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Ottaviensjs
paradoxe ; le publiciste en a le regret, presque le repentir, il est l'homme de l'expérience et l'interprète du possible; or, en matière politique, la vérité, c'est le possible, et c'est l'expérience, c'est-à-dire la raison pratique, qui est chargée de l'interpréter et de la traduire dans les grands faits sociaux, c'est-à-dire dans les institutions et les lois.
Expérimentons encore dans un exemple, en dehors des paradoxes politiques, la justesse de cette vue critique, appliquée à l'examen des œuvres de Rousseau. Prenons la Nouvelle Hcloïse. La première partie du | roman s'inspire visiblement de cette idée, que l'amour conduit à la vertu et même qu'il en tient lieu ; la seconde s'inspire de cette idée, que la sagesse humaine suffit pour soutenir la vertu dans les plus rudes et les plus délicates épreuves ^ Voilà bien évidemment les deux thèses qui ont été le point de départ du roman. « Où sont-ils, s'écrie Saint-Preux, ces hommes grossiers qui ne prennent les transports de l'amour que pour une fièvre des sens, pour un désir de la nature avilie? Qu'ils viennent, qu'ils observent, qu'ils sentent ce qui se passe au fond de mon cœur... Ah! Julie, qu'aurais-je été sans toi? La froide raison m'eût éclairé peut-être. Tiède admirateur du bien, je l'aurais du moins aimé dans autrui. Je ferai plus, je saurai le pratiquer avec zèle ; et pénétré de tes sages leçons, je ferai dire un jour à ceux qui nous auront connus : Oh ! quels hommes nous serions tous, si le monde était plein de Julies et de cœurs qui les sussent aimer ! » Voilà le langage de Saint-Preux ; Julie ne