‹ La fin du Moyen Empire egyptien; étude sur les monuments et l'histoire de la période comprise entre la 12e et la 18e dynastie (volume 2)Chapitre 34 sur 51 · I. Un seul roi Skenenrc Tioiui · texte numérisé non relu

I. Un seul roi Skenenrc Tioiui

M. Pieper vient de porter son attention sur le roi Skenenre Tiouâ. Tout à fait d'accord avec l'interprétation que Maspero indiqua tout d'abord, il considère comme un Pharaon unique Twuù des monuments les plus nombreux et Tiouàken du cercueil de Deir El-Bahri et d'une liste du Nouvel Empire; et il indique en outre que ce Tiouâ unique pourrait aussi no faire qu'un avec le TiouA-â qui le double au papyrus Abbott, et bien que le scribe du papyrus soit convaincu qu'il a affaire à deux rois différents ^^'. De telle sorte qu'il y aurait, en fin de compte, non pas trois, ni deux, mais bien un seul roi Skenenre Tioua, ce qui est exactement ce que nous avons expli(|ué précédemment nous-même (seclion II, chap. i), par les mêmes raisons et de la même manière. Mais Pieper semble ne pas avoir connaissance de notre étude.

J . Telumes- Toutimaios.

Sous les n"' i-yi et 176 de leur nouveau Livre des Rois, Burchardt et Pieper [loc. cit., p. 87, 38, 54) classent les deux rois ^ j^ ff| P Tctoumes, de noms solaires Tetnofirre et Tethotepre, dont les monuments nous apprennent l'existence, et ils écrivent le nom personnel des deux rois Toulimaios. Cette identification, avec le Teloumes hiéroglyphique, du Toutininios sous le règne duquel un fragment manéthonien authentique place l'invasion des Hyksôs, est une hypothèse que nous

' l*iKPKH, Kuniir Seken-cn-ri'' Tc'o, dans A.Z., 5o (1912), p. 190-121. Cf. df'jà, plus brièvement, Burcuardt et Pieper, Handbuch d. aeg. Konigxtmmrn, I (i()i9), p. 53, où le roi est classé sous le n" 275.

M. n. M Kii.i.. 17

avons formulée nous- même précédemment (section I, chap. in, S 11); nous nous félicitons d'être suivi, ici encore, par les auteurs du nouveau llandbuch.

QUELQUES LUMIÈRES SUR L'HISTOIRE DES SCARABEES fr HYKSÔS ""

ET DE LA Pe'rIODE fTHYKSÔST^.

A. Quelques nouveaux scarabées fxhyliSÔsn.

Dans ce para(j'raplie et dans ceux qui vont suivre, sont décrits des scarabées achetés au Caire en i (j 1 1 et i (j i y , choisis dans un lot très vaste en provenance du Delta (très probablement de Chibîn El-kunatir) et que plusieurs marchands s'étaient partagé. Tous les scarabées nouveaux qu'on trouvera ci-dessous"' sont à présent conservés au Musée Guimet.

Trois d'entre eux, tout d'abord, portent le nom de l'énigmatique Aura, sous des formes orthographiques remarquables par leur sobriété mais que nous avons rencontrées, déjà, sur certains des nombreux scarabées au même nom déjà recueillis et catalogués : si nous nous reportons au tableau général des formes Anra élabh précédemment (section II, chap. ii, Anra'j, nous y trouverons la forme ^ de notre nouveau n" 3 (cf. New- BERRY, Scamhs, pi. XXIV, aj, la forme ^ du nouveau n° i (cf. même planche, s/i , 97, 28), même la forme ^ de notre n° 9 ((.f. même planche, 9), dans l'une des deux positions où l'on peut le prendre pour le lire. Car son inscription est inversible , avec deux — • bouclés opposés symétriquement — les

f'^ Tous cps srarahéos, n"' i à i3, sont reproduits ci-dessou;* en leur (jrandeur vraie.

deux .=.— • du n° i, qu'on lo ivniar(|ue, sont opposés par rapport au centre bien mieux encore — et deux 1^ décoratifs opposés par rapport au centre avec une précision toute {];éo-

mélriquc Cette dernière particularité s'observe également sur l'un des scarabées Ànm antérieurement connus, celui du n° 26 de la planche précitée de Newberry, mais dont l'inscription centrale est disposée de façon différente.

Voici maintenant un autre scarabée Anra — le n° /i de notre nouvelle série — avec l'orthographe — • non rencontrée

It h bis

jusqu'ici, et le cadre circulaire à éléments imbriqués que nous connaissons bien comme caractéristique de cette période. Extrêmement analogue, avec la même orthographe ^^, est notre n° à his. Dans l'inscription de k on remarque, en outre, sous le groupe des hiéroglyphes décoratifs "^l"^, un signe y de forme spéciale, aux extrémités supérieures en anneaux fermés, que nous rencontrerons plusieurs fois sur les scarabées qu'on va voir plus loin.

