LES PREMIERS SUCCESSEURS DE LA XIP DYNASTIE
(Les deux rois Sehhemre-Khoulaoui :
Amenemhnt-Sebekhotep et Penlen, et h roi Re-Khoulaoui Ougaf.^
LE NOM DE SEklIEMRE-KHOUTAOUI ET SA LECTURE.
Le nom solaire du roi, d'après les documents que nous
allons passer en revue, est (®f^ ]• H fait partie du
groupe de ces noms solaires très remarquables dont nous parlions un peu plus haut, formés avec l'élément © \ (ou © ^) en
[8iJ '-^^».( 277 ^^•"
lète, cl (loiil nous réunirons iniinédialerncnl ici le plus fjrand nomb
re
NOM DK i '^ NOM DE L^
0" } , sera vu plus loin
®]y^ inconnu
© ^ P j Sebekitotep
© f P 22: ~ Sebehemsaf
© f I I I Sebehemsaf
© T î OupouaitemsaJ
ou
Antef-d
La formation si particulière de ces noms de ^ ^ frappait déjà Birch, qui était tenté, en 1859, de restituer Antef-â, le dernier du tableau qui précède, à la «XIIP dynasties, et exprimait l'avis que l'un de nos Sebekemsaf, celui dont le nom renferme l'élément seshedlaoui , était apparenté avec les Antef ou avec «les Sebekbotep k •'. Sleindorfl", en 1896 — il connaissait alors sept des rois en Sehhemre ou Seslieshre, — n'hésitait plus aies considérer comme apparentés et voisins'^'. Il connaissait également la vraie manière de lire ces noms solaires, avec maintien en tête de l'élément Sehhemre — lec-
''^ BiRCH-CiiiABAS, Le papyrux Ahbutt , dans Rcv. archéologique , i" série, XVI (1859), p. 969.
<-) SîEiNDonFF, dans A.Z., XXXJil (iHgG), p. 9/1-95 {Die Konige Menltthotep und Antef).
turc <l('jà |)r;ili(jiiée on 1870 par Cliabas''^, — i\u lien du mode de leclure, longtemps soutenu p;ir ailleurs, qui ronsiste à faire passer le nom de Me à la tin de tout le groupe comme pour les noms solaires du type ordinaire : procédé qui conduit, ici, à des lectures dénuées de sens et par suite impossibles'-'. Steindorff lit, fort bien : Scl'hemre-Kltoulnoui, et s'il traduit : rFort est lie, qui gouverne les Deux-Terres 5?; il n'y a que peu de cbose à changer à cette interprétation pour la rendre correcte. Un nom royal ne peut consister dans l'énoncé de qualités de Ile, et il est nécessaire d'y retrouver l'énoncé de qualités du roi lui-même; à quoi l'on arrive sans peine en substituant, à «Fort est Rej?, le sens -Force de l\ev, ou, plus matériellement. «Sceptre de Re?:. On obtient ainsi, pour tous ces noms solaires, les traductions suivantes :
Sceptre de Re, Protecteur des Deux-Terres; Sceptre de Re, Qui fait vivre les Deux-Terres: Sceptre de Re, Allermisseur des Deux-Terres; etc.
La deuxième phrase de chaque nom se rapporte, non à Re, mais au roi lui-même, comme l'élément qui précède. Que
('^ Chabas, Mélanges éffyptologifjues, 3' série, I, p. 6a-64.
^*^ Goltc transcription Sekhem-onaz-taout-re , Sekhem-oua^khaou-re , Sekhenikhou-taoui-re , de. , est pratiquée, notamment, par Maspero {Uist., I, p. BaH- .5.3o, Hist. anc, igoi, p. ih^-ihZ), et encore en 1907 par Ed. Mrykr {Nachirage zuv ueg. Chrono^ogip, 1908, p. 3i-39), qui (lerail un peu plus tard, cependant, accepter le mode de lecture de Sieindorff (Mk\k«, Gesch. d. Alo^iiuim, 1, II, 1909, p. 979 et suiv.). Quant aux premières formes, leur inipdssiliilité est démontrée p;ii- la difTiculli' ([u'il \ auriiil à Ir;idnire les noms ainsi construits. «Force et verdoiement des levers de Rei serait déjà anormal; avec «Force qui protège les Deax-Terres de Re» ou (rForce qui lait verdoyer les Deux-Terres de Res, on arrive au non-sens, car raclion royale exprimée par le nom peut bien s'exercer sur Re, ou bien sur les Deux-Terres, mais non sur Jes Deux-Terres de Hé, qui n'existent pas. Hn connaît, cependant, un petit nombre de noms solaires où cette romliinnison en principe impossible, -lanni-re , se présente indubitablement : nous aurons Toccasion de les examiner au cours du présent chapitre.
Ic (leuxiAmc rl«^menf soit iino appellation dislinrto, indépendante grammaticalenienl de la première, lela est confinné par la facilité avec lacpielle ce deuxième élément se détaclic pour entrer, à l'état isolé, dans la composition d'une autre titulalure : |,7i ''^ '^° 7 ^'' "f>tre tableau est ;\ la fois le nom iVIform d'Or d'un roi Snofirahre Sonousrit, le nom de nihti d'Aouabre Hor, et fijyure dans le deuxième cartouche de Thout-
mès II dans une do ses formes, Tliontmh-Nofvkhao»; PJ
du n" h est 1(^ nom d'Horus d'un certain Menkhaoure Anab;
P-^* du n" !2 sert de nom d'iïorus an roi Sckbemkarc, et de
nom de nihti au Snodrabre Senousril dont on vient de parbic;
I ,*, du n" G , etP23 du n" 5 , sont respectivement le nom
d'Horus et le nom de nihti de Tetliotepre Tetoumès; ^^ du n" 10 est le nom de )iibti àe Khasekhemre Noiirhotep, enfin ^^ du n" 1 et du n" 8 est le nom d'IIorus de Sekhemre- Souaztaoui Sebekhotcp (n° /i de notre tableau) et se rencontre encore, comme nom à^Honis (fOr, dans une autre titulature non attribuée.
MONUMENTS ET HISTOIRE DE SEKHEMRË-KHOUTAOUI.
