‹ La fin du dix-huitième siècleChapitre 67 sur 96 · Page · texte numérisé non relu

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Diderot essaye de justifier ses préférences par l'apologie chaleureuse de l'enseignement mathématique. « On ne peut commencer trop tôt à rectifier l'esprit de l'homme, en le meublant de modèles de raisonnement de la première évidence et de la vérité la plus rigoureuse... La géométrie est la meilleure et la plus simple de toutes les logiques, la plus propre à donner de l'inflexibilité au jugement et à la raison... Un peuple est-il ignorant et superstitieux? Apprenez aux enfants la géométrie et vous verrez avec le temps l'effet de cette science... Si l'on prétend qu'il ne faut pas appliquer la géométrie à tout, on a raison ; mais si l'on croit que la méthode des géomètres n'est pas applicable à tout, on se trompe. Même quand on ne doit pas l'employer, il ne faut jamais la perdre de vue, — c'est la boussole d'un bon esprit, c'est le frein de l'imagination... Si les mots usuels étaient aussi bien définis dans les langues que les mots angle et carré, il resterait peu d'erreurs et de disputes entre les hommes. C'est à ce point de perfection que tout travail sur la langue doit tendre. Rien de ce qui est obscur ne peut satisfaire une tête géométrique; le désordre :des idées lui déplaît et l'inconséquence la blesse... ! Enfin n'est-il pas vrai que tous les raisonnements que l'on fait soit en discourant, soit en écrivant, devraient l finir par la même formule qui termine tous les raisonnements des géomètres : Ce qu'il fallait démontirer ?^ »

On voit que Diderot ne néglige aucune des raisons données encore aujourd'hui en faveur de l'éducation

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