Gu'lhe, Mémoires (Ivad. Porcliall, p. iû'-L
2. C'est (kl moins l'oiiinioii de M"" Clairon, qui semble eonfirmée par tous les autres témoignages contemporains. — Cf. Mémoires <le M"'' Clairon, p. 89.
Yoiro (lo familiaritt'', qui toiu'iinil alors tous les esprits vers fantique et vers les littératures étrangères, exigeait que le ton de la récitation tragitjue fût baissé et ramené à eelui de la eonversation polie. O lui M"*^ Clairon qui inqiosa cette réforme. Marmontel dans ses Mcinoires se vante d'en avoir été l'inspirateur avee quelques amis de l'actrice '. Il est probable pourtant que celle-ci. originale et intelligente comme elle Tétait, avait dû y songer déjà et qu'elle n'avait été retenue que par la crainte de rompre avec des traditions très fortes. Quoi qu'il en soit, cette innovation répondait bien à son tempérament d'artiste et à son genre de talent, et elle devait y arriver tôt ou tard. Elle la produisit d'abord au théâtre de Bordeaux, où elle eut un plein succès : ce qui l'encouragea à essayer de son jeii au naturel — comme on disait, — d'abord au théAtre de Versailles, puis à la Comédie : r/'.Vcr/ce de Crébillon, puis l'Éleclre de \'oltaire lui rur(Mil deux nouveaux triomphes - : la cause était gagnée ilevant le grand public.
Pour peu ([u'ou y réfléciusse. on sentira tout de suite la portée de ce sinqde changement dans la récitation. Le nouveau jeu, convenable en général à la tragédie de Racine, ne Tétait plus à celle de Corneille, ni à celle de Voltaire, en parliculier dans ses tirades épiques : de là les protestai ions du palriarclie, qui devinait le danger, (rélait unç bonne moilié du répertoire (pii devenait ridicule par le sinq)le conlrasle d'un débit voisin de la prose avec la rlié|()ii<|ue violente^ (\\\ sl\le ou la grandeur idT'ale des caractères. .Mais les effets de In réforme furent en iiartie neidralisés par les acteurs contemj)orains de M"'' Clairon, — M"*" Dumesnil, sa
1. Mémoires i\v .Maniionlel, liv. Y. — Voir aussi ilans VEiicyclopédie l'arlicli' l)i;r,i.A.MATio.\. i|iii est dr lui.