‹ La fin du monde, et Les comètesChapitre 9 sur 14 · IX FIN 6U MONDE · texte numérisé non relu

IX FIN 6U MONDE

toire de ce qui s'est passé en Bretagne pen^ dantlesguenes de la Ligue, p. 347), il courut un grand bruit qui, en peu de temps, s'épandit d'une merveilleuse vitesse par toute l'Europe, que TAntechrist était né en Ba-

bylone. Ces nouvelles vinrent d'Italie et d'Allemagne, passant jusques en Espagne, en Angleterre et tous les autres royaumes d'Occident, ce qui troubla beaucoup les peuples même les plus avisés. L'on croyait, pour lors, le jugement être proche. Chacun était ainsi ému. Le bruit alla si avant, qu'il fallut que le roi llenri IV, par édit exprés, fit défense d'en parler. » — D'après cette alléga* tion, on doit supposer que la peur fut grande. Quelques années ensuite, c'était la destruction de Paris qu'on annonçait, sous la date du *29 mai 1606. Pierre de l'Estoile, dans son Journal, nous l'apprend en ces termes : • Courut bruit que la ville devoit

abîmer la nuit suivante. On disoit que le pape en avoit eu une révélation, et autres fariboles dont on repaissoit le peuple, envers lequel toutefois cette fadaise trouva tant de croyance, que beaucoup des plus simples et crédules sortirent de la ville et des fauxbourgs. » — En Toyant la crédulité publique si prompte à s'alarmer, comment s'étonner que la fin du monde, bien autrement redoutable, puisqu'on ne pouvait pas se mettre à Tabri en déménageant, ait été à cette époque un sujet de terreur?

• Une liste curieuse à dresser serait celle de toutes les années auxquelles on a fait naître TÂntechrist ; on les compterait par centaines, sans parler des dates fixées, dans Tavenir, pour l'accomplissement de ce grand événement précurseur du dernier jour du monde.

— Un fait avéré, et qui donne un démenti formel aux prédictions (jue l'imagination in-

5i> LA FIN DU MONDE.

quiète ou orgueilleuse de certains hommes s'est plu à formuler sur ce grand mystère de foi religieuse, c'est que l'Antéchrist, ce messager de notre ruine, est encore à se manifester.

Puissent les prophéties dont les temps ne sont pas encore venus, — et nous le souliaitons pour nos descendants, — n'être pas plus vraies que celles maintenant révolues, et qui n'ont laissé trace que dans la poussière des bibliothèques î — Nous en exhumerons quelques-unes à titre de renseignement et d'enseignement, car les choses passées sont le meilleur guide pour les choses présentes et futures.

Voici par exemple un écrit sous ce titre :

Adverlissement à tous chrestiens sur le grand et espouventable advenement de VAntichrisl et fin du monde j par le sieur V..., imprimé en 1618. On y lit : « Ln nativité de l'Ante-

Christ se trouve en Tan vingt et six de ce siècle ; le commencement de son règne universel en Tan cinquante-six, sa chuste et de son empire en l'an soixante, et la fin du monde en Tan soixante-six. » — On ne peut pas être plus explicite ; sachons gré au prophète V... de s'êlre exprimé aussi clairement; éloge que ne méritent pas beaucoup de ses confrères.

D'un autre côté, en 1623, on publiait :

Attestation de la nativité de V Antéchrist par les chevaliers de Malte, -- Il paraît que cet ordre chevaleresque avait le monopole d'avertir le genre humain de sa destruction. — Nous parlerons en leur temps de quelques autres ouvrages du même genre *,

* Ne vient-on pas de publier tout récemment : Interprétation de l Apocalypse expliquant les sept âfies de CEylùe catholique^ les événeinenls de noire époque^ le règne de l'An:evhrist et les grandes acèiies de

dont notre siècle, pas plus que ses devanciers, n'a été exempt.

Changeons le tableau et passons à une lin du monde d'une autre nature.

la fin dit monde, par le vénérable serviteur de Dieu Barthélémy Houzauser, mort le 20 mai 1^8. Ouvrage traduit du latin et continué par le chanoine de Wuil- 1 eret.

A propos d'une éclipse de soleil annoncée pour le 12 août 1654/un certain Andréas, se qualifiant mathématicien de Padoue et de Prague» avec une attestation de la chancellerie de Memniingen, fit paraître un opuscule en allemand et en français, dans lequel il avançait, parmi plusieurs autres, ces deux propositions étranges : « Que la queue du Dragon se joindra avec Saturne, ce qui n'était point arrivé que deux années avant le déluge et que le monde finira pour lors ou deux ans après. »

Pierre Petit, savant ingénieur, intendant

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