Rappelons (|ue le ^ de notre nouveau scarabée :i , symbole du royaume de la Basse-Egypte, se rencontre sur quelques scarabées d'Aousirre (Nev\be«ry, Scarabs, XXIII, 33, 3/j), dont les titres réguliers sont ceux d'un roi de l'Egypte entière,

et sur un autre scarabée d'Anra, mais disposé autrement, deux signes ^ posés symétriquement à droite et à gauciie d'un signe I [loc. cit., XXIV, 7). Même décor des deux ^ symétriques sur le scarabée sans nom royal, mais évidemment contemporain, du n" 1 0 de la même planche. Ces deux scarabées nous permettent d'attribuer certainement à la même date les scarabées 5 et 6 de notre nouvelle série, décorés des deux ^

symétriques : notre n" 6 est analogue surtout à 7 de la planche de Newberry (^nofir entre les deux signes nit), notre n" 5 apparenté avec le scarabée 26 de cette planclio, par le fait qu'entre les deux ait s'intercale un autre d< .s symboles du Nord, l'uraeus ^. Ce dernier symbole, lui aussi, accompagne le nom d'Aousirre sur quelques scarabées (/oc. cU., XXIV, 3o , 3 1), mais fréquemment surtout le nom d'Anra, ^ simple sans couronne iihid., !2o, 26, 27, 28) ou deux uraeus coiffés du nk du Nord, ^, et disposés symétriquement i^ibid., i3, 16, i5, 22).

Les n°' 7 et 8 de notre série sont deux scarabées d'un type différent, apparentés entre eux par la présence d'un groupe ^

ou <^ , encadré de deux signes ■^; sur 7, le groupe est surmonté des deux yeux ouza, combinés en motif décoratif, sur 8

il repose sur le sijjne de l'or; le signe central supérieur de ce dernier scarabée est le [J à extrémités supérieures bouclées que nous avons observé déjiî sur notre scarabée h décrit cidessus. Un autre scarabée, notre n" 9, très analogue d'aspect à y, est intéressant parce ([u'il fusionne, dans sa composition, les éléments de 7 et 8 qu'on vient de voir : on y remarque le motif des deux yeux, dessiné comme dans 7 et surmontant, comme dans -y aussi, le signe ^; mais au-dessous, on a le signe de l'or llanqué des deux signes -^ exactement comme dans 8; de plus, deux signes jjf à extrémités bouclées, du type que nous commençons à connaître par les spécimens de 8 lui-même et de II décrit plus liaut. Remarquer enfin l'uraeus du Nord, répété symétriquement, et le groupe des deux nojlr comme sur notre n" 6.

Nos scarabées 7, 8 et 9 sont à rapprocher d'un autre scarabée déjà connu, celui de la planche XX de Newberry, n" 35, avec le hheper, le signe de l'or comme dans 8 et 9 et le large décor des deux yeux comme dans 7 et 9. Les deux yeux s'observent encore sur nombre de scarabées de même caractère, pi. XX de Newberry, i5, 27, 3i (sans nom royal, de même que 35), pi. XXIV, 3, 5, 2/1, qui appartiennent à Aura. Les deux oiseaux symétriques de notre 7, avec le signe de l'or de 8 et 9, figurent sur 28 de la planche XX du même ouvrage. Si nous fixons enfin notre attention sur notre scarabée 8 , avec les signes 4^'^'^ qui encadrent l'inscription à droite et à gauche, nous trouverons à cette disposition de nombreux analogues sur des scarabées au nom d'Anra [loc. cit., XXIV, 2, ^ — î; 3, ^ -î; 6, l^î; 23, 5^f î), de Ouazed (XXIII, 7, "^f"^), de Sheslii (X\I, 12, lO-f"), d'un Nojirdndro problématiqne (X, 29, 4^"^!), enfin de notre bien connu lapek-her ou Iakeb-her (voir section II, chap. n, Iakeb-her, et Newberry, XXIII, 1 , 2 , 4- "^î et -^ (t) |). On voit que nos

mm

--«.( 238 ).fr»— [556]

scarab«^es nouveaux, qui ne sont exactement semblables à auriin scarabée déjà connu prennent place cependant à côté d'oi)jets remarquablement analogues. Leur époque, d'après tout ce qui précède, est celle de Iakob-her el d'Anra.

Voici un scarabée encore, notre n° lo, très analogue d'apparence à y, 8 et 9, et qui lient le milieu par sa composition entre 7 et 9 : le | central, en baut — encore un symbole du INord — qu'on trouve à la même place sur y, est encadré ici, au lieu des deux oiseaux, par les deux uraeus du Nord, mais les oiseaux symétriques

__ se retrouvent immédiatement au-dessous, séparés

^Jjf\J^> par le ^ que j reléguait latéralement, à droite et à gaucbe, au registre inférieur. En bas, sur 10, ce sont les éléments de la composition de 9 qui apparaissent, le groupe ^ de 9 , ici "^ , en disposition symétrique, et avec le [J à extrémités bouclées bien conim de nous maintenant et que possèdent, outre q lui-même, /i et 8 examinés plus baut. On voit que cette forme très particulière est caractéristique de \ époque d'Anra. La constatation de ce fait est importante parce que la même forme du signe se retrouve sur deux scarabées, évidemment contemporains, (pii nous apportent un nom royal nouveau et (jue nous allons examiner maintenant.