La question de la lecture et de l'interprétation du nom une fois réglée, nous pouvons passer à l'examen des monuments du roi Sekbemre-Klioulaoui, dont nous avons annoncé cpj'il élait le successeur imnaédiat de la XIÎ* dynastie. (Jette situation l'ésulle le plus clairement d'une pièce trouvée parmi les papyrus de Kahun , datée de l'an i de ^ ^ ( ® f ^ ! 1 et comportant la liste des personnes de la maison d'un fonctionnaires de la ville Sekhem-Senousnl , nommé Kkaliaoure-Siiofrou , fils de
Srnousrll-senb'^^'. Le nom de Khakaoure-Snofrou moiilre «juc le pcrisonnafje était né du vivant de Senousrit III, c'est-à-dire plus de Go ans avant la lin de la XIP dynastie, et un de ses lils, Senousrit-senb , qui était né, dit ie même document^'-', en l'an âo — du règne d'Amenemhat III, forcément, — soit environ 90 ans avant la lin de la dynastie, était encore un jeune homme en cette année première du roi Sekhemre-Khoutaoui, car il n'avait pas pris femme. Il résulte de là que le règne de Sekhemre-Khoutaoui est très proche de l'extinction de la \IV d\nastie, peut-être en contact immédiat avec elle, et l'on ne peut se dispenser de rapprocher de ceci la mention du papyrus de Turin, qui en tête de la période qui suit la XII* dynastie inscrit un roi © ^ : tout se passe comme si le rédacteur du papyrus, mal informé quant à l'écriture exacte du nom, possédait cependant de bons renseignements historiques à cette place. Remarquons immédiatement, à ce sujet, que le roi suivant de la liste, au papyrus, est un certain Sekhemkare,
^ ^ ( ® t Ll J J' ^^'^^ "'^ hasard heureux nous apprend qu'il
a effectivement été le voisin immédiat de Sekhemre-Khoutaoui. Dans les papyrus de Kahun dont nous venons de parler, on trouve, en effet, outre le nom de Sekhemre-Khoutaoui, un deuxième nom royal, en tête d'une liste de famille analogue à celle qui faisait l'objet de l'autre document; cette pièce, très voisine de la première par ses caractères graphiques et toutes les particularités de sa rédaction, est datée de j qI l ijT^LLl
contre des deux noms royaux dans le dossier de Kahun, dans
('> Griffitu dans J'ethik, lllahun, Kahun and Curub, p. 5o, el GniKFiTii , The Hieratic Papyrifrom Kahun and Gurob, pi. X (1. 2 et suiv.) et p. 27. ''^ Même planche , 1. 6 a.
<■'> Grifi'ith, The Hieralic Papi/ii fioin Kahun etc., pi. \S., p. 19-20, 86-87.
fH5| --«.( 281 >«—
ces deux flocumenis si semblables, confirme, comme on voit, les iiKhralions du papyrus de Turin, de telle manière qu'on peut admettre cpie Selvliemre-Klioutaoui, premier successeur de la \ir dynastie, a réellement eu pour successeur le roi Sekhemkare. Gomme on le verra un peu plus loin, d'ailleurs, il n'y a pas eu un seul roi Sehlirmknre , mais bien deux de ce nom solaire, qui se difl'érencient par leurs noms d'Horus et par certaines particularités d'écriture.
En ce qui concerne particulièrement Sekhemre-Khoutaoui, on a d'autres monuments qui accusent nettement sa position à peu d'années de distance delà Xll" dynastie : ce sont les inscriptions nilométriques des rochers de Semneli et Koummeh,
datées des années i, f?, 3 et k de i^(®f^J^". l^eur
texte porte, uniformément : "Niveau du Nil en l'an tantième (lu Roi du Sud et du Nord Sekhcnirc-Klioiilaouh: , mais la troi-
slème ajoute : t:&\^iù^^ iZ PT^T^ ^ =
ni ( • U 1 ^1 ^'^^ temps 011 le porteur du sceau royal
du Nord, le chef de troupes Ransenb, était à commander dans la forteresse Sceptre (Je Khahaoïive, Voix Juste v. On a là, comme on voit, le nom même de la forteresse de Semneh, bâtie par khakaoure Senousrit III ^-', et l'on rencontre ainsi, notons-le en passant, une preuve directe supplémentaire que Sekhemre- Khoutaoui est postérieur à la XII" dynastie. Comme il a été souvent remarqué, de plus, la régularité de ces inscriptions
(') L.D., II, i5i, « (an i, Kouinmeli), Ij, c (ans a et '.i, Semnoli), d (an li , Koummeh). Cf., pour l'inscription de Tan l\ , Aeg. Insch. ans dm Kdii. Miigeen zu Berlin, I (i* fasc. , igiS), p. aSg, et Amf. Vev:eichni$s , p. iii.
t') (Jelle inscription de l'an 3 du roi dans Roigé, Inscription des rochers de Semné, dans lier, arch., i" série, V(t8i8), p. 3ji-3tîî (réimprimé dans Bitfl. égiJl'lologique, XXI [1907 |, p. 970). Cf. LKPsits, Ueber eitwn alten \ilmesser bci Semne in A'u6icn, i8^iû, et Masi'euo, Histoire, I, p. 'i85, n. 2.
M. R. WEILL
aunuellos continue une tradition observée, dons !os mômes localités, sous la domination des derniers Amencmhat, et donne lieu de penser que le roi qui nous occupe les suivit de près sur le trône.
Celte situation historique est encore confirmée par l'examen de plusieurs cylindres qui portent le nom de Sekhemre-khoulaoui. Une petite plaquette de fondation, en forme de cartouche^'^, avec le nom ®f'^, n'est propre à rien nous apprendre; mais voici, autour de deux cylindres très remarquables, les inscriptions :
et "^
par lesquelles le roi est dit «aimé de Sebek Seigneur de Ro- Samfn. La lecture du nom de celte place est heureusement assurée par deux cylindres très analogues d'Amenemhat II, sur lesquels on lit :
hi
et
On ne sait ce qu'est la localité de Ro-snm-J , la c^ Bouche de sa sépulture (?) w , mais on voit que c'est un domaine de Sebek,
'•' Newbeiihy, 5rt()-«i«, X, 1 et p. 19;!; coll. Murcli.
^-> Petkie, Ilist. Star., n° 978; NEWUKur.y, Scnral/x, VII, 'i et p. 110; cf. I'ktrik, UiHloyij, I (1899), p. 209. L'ol)j('t osl au Brilisli Miisoiim, n" ^SGO-'J. <-^' iiiljliolhùcjue ntilionale; inédil.
'** ^E^VBERnY, Scarabs, VI, 2 et p. 1 1 1 ; Britisli Mus., 11" lOioS. ^^1 Nemberby, Scarabs, VI, 17 el p. 1 12 ; coll. Amher.st.
et que le roi SekhcQire-Khoulaoui, comme adorateur de Sebck dans cette place favorisée de l'atleiitioii d'un roi de la XIl' dynastie, se présente tout à fait dans l'attitude d'un continuateur de la famille royale précédente. Le Sebek de lio-s/im-f n'est d'ailleurs pas le seul dont il ait hérité le culte de ses prédécesseurs. Sekhemre-Klioutaoui est également un (idèle de ce Sebek de Souninoii qui nous est connu par une foule de documents du Moyen Empire; le nom de cette dernière localité est le plus souvent, comme on sait, écrit 4^ j^ J ' "^''''^ '^^ '"^ ^'^^~ contre aussi sous des formes telles que 4"^*®"' 4^.^*1"' qui ont tout d'abord conduit Spiegelberg à une lecture inexacte Soinwu^^\ avant que le rapprochement avec les orthographes
du type PT^' ^TI' +^|l!l!lî!î*^ lui eut Permis de découvrir la lecture véritable '-^ Or, on connaît deux cylindres de Sekhemre-Klioutaoui qui portent, respectivement :
Ml
et
Ml
On les rapproche immédiatement de quelque.; cylindres de la XII" dynastie sur lesquels Amenemliat II et Senousrit II sont qualifiés, de la même manière, d'r. aimé de Sebek, Seigneur
(') SpiF.GF.i.nRnG, Varia, XLIII. Xu dcr Slmlt À^ \ V® .Sh'/jh', dans
liée, (le travaux, \\i (1899), p. 'uj-ôi.
