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inerte dont on serait assuré par le passage à l'état de sensibilité active? — A merveille. Vous l'avez dit. »
C'est la sensibilité qui fait le passage entre le règne minéral et le règne végéto-animal : inerte dans l'un, active dans l'autre. Seulement Diderot néglige de nous dire sous quelles influences le passage s'opère, ce que c'est qu'une sensibilité inerte et comment d'inerte elle devient active, comment la molécule devient le tissu vivant de la plante ou de l'animal. Évidemment, dans sa pensée, ce ne peut-être que sous l'action de certaines forces physiques, comme l'électricité et la chaleur, qui, accumulées en proportions convenables et combinées d'une certaine manière , éveillent les énergies latentes des molécules, tirent la sensibilité de sa torpeur, et font passer la matière inorganique à la sensibilité et à la vie. C'est la logique qui se charge d'opérer ce passage, que l'expérience n'a pas démontré encore aujourd'hui, plus d'un siècle après Diderot.
Revenons aux animaux et à l'homme. Diderot résume Maillet et pressent Lamarck dans cette hardie formule : « Animal : forme déterminée par des causes intérieures et extérieures qui, diverses, doivent produire des animaux divers ^ » Ainsi, voilà déjà la variété des espèces expliquée par les circonstances, par l'adaptation au milieu, par l'habitude, par l'hérédité. Qu'on ne vienne donc pas chercher des intentions, là- où il n'y a que des faits accidentels. Ces sortes d'explications téléologiques, Diderot les repousse énergiquement, il les signale avec mépris, il dénonce la bêtise de certains défenseurs des causes finales"^.