B. Un nouveau roi rJiyhsosv : i^e-sehek-rc ou Nch-seheh-re.

Les deux scarabées dont il s'agit. 11 et 12 de notre série, sont inscrits de manière peu différente. En tétc, [J comme au scarabée 8, entre les deux oiseaux disposés comme au scarabée 7; encadrant le cartouche, «^1 en série verticale, suivant la disposition dont nous avons cité, à propos de 8, de nombreux analogues; remarquons particulièrement, ici, la série \^% employée de même sur un scarabée de Iakcb-lier. Le jj supé-

rieur, oiilin, est du type s[)écial à exlrdmllés bouclées ohserv»^ plus haut sur h. S, 9 et 10. Il résulte clairement de tout cela

que les nouveaux scarabées sont contemporains de tous ceux qu'on a vus auparavant, c'est-à-dire appartiennent, eux aussi, à l'époque d'Anra et de Iakeb-her.

Le cartouche ne laisse aucun doute sur la qualité royale, ou prétendue telle, de ce contemporain des autres roitelets. Son nom comprend, à ce qu'il semble, l'élément PJ'^ scbek, peut-être P J'^ à lire senb, que précède un élément n ou 7ieb écrit par un trait horizontal simple très difïérent du n 11 de l'époque d'Anra. La lecture de ce nom propre doit être provisoirement réservée.

C. Scarabées fxhyhâsv d'un roi No-niat-rc et (fun roi Khakhopirre.

Voici un dernier scarabée rapporté par nous d'Egypte, et certainement de même provenance que tous ceux qu'on vient de voir. Les si^jnes de l'inscription sont répartis en trois colonnes; la colonne centrale est occupée par une lilulature royale qu'il faut lire : "] | ^ :^ ^ ^ . L'objet appartient donc à un roi iSe-mal-re. C'est le nom solaire d'Amenemhat lll. Mais est-ce bien Amenemhat III qu'on rencontre ainsi sur ce petit monument? Jetons les yeux sur quelques scarabées indubitables des Amenemhat et des Senousrit de h» Xll" dynastie,

par eveniple sur les n"' 3i, 36 et 38 de la planche 1\ des Snirnhs de \e\\berry; nous verrons que leur dessin très sobre, leur composition précise et très exactement inêvoirhjpitique sont sans la moindre relation avec l'inscription que nous avons sous les yeux, aux signes irréguliers, aux groupes de forme bizarre comme ceux qui expriment "] | et ^^, avec l'encadrement barbarement fantaisiste des deu\ colonnes latérales de signes plus décoratifs que vraiment scripturaux. Ce dernier caractère est tout à fait de l'époque çtbyksôsjî; mais, avant d'analyser davantage les particularités de notre scarabée, observons qu'il n'est pas seul de son espèce, et mettons à côté de lui un autre scarabée Ne-mal-re dont on peut se rendre compte qu'il est du même temps et du même style. Cet autre scarabée est à Asbmolean Muséum; nous le reproduisons cicontre, d'après Newberry i^Scarahs, IX, 2G) qui l'a classé, sur la foi du nom de Nemalre, parmi les objets de la XIP dynastie. Le nom royal, ici, est enclos dans le cartouche, mais, de même que sur notre scarabée, deux signes ^, disposés symétriquement, surmontent immédiatement deux yeux ouza, et l'identité de ces groupes décoratifs très particuliers montre que les deux inscriptions sont très apparentées l'une avec l'autre.

Il faut donc les considérer ensemble pour déterminer leur date. Le scarabée d'Ashmolean Muséum est analogue, par plusieurs détails, à deux scarabées qu'on trouve aux n"' 98 et 3o de la planche XX de Newberry : tous deux ont les deux ^ symétriques, 3o porte le «88^" en tête, 28 a le signe médian i et les deux oiseaux symétriquement disposés. On a le sentiment que ces deux derniers scarabées sont «hyksôs», mais il serait difficile d'en donner la preuve formelle. Pins positive, heureusement, en ce qui concerne le Amw/re d'Ashmolean Muséum, est l'indication que fournit la présence du i décoratif, car ce signe figure sur un grand nombre des scarabées d'Anra. Meil-

leur encore est l'indice constitué par les deux yeux, dont l'emploi décoratif, observé en détail au paragraphe A ci-avant, semble être spécial aux scarabées d'Atn-a et de son épocnie.

Les mêmes analogies s'observent de manière beaucoup plus frappante sur notre nouveau scarabée iSemntre. Outre les deux jf et les deux yeux symétriques, on y remarque, en bas, les deux ^ symétriques dont nous avons signalé la présence (plus baut, § A) sur les scarabées de l'époque d'Anra; notons, tout particulièrement, le scarabée au nom d'Anra de Newberry, XXIV, 7, où le dessin des deux ^ de la partie inférieure présente avec celui de notre scarabée une analogie saisissante. Ce signe nit est remplacé, sur le scarabée Ncmatre d'Asbmolean Muséum, par l'abeille, autre symbole du Nord, répétée de même symétriquement, et cette substitution de signes équivalents vérifie ce que nous avons noté, tout à l'heure, touchant les relations certainement étroites qui unissent les deux objets.

