‹ La fin du monde, et Les comètesChapitre 13 sur 14 · LA FIN DU MOKDE · texte numérisé non relu

LA FIN DU MOKDE

nous if al tendrons pas autant qu'on le pense. »> — Et Hoffmann terminait par cette péroraison : « J^ai donné la fm du monde avec des variations ; les amateurs peuvent choisir ; mais j'espère en avoir assez dit pour faire taire les mauvais plaisants. »

L'année 1816 ne fut pas la seule marquée pour la gr.nde calaslrophe. L'abbé Fiard, en 1803, lui avait assignée une date très-prochaine, d'après l'Apocalypse et les Pères do l'Église; pour cet ardent démonologue, le règne de l'Antéchrist était commencé, et l'on ne peut se faire une idée des divagations que lui inspire son zèle contre les démons ou diabolâtreSf dans un ouvrage sous ce titre bizarre, La France trompée par les magiciens et les démonolâtres du dix-huitième siècle.

Un comte de Sallmard-Montfort avait prédit aussi la fin du monde par l'interpréta-

lion des saintes Écritures; il la plaçait ( 1826 et 1836».

«t Le monde, disait-il, se fait vieux, <

serait bientôt temps qu'il prit fin ; au»

crois-je pas que Fépoque d un si terrible nement soit fort éloignée. Jacob, chef douze tribus d'Israël, et par conséquent de l'ancienne Église, fut évidemment la fij de Jésus Christ, chef des douze apôtres par conséquent chef de la nouvelle ; J; naquit Tan du monde 2168, c'est-à-dire 1 ans avant Jésus-Christ. Le monde, à la n sauce de Jésus-Christ, avait 4,004 ans ; glise ancienne, figure de la nouvelle, a < duré 1,836 ans. Au moment où j'écris, i sommes en 1826; par conséquent, puis< d'après la parole de Dieu, la nouvelle Éj

• De la D v'iii'à, des diffèrenîcs n'Ugions; iice fi I ifétiéiale et prochaine dit monde.

doit durer jusqu'à la fin des siècles, si Fancienne a vraiment été (comme il n'est pas douteux) le type de la nouvelle» il en résulte clairement que le monde n a plus qu'environ dix anS' à exister, puisqu'en unissant ces dix ans aux dix-huit cent vingt-six ans qui sont passés depuis Jésus-Christ jusqu'à ce moment, cela nous donne précisément les dix-huit centtrente-six ans qui s'écoulèrent depuis Jacob jusqu'à Jésus. »— 11 est impossible de pousser plus loin l'extravagance, et on se demande comment de pareilles incohérences ont pu être mises sérieusement au jour.

Un Allemand, du nom de Libenstein, avait publié, à Francfort, en 1818, une brochure dans laquelle il avertissait le public que l'Antéchrist paraîtrait en 1825 et que le monde finirait dix ans après.

Enfin» en 1824, il parut une Explication de P Apocalypse, où l'on prouvait que le règne

de l'Antéchrist avait commencé et que le monde allait finir. Les philosophes, les jansénistes, les révolutionnaires, l'Encyclopédie, Voltaire, Napoléon, étaient les bêtes et les monstres prédits par saint Jean.

Madame de Krudner, cette femme emblématique de la sainte allianc?, Tamie de Tempereur Alexandre, elle aussi avait prophétisé la ruine de notre planèle; c'était le 15 janvier 1819 (1*' janvier selon le calendrier russe, qui servait de règle à la sainte prophétesse) que devait s'accomplir le cataclysme. Principalement en Suisse et en Allemagne, on se plut à répandre ce bruit dans 1 es campagnes, et les populations, qui le prirent au sérieux, furent dans un grand effroi.

Des années de fin du monde furent encore, on se le rappelle, 1852 et 1840. La première ])assera à la postérité, grâce à la fameuse chanson de Béranger, Finmon$-en, le monde

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est assez vieux. — Quant à la seconde» elle a fait pendant longtemps Tobjet de FaUenle et de la crainte universelles ; elle était marquée d'un signe fatal dans les traditions; elle était annoncée menaçante et terrible par une foule de prédictions. C'était le 6 janvior que le grand dénoûment de la comédie humaine devait avoir lieu! Beaucoup de gens avaient fait leurs préparatifs» s'étaient mis en règle et attendaient de pied ferme la date fatale. — Ils ont été dupes de leur crédulité ; mais la fin du monde, arrivée depuis pour plus d*un d'entre eux, prouve que (î'est dans la mort de chacun de nous que se trouve réellement la réalisation de toutes les prophéties sur la destruction du genre humain.

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Reste à savoir si les prophètes dont nous venons d'énumérer une assez longue liste étaient tous de bonne foi ?— C'est là une question impossible à résoudre; mais, quoi qu'il en soit, de deux choses Tune : — ou ils étaient sincères, parlaient avec conviction, et alors ils doivent être classés parmi les fous et les utopistes, pauvres esprits malades que de fausses théories systématiques entraînent, absorbent et jettent dans des divagations tellement extrêmes qu'elles ne prêtent pas même matière à discussion ;— ou ils étaient incrédules eux-

mêmes, et dans ce cas ils ne peuvent être regardés que comme des imposteurs dignes du mépris public.

En nous arrêtant sur cette question, notre but n*a donc été simplement,— et nous tenons h bien le constater,— que de remettre en lumière quelques faits historiques^ oubliés ou peu connus. Nous ne sommes plus au temps, Dieu merci, où ces sortes de prédictions étaient acceptées comme infaillibles.— Si Ton peut s'étonner d'une chose, c'est, à bon droit, que de nos jours, en plein dix -neuvième siècle, il puisse surgir encore quelquefois ' des adeptes de ce prétendu art astrologique, tombé depuis longtemps sous les railleries et les quoHbets, lorsque les découvertes de l'astronomie sont venues donner une explication mathématique aux mouvements célestes.

Ceci nousamènenaturellement aux comètes»

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et ici nousnilons retrouverile nouveau l'i rance et la superstition aux prises avec le sens et la véritable science.

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