Op. cit., cha[). i
106 FIN nu CLASSICISME ET HETOUK A L ANTIQUE.
Cette poésie de riiistoire, détachée de lliistoire elleinèiiie et de l'œuvre de Moidesqiiieu. lloltiudc pour ainsi (iii-(> dans l'aii-, plus |)eut-étre cpie toutes les idées de la critique ou de la philosophie, allait exalter les àrries vers Tantique. Rousseau va y ajouter encoi-e, nuHs la fausser duiuènie couj) m y uièlantdes rèv<'ries romauesqu(>set une rhétoriqueviolenfeel déclainaloiie.
Avec son dédain de l'art et de la littérature. Rousseau ne s'est j^uère occupé des anciens eu tant que littérateui's. Tout au plus s'en inquiète-t-il conime I)i'éce])leur et encore uniquement pour leui's qualités éducatrices : « En géuéral, Emile prendra plus de goût pour les livres des Anciens que pour les nôtres, par cela seul qu'étant les premiers, les anciens sont le plus près de la naliire cl que leur iiénie est plus à eux ». Est-il besoin de ra|>peler d'ailleurs que, nuilp"ré ses traductions de Ta<ite. il savait mal le latin, qu'il l'avait appris sur le tard et ipiil ijLrnorait absoluuieul le grec? Mais justement à cause de son goût pour la nature et poui- une simplicité un peu lastueusc dans les mœurs et dans le costume, il ilevait se sentir attiré vei'S les anciens et chercher chez eux des modèles.
Rousseau aime les sites sauvages. On peut le cf)nsidérer comme l'inventeur des jardiris romantiques. (Vrsl le jardin de Mme de Wolmar qui leur servi r-a de modèle. Aussi aimera-t-il dans Homère cette d<"s cription tlu jardin royal (r.Mcinous. qui avait laid piélé à rire auli-efois aux Perrault et au\ Lamotle ; « T<'lle est la desci'ipl ioM du jardin royal d'.-Mcinoiis au ^'ll'^ livi-e de r()'/ys.S''e, jardin dans lecpud. à la honte i\i' rc vieux rêveur d'Homère et des princes de ce temps, on ne voit ni treillages, ni statues, ni cascades, ni honlingi'iiis ' ». \'oll;iirc avait dt'-jà «'xciisé la siin|ili(it(''