‹ La fin du classicisme et le retour a l'antiqueChapitre 80 sur 250 · Marnionlol. Mémoires, loc. cit · texte numérisé non relu

Marnionlol. Mémoires, loc. cit

LE TifÉAïRE ET l'iMITATION I»E l'aNTKJUE. 148

crrando rivale, et surlout L(>k;iiii qui, tout eu reuou(^;iut à l'aucieuuc uiélopéc tragi(|ue ', avait une telle prol'oniieur d'acceut dans les rôles les plus ingrats, qu'il sut l'aire illusion au public sui" leui' valeur littéraire. Sans cela — ronime le remarque (uethe -, — si le nouveau jeu eût ahsolunienl trionq)]i(''. la tragédie eût été précipitée vers une décadence complète, et c'était lavènement sans conteste du drame bourgeois.

Une innovation plus importante encore, quoique moins apei-çue, et dont M'"^ Clairon eut encore l'initiative, ce fut l'étude historique des rôles, la recherche de la couleur locale dans l'expression et dans la mimique : « C'est, disait-elle, dans l'histoire de tous les peuples du monde qu'il (le comédien) doit puiser ses lumières: la lire ne serait i-ien, il doit l'approfondir, se la rendre familière jusque dans les plus petits détails, adapter à chaque rôle tout ce que sa nation peut avoir d'originalité '... » Dans une fantaisie écrite par M"^'- d'Épinay, la méthode de la grande artiste est rendue à merveille par ce bout de dialogue. L'auteur imagine un débutant venant demander des conseils à M"'' Clairon : « Quels sont, monsieur, les rôles que vous possédez le mieux et que vous vous [)roposez de me faire entendre? — Mademois(dle, celui de Néron dans Br'daïuiicuf^. — Seulement! Mais, monsieur, avant de vous faire entendre, faites-moi la grAcc de me dire qui était Néron. — Mademoiselle, c'était ni cniiiercur qui vivait à Rome. — Qui vivait à Rome esl bon. .Mais était-il empereur romain, ou vivait-il à F«ome pour son plaisir? Comment était-il parvenu à renq)ire? Quels étaient ses droits, sa naissance, ses parents, son éducation, son carac-

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