Sur notre scarabée, de plus, on observe le mieux du monde les particularités graphiques caractéristiques de l'époque "byksôsw, le ' — ^ en forme de ii 11 , le —1 bouclé. On y remarque, enfin, les groupes de signes décoratifs, sans signification, qui remplissent les espaces de droite et de gauche, et dont la présence est un indice des plus précieux pour le classement, parce que des analogues en sont fournis par plusieurs scara-

bées d'Anra. Nous en reproduisons deux ci-dessus^'', pour la constatation de cette analogie et pour la simihtude générale.

C D'après Newberrï, Scarabs, XXIV, 5, a'i; collections Mac Grcgor et Goodison.

la resserablnnce de facture qu'ils présentent avec le nouveau sraral»ée ^amatre. Sur cliacun d'eux, on a le nom au milieu, le motif symétrique des deux yeux, et symétriquement, comme sur notre scarabée, des groupes de signes décoratifs oii dominent des boucles simples et des formes "^^, --». ou -=>. On voit que, par tous les détails de lei>r composition et de leur facture, nos deux scarabées JSemnlre se réfèrent à l'époque d'Anra, s'aflirment apparentés avec ceux d'Anra lui-même"^. Avant de poser les questions que cette situation soulève, il importe de constater encore que le nom de iSemntre n'est pas le seul, des noms solaires de la XIP dynastie, qui apparaisse sur des scarabées «hvksôs^n Voici, en elTet, deux scarabées Khalchopirre — c'est le nom solaire de Senousrit II — classés tout naturellement par Xewbcrry dans sa série de la XII' dynastie , où je vais les prendre'-'. Le premier, sans l'encadrement du cartoucbe autour du nom, est très analogue à un scarabée de type «hvksôs» qu'on trouve au n° 3i de la planche XX de Xewbcrrv, — le "^ en tête, les deux J svmétriques à la partie inférieure — mais il est surtout remarquable par ses caractères «byksôs» propres, les deux ^ symétriques et les deux nit du Nord. Ouant au deuxième, avec KhahJiopirre dans le cartouche, on y remarque les deux I accolés, comme sur deux des scarabées du Nord (ju'on a examinés plus haut (§ A, n"' 6 et 9 de notre nouvelle série), et, comme sur 9, les deux uraeus du Nord, mais coifTés du nit, ft qu'on ne connaît par ailleurs, ainsi disposés, que sur les scarabées d'Anra. C'est toujours

''^ Gaulbicr note {Rois, I, p. 839) plusieurs cylindres et scarabées au nom de Nemalre, dont quelques-uns avec le H-H-*- caractéristique de l'époque «luksosn; il serait nécessaire, toulcfois, d'avoir dos reproiluctions exactes pour déterminer Tespèce de ces objets danscliaque cas.

t-i NEwiiKRRY, Scainhs, IX, ic) , 20; muséf du Caire et collection Grant.

aux séries (l'Aura, comme on voit, (jue nous sommes renvoyés i);ir ciîs scaraIxMîs aux symboles du Nord, ([u'ils porlont le nom do Nemalre ou celui de kimhhopirve.

On ne peut éviter de conclure que tous ces scarabées sont contemporains. Vépuque fl'Anra, c'est-à-dire l'époque caractérisi'e par des scarabées d'une certaine espèce ([ue nous connaissons bien, à la([U('iic appartiennent des princes Iakeb-hcr, Ouazed, Slieshi, Nesebekre(J)^ et dont Aura est le représentant le plus fréquemment rencontré, l'époque d'Anra comprend donc aussi les rois Ncmalre et Kliahhopirre que nous venons de voir, et il reste seulement à nous demander qui ces derniers rois peuvent être, et dans quelle relation ils se trouvent avec les souverains semblabicment nommés, Amenemhat III et son prédécesseur Senousrit II, de la XII' dynastie.

On n'a évidemment le choix qu'entre deux hypothèses. Ou bien nous sommes en présence d'Amenemhat III et de Senousrit II eux-mêmes, et alors Vépoque d'Anra est celle même de la XIP dynastie, et c'est à ce moment que l'on fabrique, quelque part en Egypte, les plus caractérisés des scarabées «hyksôs» aux symboles du royaume du Nord et aux noms asiatiques, — ou bien les Neniatre et Khnhliopirre de certains de ces scarabées sont postérieurs à la XII° dynastie, et l'on est alors forcé d'admettre que parmi les princes de l'époque d'Anra il en était qui ressuscitaient à leur usage les noms royaux de la grande dynastie antérieure.