^-) Spiecklbkhg, Varia, LWXIV. Die Sladl X V * V® siru.vH, dans Rec. de travaux, XXVIII (1906), p. 1G7-169.
'■*' Newberhy, The Timins Collection, 1907, pi. I, tli et p. la.
'*' Petiiie, llisl. 5c«r. , n' 379 ; Galtuiei-. , Livre des Rois, II, p. 1 ô. Au British Muséum, n° 1G7.Ô2.
de l^urnnou^^^n, et l'on voit que la rolalion qui en résuite entre Sckhemre-Khoutaoui et les rois de la XIT dynastie est tout à fait colle que nous avaient déjà fait voir les cylindres de Sebek de lio-sam-f.
La situation géographique de Soumnou est connue. La place est assez fréquemment citée en même temps qu'une autre
localité, ,~~^2 \ ^ \ T^' ^"J'' ^^^ monuments en provenance de Gebelein ou de Rizagat^'-^'; Soumnou est toujours nommé à l'occasion de r? Sebek Seigneur de Souvuwuy^, tandis que I-mnntourou se présente quelquefois comme une place de khonsou '•'*', quelquefois comme une place de Sebek*'', et quelquefois dans des mentions directes''^ d'où il semble résulter, étant donné la provenance des monuments, que l-mn-atourou est Rizagât même. Quant à Soumnou, forcément situé dans le voisinage, c'est essentiellement un domaine de Sebek, et l'on s'accorde à reconnaître cette localité dans la Crocodilopolis de la Haute-Egypte, située, d'après Strabon ^''^ entre Hermonlhis et Aphroditopolis qui est Gebelein '"'. Cette localisation a un
(') NEUBKnnv, Scarabs , VI, h, 5, 7.
(') Voir à ce sujet Maspero dans A.Z., W (1882), p. la 2-1 9 3 (Noies sur finalques points de grammaire et d'histoire, S XXII), et cf. Brigsch, Dict. géo- Ifraphifjue , p. 2^8, 1116, 1169.
''' Maspero, loc. cit., donne une stèle de Rizagal où «Sebek Sei{»neur de Soumnoun paraît à côté de ffKlionsou dans I-ma-atoroun; la même appellation de Klionsou se rencontre sur une slôle du roi Dadnofirrc Doudouracs, provenant de Gebelein, qu'on verra plus loin (Caire, 20533; Daressï dans Rec. de travaux, XIV, p. 26; Laxge-Sghafer, Grah- und DeiiLsIeine des miltl. Ih'ichs [Cat. gcii. Caire], p. i3C-i')8; FnASEU dans P.S.B.A., XV, p. l\Ç)h et planches, n" 18).
W Cjlindre, Nbwbebky, P.S.B.A., XXIV (1902), p. 260, et Scarabs, XLIII, 3 et p. 196; l'inscription sera citée un peu plus loin.
'^' Le prince Ati, qui avait sans doute son tombeau dans la nécropole de Rizagét, n fffait vivre la ville de I-ma-atournu pendant les années de disette» (stèle Caire, n" 20001, La>ge-Sciiafer, loc. cit., I, p. 1 et pi. I).
(*) Straiion, XIII; éd. C. MiUler et Dùbner, p. 698.
''^ Daressï dans liée, de travaux, XIV (1892) [Notes et remarques, XXVII j-, Spiegkluerg, loc. cit. dans Rec. de travaux, XXVIII (1906), p. 167-lGg.
grand iiili^irt poui* l'histoire de Sekliennire-Klioulaoui, rencontré à Kîditin, puis en \ul)i(!, puis maintenant dans l'intervalle, dans la région cpii s'étend au-dessus de Thèhes; il régnait sur tout le domaine de ses prédécesseurs de la XII' dynastie, comme vont achever de nous le montrer plusieurs monuments d'Ahydos, de Thèbes et de Bubaste.
Le monument d'Ahydos est une stèle trouvée et publiée par Pétrie'". C'est celle d'un Fils Royal T/iot-à, et elle porte dans
le cintre, grossièrement gravée, la légende (®f'^J ^
(gr^lajî I , qui nous apporte le nom personnel deSekhemre-
Khoutaoui '-', P-n-ten, à ce qu'on croit lire. Ce nom est sans relation avec ceux delà XIl" dynastie; c'est, de toute évidence, un nom de simple particulier, et cela s'accorderait très bien avec l'idée d'une usurpation, d'une sorte de révolution dynastique dont l'adoption d'un nom solaire de nouveau type serait un autre indice. Mais la question est immédiatement compliquée lorsque l'on considère un deuxième monument sur lequel le nom de Sckhemre-Khoulaoui est accompagné d'un nom de deuxième cartouche tout différent, sans relation aucune avec le nom de Penten. Cet autre monument est un beau linteau en calcaire blanc, trouvé par Naville, en 1906, à Deir El-Bahri et aujourd'hui au musée du Caire '^l Sur ce linteau, le disque aux ailes éployées surmonte une légende royale disposée en une ligne, symétriquement vers la droite et vers la
(•) VEimn, AbydosU, pi. XXXI, a, XXXII, a; cf. Budgb, A Guide etc., 1909, p. 99/i, et A Guide (Sculpture), 1909, p. 82. La stèle est celle de Br. Miiscum, n" 63o.
'-' On a f'tp fort exposé, à une certaine ('po(|ue, à attribuer à Sekhemre- Klioutaoui le nom royal de Sebekhotep : nous verrons, un peu plus loin, par suite de quels malentendus cette croyance a pu se produire.
"' GiUFKiTH dans Arch. Report... for iqoG-îqoj, p. 6; Naville, The Xllh Dxjnatty Temple at Dêr el-Bahri, II (1910), pi. X, B et p. 1 1-1 9.
giiiu-lit' il p.irlir du -^ du milieu, i ^ f® f ^ j i f ^'t "L^ n ^ ^ 2 ^ 1 : voici un roi Amemmlint-SfhclJiolep qui a
pour nom solaire, lui aussi, Sckliemrc-KItoulaoui. Pour justifier celte dernière lecture, il est nécessaire que nous procédions sans plus attendre à la discussion de la lecture du groupe © ^ , et, plus généralement, de la lecture du signe Y — le sistre scshesh, d'ordinaire — toutes les fois que ce signe paraît dans un cartouche ro\ al de l'époque qui nous intéresse.
