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Je frémis malgré moi d'horreur involontaire I
Et je verse des pleurs ( Je tremble au souvenir de cette fin terrible ; En faire un plein récit, hélas ! est impossible : (
J’abrèue ces horreurs. “
( Le temps allait finir sa course séculaire, La sombre éternité, s’avançait sans mystère, Et sous sa brise, hélas ! frissonnait l'univers } Comme un duvet d’oisean sous le vent des hivers. ( Déjà la fin des temps, ce spectre au front livide, N S'abattait sur Vénus comme une hyène avide, { Et noyait sa beauté dans son sang et ses pleurs, ] Que n ai-je pu mourir avant tous ses malheurs. Q Fatalement jeté par cette trombe étrange À Sur cet astre brillant, un bonheur sans mélange L Berça d’abord mes jours les couronnant de fleurs, E Quel ne fut pas mon trouble en voyant ces horreurs ! E Oh ! fin des temps, disais-je, éloigne tes ruines, C Tes eftrois sans pitié, tes guerres intestines, L Eloigne, éloigne-toi ; car j'ai peur du trépas ; L Epargne au moins Vénus où j'ai fixé mes pas. S Elle était inflexible, et déjà sur les mor.des S Dieu gravait son empire en des lettres profondes P Que tout l'eau de la mer ne pouvait effacer. L
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Hélas !
Ce n'étaient que malheurs et que guerres sanglantes,
la tin des temps venait de commencer :
Ainsi qu'on voit des mers les vagues mugissantes Qui senflent sous les vents : tel l’orgueil des esprits Sur le monde semait d'innombrables débris,
Le soleil obseurci n'éclairait la nature
Que par des jets sanglants rougissant la verdure : Des tonnerres affreux, d'horribles tremblements Faisaient sécher deffroi tous les êtres vivants. Héias ! ces jours tout pleins d’horreurs inénarrables Qui devaient châtier les humains si coupables, Succédaient à des jours si brillants et si beaux
Que le monde ébloui croyait que les flambeaux Des premicrs jours du monde éclairaient la nature, Quand dans l’Eden si beau Dieu mit sa créature. Avant d’attrister tout de ses derniers reflets L'astre du jour voulait briller comme Jamais : Et tout resplendissait, les bois et les pruiries,
Et jusqu'aux ercix de bois sur les tombes flétries. Ce contraste allait rendre, hélas ! bien plus affreux Les malheurs qui devaient suivre ces jours heureux. Le monde, avant d'entrer dans les jours de colère, Senivrait de plaisir et d'amour éphémère
Sans nul pressentiment des suprémes malheurs, Prét du gouffre voilant ses flots dévasteurs L'abondance étalait sa gerbe si féconde
Dans l'arôme des fleurs et d’une paix profonde,
Rien ne venait voiler l’éclatant horizon.
| Les piaisirs les plus doux doraient chaque saisou ;
Tout respirait l'amour sur cette étoile blonde :
| Le ciel semblait chanter pour endormir le monde
Comme à Noël jadis cet tinmortel Auo
Chanté de siècle en siècle autour du saint berceau. A1
( Car sur Vénus, un jour comme sur notre terre, Q1
“ Le Verbe se fit homme, ineffagble mystère
“ (Comme iei bas, là haut il connut les douleurs
“ Et versa tout son sang pour sauver les pécheurs.”)
| Et le vent pacifié retenait son haleine
1 Pour combler les souhaits de cette paix humaine.
Plus de guerre là-haut entre les éléments ;
Plus d'éclairs, plus de vents, plus de flots écumants.
‘Al Quelquefois seulement une légère ondée à 1 Rafraïichissait les fleurs, la moisson fécondée, . Alors le ciel prenait un merveilleux décor :
Le soleil y roulait comme une boule d'or ; à | Et ses rayons semblaient semer des perles fines D Partout où l'on voyait s'étendre les bruines Ui Ce spectacle à la fois si splendide et si grand in | M'a jeté bien des fois dans le ravissement. LL “ () beau ciel azuré de Vénus endormie, M:
| “Te voir et puis mourir ! Oh ! trombe mon amie Qu À “Tu ne te doutais pas dans ta folle fureur En “ Que tu me conduisais dans l’astre du bonheur, Di