‹ La fin du Moyen Empire egyptien; étude sur les monuments et l'histoire de la période comprise entre la 12e et la 18e dynastie (volume 2)Chapitre 28 sur 51 · LA ROYAUTÉ DES APOPI ET LES ASIATIQUES EN EGYPTE · texte numérisé non relu

LA ROYAUTÉ DES APOPI ET LES ASIATIQUES EN EGYPTE

Tournons maintenant notre attention vers le deuxième terme du problème que posent les traditions d'époque thébaine extraites précédemment et mises en évidence un peu plus haut (Section II, introduction) : Apopi, l'ennemi du roi de Tlièbes dans l'une des deux histoires; on se rappelle que dans l'autre histoire , l'ennemi est un étranger asiatique. Qu'est-ce ([Il Apopi, quelle était sa royauté, quelles relations peut-il avoir eues tant avec les Asiatiques qu'avec Ahmès, Tioua ou leurs prédécesseurs?

On connaît les monuments de trois Apopi certains, dont les noms solaires sont Aknenre, Aousirre et N ibh'hopcsh(^^)re ; les deux premiers au moins sont nettement apparentés par la forme de ces noms solaires, mais on ne sait comment les ranger l'un par rapport à l'autre. Nous allons les examiner successivement.

AKNENRE APOI'l.

Il usurpe, aTanis, les deux statues colossales d'un certain

roi Smenklikare Minnashaou "lî(®P^(JJ^ (^'^^'^ ! 1 ' antérieur à lui par conséquent et nommé par le papyrus de

Turin; rinscription usurpatrice, gravée sur l'épaule droite, de très négligente façon , est à lire *^^ :

«Le roi Aknenre Apopi, aimé de Sit. w C'est le même Aknenre, à ce qu'on suppose, qui voulut éterniser son nom sur l'épaule droite des sphinx dont quatre furent trouvés à Tanis par Mariette en même temps que les statues précédentes, dont un autre est au Louvre depuis beaucoup plus longtemps, et sur lesquels, uniformément, les inscriptions trop hâtives de

'■' La première statue, que nous désignerons par A, fut découverte par Burton, et ses inscriptions publiées par lui, Excerpla hieroijrl., pi. XL, i (Smnnklikare), 7 (Aknenre), puis notées par Lepsius, L. D., III, 269 c (Stnenkhkare), Text, I, p. 5 (Aknenre). Mariette, ensuite, retrouva cette mémo statue, et peu de temps après découvrit la statue jumelle B : Mahiettb, Lettre à M. le Vie. de Rougé stir les fouilles de Tanis, dans Rev. arch., 2' série, III ()86i), p. 97-111, et Deuxième lettre etc., même série, V (1862), p. 297-805 ; cf. sa Notice etc., 1869, p. 276, et ses Fragmentt et documents relatifs aux fouilles de San, publiés dans Rec. de travaux, IX (1887), p. 10-12. Les inscriptions de la statue B ont été publiées pour la première fois, à ma connaissance, par Pétrie, qui retrouva le monument sur place : Tanis, 1, pi. Ill, 17 B (Smenkhkare), III, 17 C = XIII, 6 (Aknenre).

Dans l'inscription d'Akncnre, le nom de Sit est martelé sur B, mais intact sur A, de sorte que dej)ui3 Mariette on le connaît bien à cette place; pour le reste, les deux exemplaires de l'inscription, détériorés et martelés irré;;ulièrement, se complètent à peu près fun l'aulre, mais Mariette n'arriva pas à lire le nom solaire, à cause du ^ très indistinct sur les deux monuments, et sa mauvaise lecture, qui passa chez Bougé, laisse encore sa trace dans Pétrie, Tanis, I, p. 8-9. La vraie lecture Aknenre, cependant, a été indiquée par Mariette lui-même dès 1872 , à la suite de la découverte de la table d'oflrandes dont nous parlons un peu plus bas, el où la litulature d'Aknenre Apopi est parfaitement lisible : Mariette, note dans Mélanges d'arch. égyptienne et assyrienne, I (1872), p. 56; cf. Notice etc., 1876, p. 299, à propos de ladite table d'offrandes. Depuis lors, l'inscription des statues de Tanis a généralement été lue de manière corrode; voir Brugscu, Gesch. Aeg., p. 82^ ; Wiedk- MANN, Aeg. Gesch., p. 296; Naville, Bubaslis, p. 21; Maspero dans toutes les éditions de ï Histoire, etc.