La seconde supposition est, dès l'abord, la plus vraisemblable; mais il serait imprudent de ne point examiner les chances de possibilité de la première, qui conduirait simplement à admettre que la période des scarabées «hyksôs» se confond, chronologiquement, avec des périodes monumentales jusqu'ici considérées comme antérieures, et s'étend, en amont, jusqu'au milieu de la XII" dvnaslic. Il ne s'agirait ici, remarquons-le bien , (jue des scarabées de la série Anra-lakebher, etc..

niillemcnl des monuments plus importants des Apopi, et ce n'est pas le moindre intérêt de toutes les comparaisons qui précèdent de nous bien faire voir, en nous renvoyant continuellement aux scarabées Aura et si rarement à ceux d'.Aousirre Apopi ou de Sousirenre Khian, (jue dans la période dite «des Ilyksôs» il V a lieu de distinguer plusieurs familles de monuments et sans doute plusieurs époques. Les Anra-lakebher, nous l'avons expliqué longuement, ne sont pas des Pharaons, mais de petits princes asiatiques, installés dans le Delta en attendant qu'il leur fût donné de conquérir la Haute- Egypte en compagnie des Apopi indigènes de Tanis et pour leur compte; il est très probalile que les Aura, lakebher et autres étrangers des premières installations, sont antérieurs à la royauté des Apopi, et comme nous ne savons pas du tout quel intervalle de temps sépare ces Apopi de la fin de la XIl" dynastie, et que cet intervalle n'est peut-être pas très considérable, nous n'avons pas le droit de déclarer impossible, a priori, que Yépoque d'Anra arrive, en remontant, à toucher la XIP dynastie ou même la recouvre.

H est facile de se rendre compte, cependant, que ce synchronisme est impossible, grâce à la très grande dissemblance qui sépare les scarabées de Yépoque d'Anm de ceux de la XII* dynastie. La force de cette considération, et l'évidence des conclusions qui en résultent, sont rendues plus sensibles lorsqu'on constate qu'à l'époque de la XIP dynastie il y avait déjà en Egypte des sheikhs asiatiques, mais que ceux-ci ne sont pas les Aura, qu'ils forment un autre groupe et ont des monuments auxquels ceux des Anra sont complètement étrangers. Le fait ressort, le plus clairement, de l'examen du scarabée bien connu du hik hhnsilou Anther, un des mieux caractérisés des immigrés asiatiques de la première époque. Très sobre de rédaction, très exact de dessin, avec un -—•et un / — > formés de la manière la plus classique, sans décor ni encadrement

d'aucune sorte, ce scarabée'" est aussi dillérent que possilile de tous les «hyksôsjj (|ue nous venons de voir, et lorsqu'on lui cherche des analogues, c'est sous la \1I^ dynastie qu'on les trouve, par exemple dans le sobre et correct scarabée de Noubkare (Amenemhat 11) qu'on trouve au n" 3 i de la planche 1\ de Newberry. On voit qu'au sein même de la ^t période des Hyksôs55 il se sépare plusieurs époques, celle d'Anther, contemporain de la XIl" dynastie, celle d'Anra, celle des Apopi et des khian. La seule question qui reste à résoudre ici est de savoir si les Anra, plus anciens que les Apopi-Kliian , sont bien postérieurs à Anther. Or nous allons voir cjue cela est tout à fait certain : on a les moyens de constater, positivement, qu'/l/<ra est postérieur à la \IP dynastie d'un plus ou moins grand nombre d'années, par le fait que son époque se superpose, chronologiquement, à un moment bien déterminé de la période appelée, jusqu'ici, des ç^XIH" et XI V" dynasties w. Cette situation, très importante par ses conséquences, est décelée par l'existence de scarabées du .\ord, du type «hyksôs??, au nom de k.hanofirre Sehekhotep : nous allons nous en occuper maintenant.

D. Scarabées 'xhyksôsn des rois de la famille des Sehekhotep.

khanofirrc Sehekhotep et khasekhemre Nofirhotep, les deux rois frères dont les monuments seront étudiés en détail par la suite, sont des mieux connus parmi les souverains de toute la période entre Moyen et Nouvel Empire. Ils ont des monuments importants à Abydos, à Thèbes, à Gebelein, à Assouân et Sehel, on en rencontre d'autres dans la Moyenne-Egypte, et les statues de khanofirre à Tanis montrent (|ue leur domination s'étendait sur l'Egypte entière. Par le plus grand nomhre de

'') Nbwberry, Scarabs, XXIIl, it.

leurs monuments, cependant, ainsi que par l'enrhuinemont de toutes les circonstances auxquelles se rattache leur histoire, on voit clairement qu'ils sont méridionaux, Théhains. et que leur monarchie est essentiellement ihébaine. Or c'est à l'un d'eux — et il ne peut y avoir confusion de personnes, le roi étant désigné par ses deux noms de cartouches, Khano/irre Sebckhotep — qu'appartient le surprenant scarabée de la collection Grant que nous reproduisons ci-contre ^^\ 1 Point de cartouches, comme on voit, pour encadrer les noms, des signfs | de valeur simplement décorative, et les symboles du royaume du i\ord, la plante "^ fantaisistement dessinée et les deux ^ symétriques, à la base, exactement comme sur les scarabées d'Anra et de son époque que nous avons longuement examinés. Ce scarabée du :\ord, nettement apparenté avec les objets similaires du groupe Aura, est singulier par le seul fait qu'on le rencontre chez notre Sebekhotep; ses caractères spéciaux ressorteni encore mieux quand on le compare avec d'autres scarabées du roi, connus en assez grand nombre, composés à la manière de la XIP dynastie, sans décor, avec une grande simplicité et beaucoup de netteté dans l'exécution graphique ^'-l

Comment donc le Thébain khanofirre, maître de l'Egypte entière, arrive-t-il à faire figure de roi du Xord sur le petit monument que nous venons de voir? El ce dernier n'est point seul de son espèce; sur un autre scarabée, très grand et soigneusement gravé '^*, le nom de Khanofrre , sans cartouche, s'entoure d'un décor à éléments imbriqués et trait interrompu qu'on doit considérer comme caractéristique de la facture

<') D'après NEwnERnv, Scaïahs, X, 7.

