‹ La fin du dix-huitième siècleChapitre 37 sur 96 · Pages 257, 264, 265, ûtc · texte numérisé non relu

Pages 257, 264, 265, ûtc

tient à tous les êtres. Il y a déjà de nombreux phénomènes qui y conduisent. Alors la matière en général aura cinq ou six propriétés essentielles, la force morte ou vive, la longueur, la largeur, la profondeur, l'impénétralité et la sensibilité ^ La sensibilité est en puissance dans la molécule inerte. Introduisez-y le mouvement animal, la sensibilité s'éveille du même coup. C'est la qualité propre à l'animal qui l'avertit des rapports existants entre lui et tout ce qui l'environne. — Entre la sensibilité de la molécule et celle de l'animal, il n'y a qu'une question de circonstances et de temps. C'est par cette théorie que débutait V Entretien entre d'Alemhert et Diderot :

« Mais cette sensibilité, si c'est une qualité générale et essentielle de la matière, il faut que la pierre sente. — Pourquoi non? — Cela est dur à croire. — Oui, pour celui qui la coupe, la taille, la broie et qui ne l'entend pas crier. — Je voudrais bien que vous me dissiez quelle différence vous mettez entre l'homme et la statue, entre le marbre et la chair. — Assez peu; on fait du marbre avec de la chair, et de la chair avec du marbre. — Mais l'un n'est pas l'autre. — Comme ce que vous appelez la force vive n'est pas la force morte. — Serait-ce par hasard que vous reconnaîtriez une sensibilité active et une sensibilité inerte, comme il y a une force vive et une force morte, une force vive qui se manifeste par la translation, une force morte qui se manifeste par la pression ; une sensibilité active qui se manifeste par certaines actions remarquables dans l'animal et peut-être dans la plante, et une sensibilité

Page 1