Les deux statues ont été transportées au Caire en 190/j (voir note suivante).

l'usurpaleiir furent marlclres jusqu'au dernier signe ^'l Mariette considérait les sphinx comme de l'époque m/}me de

'•' Description des i|uatre spliinx de Tanis par MARiErrE, (oc. cit. dans Rev. arch., a* série, 111 (i8Gi), p. io'i-io5, pi. 1 et 11, lac. cit. dans lîec. de travaux, IX (1887), p. 10, et dans les diverses éditions de la Notice, voir note suivante; les bases sont fjravées tantôt aux noms de Ramsès 11, tantôt à c<mx de Mineptali, et un Psousennès de la XXI* dynastie s'est encore inscrit sur l'un des monuments. Quant aux inscriptions des épaules droites, elles sont martelées si complètement qu'on ne distingue plus, de l'une d'elles (pi. II), que

iLdî f- '1 ■ rHiîl i ^ ; mais le tout, dit Mariette,

rappelle si bien la légende d'Apopi sur les colosses de Mirmasbaou, qu'on n'hésite pas à reconnaître aussi Apopi dans nos inscriptions détruites. Cette manière de voir est adoptée par Dkvkria, Lettre à M. Aug. Mariette etc., dans Rev. arch., 9° série, IV [1861], p. 960-261 (voir Bibl. Egypt., IV, p. 991-992), qui expose en même temps avoir examiné, sur l'avis de Mariette (cf. Mariette, Lettre à M. Alf. Maunj etc., dans Rev. arch., 9° série, III [1 861], p. 337-3^10) et de concert avec lui, le grand sphinx A. 23 du Louvre, dont la petite inscription en une cuionne, sur l'épaule droite, a élé martelée exactement comme celles des sphinx de Tanis; ils arrivèrent à lire, plus ou moins

conjecturalement : J ^ ^ ^^ B ^ flv" ^ ^"^^ ™^™'' "" peu près Petuie, Tanis, 1, pi. 11, lA F). Rappelons que le sphinx du Louvre, outre cette inscription martelée, porte les cartouches de Ramsès II, de Mineptali et , autour de la base , des inscriptions de Shesbouq. La présence des noms d'un Apopi sur tous ces monuments est généralement admise aujourd'hui encore; voir Pétrie, Tanis, p. 7 ; mais il importe de remanjuer qu'on n'en a aucune preuve certaine. Gauthier enregistre ( /?oi« , 11, p. l'ia, n" IV) une lituiature complète d'Apopi comme provenant d'un des sphinx, mais il y a simplement confusion, dans ses notes, avec les inscriptions des statues de Mirmasbaou.

Souvent d'ailleurs on confond entre eux tous les sphinx et leurs inscriptions usurpatrices ultérieures, qui en réalité ne sont point identiques entre elles; voir Wiedemann, Gesch., p. 99/i et n. 5, Sujypl., p. 33, I. 19-90. Pétrie {Tanis, p. 8) connaît deux sphinx seulement, l'un encore en place, et l'autre qui est celui du Louvre; exactement de même nous renseigne, en dernier lieu, (ÎAtJTiiiER, Roi.i, 11(1910), p. 1^9, n. 3. Le plus grand nombre des autres sphinx existent encore, entiers ou en morceaux ; ils ont été transportés au musée du Caire , en igo^i, parmi les gros monuments de Tanis laissés en place jusqu'alors; voir Maspero-Barsanti , Transpirt des gros monuments de San au Musée du Caire, dans Ann. du Seirice, V (190/1), p. 9o3-9i/j, et particulièrement, p. 210-911, la liste des monuments transportés.

l'Apopi (les inscriptions martelées f^\ mais il fut mis hors de doute, depuis lors, que ces beaux monuments appartiennent à 1.1 Ml' dynastie et, plus précisément, représentent Amenejuhat III C^). '

Un autre monument d'Aknenre Apopi'-^^, d'attribution tout à fait certaine au contraire des sphinx de Tanis, est la table d'oflrandes bien connue qui porte tout autour de la face supérieure, à plat, les inscriptions suivantes '''^ :

^ ^ / — -;~7 — ~— >j Deux fois, symétriquement, à

•+> \k 1 I J ( ® \'Z^ J partir du milieu du long

^ ^"^ ^ ^ côté supérieur.