Le seshesh apparent, disons-nous, n'est autre chose, dans ces cartouches, qu'une forme graphique particulière du | schliem, simplement orné de deux appendices ascendants, symétriquement disposés. Déjà, sur certains des cylindres ou plaquettes au nom de Sekhemre-Khoulaoui qu'on citait tout à l'heure, el où l'identité du signe sekiiem est induhitahle, on voit ce signe lancer vers le haut les doux branches ornementales, esquissées seulement et raccourcies, mais très rcconnaissahles. De manière beaucoup plus caractéristique, le y prend la forme du sistre, une fois, sur un monument du roi Sekhenire- Apmnt Antef-â que nous étudierons au chapitre iv ci-après. Le nom solaire de ce roi, comme nous verrons, est toujours écrit par le sehhem, ©|^, ®f V^, etc., tant au papyrus Abbott que sur les monuments contemporains de son règne, son pyramidion de Londres et sa boîte à canopes du Louvre; or, sur cette dernière boîte, la légende rovale paraît huit fois avec © ^ au début du cartouche, et une neuvième fois avec ©^, le signe sekliem pourvu de deux grands appendices ascendants qui lui donnent une forme intermédiaire entre le sehhem simple et le sistre véritable. Puisque cette forme singulière, qui d'ailleurs ne reproduit pas intégralement celle du sistre, inierchange avec la forme ^ dans le même nom royal et jusque sur le même objet, il peut être considéré comme démontré que le signe sin-
{Tulier n'est qiriine lornio ornomentale du scLlicni lui-inihno. Miiis voici, pour nous en assurer, un fait plus net encore.
On iit, dans une inscription de Noubkliopirre Antef à Roplos (1>KT„„:, K.,,,U,., pi. VIII) :|=. + Z.\f — f^*^:r ^'^^ «En ce ([ui concerne tout Roi du Sud, ou tout potentat {^selihcm^ exerçant les fonctions de Roi du Sud... 55. dette curieuse phrase, dont nous verrons ailleurs les conséquences liisloriques, nous apporte un exemple du moi sekltem, indubitable grâce au complément phonétique ^, et écrit par un signe qui est, graphiquement, un sesliesh presque parfait. La preuve de l'identité véritable on résulte, et toutes les fois que dans les noms solaires de cette époque nous trouverons un signe intermédiaire entre | et ^ ''' p'"s ou moins voisin de la forme complexe du sistre, nous pourrons le lire sehhem en toute certitude. Le cas se rencontre assez souvent, sur la boîte de Schhemre- k^md^i que nous venons de citer, puis chez un autre Antef, celui dont le nom solaire est iSc/.7in«r^-Harhermat, puis dans le nom de ©^j' A//^/,sf'/.7«fm/'e Xofirhotep, puis dans celai d'un ® P^[J, Sehhcmknre , très probablenient différent, comme nous verrons, du Selihemhnre des papyrus de Kahun, cité un peu plus haut; ce nouveau Sekhemkare a d'ailleurs pour nom Ûq nihli ^='^ ^ — , Teti-achhem-f.
Il ressort très nettement de ce qui précède que le linteau de Deir El-Bahri appartient bien à un roi SeIchemre-Klioutaoui^^\ de son nom personnel Amenemhat-Sebekhotep. Mais alors, il y a deux rois qui portent le nom solaire de Sekherare-Khoutaoui, cet Amenemhat-Sebekhotep d'une part, et d'autre part le Penteii de la stèle précitée d'Abydos? La conclusion est
<*' Sur ]a pierre de IJeir El-Bahri, non plus cpie sin- plusieurs des monuments qui portent le même nom solaire ou le sehhem ornementé dans d'autres noms, ce signe n'arrive à la forme intégrale du sistre spshesh : on a un r au corps central Irrs massif, llanquô de deux appendices ascendants qui en liau ne ferment point leur boucle.
moins surprenante dès qu'on observe, comme nous le disions un peu plus haut et comme on le verra en détail au chapitre suivant, qu'immédiatement à côté des deux Sehltemre-Klioutnoui il y a, de même, deux Pharaons Sekiiemkare, différenciés avec une absolue certitude par la possession de deux noms d'Horus très distincts. Ce curieux pliénomène de répétition semble montrer qu'à l'époque qui suivit immédiatement la XII' dynastie la rigueur des usages qui gouvernaient lu titulature pharaonique fléchit brusquement, de telle manière qu'un Pharaon se pensait autorisé à prendre un nom solaire déjà adopté par un prédécesseur ou un voisin, peut-être par un parent proche.
Des deux rois Sekhemre-Khoutaoui, quel est celui que le papvrus de Kahun mentionne et qui fut le premier successeur de la \ir dynastie? L'état des documents connus ne permet pas de le savoir. Les deux souverains, en tout cas, doivent être proches voisins, et l'on est frappé, considérant la position historique de celui qui s'appelait Ammetnha-ScheJàotep , de la composition de ce nom de deuxième cartouche, qui rappelle ceux de la grande famille antérieure et semble annoncer en même temps les Sebekhotep thébains de la période suivante. On connaît d'autres noms de deuxième cartouche où reparaissent, comme dans le précédent, à l'état simple ou en composition, les noms à'Amenemhat et de Senousnt : ce sont ceux (ïAmenemhai-Senbef, qui est précisément un des deux Sekhemkare auxquels on faisait allusion tout à l'heure, de YAînem- Auti-f-Amenemhat connu depuis longtemps, d'un certain Senousrit et dun ou deux AmenemluH encore; ces rois seront passés en revue au chapitre suivant, où nous verrons qu'ils constituent une sorte de dynastie, rattachée historiquement aux premiers successeurs de la XII" et au sein de laquelle le souvenir des illustres prédécesseurs est rappelé de préférence.
Outre le linteau de Deir El-Bahri, on connaît deux monuments au nom d'Amenemhat-Sebekholep : un fragment d'in-
scriplion, do jjrovonance Inconnue, sur lequel Newherry a
noté le cartouche ( ^ îïîîîîî \ J^ 2il j " ^ ''^ "" '*^'^" cylindre de la collection Th. M. Davis qui porte'-' :
«Sebek Seigneur de l-nluuroav nous est connu; celle place du dieu est nommée le plus souvent l-ma-atourou , comme nous l'avons vu plus haut à propos de quelques cylindres au cartouche de Sekhemre-Khoutaoui où cette localité, et la place voisine de Souwiion, sont mentionnées.
Voici un dernier monument de l'un des deux rois Sekhemre- Khoutaoui. (î'esl un fragment d'architrave de Bubaste, sur
lequel on lit ('' : ^8^ ^ i ^ T® f = J • Quelle place occupait ce nom de Khn-hnou dans la litulature? Pieper pense''' que c'est le nom d'IIorus d'Oi", sans doute parce que ce nom est celui qui précède immédiatement les cartouches dans les litulatures complètes; Gauthier, plus tard, devait adopter celte manière de voir et en faire la base d'un raisonnement pour établir la distinction du roi SeJàemn-Khoulaoui et d'un autre
(1) IN'EWBEunY, P.S.B.A., XXV (igoS), p. i35 et planche, fig. i. On n'a que le cartouche, de grandes dimensions, et qui a été découpé dans les inscriptions de quelque tombeau. Le st\ie de la gravure et surtout la curieuse disposition des signes, dans le cartouche, le rendent très analogue à celui du linteau de Deir El-Bahri.
