‹ La fin du dix-huitième siècleChapitre 55 sur 96 · Page · texte numérisé non relu

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nés et renfermées dans le cercle tracé autour de l'homme par la physique et la chimie. Et voilà le transformiste de tout à l'heure qui s'écrie comme poussé à bout parles conséquences que l'on peut tirer de son système : a Fut-il un temps où l'homme put être confondu avec la bête ? Je ne le pense pas : il fut toujours un homme, c'est-à-dire un animal combinant des idées ^ » C'est surtout à propos des idées morales que cette thèse lui paraît insoutenable : il n'y a jamais eu d'homme sans quelque sentiment inné de justice. Tout ce qu'Helvétius dit, à ce pro^^os, de l'état sauvage, peut être vrai, mais Diderot répond plaisamment qu'il n'est pas sauvage et qu'il ne peut en juger. « Plus civilisé que l'auteur, j'ai apparemment trop de peine a me mettre nu ou à reprendre la peau de bête. Moins fort qu'un autre, je ne saurais goûter ce plaidoyer de la lorce et je n'y crois pas. Le sauvage que l'on dépouille n a point de mot pour désigner le juste et l'injuste- il crie, mais son cri est-il vide de ^QmW est-ce que le cri d un animal ? » « Du moment où le fort a parlé dites-vous, le faible se tait, s'abrutit et cesse de penser! --Ce n est point là ce qui se passe. Au moment où le fort a ordonné le silence, la fureur de parler prend au aible » - c( On soutient que la justice suppose les lois établies Mais ne suppose-t-elle pas quelque notion antérieure dans l'esprit du législateur, quelque idée commune a tous ceux qui souscrivent à la loi*? Sans quoi, lorsqu'on leur a dit : Tu feras cela, parce que cela est juste ; tu ne feras point cela, parce que cela est injuste, ils n'auraient entendu qu'un vain bruit,

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