‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 75 sur 250 · Corr. lilt., XII, p. 43.j · texte numérisé non relu

Corr. lilt., XII, p. 43.j

LE TUKATRE ET LIMITATION DE l'A.NTIQUE. 13d

iKiiH'r un paiirgyrique enlliousiuste d'Homère. Lilléi-aleurs el dramaturges s'empressent de suivre le mouvement. n<»clierort fait représenter sur le théâtre de la Cour sa traduction d'Electre que la musique de Gossec irempècha pas de tomber tout à plat. Puis ce fut VllLdipc à Colonc de Sacchini, YAntigone de Doigny du Ponceau, où Ton voyait Ihéroïne se [)récipiter du haut d'un rocher: puis VHtrculc au Mont (Ela de Lefèvre, qui était une imitation des Trachiniennes.

Parlerons-nous maintenant de deux autres tragédies de La Harpe. C"iiolan (1783) et Virginie (1786). oîi Tauteur sétait inspiré de Tite-Live, qu'il avait même traduit par endroits ', en y mêlant, dans la première, des réminiscences de Shakespeare? — En réalité ces pièees, sans grande valeur par elles-mêmes, ne font que constater la vogue croissante des sujets antiques et annoncer en même temps le triomphe de l'histoire romaine, qui va s'affirmer avec la Révolution.

Mais à quoi bon insister sur ces médiocres productions? Ce n'est pas la tragédie qui a soutenu le théâtre au xviii*^ siècle, c'est Topera; et la seule grande émotion d'art que la scène ait donnée alors, c'est dans les œuvres de Gluck et non dans celles de Voltaire et de ses émules qu'il faut la chercher.

On a dit ailleurs quelle révolution la musique de Gluck opéra dans les habitudes du public français, comment la vieille querelle de la musique italienne et de la musique française changea de face dès l'arrivée à Paris du compositeur allemand -. Ce qu'il y a de certain, c'est que jamais auteur tragique ne passionna davantage les esprits, et que tout ce que le wm^ siècle avait conservé d'enthousiasme sérieux pour l'art se

1. Il a traduit le discours de Véturie à Coriolan, acte V, se. m.

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