LES « P0ET.1-: MINORES
Ils fionl peuple, comme Diderot. Ils glorifient toutes les manifestations de l'animalité humaine — l'amour physifjue, la paternité, la maternité, la sensibilité, les larmes : l'Académie met au concours pour le prix de poésie « une lettre d'un i)ère à son (ils k propos de la naissance d'un pèlit-fils ' ».
Natni'ellement ils sont plats : ils ont le goût timide et routinier: Houcher ne comprend pas les énormes hyperboles de la poésie hébraïque-. C'est la complète inintelligence de toute grandeur, soit en art, soit en moi'ale. Lemierre ne voit pas ce qu'il y a de poétique dans les rites et dans les fêtes du christianisme et il estime que les fêtes païennes sont bien supérieures'. La Fête-Dieu — le Corpus CInisti, comme disent les Méridionaux, dont le sens symbolique est si profond et que les Espagnols en particulier solennisent avec une telle splendeur, — toute cette poésie des rites ne lui est qu'un prétexe à (hVrire les rixes entre bedeaux et porte croix pour le pas dans la procession, ce qui donne un épisode digne du Lutrin. Ils ne comprennent plus la noblesse de la virginité, alors que les anciens vénéraient les Vestales et consacraient des statues à Athena-Parthénos : Diderot écrit La Rclù/ieuse et Gresset, Vcrt-Vcrt. Rappellerons-nous la Piicelle de Voltaire? L'héroïsme même, quand il est démesuré, leur échappe : on sait ce que Tressan et Boufflers ont fait de la grande figure du chevalier.
El naturellement encore, ils sont incapables de com-
1. Cf. Corresp. lilt., VI. "."?. (La pii-co couronnée était de Chanifort.)