'*' Les scarabées dont il s'agit sont ceux qui donnent le nom du père ou de la mère du roi; on on trouvera quol(jiies-uns à l'endroit précité du recueil de Newberry, à côté de celui qui particulièrement nous intéresse.

(*J NewBEBRY, ibid. X, 12.

rliyksôsr», et en voici un autre encore-" où ie môme nom royal, toujours sans cartouche, est encadré à la manière barbare de signes "i" ot | sans valeur idéographique définie.

Les scarabées aux symboles du Nord appartiennent normalement, nous le savons, à de petits chefs étran{jers, Aura, Iakebher et autres, installés et détenteurs de droits souverains sur le sol de l'Egypte. Les scarabées du Nord de Khanofirre Sebekhotep sont évidemment fabriqués dans le Nord comme tous les scarabées de la même catégorie, et si le roi ihébain possède ces monuments anormaux pour lui, cela ne peut s'expliquer qu'en admettant que certains cantons du Delta, très routiniers dans leurs habitudes industrielles et dans l'application dos tvpc.s une fois établis, ne savaient point exprimer sous une autre forme qu'ils reconnaissaient l'autorité du méridional devenu le maître de Tanis. Peut-être aussi Khanolirre lui-même voulut-il avoir ses sceaux de roi du Nord, en signe de la puissance que les Thébains avaient étendue sur la Basse- Ejfvpte, Quoiqu'il en soit exactement, il résulte de cette situation plusieurs conséquences intéressantes, et tout d'abord, que nous comprenons enfin pourquoi Aousirre Apopi s'appelle roi du .\ord, lui aussi, sur certains de ses scarabées '-^ (iar Aousirre, normalement, est roi du Sud et du Nord, ^^; il fait des travaux à Gebelein, il est maître de l'Egypte entière à peu près dans les même conditions que Khanofirre Sebekhotep, et, bien que sa capitale soit Tanis ou Bubaste et non Thèbes, il serait tout aussi étonnant de le voir se contenter sérieusement d'un titre septPHtrionnl. Mais l'anomalie disparait lorsqu'on se rend compte qu'il n'y a là qu'une habitude invétérée chez ceux qui rédigeaient et gravaiont les scarabées officiels du Delta,

.(') I/juL, X, 11.

'*> iNtwBEnr.Y, .S'farwis, XXIII, 33, 3^1 ; XXIV, 3o, 3i. Voir ce que nous avons dit à re sujet précédemment, se<liou II, chap. ii , Aou$hre Apiqti, et chap. m.

et n'en changeaient point la forme lorsque le Pliaraon (anile étendait sa doniinalion sur le Suil, ou lorsque la Basse-Egypte tonil)ail sous l'autorité du roi de Thèbes.

^ous acquérons, ensuite, des renseignements d'inestimable valeur sur la position historique relative des Sehekholep de Thèhes et des premiers -H\ksùsw pour lesf|uels les scarabées (lu type fin .Vo;y/ furent fabriqués. Puisque le type du .\ortl fut employé, par habitude ou dans une intension précise, pour un méridional devenu roi de la Basse- Egypte, c'est que ce tvpc existait avant son arrivée, et par suite, que les princes pour lesquels on le créa vivaient antérieurement à ce Sebekhotep et à sa famille. La personne et les noms de ces princes, en réalité, importent peu, et c'est une question très secondaire de savoir si les Aura, les Iakebher multiples, les Ouazed , les Ncsebekre, sont à placer chronologiquement avant Khanofirre Sebekholep ou après lui. Seul est significatif le type des séries de scarabées auxquelles appartiennent ceux de ces personnages, et seule importante, la constatation que le domaine chronologique de ce type embrasse le règne desSebekbotep. Car la période des scarabées ^hyksôs», depuis ceux des Asiatiques Iakebher, Anra et autres, jusqu'à ceux d'Aousirre Apopi, en passant par ceux du sheikh Khian et du Pharaon Khian de la famille des Apopi, cette période ne peut pas couvrir au total une durée très considérable, et il se manifeste alors que les Sehekholep ont pvi'cédé les Apopi, non de loin, mms i\ courte distance.

