'est ce qu'il est difficile de soutenir. Toujours est-il (pic par son obstination à tléfendre les victimes des Perrault et des Fontanelle, elle a fait conqjrendre qu'inie injustice avait été commise et qu'il y avait là un procès littéraire à reviser.

Xous ne parlerons pas des traductions de Théocrite et de IMndare par Hardion et l'abbé Massieu, bien (ju'elles prétendent donner une idée plus juste de l'original. Mais les commentaires dont ils ont accompagné leurs traductions renferment çà et là des aperçus nouveaux, dont la criti([ue littéraire pouvait faire son profit. C'est ainsi que Hardion. distinguant en cjuatre classes les bergers siciliens ', et mettant les clievriers au dernier rang, explique par c(>tte condition inférieure, la grossièreté et la rudesse plus grande de leurs propos. 11 insiste aussi sur ce fait que tous ces bergtn's sont des êtres réels et non des personnages allégori- (pies conilne chez Virgile, et, réfutant les critiques de l-'oideuill(\ qui ne demandait à l'églogue qu'une demivérité, il loue précisément Théocrite du réalisme de sa l)oésie. De même l'abbé Massieu, dans ses commentaires sui' Pindare, est le premier ipii ail entrevu l'importance dune victoire olympi([ue aux yeux des Grecs. Il i-emarque que le poète en célébrant la famille et la

I. Méin. de l'Acad. a'es Inscr., Discours sur les ijcrgors île Tliéocrilc, IV, [). oSi.

00 1-IN ni' CLASSICISME KT RETOL» A L A.XTIOIE.

pal rit' (lu vain(|U('ur uv faisait gnrrc qiK" cl«''v»'lo|)|ttM' la rormiilc dont le liéraul s'rlail servi pour pruclanier sa vicl<»ir(> '. (Ihaltaiioii \a plus loin : il voil dans Tassocialioii (le la uiusi(|iic à la poésie la raison des préleudurs iucoliri'i'ucrs de Pindaro : t La poésie d(> cliaul a dû rirr une poésie d'Iiarnionie. de Iroulde et dCulhousiasnie - ». Le poèlf l\ri<pic obéit à des lois partieuliéi-es : « S'il doit énoncer ipiel(|ues idées, ce iio sei'oul poiid des raisonnenieuls ». Cela reviait sans doute encoi-e lti«'n sui)erliciel, mais à eoup silr était plus pénétrant que « le beau désordre » vanté par Hoileau. Eu tout cas. lors(pie sa traduction des Olympiques parut en 1772, elle eut le mérite de suar^érer à I)idei-ot des vues infîénieuses sur la couiposiliou de l'ode piudarique. En quelques lignes, il esquisse presque la théorie de Dissen sur Viinplication des parties ^. O qui prouve (pie les gens de lettres, avec un peu plus d'esprit de suite et de sérieux, auraieid pu arriver h des idées plus justes sur le lyrisme grec et s'épargner de ridicules et uudadroites imitations. La même année, Vauvili<*rs publia son Essai sur Pindare, qui est comme le résumé de toutes ces idées flottantes auxquelles il ajouta une o|tinion personnelle et reprise depuis par la crili(|ue sur l'importance des mythes dans l'Ode tri(jniphaK'. Si l'on songe en nuMue temps aux teidatives pinilariques de Lebrun el d .Vndré Chénier. ou vei-ra que Pindare. dans ces dernières années du siècle, a reconquis une sorte de faveur et d'actualité *.

1. Mcni. de l'Acad. des Iiiicr.. V, p. Do. — A. Croisot, La poésie dn Pindare el les lois du i./iisme grec, \). il i.

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