‹ La fin du monde, et Les comètesChapitre 10 sur 14 · GO LA FIN DU MOJSDE · texte numérisé non relu

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des fortifications, réfuta cette singulière prédiction, qui trouvait de nombreux adeptes; il |e fit dans une lettre iitiprimée, intitulée : Raisonnements contre les pronostiques de Véclipsé du soleil, — Il lui fut facile d'en démontrer toute Tabsurdité. 11 s'exprimait en ces termes : c La nonchalance, pour ne pas dire la stupidité de la plupart du monde, est si grande, que ceux-là mêmes qui font profession d'être relevés en science par-dessus les autres, comme ils le sont en dignité, s'émeuvent et s'étonnent autant de Téclipse prochaine comme s'ils n'en avaient jamais ouï parler, ou qu'il y eût quelque chose de particulier ou d'extraordinaire en celle-ci, qui ne fût jamais arrivé. Jusques-là qu'on a donné cours et créance non^seulement dans Paris, mais dans les provinces, à certains écrits et prophéties imaginaires touchant les significations et les grandes et épouvantables choses qui s'ensui-

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vTont de cette éclipse, dont la plupart desàiiies simples et crédules se sont effrayées, comme si la fin du monde devait arriver. Et ceux qui se contentent, pour Tappréhension de leur santé, de se vouloir seulement enfermer dans des caves ou chambres bien closes, avec des feux et des parfums pour ne participer point aux mauvaises influences qu'ils craignent, fondés, à ce qu'ils disent, sur Tavis de quelques médecins, croient être d'un ordre bien plus relevé, et ne pensent pas pour cela donner aucune atteinte à la force de leur esprit et à leur capacité. Mais contre les uns et les autres on pourrait bien faire un poème instructif et sérieux, d

Puis il faisait cette remarque judicieuse, sous forme de trait d'esprit : f Ce fat d* André disant déterminément que le monde finira dans deux ans au plus tard, incontinent après il assure que toutes les puissances seront

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anéanties, et tomberont entre l£s mains c Turcs, c'est-à-dire après la fin du monde quand il n'y aura plus ni bétes ni gens. PI à Dieu qu'il fût la dernière et le dernier f de Pastrologie. »

4f J'écris au peuple de Paris sur l'édip!

disait-il encore, et l'assure, foi de philosopl qu'il ne lui en arrivera pas plus de mal q d'un grand nombre d'autres qui l'ont pré< dée. » —Le peuple avait, en effet, bien bes< d'être rassuré, si l'on en juge par quelqi autres passages où Pierre Petit le mont f consterné de peur, jusques à croire la du monde et à se préparer à la mort. »

cite même une naïveté assez plaisante d' curé de campagne, qui, ne pouvant suffiri confesser tous ses paroissiens, ne trouva r de mieux à leur dire au prône c qu'ils m pressassent pas tantf que V éclipse était ren à quinmine. »

La prédiction d'Andréas ne fut pas la seule qui eût cours dans le dix-septième siècle ; et le siéde suivant ne fut pas non plus exempt de ces aberrations. Nous trouvons la fin du monde annoncée par un cordelier allemand, Jean Hilten, qui la fixait en 1651, et par le savant Suédois Bure. Celui-ci, homme trèsinstruit d'ailleurs, mais adonné aux rêveries cabalistiques y ne se contenta pas d'assurer que le premier terme de la fin du monde arriverait le 5 mai 1647, et le dernier en 1674^ mais il se montra tellement pénétré lui-même

de cette idée, sa conviction fut si profonde, qu'il abandonna tous ses biens aux pauvres.

— Le monde ayant continué de subsister sans encombre, au mépris de cette belle prophétie, il n'en fut pas de même du malheureux prophète, qui se trouva dénué de ressources ; la reine Christine dut venir à son secours pour Taider à terminer ses jours à Tabri de la misère. Il ne mourut qu'en 1652, âgé de quatre-vingt-quatre ans, et peut-être avec la pensée que le monde ne dépasserait pas la limite d'existence qu'il lui avait marquée. ' Paul Felgenhauer, qui inonda l'Allemagne d'une foule d'écrits empreints d'idées mystiques et incohérentes , avait publié, en 1620, une Chronologie ou efficacité des années du monde, où, bouleversant tous les calculs, il disait c que le monde était de 235 ans plus vieux qu'on ne le croyait communément ; que Jésus- Christ était né l'an 4255 de la création ; qu'il

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