‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 32 sur 250 · Cf. notre chapitre iv · texte numérisé non relu

Cf. notre chapitre iv

6i KIN DU CLASSICISME ET HEÏOLU A l'aNTIQUE.

tlinis la qiiestion. Kii tout cas, tout le monde voulut voir la Minerve, qu'il avait fait peindre par Vicn d'après le procédé antique, comnie une sorte de démonstration à l'appui. La restitution du théâtre de C.urion dont il rendit compte en séance solennelle l'ut également très remarquée. Mais tout cela n'était rien auprès de son liecueil d'iintiquiU's, qui commence à paraître à partir de 1750'. Quelques années après. Le Roy publiait ses liuwes des plus beaux monuments de la Grèce (1757) avec de luxueuses illustrations. Les ouvrages de "Winckelmann étaient traduits : Lettres sur les découvertes d'Heratlanum au comte de Briihl (1702), — Les nouvelles découvertes d'Herculanum à M. Fuessly à Zurich (1764); enfin et surtout VHisloire dr Vart chez les anciens, dont il parut une première ti-aduction en 1706-. Les Français à leur tour vont en Italie étudier direcleiiienl loulc celle anli((uité ressuscilée. Avec les relations de voyages, les livres de vulgarisation achèvent de faire pénétrer jusqu'au grand public des notions précises sur cet ancien monde romain : Sylvain Maréchal donne en collaboration avec F. -A. David des Antiquités d'Hercidanum, en neuf gros volumes, où Ton pouvait retrouver par le menu toute cette jolie civilisation à demi alexandrine. depuis les plus humbles ustensiles jusqu'à des copies d'œuvres d'art fameuses : lampes en terre, candélabres, trépieds, fresques, peintures murales, statues, dont quelques-unes de i)remicr ordre ■''. D'Hancarville édite

1. Ce son! sinimil les artistes iiiii (lurent iiroliler du Itrciteil d'antiquités : ils y trouvaient d'abondantes données |ioin' la couleur locale anli([ue. Aiitremcnl l'ouvraf.'e. par sa confusion, ne pouvait ([ue rebuter les peps de lettres el le (.'raud puldic; cf. S. Hoclieblave, op. rit., p. 2'.tl.

2. Histiiire de l'Art chez les aririrna, traduit de l'allemand fiar Scllius (rédigé par llobinct). Amsterdam (Paris). Saillant, nr.ti.

:i. Il coniùent d'ailleurs d'njouter que les reproductions des œuvres d'art sont eu ijétiéral fort inauruisesi

LES TRAVAUX DR L HHUI>lT10i\. 6o

la collection ilc céraini([iio (riianiilloii, ci son livre va devenir presque classique dans l'atelier de David. Choisoul-GouI'fier donne son Voyage joittoresque de la Grèce, « de l'exécution lyi)ogi'aj)luque la plus riche, orné d'un ijrand nonihri^ de planches gravées avec beaucoup d'exaclitiide cl de soin » ' : comme dit Grimm, on se persuadait « pour la première l'ois que les tableaux délicieux que nous offrent les auteurs grecs étaient moins l'ouvrage de leur imagination qu'une simple imitation de la nature- >. Enfin, comme un vivant commentaire de toutes ces publications savantes ou artistiques, on voyait en 17S7 une galère antique construite sur les plans de Le Roy remonter triomphalement la Seine et jeter l'ancre au Louvre, entre le Pont-Neuf et le Pont- Royal ^.

Mais par-dessus tout le Voijdfje du jeune Anacharsis obtenait une vogue inattendue pour un ouvrage qui, en sonmie. était d'abord un livre d'érudition : c'était toute la vie grecque qui était représentée dans un lal)leau d'ensemble. On voit que l'auteur s'est efforcé surtout de donner la sensation de la « chose vue ». de rendre pour ainsi dire palpable ce monde lointain, en entrant dans les moindre détails de l'économie domestique. Ces Athéniens dont on avait les oreilles rebattues depuis le collège, qu'on s'était habitué à considérer comme des espèces d'entités littéraires, on les voyait revivre avec la plupart des préoccupations, des goûts, et même des ridicules modernes. On passait <\(' la toilette d'une élégante à une séance de l'Acadcniic. ou à la procession de Panathénées. On reti'ouvait Platon au milieu de ses disci})les, ou Xénophon dans sa retraite de Scillonte. s'occupant de ses chevaux et de

Page 1