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de morale politique, et il alla frapper à la porte du concierge. Celui-ci se fit d'abord prier ; il lui fallut arracher les paroles une à une, mais] une confidence en amena une autre, et Brémond fut bientôt au fait de ce qui se passait sous son toit.
Un ouvrier, un maître de langues et une nuée de domestiques occupaient les mansardes. L'ouvrier, probe et laborieux, avait long-temps courtisé une femme de chambre qui l'amusait de paroles, parce qu'elle en espérait un mariage , et donnait à un petit jockey des marques plus efficaces de tendresse ; un beau matin , épuisé de fatigue et de misère^ las de lutter contre un mauvais sort qu'il ne pouvait vaincre , l'ouvrier Jacques s'était mis à crier, lui millième, dans les ruesj qu'il mourait de faim, et il était en ce moment à la Force , attendant sa sentence. Il n'y avait, dans tout le quartier, qu'un cri sur le maître de langues : c'était la douceur, l'obligeance même; dès le point du jour, il courait le cachet pour subvenir
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aux besoins de sa nombreuse famille ; mais la misère avait jeté son grapin sur lui, et il ne la pouvait pas secouer. Une mauvaise pensée passa par la tête de l'honnête homme; la justice en fut aussitôt informée, on monta en toute hâte dans sa mansarde, et tandis qu'on le gardait à vue à la Conciergerie , sa famille innocente vivait aux dépens de la charité publique. Dans la nuée des domestiques, les uns galonnés sur toutes les coutures, frais et dispos, menaient une vie de seigneurs , les autres prenaient en pitié le petit valet du rentier, qui cirait et époussetait du soir au matin le parquet et l'habit de son maître, faisait maigre-chère, et portait, aux bons jours, un humble frac gris qu'on aurait pu vendre à Rome pour un antique. Il y avait là-haut une aristocratie fort bien entendue; chacun gardait son rang : le valet de chambre avait le pas sur le cocher, qui bourrait le jockey, qui narguait le domestique du rentier, qui daignait à peine répondre au salut de la modeste bonne. Les mœurs n'y