Pour comprendre tout l'intérêt de ces constatations, il faut anticiper sur les résultats de la longue analyse des monuments des rXIIP et XIV* dynasties» qui sera faite par la suite. On arrive sans trop de peine, comme nous le verrons, à reconstituer l'enchaînement des faits et des règnes, à ïhèbes, à voir comment aux Antef succédèrent leurs parents les Sebekemsaf, et comment les Sebekemsaf eurent pour héritiers ceux que nous

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appelons par abr(5 via lion ies Sehrhhntep , c'est-à-dire les rois de la laiiiille à laquelle apparliennenl Kliaiiofirre Sebekliotf^p, khasekhenire iNofH'liotcp et Khaànkhre SeLekhotep. Mais après ce dernier groupe , la chaîne documentaire se rompt brusquement, et c'est tout au plus si de vagues indices, à l'i^poque des fondateurs du Nouvel Empire, nous donnent à penser qu'ils descendaient ou voulaient descendre des Tliébains de la période antérieure. Entre les Sebekhotep et leurs successeurs thébains de la famille de Tiouà et d'Ahmès, quelle relation, quelles possibilités de descendance? On n'en sait rien. Dans l'intervalle, cependant, et immédiatement avant la reprise de l'offensive thébaine au temps de Tiouâ, on voit la puissance thébaine anéantie ou très diminuée, la domination des Kbiaii et des Apopi du Delta étendue sur la Haute -Egypte tout entière. Mais qui sont les rois thébains sur lesquels les Septentrionaux ont remporté cette victoire? Nous sommes maintenant en mesure de répondre, puisqu'il n'y a pas de grand intervalle entre les Sebekhotep et les Apopi, puisque les étrangers en compagnie desquels les Apopi devaient faire la conquête du Sud, étaient déjà installés dans le Delta au moment où les Sebekhotep régnaient à Thèbes : c'est l'Empire même des Sebekhotep, un instant maîtres de l'Egypte entière, qui s'est écroulé sous le choc des rois du Nord et de leurs troupes étrangères, au cours d'une guerre qui devait laisser chez les Thébains des générations suivantes, nous le savons, le souvenir plus ou moins justifié de dévastations exécrables.

E. Les ^Hyksosv Khaharc Aura et Nufirahre Aura.

Au moment de quitter les Sebekhotep et leurs scarabées ç^hyksôsw, il convient de donner quelque attention à un roi Kliuhare qui semble, par ce nom solaire, appartenir à la famille des A'//^/[Z]rc Sebekhotep et Nolirhotep, et dont certains

M. I\. WKIM.. 18

petits monuments sont du type «hyksôs» aussi nettement que ceiix de Klianofirre analysés plus haut. Des six ou sept scarabées si{;nalés de khakare, les uns portent le nom seulement,

ou accompagné de mentions prêtant peu à une ^¥^ classification certaine; mais d'autres sont mieux tJ^ caractérisés. Voici un premier scarabée que nous

reproduisons, ci-contre, d'après Newberry'^^ : c'est un scarabée du Nord, du type An7'a le plus indiscutable. Un deuxième, dont nous donnons également un croquis '2^, a le nom royal dans une sorte de cartouche irréguUer à la manière

§de ])eaucoup de scarabées de la série Anra, et c'est à ces scarabées qu'il se rattache de la manière la plus nette , notamment par l'encadrement en -^ -^^ | , de type général connu et qui, dans sa forme particulière, est celui même qu'on trouve sur un scarabée au nom d'Anra (Newbekuy, Scar., XXIV, 2). Mais voici mieux encore, sur un troisième petit monument qui accuse de manière tout à fait frappante la contemporanéilé du roi avec Anra : car on y voit le nom solaire Khakare, sans le cartouche, encadré par deux de ces combinaisons graphiques bien connues, où le nom que nous lisons Aura se reconnaît. Remarquons en passant, dans le nom de Khakare, la forme du jj avec extrémités supérieures bouclées, comme sur les scarabées li, 8, c), 10, 11 et 13 delà série étudiée plus haut (S A et B). Comme on voit par notre reproduction ci-contre, l'objet''^ n'est pas un scarabée proprement dit, mais une petite plaquette-sceau de forme rectangu-

('^ NFAVBRRnr, Scarabs, X, i5; coHoction Aniherst.

''^ Musée du Cairo, n" 86009: pKTnii:, Ilist. Scarabs, n° a48; New- BERRr, Scarab-shaped Seals (dans Cat. général Caire), p. 3 et pi. I.

(^' Louvre (Anastasi, 11° 70/1) ; cf. Petiuk, Ilisl. Scarabg, n" aSo; Gauthier, Bots, I, p. 3o8. — CeUc petite plaquette est en schiste émaiUé vert, trouée dans l'épaisseur, parallèlement au sens de la longueur: sur le dos, un poisson en relief, de modelé très fin.

iU:

laire. Son inscription soulève une (|uestion intéressante, celle (le savoir si notre probléniati(jue Aura n'avait pas Khakare pour nom solaire, ou bien si les combinaisons grapbi(jues du type Aura ne représenteraient pas toute autre chose (ju'un nom propre. Un petit monument de caractère très analogue, dont on ne saurait dire s'il éclaire la question ou s'il la complique, est un scarabée de Turin ^'' qui porte, comme on voit ci-contre, ^\^ au-dessus du nom ©J-f" Nojirahre, en une colonne, et des Anra à droite et à gauche. Ces Anra disposés symétriquement qui encadrent le nom solaire ont évidemment la même signitication dans les deux cas, sur le scarabée de Nofirabre et sur la plaquette de Khakare. On peut se demander si ces combinaisons Anra, sur les innombrables scarabées où on les rencontre, sont autre chose cp'un simple décor; mais cette interprétation n'est pas le moins du monde nécessaire; nous pouvons tout aussi bien continuer à considérer Anrn comme un nom propre, un nom personnel qui aurait appartenu, à l'époque de ces scarabées, à de très nombreux personnages, et notamment à deux princes, ceux qui se paraient, à la manière pharaonique, des noms solaires de Khakare et de Nofirabre.

