‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 67 sur 250 · I. Collé, Journal historicjur · texte numérisé non relu

I. Collé, Journal historicjur

•2. En réalité l'auleur avnil côinipliiiiu riiilriyiic d'Euriiiiilt'. ].e.s contemporains eiix-inémes le lui reprochèrent, thi moins ceux qui connaissaient un peu le théâtre antique. i'.L Annre littéraire (le n:jS, I. "V. — Fa\ art, dans une 7*e/(7t' /;;/(/7e/H'e(17b7), s'égaya au.\ dépens des invraisemblances de la pièce.

3. 11 y avait aussi un morceau de Ijravoure qui a dû èlre très travaillé, une description de tempête (acte 11).

de rantique. créée par les opéras de Gluck, mais elle avait été composée avant la représentation de Vlplùgénie et de VOrphée^. ('/était un essai aussi honnête et sincère qu'on pouvait le souhaiter alors, dans cette décailence du tlu'i'drc. t,a pièce réussit en dépit des critiques, demi quchpics nues assez avisées. Elle conduisit même son auteur à l'Académie, et lui valut l'honneur de succéder à ^ oltaire.

Et pourtant elle date étonnamment : mais il ne faut pas trop lui en vouloir de nous raj)peler un des moments les i)lus aimables du règne. Œdipe chez .AdmO/e est bien de ces annt'es ti'op courtes où la nation tout entièi-e est encore amoureuse de sa jeune reine; où Louis XVI et Marie-Antoinelf(> sont acclaïués au théTdre. on c'est un échange perpétuel de compliments et de douceurs entre le roi et son peuple. Lidylh^ caressée par toutes les imaginations send)l(^ sur le point de devenir une réalité. Le règne de la Vertu et de la Natuie commence, et avec lui le culte des alïections de lamille : la Mère et l'Enfant sont glorifiés, autant que la Superstition et les Guerres sont maudites. Un type d'humanité se dessine, tout à fait charmant malgré une foule de petits ridicules et cju'un reste de grandes manières aristocratiques ennoblit dans sa sentimentalité un peu bourgeoise. C'a été quelque chose de très éphémère et de très fragile, comme les jolies inventions des modes (éminines d'alors. .Mais il y a ton! ini ;nl gracieux et un })en trop oublié ipii eu a gardé le snuNciiir et dont la sincérité et parfois luriuc la simplicih'' \r;iic oui encore un charme.

Tout autant ijue les panneaux des bouiloirs, h^s pas-

1. VIphirjénie avait élé rcpréspntiV- le l'.i avril 1""'». Or. on jiiiliel. I'Tj, Diuis lisait son Ol'flipf aux cumodiens. (If. I.,«'llrc de Ducis, Juillel l"7i. Cite par Saiiilc-licuve, Noi(i\ Lundif. IV. p. '.\i'\. il raiil donc admi'tlro (pu- la \)U'cm est loiil an pins contemporaine de la représenlation do ro|»cra de GlncU.

LE TllKATHE KT LIMITATION DE l'aNTIOUE. 127

luiak's de Floriaii ou les vei's d'André ("-liéiiicr, VŒdipe ' hez Adinéte rellôte rillusion candide de cet instant, lùîoutons Louis X\"I dans tout rcnivi'onionf do ces premiers jours i\c popularili" :

C.omliion lie iiioiuls. Arcas, lu'allaciiaii'iil ;i la vie! (!('S sujets pleins damour, dont l'œil fixé sur moi Ne piMivait se lasser de contempler lenr roi: Leurs transports dalléjjressc empreints sur leur visage; Leurs flots lumultueux inondant mon passaf-'e '....

I".l voici les maximes île gouvernemcnl (juil se propose :

Est-il pour nos pareils emploi plus digne il'eux

Que iI'ofTrir près du trône un port aux mallieurcux -'!

Mais on n'est pas seulemeid vertueux tlans cette pièce : on est philosophe: on a lu \'oUaire et Y Encyclopédie . On a la religion de l'humanité. Antigone défendant son père :

... Excusez une aveuirle douleur.

Il soulîre, il est aigri! C'est l'elTet du malheur. (Jnimporte sa naissance ou comment on le nonune? C'est un infortuné, c'est un roi, c'est un homme '^!

Ailleurs, c'est la mélancolie à la mode, comme une réminiscence des yuits d'Voung :

D'être heureux, en naissant, l'homme apporte l'envie: Mais il n'est point, crois-moi, de bonheur dans la vie. Il lui faul d'Age en âge, en changeant de malheui-. Payer le long tribut qu'il doit à la douleur. Ses premiers jours peut-rire ont |Jour lui quelipies charmes .Mais il connaît bientôt l'infortune et les larmes 11 meurt: dés (pi'il respire, il se plaint au berceau Tout gémit sur la terre et tout marche au tombeau *

Page 1