^) Xewberry, P.S.n.A., XXIV (1902), p. 95o, et Scarabs, XLllI, 3 et p. 195.
(^) Navili.e, Bubastis, pi. XXXIII, I. Même planche, G, portait une inscription au nom du même roi. Le j)remier bloc est au British Muséum. n° 1100: cf. BtrKJE, A Guide, Sculi)lure, 1909, p. Sa.
'*j PiRPEn, Die konige zwmlii-n dvm Millleren uiid dem Neuen lieich, 190/1, P-9-
roi Bo-Klinulnoui. Celle dislinction, aiijourfl'luii. n'esl pins conteslahle. ii)(l(''j)eiKl;iniinent de loutes considéralions anlérieures, l'indiviîliialilr dn roi ®^ élanl démontrée par deux moiiumcnls qui nous le présentent avec ses deux cartouches. Mais tout danger de confusion des deux rois n'est pas écarté, comme on va voir, dans les cas où l'on rencontre l'un des deux noms solaires sur un monument; et c'est une des raisons pour lesquelles il importe que nous examinions ici les monuments de ce He-KItoiitaoui, dont on ne sait que tn''s peu de chose.
LE ROI I\E-KHOUTAOUI OUGAF.
Le plus anciennement découvert des monuments qui fournissent celte litulalure, connu sous le nom de pl/Kjuetle liuhensohn, a été publié et cité plusieurs fois''* depuis iqoG. C'est une V ardoise» en calcaire, quadrillée, qui porte une sorte de brouillon d'insf^riplion. en une ligne horizontale et une ligne verticale, parlant du milieu de la première, vers le bas, de manière à dessiner avec elle un T. f^a branche horizontale du T est écrite en sens symétriques, à partir du milieu qu'occupe
le signe >^ ; vers la gauche on lit : ^ \^ ( ® ^ j À "î"' ^*^
vers la droite : ^ ( \ D^ J "î"^- Quant à la branche verticale, elle porle : ^(''j^'^^jA'î'®^!^" L'objet provient d'Eléphantine. Sa date récente, et les caractères suspects de
'•' Galtiiier, l\oles et remnrqups liislorifjues, VI. Le premier roi de la XiW ilijnastie, dans Bull. Inst. français d'arch. orientale, V (1906), p. 56 cl suiv.: Legrain, jVo(c« d'inspection, XLIX. Le roi Ougaf et la plaquette Bubentohn, dans .l;i;ia/e« du Service, VIII (1907), p. 250-203.
l'iiiscriplion, (|tii conihino 1(3 nom d'un Scuoii.srit jivoc la tiliilature île la ligne supérieure, ont vAv sifjnalés par Legrain; mais on savait, dès le moment de la découverte, que le roi Ougdf du cartouche de droite n'était pas imaginaire, car on le connaissait par un monument Irouvé antérieurement à Karnak par Legrain, une base de siège "^ sur laquelle on lit : ^^^
" Fallait-il conclure de là à l'authenticité de la titu-
(yâ
lalure de la plaquette ? On pouvait hésiter, mais on n'en a plus le droit depuis la publication, en 1907, du deuxième monument qui fournit cette tilulature, une statuette assise trouvée à khartoum par Budge et dont le siège porte, en trois
colonnes verticales, l'inscription : "] | — ^ - ^ ^ ( ® '^ 1
lequel la mention du roi Ougaf a passé inaperçue jusqu'en 1 c) 1 G par suite de lecture défectueuse du deuxième cartouche '^^ nous permet d'inscrire définitivement dans les listes les deuv B noms de ce souverain dont il n'est sans doute pas trop imprudent d'admettre, par analogie, que son époque est voisine de celle de Sekhemre-khoutaoui. Ajoutons tout de suite que la présence de sa statue à Khartoum ne doit pas donner lieu de
> croire à la pénétration de la puissance égyptienne dans l'extrême f'' LEGRkiy, Notes d'inspection, WUl. Le roi Oicaf, Aan?, Annales du Service, VI (igoS), p. i3o.
'^' BiOGK, The Ejimilian Sùddn (1907), I, p. 684-/i85, avec une pliotoprapliie. Cf. Bldge, Book of the Kinjfs (1908), I, p. 65-G6, et A Guide etc., 1909, p. 99.3. Budfje transcrit très mal le deuxième cartouche, mais la lecture est absolument certaine sur la pliolojrraplne (Y Eifi/ptian Sùdàn. Lejjrain, en 1910 {Sur une slaliie du roi (Jngaf, dans Annales du Service, X, p. io()- 107), signale le monument et son a])parlenance véritable; cf. Gaitiiikh, Livre des Rois, 11 (1910), p. 3.
(•'*' Voir note précédente.
Sud au temps do ce roi obscur; le pelit monument fut transpoH«5 dans cette R^ijion par quelque roi nubien des siècles suivants, de mémo que furent transportés, de Soleb au Gebel Barkal, les lions d'Amcnhotep III, et au temple d'Ar^jo, la statue connue de kbanolirre Sebekhotep dont nous parlerons au cours d'un des chapitres suivants.
Est-ce à ce lie-Klioutaoni (hi^raj, maintenant, (pi'appartient une stèle de Karnak connue depuis 1900 et qui porte cette titulalure(') :
La chose, au premier coup d'œil, semble certaine; pourtant, si l'on se reporte à l'inscription de l'architrave de Bubaste au nom (le Sekhemre-khoulaoui que nous citions plus haut, on ne manquera pas d'être frappé de ce que ce dernier roi possède, dans sa titulature, le nom Aq 2-»^ ^^^ appartient également, comme nom de n'ihli, au roi de la stèle de Karnak; et on se demandera alors si, sur la stèle de karnak, © '^ ne serait pas une faute pour © Y^, et si ce dernier monument, par suite, n'appartiendrait pas en réahté à Sekherare-Khoutaoui. Gauthier a raisonné à ce sujet de manière toute dillérente'^'; pour lui, Klui baoïi étant le nom de nibli dans la titulature de la stèle, et d'autre part étant le nom d'Horus d'Or — il l'admet avec Pieper — dans la titulature du bloc de Bubaste, il est démontré que les deux titulatures ne sont pas
'') Leghain, Notes d'inspeclion, XX. Sur le roi [ ® 1, dans An-
nule» du Service, VI (1905), p. i33, et XLIX. Le roi Ou^raf el la plaquette Uubemohn, dans Annales du Service, VIII (1907), p. 949-35o-, Galtuikr, /oc. cit., dans Bull. Inst. français arch. or,, V (1906), p. 48.
'*^ D'apn'-s retendue de ia lacune, le nom d'Horus est court et couvre à peine plus de l'espace d'un groupe carn'-.