-*- V Wi 'Zr ^ -^^ n ( O (s) Sur chacun tles deux petits côtés * — Jf» *^— - ■*— ^ «^^ ^ J "^-^ perpendiculaires.

*=* ^ ^^ ^^11 «.—^ Moitié gauche du long côté de — ' *^ ."?-. :? <=> t t base.

» V '^ (f\ î^^ Â •?• © Q V^ Moitié droite du long coté de

«L'Horus Sehoteptaoui , le dieu bon Aknenre; fait par lui en monument de lui à son père . . . , seigneur de sa ville de Ha-

(') Mariette, Lettres à de Rougé, loc. cit. , voir notes précédentes, et Notice des princ. mm., i864, p. a33, n° ii. p. aO/i, n" ii-i3; 1869, p. 278; 1876. p. 258, n' 869.

'*^ Maspebo, Guide du Visiteur, p. 64-65, n° 107, et Arch. Egyjd., p. 216- 217; GoLÉMSCHEKF, Aineneiiiha III et les Sphinx de San, dans Rec. de travaux, XV (1898), p. i3i-i36.

W D'après Wiedesiann, Gesch., p. 29Û-295, la statue A. 18 du Louvre appartiendrait à Aknenre Apopi et aurait été usurpée plus tard par Amenliolep III, mais il semble, au contraire, que cette statue n'a jamais appartenu qu'à Ameniiotep III.

'*' Mariette, Notice des j/rinc. mon., 1876. p. 299, n° 1001. et Mon. divers, pi. XXXVIII: Maspero, Hist., II, p. 59; Pétrie, llistory, I ( 'i* éd., 1899). p. 243: Ahmed bey Kamal, Tables d'ojfrandes (dans Cat. gén. Caire),

'^' A. Kahal {loc. cit.) ht ici 2 . mais cela ne se ronlirme pas à l'examen de la pierre.

ounrit, qui [à gauche ;) a mis tous les pays sous ses sandales; (f/ droite :) a dëcnUé, pour lui, qu'il Donne la Vie, comme Re, à jamais.:! L'inscription nous apporte, comme on voit, le nom d'Morus d'Aknenre, et cela nous permet de noter ceci, qui n'est pas sans importance, que le roi, «Horus Sehotep- \taoui^n, paraît très probablement sur un fragment architectural de.Bubaste^''.

Sur la table d'offrandes dont on vient de parler, le nom du dieu a (Ué martelé; pourtant, dans l'inscription de gauche, on voit encore la tête et les oreilles du jy Sh''~\ Quant au nom de la place, sa lecture est complètement sûre*^'. Ha-ouarit, comme résidence de Sit, n'est pas inconnu des textes de la Basse -Egvptc ou qui ont rapport à la Basse-Egypte. Le roi Nehsi, sur une statue de Tell-Mokdam dont on parlera plus loin C'^, est PJ "— ' H i © ^J ^ "- aimé de [Sit] seigneur de Haounrk-n : la présence du nom de Sit, à cette place, ressort de ce que le nom divin est martelé , exactement comme Sit sur la table d'offrandes d'Aknenre, et de ce qu'un prince Nehsi, qui est peut-être le même que le roi de Tell-Mokdam, est «aimé de Sit?? sur un autre monument; ce dernier provient de Tanis même '■''*, et le dieu y est apj)elé "^^^1,7, ^Sit Seigneur de Ro-aliilouv , de sorte qu'il semble résulter de ces deux mentions que Ha-ouarit est un nom de Tell-Mokdam

'•' Navillk, Bubaslis, pi. XXXV, B. Les noms d'Horus en Seholep. . . sont 1res rares, et il y a toutes chances pour qu'il s'agisse Ijien ici du Sehfdeptaoui qui est ie roi Aknenro.

'-) Ainsi l'a vu Ahmed bey Kamal, lue. cit., dont la lecture est confirmée par l'examen de la pierre.

; la pierre porte très évidem-

(■''' Pétrie, loc. cit., à tort, transcrit ment i • Cf. Aumed bey Kamal, loc. cit.

'*' Mariette, Mon. div., pi. LXIII, et Navillb, Lp roi Nehasi, dans Rec. de travaux, XV (1898), p. 97-101.

