Méin, de l'Acad. des Inscr., X.X.XIi
:{. r.f. Disst'ii, Pindfiri Carmina (De rationc poelica carmimuii piml.iricornm.... XLVII). — Corresp. lill., IX. 4G3.
i. Voir dans les Mibinr/es lilléraires de Siiard une lettre aïKjnvMie adressée aux ailleurs de la Gazelle tiltrraire, à propds d'un jnixeinenl df M.irniDiili'l sur la 1'" i'vllii(|iie. IV, 1.. 272.
Il lie faut pas onl)li<'i' non i)liis qu'alors la pastoralt* rt'ik'vioiit à la mode: et ainsi la IraducMon des Idylles de Théocrite par C.lialjanon de Maugris (["tlli) en paraîti'a plus signilicative; c'est d'ailleurs le moment où Gessnei" est le plus en vogue.
Mais, comme à l'âge précédent, le grand dé])at a i»orté sur Homère : ici. la victoire a été complète, et, à la fm (le la littérature classicjue. c'est Homère qui a triomphé. L'érudition sans doute n'en a pas eu tout le mérite, mais il faut reconnaître à son éloge qu'elle a fait tout ce qu'elle a pu pour y contribuer.
Dans cette première période de l'histoire de l'Académie, qu'on pourrait appeler son âge ingrat, il y aurait bien des dissertations à mentionner sur la question homérique. Comme elles n'ajoutent rien à l'intelligence des mœurs ni du génie du poète, il ne vaut guère la peine de s'y arrêter. Poiu-taid elles attestent que l'érudition française n'a jamais déserté la cause d'Homère, même au plus fort de rindilférence du public. Dans la seconde moitié du siècle, il y a un véritable retour d'enthousiasme : à r.\cadémie, Rochefort lit d'interminables mémoires sur « les mœurs des siècles héroïques ». où il y a plus de bonnes intentions que de réelle intelligence'. Pour joindre en quelque sorte l'exemple à la leçon, il donne une traduction en vers de ÏUiado-. En ITùî. au concours annuel pour le prix de poésie. l'Académie française entend la lecture de Vriam au camp dWchillc, tragédie en un acte, de Cha-
1. 11 (lisait par o.vomplc : ■■ On vit Piiaiii, dépouillant la majeslé du trône, se rouler sur la poussière au milieu de ses courlisana et ne ('(Tunaitre plus ni réserve, ni dd-cence dans l'excès d'un désespoir, qu'on condamne d'autant plus farilcment (jue notre âme est moins capable de le sentir. ■> Mém. lie VAcad. des Insn:. XXXVl. p. 430.
2. Il avait traduit le IX", le XYlll" et le XXII" chant de Vlliadei La traduction était précédée d'un Discours sur Homère.
Ikiiiou '. La même année, Bitaubé donne sa traduclion, (fui détrône définitivement VlIonUrc de M'"" Dacier. Si médiocre qu'elle soil encore, les conteni[)orains y trouvaient une plus ffi'and<> siini)licité et comme un air de candeur, ([u'ils ('\)ill(|iiaienl jinr les l"oncti(»ns et le séjour en AUemaLrne île l'auteur. au|)ai'avant ministre du saint Evani^ile à Berlin. La traduction lut très lue : elle eut (jualre éditions de son vivant et lut i)lusi('nrs fois réimjjrimée api-ès sa mort. — Comme pour ne pas rester en arrière de rAcadémie des Insciiptions, et suivre elle aussi le mouvement de l'opinion, l'Académie française, à deu.\ années d'intervalle, en ITTO et eh 1778, mettait au concours pour le prix de poésie la traduction d'un morceau d'Homère. Le priîniier concours surtout resta mémorable : non pas que les lauréats aient été bien jjrillants, nuiis parce que l'abbé Arnault. après la proclamation des prix, pronoi.iça un véritable dithyrambe, comme pour consoler Homère, nous dit Grimm, « de l'outrage de ses traducteurs » : « Jamais discours académique ne lut écouté avec plus d'attention, ne fut aj)plaudi avec des transports plus vifs et plus universels. Assis sur le trépied, plein du dieu dont sa bouche célél)rait les louanges, l'orateur semblait enchaîner tontes les Ames à la sienne- ». Si r«»n se rappelle qu'en cette même séance i\\\ 2i> août 1770, Voltaire faisait lire sa lettre sui- Shakespeare, si l'on songe surtout que l'auditoire était en grande partie montlain. il faut avouer que ce fut une Itelle revanche du pur goût classi<iue. nuiis surtout pour Homère une réparation solennelle des ci'iti(pu's de
1. A la morne séance on enlendil au:<si un pdcnu' île r.lial)anoii sur le Sort de la poésie en ce siècle philosoplic. i\{\c l'auteur pui)Iia dans la suite avec une iUsseilulion sur llowère Cf. Conesp. lut., VI, \). "2.