INTRODUCTION. \I
raines qui oxprinioiil les mêmes tendances el (lui attestent plus ou moins le même idral. Dans ces conditions, (Mudier le retour à lanlique dans les mœurs, dans la littérature et dans lartdu xviir siècle, c'est étudier le classicisme lui-même à sa dernière période; c'est voir comment il a- essayé de revivre et pourquoi il est mort.
Il n'est pas inutile de rappeler d'abord de quoi il avait vécu. Chez les modernes, comme chez les anciens, il commence à peu près de la même façon : dans l'Italie du xv^ siècle, il naît des découvertes et des g-loses des humanistes, comme auparavant à Alexandrie et à Rome, des commentaires des grammairiens et des traités des rhéteurs. Son principe est l'imitation, et ses premières œuvres, des traductions, des compilations et des pastiches. Il semblerait même qu'il ne dût jamais produire autre chose étant donnée l'étroitesse de son principe; car l'imitation de la l'orme entraîne limitation du fond, et voilà l'artiste condamné au décalque à l'infini : Nicolas de Pise se met à copier des bas-reliefs antiques comme Pétrarque à pasticher Virgile.
Mais, heureusement, les grands classiques de la Renaissance surent dévier de celte discipline et tout en maintenant l'honneur et le respect de la tradition, réserver les droits de leur originalité. Ils ont interprété librement l'antique et, par delà les canons et les règles, ils ont étudié et ils ont aimé la Vie. C'est elle surtout qu'ils ont reconquise bien plus que cette antiquité lointaine, si difficile à res-