(^' I*ETitiE, Tains, I, p. 8-9, pi. III, 19 A-D.

etRo-ahitou, la «Porte des Champs», un nom de Tanis. On est immédiatement, d'ailleurs, détourné de cette conclusion simple par la remarque que ftSit seigneur de Ha-ounnt-n paraît également à Tanis, dans plusieurs inscriptions de Mineptah^^', de sorte que le nom de Ha-ouarit pourrait appartenir à Tanis aussi bien. Le Sit de Tanis se manifeste encore avec une autre appellation au temps de Ramsès 11, c^Sit de Ramsh Miamon '^' ».

Il ressort de là, pour Ha-ouarit, que cette ville est une place de Sit, mais que sa situation n'est pas déterminée par les textes ^^\ Aussi ne peut-il être question de suivre Mariette et Rougé dans leur identification ancienne de Ha-ouarit avec Tanis'*'. Ha-ouarit n'est Tanis que pour ceux qui observent que Tanis est la ville d'un Apopi, qu'Apopi est un Hyksôs, et que les Hyksôs ont Ha-ouarit = Avaris pour capitale; nous nous sommes suffisamment mis en garde, précédemment, contre les considérations de cette forme. Il ne reste des spéculations des anciens égyptologues à ce sujet, que la découverte d'ailleurs très belle de la lecture de ce nom Ha-ouarit des textes

C Mineptah est dit \A "^^ m fi \ M '^airaé de Sit seigneur de Ha-

ouaritn sur une statue colossale usurpée de Ramsès II, à Berlin (Brogsch, dans Z.D.M.G., IX, i855, p. 212 et pi. IV, n°25), et sur une statue analogue au Caire (Mariette, Notice princ. mon., 1869, p. 270, n° 3); cette dernière provient de Tanis.

W Mariette, ibid., p. 975-97O, n° 5. Bamsès Miamon est-il un domaine ou une enceinte sacrée de Tanis? En tout cas, Sit de Ramsès Miamon est sous le Nouvel Empire le Sit d'une localité déterminée, comme il ressort à''Anast. a, I, h = Anast. ù, VI, 4, du papyrus do Leyde, Leemans, Mon., I, 36o, 4 etc., de Sallier h, XXII (où Ramsès III est dit aimé du Sit de cette place), et de l'inscription du sphinx A. 21 du Louvre au nom de Ramsès II.

''^ En outro des monuments qu'on vient de citer, on a encore rencontré le

nom de m i ^ dans une liste de nomes du temps de Ramsès II à Memphis ,

à côté du nom du nome de Tanis, -^ ^ (Brugsch, Dict. géogr., p. 144).

'*) Mariette, Lettre etc., dans Rev. arch., 2' série, III (1861), p. 98-99.

hiéroglyphiques, et de son identité avec YÀvaris de l'histoire manéthonienne ^^K

Il résulte également des divers monuments qu'on vient de voir, qu'à l'époque de Nehsi comme sous le Nouvel Empire , le dieu de Tanis était Sit : rappelons encore, à ce sujet, que de Tanis également vient la stèle de l'an âoo , où des actes de culte envers Sit sont mentionnés par fiamsès II f^'. Cela nous donne l'explication de l'invocation inévitable de Sit sur les monuments d'Aknenre qu'on a passés en revue : ce n'est pas que ce roi eût pour Sit un culte particulier, mais simplement que tout ce que nous connaissons de lui, à moins d'être de provenance inconnue comme la table d'oiïrandes, vient de Tanis ou de Bubaste. Aknenre Apopi est en somme, comme on voit, un Pharaon du type le plus ordinaire, assez pauvre si l'on en juge par la misère de ses monuments, maître cependant du Delta oriental; il est purement égyptien non seulement par ses noms d'intronisation, Aknenre, son nom d'Horus Sehoteptaoui , mais aussi par son nom personnel Apopi, et le culte qu'il rend à Sit dans Tanis est celui même qui persistait à la même place sous les Ramessides, bien qu'à une certaine époque, probablement dans l'intervalle, Sit du Delta ait été persécuté et son nom martelé sur les monuments. Si l'on demande,

(" On n'est peut-être pas complètement désarmé pour tenter la localisation d'Avaris. Renvoyons le lecteur aux considérations qui nous ont conduit, plus haut (voir Section I, cliap. iv, S IV), à l'idée qu'Avaris était Héliopolis, et rappelons brièvement les faits : Iléliopolis, ville des ennemis du Nord dans une forme ancienne de l'hisloire des Asiatiques envahisseurs (forme primitive extraite de l'histoire manéthonienne des Impurs), Avaris, ville des envahiss,eurs dans des versions contemporaines et peut être figurant à côté d'Uéliopolis dans le même récit; les if calamités de la ville de Rev dans le tableau de désolation que le compilateur de Saltier i cousit au début de l'histoire de la guerre de Skenenre et d'Apopi; la restitution (hypothétique) de la mention du tancluaire de Re dans le texte connu d'Halshopsitou , immédiatement après l'apparition du nom d' Avaris.

