‹ La fin du dix-huitième siècleChapitre 25 sur 96 · janvier · texte numérisé non relu

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dentés ou accessoires qui aggravèrent les rancunes de Rousseau au point de lui ôter tout bon sens et tout sang-troid, cela est très vraisemblable. Quelques sarcasmes terribles de Voltaire, causant avec des Genevois, quelque mordante plaisanterie contre leur compatriote, improvisée en un jour de verve, répétée en riant par des convives de bonne humeur, en voilà assez pour soulever dans cette âme des transports de fureur. Jusque-là Rousseau est, publiquement au moins, dans son tort, n a donné le premier, avec un éclat inutile, le signal de la rupture. Voltaire a raison de parler de lui comme d'un malade : « J'ai reçu une grande lettre de Jean-Jacques Rousseau, écrit-il à Thiériot; il est devenu tout à fait fou, c'est dommage ^ » Puis, quand apparaît la Nouvelle Héloïse au milieu d'un engouement et d'une ivresse invraisemblables, surtout dans la haute société et parmi les femmes, Voltaire, que tout ce bruit devait singulièrement agacer et qui d'ailleurs n'avait aucun goût pour la littérature mélancolique, se contente d'écrire d'abord : « Point f^a roman de Jean-Jacques, s'il vous plaît; je l'ai lu pour mon malheur, et c'eût été pour le sien, si j'avais le temps de dire ce que je pense de cet impertinent ouvrage. Mais un cultivateur, un maçon, et le précepteur de M"^ Corneille, et le vengeur d'une famille accablée par les prêtres, n'a pas le temps de parler de romans ^ » Voltaire est dans son droit de parler ainsi. Il ne devait plus de bienveillance à Rousseau, il ne lui devait que la justice. Or, en matière littéraire, la justice n'a rien d'absolu. Elle dépend beaucoup du

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