('' Gaithier, loc. cit., dans Bull. Inst. français arch, or., V (1906), p. /i8.
idenliqucs, et par suite, que ®f'^ ol © __ sont doux rois (liiïf'rcnts. yVujourd'hui, ivprlons-lo, la di'monslrntion de colle diliércnre n'a plus besoin d'être faite, et cela est heureux, car le raisonnement de Gnutliier, à lui seul, serait sans force pour rr-lablir. Jl repose tout cntior, en effet, sur l'idt^e que, dans l'insciiplion de Buhaste, Klui hnou est obliiTatoirement le nom d'Honis d'Or : mais si la tilulature. sur cette pierre, était incoinplèle, et s'il y maufpiait précisément le nom d'Horus d'Or? Kitd haon serait bien alors, forcément, le nom de nihù, et les doux lilulaiures, au lieu d'être démontrées différentes, deviendraient identiques. Cela n'intéresse plus, d'ailleurs, que la question secondaire de l'attribution de la stèle de Karnak; personnellement, nous inclinons à croire que ce monument appartient à Sekhemre-Kboutaoui, avec le nom du roi écrit fautivement par omission du second signe.
La forme ®^, cependant, est très authenliquement celle (|ui fut adoptée par le roi Ougaf pour son nom solaire. Il est nécessaire de remarquer que ce nom, de construction très anormale, ne peut élre lu Khontnomre , car celte appellation de «Prolecteur des Deux-Terres de Ro'? serait un non-sens, les Deux-Terres n'étant ni une possession ni un alti-ibut de Re, et par suite les Deux-Terres de Re constituant une impossibilité. Il faut prendre le parti exceptionnel, ici, de laisser Re en tète et de lire Rc-Khoulnoui, ff Re protecteur des Deux -Terres», nom de formation admissible, quoique extrêmement différente de celle du nom solaire du type habituel, qui est une épithèlc du roi lui-même et exprime sa participation à une qualité de Re ou l'exercice par lui d'une action sur Re. L'anomalie d'un nom solaire du type Rc-K lioutaoui nesl d'ailleurs pas sans autre exemple dans l'histoire de l'onomastique pharaonique. On
connaît, en effet, le (®^J Menlouholep des inscriptions de
konosso et de Hammamàt, dont le nom solaire donne lieu aux
mêmes observations exactement que celui de ® ^, et ne peut oire hi autrement que lîe-Nibtaoui; et l'on voit clairement, en oulre, comment ce ©^ a pris naissance, lorsqu'on observe (luc ^^, 1res correctement, est ;i la fois le nom d'IIorus et le nom de ni ht i du souverain, et que c'est ce même nom dont on s'est également servi pour en faire le nom du premier cartouche, en lui donnant l'apparence d'un nom solaire par la préposition du ® en t(Me du groupe : procédé qui témoigne de peu de souci du sens'^l Mais cela nous fait comprendre parfaitement, par analogie, l'origine de Re-Klioutaoni. ^, de même que ^, est une épitbète achevée, sulfisanle en elle-même, qu'on rencontre employée, notamment, comme nom d'IIorus chez Sekhcmre-Souaztaoui Sebckhotep, comme nom d'IIorus d'Or dans une titulature non allribuée ^-^, et qui constitue l'élément personnel dans les noms solaires de noire Sekliemre-Khoutaoui et du Sekhemre-Kboutaoui qui est Amenemhat-Sebekhotep : du nom affecté à ces divers emplois on s'est avisé en oulre, à un moment donné, de faire un nom solaire, par le procédé très simple, en quelque sovIq. graphique , de la préfixation du ®. Mais ce Re-Klioutnoui mal formé est, en réalité, un Klioiilaoui tout court, et cela semble indiquer que le roi Ougaf qui a utilisé ce nom, et sur la position duquel nous sommes très peu
*'' Sili'jularilc analojjue chez la rcino Sel)ek-Nolirou, le doniior souverain ilc la Xll' dynastie, dont on trouve fréquemment le carlouclic écrit, avec préfixalion (lu ®, l\('-Si'hi'k-!S»fimu ou Scbrh-nojirou-rc (sphinx de Kallaaneh, blocs (le lliKMira, lahie de Karnak, ])ap\rns de Turin, fr. 79; les documents réunis commodément dans Gautiiikr, Kois, 1, p. .'5 '19). De la même manière est né
le bizarre f © 1, Uu-Si'hi'hhotpp ou Spbekholrp-He , qu'on trouve sur plu-
sieurs scarabées et sur un bloc du temple de la XI" dynastie à Deir Ël-liahri (voir Gautuikii, Rois, II, p. 19), et aussi le Se-Hathor-Re monstrueux que le pap\rus de Turin enrejfislre an lien du nom correct du Se-IIathor de la famille des Sebekhotep et Nofirhotep.
"> Fragment de Karnak publié par Lkgiiain, Aniiaks du Service, V (190^1), p. t33.
renseigiu^s, est dVpoqiie voisine de celle de l'Homs Klioiilnoui (Sckliernre-Souazlaoui Sol)L'kliot('[)) cl de Sckhcmm-Klioittaoui , c'esl-à-dire peu éloigné, en soninic, de la lanulle des rois Sehhemre et du point où elle entre en conlact avec la famille des Sehchholcp ''l
SliKHKMnE-KHOUT.VOUI AU PAPYRUS DE TLRIN, £T LE ROI SEKIIEMRE -(iERGTAOUl SEBEKIIOTEP.
Les résultats de l'analyste qui précède peuvent être résumés ainsi qu'il suit. H y a deux rois qui portent le nom solaire Sckliemi'c - khoulaoui ; leurs noms personnels sont Penlen et Amenemhat-Scbekiiolep. Le nom de Penten paraît sur un seul monument, et le roi est beaucoup plus obscur et plus effacé que son homonyme par le cartouche solaire, l'Amenemhat- Sebekhotep aux noms très royaux dont on est tenté de croire que c'est lui qui succéda immédiatement à la XIP dynastie et que mentionnent la plupart des monuments qui portent seulement le premier cartouche. On ne peut guère éviter d'admettre, d'ailleurs, que les deux rois sont très voisins. Les autres éléments de leurs titulatures ne sont pas encore connus, à part le nom de Kha-hnou, vraisemblablement un nom de nibli (si, comme nous le croyons, c'est bien à un Sekhemre-Khoutaoui, et non à Ue-khoulaoui, que la stèle précitée de Karnak appartient]. Le plus important des deux rois construit à Bubaste et à Thèbes, on le rencontre dans l'Egypte Moyenne (papyrus de
<') Il a déjà été o.\j)li(|Ué briévoiiu'iil , jiliis haut {Inlroduction) , que les Sehhemre précèdciil inimédialemcnl les A7ia[A']>c' Sebekhotep, et qu'il n'y a pas discontinuité ontro un groupe royal et l'autre; nous aurons l'occasion d'y revenir de manière détaillée au cours des chapitres suivauts.
