‹ La fin du mondeChapitre 16 sur 29 · HISTOIRE D'UN ECU · texte numérisé non relu

HISTOIRE D'UN ECU

été homme de loi, il aurait été homme de plaisir, mais il respectait sa robe. Une dame fort estimable, qui chante tous les soirs, par délassement, dans les chœurs d'un théâtre de vaudevilb, et n'a rien à démêler avec la police , vint à passer, et sourit à M. l'avoué qui s'empressa de lui offrir son bras. Ils enentrèrent dans un café, et entamèrent, devant deux sorbets frais comme une rosée de printemps, une conversation édifiante. Ils allaient se lever, quand la pâle figure se précipita sur l'écu et demanda sa part. On lui donna une parcelle d'argent presque impalpable, parce que dans les sorbets il y a du sucre, et le sucre ne sert pas uniquement au riche.

Le garçon limonadier reçut l'écu en payement de ses gages. Il délibéra long-temps sur l'emploi qu'il en ferait; à son gré la caisse d'épargne était un chemin bien lent vers la fortune , et il avait l'imagination vive. Il prit sa résolution , passa sa veste, et le fantôme le suivit.

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