Revenons pour un instant au scarabée précité de Khakare, au Musée du Caire, pour remarquer le signe =»• qui figure en tête de l'inscription. Ce signe, ainsi disposé, est également frhyksôs«; rappelons qu'on le trouve, placé de même, sur le scarabée Newberry, XX , 3 o , et sur l'un des scarabées « hyksôs » de Nematre précédement étudiés. Ce détail nous ramène aux scarabées du Nord sur lesquels se lisent des noms solaires empruntés à la XIP dynastie, Nematre, Khakhopirre, et nous conduit à rcmar(|uer que le Khakare qui nous occupe ici, et que nous avons considéré comme apparenté avec les autres Kha-

<•' Pétrie, History, I, 1899, p. ;!a9.

[yTl-zr qui sont les Sebekhotep, pourrait, tout aussi vraiscmhlahlrnu'iit , être regardé comme portant le nom du grand Khalinourc Senousrit III. Mais nous avons vu plus haut que ce ne sont pas les rois de la XII" dynastie qu'on rencontre sur les scarabées de cette catégorie. Ce que sont, en réalité, les Nemntre, les Klinkliopirre et les Khnkorc (j^ui, à l'époque «liyksôsn, plus précisément à l'époque des grands Sebekhotep, reprennent les noms de l'illustre famille antérieure, nous le verrons par la suite de cette élude, lorsque nous aurons fait l'histoire de la monarchie thébaino renaissante jus(ju'au temps do ce KhanoliiTL' Sebekhotep <jui pn'îtr'udail, lui aussi, être un successeur légitime des Senousrit et des Anienembat de la grande époque.

LA CHKONOLOGIE DES DYNASTIES E.\TRE XII*^ ET XVIll*' DANS LA PLUS ANCIENNE FOHME DE LA TRADITION GRECQUE.

Remettons sous nos yeux, comme nous l'avons déjà fait aux premières pages de cette étude-*', le tableau des dynasties XIII à XVII telles qu'Africain les connaît :

XIII' dynastie. . . 60 Diospolites /i53 ans.

XIV' dynastie. . . 76 Xnïtes iHli

XV' dynastie. . . 6 Pasteurs nSli

X\ I' dynastie. . . 3^ Pasteurs 5 18

XVI P dynastie. .. I , » n,,^ , .' " ' simultanément. i5i ( a3 IheJjains . )

La seule de ces dynasties dont Africain donne le détail roi par roi est la XV% et pour celle-là, précisément, on possède la

''' Introduction, S 1.

liste (l('tiiill('o (lo Manétlion. conservée dans un des fragments autl)enli(|iies transmis par Josèphe ". Ayant conféré ia liste de Manéthon et celle d'Africain, nous avons constaté, après Ed. Meyer et nombre d'écrivains antérieurs, que la liste d'Africain provenait d'un bouleversement et d'une réparation maladroite de celle de Manéthon, et qu'il convenait, à toutes fins utiles, de remettre en place, dans le tableau général d'Africain , les chiffres et les données manéthoniennes sur la XV' dynastie. Or le total des six règnes, dans le document manélhonien, est de q5() ans; lorsqu'on substitue ce chiffre à celui de 286 de la tradition postérieure et altérée, on obtient le tableau suivant :

Africain, corrigé d'après Manéthon, en ce qui concerne la XV' dynastie.

Xlll' dynastie. . . 60 Diospolites /i53 ans.

XIV' dynastie. . . 76 Xoïtes i84

XV" dynastie. . . 6 Pasteurs '2Ô()

XVI* dynastie. . . .3-3 Pasteurs 5i8

XVIP dynastie. . . S ?^ Sf ^f"'^ •' î simultanément. i5i "" (63 Thébams . )

Ayant remarqué que dans le tableau ainsi rectifié , le chiffre de la XV* dynastie, 25c), se trouve être la moitié du chiffre 5 1 8 de la XVP, nous en avons déduit , lors de nos premières considérations, que la XIV" dynastie n existait pas dans la forme la plus ancienne de celte tradition, que cette durée de 5 1 H ans s'était introduite par suite d'un dédoublement du chilfre précédent, et d'une totalisation , à un certain stade de cette évolution aberrante, des deux chiffres de 2 5() ans inscrits l'un à la suite de l'autre. Il est probable, comme nous avons vu, que dans la tradition authentique il était question d'une dynastie mixte

(0 Fra^jmcnl li de la nomenclature d'Ed. Moyor; vuir plus liant chez nou.s, section I, rliap. m, S 1.

(le Pasteurs ni do Thêhnina, analogue à la XVII", et ré{i[nant 3 5(j ans :

<^ ^^'^"-'''^ î simultanément 359 ans.

Z-i Tliébams )

ce qu'on écrivit, un jour :

6 Pasteurs âSg ans.

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