'^> Mariette, La stèle de l'an ùoo, dans Rev. arch., 2' série, XI(i865), p. 1 69 et suiv.

maintenant, dans quelle relation est \knenro avec Ha-ouarii==Avaris, on répondra que Aknenre est adorateur de Sit et que Ha-ouarit fst une place de Sit, et qu'en outre, lla-ouaril étant situé sans doute dans la moitié orientale du Delta — le nom paraît à Tell-Mokdam et à Tanis — il est probable que le roi l'avait dans son domaine.

AOUSIRRE APOPl.

Le fapyrus mathématique Rhind^^\ à Londres, est une copie

datée de {7? ? ?îia + *, Ç^\ i^''^" ^^ <i" roi Aousirrey>, et faite d'après un orit^inal du temps d'un roi

^w"""*^*^ 1 qu'on considère généralement comme étant ®

^*, Amenemhat IlL Cet Aousirre, qui a donc régné au moins 33 ans et dont le nom solaire rappelle de manière frappante, par sa construction, celui de l'Aknenre qu'on vient de voir, a en outre, comme lui, le nom personnel d'Apopi, que nous apportent les inscriptions des palettes du scribe Atou, au Musée de Berlin ; on y lit notamment ^'-^ :

C' Bincii, Géométrie Papyrux, dans A. Z., 1868, p. 109; Eisenlohr, Veheialtâiryptische Maasse, dans À. Z., iSyS, p. /10-61, et Kin malhematisches Handhuch der alten Aegypter (1877, 2' vol.), commentaire, p. 7,98. Cf. encore EisENLOHn dans P.S.B.A., t88i, p. 97-98 (voir notesuiv.), et Griffitii, The Rhind Mathemalicat Papyrus, dans P.S.B.A., XIV (1891), p. 27-80. La dernière pul)lica(ion est celle du Br. Mus. : Facsimile nf the Rhtiid Mathemalicat Papyrus, 1898.

'*' Une inscription dans Eise.nlohr, An Historical Monument etc., dans P.S. B.A., 1881, p. 97-98, d'après ime communication de Stem.(Berlin n''7798),

fi 3] -^».( 175 )^----

Chose surprenante, cet Apopi si évidemment apparenté avec celui de Tanis se rencontre à Gebelein, à l'autn^ bout de ri!]{^jyple, sur un linteau en calcaire'" qui porte deux fois,

symétriquement : "^ "] | ( © ^ A P J ' ^^^ ^^ monument paraît la forme curieuse du signe ousir monté sur deux jambes humaines, qui est une des caractéristiques de ce groupe royal *^); on retrouvera le signe fait de même dans les inscriptions de Sousirenre Khian et chez d'autres rois encore, et sa forme avec les jambes se rencontre uniformément sur les scarabées d'Aousirre lui-même. On en connaît une dizaine, sur lesquels le nom solaire, toujours seul, entouré ou non du cartouche f^^, est quelquefois précédé du titre très remarquable ^ ou ^ , a Roi du Nord''*».

niBKHOPESH(?)RE APOPI.

Apopi, comme nom royal, paraissant bien être restreint à l'époque des Aknenre et Aousirre que nous venons de voir, nous ne commettrons probablement pas d'erreur en inscrivant

une autre iisible sur la pbot. de Maspero, Hist., II, p. 57. Je ne sais s'il existe tine iHilelle (Meyer, Gesch. d. Alt., I, u, 1909, p. 297) ou deux jHtlcltcs (Maspero, Hist. anc, 1 go'i , p. aoo, n. 4); en tout cas, les inscriptions do ces objets comportent encore des parties non publiées, comme il ressort de la dcscrij)tion de Ausf. Ver:., 1899, p. 217.