Kahun) et dans le Saïd supérieur (cylindres de Sebck de Crocodilopolis, près Gobclein, et de Soi(ninot(-\V\zi\^/il^, il a des oiriricrs dans les forteresses de Nubie, de sorte qu'on voit que si In monarcbic égyptienne est tombée en dissolution, ce n'est qu'après son règne, nu moins après les quatre années certaines dont les inscriptions nilométriques de Semneb et koummeh nous gardent le témoignage. Cet usurpateur probable, instaurateur d'un ordre nouveau d'après l'ostensible nouveauté de son nom solaire, a par ailleurs toute l'apparence d'un continuateur des Amcnembat et des Senousrit de la période précédente; il est adorateur de Sebek dans toutes ses places traditionnelles, et le nom même d'Amenembat-Sebekbotep louche encore à la XIP dynastie.
E\iste-t-il des rapports entre les deux rois Sekhemre-Kboutaoïii et leur quasi-bomonyme, Rc-Khoutnoui Ougaf? La chose est probable. D'abord, la similitude des noms solaires est remarquable, et il s'en faut de très peu que Ougaf ne soit un troisième Sekhemre - Khoutaoui ; on note, ensuite, l'espèce d'analogie qu'ont ensemble les noms personnels (V Ougaf ei de Prntcn, noms de simples particuliers qui sont comme déplacés dans le cartouche. D'un autre côté, on observe que Ougaf, d'après la plaquette Rubensohn, est dans une certaine relation avec un roi ScHoxsril. dont le nom, ainsi que celui d'Amenemhat-Sebekhotep, évoque ceux des rois de la XIP dynastie; il est très probable que le Senousrit de la plaquette n'est autre que le roi Snofirabre Senousrit que nous étudierons au chapitre suivant, dans le groupe de tous les ff Amenembat?? et "Senousrit 75 postérieurs à la XIl'' dynastie et dont notre Amenemhal-Sebckhotep lui-même fait partie, de telle manière que Ougaf aurait toutes chances d'être apparenté, lui aussi, avec cette famille de proches successeurs de la grande dynastie antérieure. Nous remarquerons, à l'appui, que ces héritiers légitimes, ou prétendus tels, de lu Xll' dynastie, ont leur do-
[lOlJ —«.( 297 )k-i—
iiiiiiiie en Hauto- Egypie, et ^[u^' les monuments au nom d'Ougaf proviennent de Tlièhes, (l'KIépliantine et de la Nu])îe. Voyons maintenant conuncnt les rois ainsi reconnus paraissent aux listes de l'époque classique. La table de Karnak connaît SeUionirc-KItontaoui et Ho-Khoulaoui et les inscrit correctement, non loin l'un do l'autre, dans le panneau de droite oîi
l'on trouve (o^ J^ J et (o^^J. Au papyrus de Turin,
les choses sont au prime abord moins simples. Il y figure, immédiatement après la fin de la XIP dynastie (fragment 72),
un i^(®'^] J 'l»ii paraît bien être notre Re-Klioiitaoui,
et plus loin, à une quinzaine de rangs de dislance (fragment 76-78), un roi désigné par ses deux noms de cartouches et dont la mention, mutilée au commencement du deuxième cartouche, a toujours jus(|u'à présent été restituée et
lue de manière à donner : ^ ^ (® f ^J ^ (^^^ UÏ J i'
c'est, croit-on, le Sekhemre-KIwutaoïii des monuments, avec son nom de deuxième cartouche Sebckiwtep. Pour nous qui savons, d'après les monuments, que le nom de deuxième cartouche d'un Sekhemre-Khoutaoui n'est jamais que Pcnteti ou Amcnemhnt-Sehohholcp , il y a là un désaccord grave, et qui nous mettrait dans l'alternative de récuser le papyrus ou d'admettre l'existence d'un troisième roi Sekhemre-Khoutaoui, si la difficulté ne disparaissait immédiatement en remarquant, comme nous le ferons tout à l'heure, que le cartouche solaire, au papvrus, n'appartient pas à Sekhemre-Khoutaoui et n'est considéré comme sien que par suite d'une faute de lecture. Aujourd'hui encore, cependant, on lit Schlionvp-Klioutnnui au papvrus; il n'est pas sans intf'rét, avant d'aller plus loin, de rappeler les singulières confusions oii se sont perdus les historiens, depuis
M. II. WF.IM..
l'orif^ino. nii sujet du Hr-Klion laon i coviiùn du IVjifjmenl 7 a et du Sdlii'inir-Khouinotii su|)])0st3 des fra^rnienls 76-7<S.
\\ ilkiuROii , cxuniitifuil le papyrus à l'endroit du rarlouclio lic-KliouInoiii , crut l'emarquor qu'après le sifjne © il y avait une petite lacune, de l'étendue d'un signe, de sorte que le nom supposé mutilé pouvait être reconstilué eu ® f ^ et se trouver i(len(i(|U(', par suite, à l'autre nom de cette forme qu'on rencontre plus bas. Est-ce pour cela que Lautli se décide "' à considérer Rn-K/iulnui comme identique à ^phhrmrn KInfIniii SrbchhoU'p? La restitution de | au premier nom, (pie Maspcro devait accepter plus tard'^', avait en tout cas pour résultat de rendre é(|uivalcnts, en quelque sorte, les deux rois du papyrus, de telle manière que les monuments qui portent le nom de Sekheniro-Khoutaoui devenaient susceptibles d'être attribués au premier aussi bien qu'au deuxième : c'est ainsi que Gritbtb, plus tard '-^ ., profitera de la faculté qui lui est donnée de reconnaître Sekhemre-Kboutaoui des monuments — très proche de la XII"' dynastie d'après les papyrus de Kahun — dans le [Sekbemjre-Kboutaoui reconstitué qui succède à la XÏI" dynastie au papvrus de Turin.
Jusqu'ici, les règles du raisonnement logique sont au moins observées. Mais voilà que l'identité, une fois admise, des deux noms solaires au papyrus, conduit à cette extraordinaire confusion de faits, que, le second Sekliemre-khoutaoui ayant pour nom royal Sebekhotep, ce même nom doit également appartenir au premier. lîrugscb, qui paraît être l'auteur responsable de cette erreur'''^, en souligne inconsciemment l'absur-
''' Laltii , Mandho und dcr Tûrincr Koiiigaimfnjnin , i865, p. a36.
'*> Masi-kro, Hinloù'o, I, p. 597, n. .3; p. 789, labloaii.
'•^' GniFFiTii, llii'iiUic Ptiinfii fnim knliuii ami Guitth, 1898, p. 2G, 8(».
'** On la voit di'jà poindre, mais à l'étal implicite, sous la plume de IJougé, qui dil, on i^'iS (fusrr. des rudivis de Sciiiné, dans Hev. arch., 1" série, V, p. ai9, réimpr. dans Bihl. ^fîyp'oloirique , XXI [1907], p. 271), que le roi des
eu
fl03] -••»».( 290 )^ —
dite on conservant au premier nom solaire sa forme orifjinale; sous les n"' i i o vl i a/i de son laMeau de i 85(), les deux rois
question sont, en ellol, f©'^J SebeUiotej) et (q f ^— 1
SrbeUiotpp ^". Mais un malentendu de ce genre a la vie dure. L'imaginaire rcRa khutaui Sebckhotep \v se maintiendra, en 1877, chez Brugscli '-', s'ohserveia encore en 1887 cliez Ed. Meyer^-^', et persistera jusqu'au bout chez Maspero, (|ui connaît tantôt un « Sovkhotpou Khoutoouiri v avant l'autre rr Sovkholpou Sakhemkhoutoouirif'^1, tantôt deux rois cou)plètement homonymes, ff Sakhemkhoutoouiri ï [Sovkliotpou I]?5 et «Sakhemkliouloouirl II Sovkhotpou II '^^?.
