Tome I, p
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flexions, apporte à ses idées les plus absolues. Souvent mêmes ces corrections ne viennent pas après coup ; elles se produisent au cours de l'ouvrage. Je recommande tout particulièrement, dans ce genre d'observations qui renouvellent l'étude d'une œuvre, la distinction profonde de deux hommes et de deux auteurs qui se mêlent dans le Contrat social, le philosophe et le publiciste: l'un, le premier, qui définit impérieusement et en formules rigides ce que c'est que la souveraineté et ce que c'est que l'État, l'autre qui étudie les rapports entre la constitution physique d'un peuple, son territoire, ses mœurs et la forme de son gouvernement ; le philosophe, tranchant, hautain, déclarant l'absolu et le nécessaire, le publiciste, sage, réservé, judicieux, effrayé lui-même du pouvoir qu'il confère à l'État ou à ceux qui se prétendent ses représentants, essayant d'apporter d'utiles restrictions à la souveraineté qu'il a créée, de la limiter, changeant complètement de formules et de ton, n'ayant plus rien de systématique et de rigoureux, ne craignant pas même d'avouer que l'on a trop disputé dans tous les temps sur la meilleure forme du gouvernement, sans « considérer que chacune est la meilleure en certains cas et la pire en d'autres », tempérant ainsi par une i intelligente impartialité les conséquences auxquelles aboutit cette souveraineté absolue de l'État, érigée ailleurs en doctrine et qui est devenue le fondement de toutes les constitutions révolutionnaires et despotiques ^ Le philosophe a l'orgueil et l'ivresse de l'idée pure; il est l'homme de l'absolu, c'est-à-dire du
■ l. Tome II, p. 563, 370, 408, etc.
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