Tome II, pages 500-317 et pflssm
230 CHAPITRE YIII
sur moi et que je presse sur tout^? » L'image est ingénieuse ; est-elle une explication suffisante du fait de la conscience, de la mémoire, de la comparaison et du jugement qui en résulte? l)e quelle nature est cette conscience au centre de sa toile sensible et vivante? Est-elle simplement l'organe nerveux, le commencement du réseau? Mais, si elle n'est « qu'un brin comme les autres, » comment ce brin peut-il comparer deux sensations et les juger? L'insecte est distinct des fils qu'il tire de lui-même; ici nous n'avons qu'une molécule, origine du réseau nerveux. Par quel privilège de position centrale, ou de localisation dans le cerveau, devient-elle un registre vivant, animé, arbitre souverain et juge de toutes les sensations, principe du moi? Quand de toutes les extrémités du réseau nerveux les impressions sensibles sont accourues à ce centre commun, isolées, successives, sans mémoire, comment peuvent-elles, par le seul fait de leur passage dans cette molécule, se transformer en conscience identique, une, continue, et chez l'homme devenir le principe des plus hautes facultés d'abstraction, de raisonnement et d'invention? Diderot ne répond pas et il faut être un Naigeon pour croire qu'une métaphore résout le problème. Mais au moins Diderot a senti la difficulté, et c'est la marque de sa supériorité surHelvétius, qui ne s'en est jamais douté. Je préfère au symbole de ['araignée intellectuelle, qui a fait fortune, ces aveux de Diderot, confondu par l'insouciante audace d'Helvétius à trancher tous les problèmes : « Passer brusquement de la sensibilité