C Daressv, Noies et Remarques, XXX, dans Rec. de travaux, XIV (189!?), p. 96, et Fraser, El Kah and Gebelén, dans P.S.B.A., XV (1892), p. 697 et n° XVII des planches; cf. Pétrie, Histoi-y, I (1899), p. a4i. La pierre est au Caire, n" 99^38. — Cf. Gauthier, Rois, II, p. ilio, n° III, et faire attention à la confusion par laquelle il a enregistré l'inscription, une seconde fois [ihid., p. 1 '1 :i , n° H , B), comme provenant de Bubaste. En réalité, le nom d'Aousirre n'a jamais été trouvé à Bubaste.

(^' La mémo forme se retrouve encore, cependant, dans les cartouches de Ramsès II.

(^> Pétrie, Hist. Scar., n"' 721-727, et Hisloiy, I (1899), p. 9^3; Ne»v- BERRY, Scarabf, XXIII, 3o-35; XXIV, 3o, 3i, 35. Compléter à l'aide de Gauthier, Rois, II, p. 1^1, X, XI.

i^) Nkwberrï, Scarabs, XXIII, 33, 3/i; XXIV, 3o, 3i.

à çetle place le roi connu depuis 1898 par un objet trouvé dans le tombeau de la reine Apouit à Saqqarah'". Un cercueil, au nom d'un certain '^^ J -^ , renfermait entre autres objets un poignard sur une face duquel on lit le nom du propriétaire, ^n ]^ '^ ^ '^ , et au revers les noms du roi, "^ | ^

^©'^■^j ^ M Ij ^ -^ , Dans le premier cartouche, la

lecture hésite entre ouahm et kliopesh. Quant aux noms d'Abd et de Nehemen du cercueil et du poignard , ce sont des noms sémitiques d'Asie, comme il a été montré de manière absolument certaine '^^; ils seront à inscrire à côté des nombreux noms sémitiques qui nous apparaîtront, un peu plus loin , autour de Sousirenre Khian et de ses contemporains.

Du même roi existe encore un fragment de cuiller en silex

sur lequel oniitt^) : "|î^ {^^W\ ^w (]T]| • ^^^ signe douteux du premier cartouche est mutilé de la manière la plus malheureuse.

M0N05!ENTS AU NOM D'APOPI INDETERMINES.

Un fragment de montant de porte en granit rouge, trouvé par Naville à Bubaste, porte l'inscription à deux colonnes qu'on voit ci-contre (^^ ; il y est question de colonnes nora-

<') LoRET dans Uull. Imt. Egyptien, 1899, p. 97.

<') W. M. MïLLER, Neues Matei'ial zur Geschichte der Hyksôs, dans O.L.Z., V (1909), p. 172; Saïce, Notes frmi Egypt, dans P.S.B.A., 190a, p. 8(5; Dabessy, Un poignard du temps des rois Pasteurs, dans Ann. du Sei^vice, VII (1906), p. 11 5-1 20 et une planche.

('J Br. Mus., hliifè B (communication directe); cf Pétrie, History, I (1899), p. XXIII ; PiEPER, Die Kônige Aegyptens etc., 190/1, p. .30, et Gauthier, Rois, II, p. %lili.

W Naville, Rubastts (1891), p. 29-28, pi. XXII, A = XXXV, C; cf. W. M. Miller, Die Hyksôs (1898), p. 2.5; Pétrie, Ilistory, I (1899), p. 942;Budge, History, III, p. i5/i; Meyer, Gesch. d. Alt., I, 11 (1909), p. 298, 299, mais avoir soin de remarquer que c'est tout à fait sans raison qu'on attribue parfois ce fragment (par exemple W. M. Mùller) à Aknenre Apopi.

breuses et d'une porte en bronze donnt^es à «ce dieu 5? — on ne sait lequel — par le roi. Un Apopi, peut-être Aknenre dont le nom d'IIorus, nous l'avons vu, s'est rencontré sur un bioc de même provenance, a donc construit dans Bubaste, et c'est une indication précieuse pour l'histoire de la domination de celte famille royale dans la partie orientale du Delta.

Le nom d'Apopi se retrouve encore, sans le cartouche, sur un sceau en bois de Kahun trouvé par Pétrie '^^ : ^^1^? et sur quelques scarabées avec le nom simple,

\ ^ ■ V'' ^" *^^^^ ^^^ *'^^''^ princier, ^ ^ | ^ \ ^ ^ ^^\ sans qu'on puisse identilier les personnages ainsi désignés.

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