Liehlein, cependant, avait signalé l'incompréhensible erreur de Brugsch. Supprimant le nom injustifié de Sebekhote de la première titulature, il conservait au nom solaire, d' plus, sa forme originale ©3^, et se trouvait ainsi conduit à diffc-rencier ce roi du Sekhemre-Khoutaoui des monuments, lequel se rencontre plus bas au papyrus avec le nom de Sejjekhotep ^'^l Exactement de la même manière raisonne Wiedemann . qui proteste contre la qualification de i)ehchholep I imposée à « Ra-chu-ta-ui ?? '"'l Gi'ifTjth, par contre, accepte la restitution du ^ dans le premier nom du papyrus et voit, dans le premier Sekhemre-Khoutaoui ainsi créé, le roi du mémo nom des monuments, mais il sait bien que d'après le papyrus
iiiï-criplious de Semneli — Sekliemre-Ktioutaoui , nous le savons — est SebekiKitf^p /"". Pourquoi fnrmier ?
' i?iuGS(;ii, lliiili)iri' il' l'!(ryptp. , iS;")*), pi. Vil.
- lînKiScii, (ii'srh. Arg^iilcns , 1877, p. 177.
^^'' Kd. Meïeu, Grxck. il. altcit Aefrypiens, «887, p. 900.
(^^ Maspkro, Hisloiri', I, p. ')9.'], n. 3; liisl. ancii'itue (içioO), p. l'o, \h'6.
*' Masi'Kiio, llindiiro, I, p. 789 (tableaux).
"' LiKiii.KiN, Hfvlicrcitrs .sur la c.UnuMthijrir éfJ^yplivwii' , iS/iiip. toa-m3.
"■'' WiKUiiUAMM, .l''/f. Gescliichle , i86(i, p. a()(i-a67.
-^5.( 300 yt^~ [lo/i]
ce n'est uns ccIul-là (jui ])ossède le nom de Sel)eklK)le|)"^ Praliquenienl, on peut considérer (jiie Liel)leiii et Wiedeniann ont conjuré les fâcheux effets du malentendu dont lîrugsch est coupable, et l'on remarque notamment, en if)oA, les indications très sages de Pieper sur les rois i et 72 de sa classification ^^l
Le terrain déblayé de cette manière, il restait à examiner la question du cartouche Rc-Khoulnoui au papyrus et de la restitution avec |. Cette restitution est-elle légitime, comme le pensent Maspero, Griffith et Pieper, ou inutile et erronée, comme veulent Lieblein et Wiedeniann? Et de toute façon, mais particulièrement si on se place dans l'hypothèse de la restitution légitime, e\iste-t-il réellement deux rois Sekhemre- Khoulaoui ou un seul roi de ce nom, dédoublé par erreur? Pieper, en 190/1, pose brièvement la question'^*. Gauthier l'examine en détail en 1906, sur la base de monuments nouvellement découverts où figure, incontestablement, le nom royal ®^ sans le |, un roi évidemment différent du Sekhemrc-khoutaoui des monuments antérieurement connus; et il conclut, en ce qui concerne le papyrus, que ®^ y doit être conservé dans sa forme originale '^^. Legrain, en 1907, revient'^' sur les monuments nouveaux de ®— -, qui, pour lui aussi, est différent de ® ^ '— .
On peut regretter que Gauthier, en différenciant de cette manière les deux rois que les monuments nous apportent, ait oubhé le document de Kahun et ses indications précises sur la situation de Sekhemre-Khoutaoui à la suite de la XIP dynastie;
('^ Griffith, llieratk Papyri etc., p. 26, 86.
*-' PiKPER, Die Konige Apgifpleng zivischen dcm Miltleren und Ncuen Reich, p. 9, 20.
'^^ PiEPF,n, »/<irf. , p. 9-10.
<*' GALTiiiEn, /oc. cil., ilans Bull. Inst. français arch. av., V (1906), p. hh- 5o; cf. GALTHiEn, Livre des Rois, II (j 910), p. 3, n. 1 et p. 1 /i.
'*> Leokain, lue. cil., dans Annales du Service, Vill (1907), p. aiS-aSa.
ces indùalions eussent jeté une vive lumière sur l'identité du «premier roi de la XIII" dynasties au papyrus. Il est vrai qu'un lir-Klioiitnoui des mommients étant connu d'autre part, l'identilicalion du Sehhcnirr-Khoutaoïil des monuments avec le Rr-Khoiilnoui du papyrus ne peut sembler qu'absurde, aussi longtemps qu'on est convaincu que plus loin, au papyrus, Sekhemre-kboulaoui trouve également sa place; et cette conviction est encore celle de Gauthier et de Legrain, très naturellement. Ce qu'il nous reste précisément à montrer, maintenant, c'est que la mention de Sehhcnirc-Klioutaoui, niir fragments j(jjS du papyrus, est unaguiatrc : la constatiun du fait, ([ui nous libérera définitivement de toutes les combinaisons successivement élaborées depuis Wilkinson, aura également pour résultat de grandement simplifier les considérations ultérieures.
On est mis sur la trace de l'erreur, tout d'abord, par l'embarras que cela nous crée de trouvor au papyrus un Sekhemre- Khoutaoui Sehekhotep, alors que les Sekhemre-Khoutaoui des monuments ont pour nom de deuxième cartouche Amenemhat- Sebekhotep ou Penten. Le papyrus se trompe-t-il, ou est-ce à tort que nous juxtaposons ses fragments 76-78, ou encore y a-t-il, outre les rois Penten et Amenemhat-Sebekhotep, un troisième souverain, Sehekhotep, qui porte le même nom solaire? Rien de tout cela. Portons simplement notre attention, au fragment 76 , sur le signe du premier cartouche dans lequel
on reconnaît traditionnellement le signe a r : nous verrons
que le signe du papyrus n'a rien de commun avec ce dernier hiéroglyphe, dont il serait une forme inexplicable et sans un ^eul analogue dans toute la paléographie hiératique. On s'en-ren<) compte en comparant, au papyrus de Turin même, la forme
du signe du fragment 763 celle du a 1 indubitable de Rr-Klion-
taoïii du fragment 79, dont il est très intéressant aussi de
rapprocher le t, 1 non moins certain de Sekitemre-Klioulaoui au
papyrus de kahun; nous juxtaposons, ci-dessous, ces trois
cartouches hii^ratlques, oii l'on constate une lello dlsseniblanco des signes, du fragment 79 au fraifment 76 de Turin, qu'il est impossible que le scribe ail eu une intention unique à une place et à l'autre :
(îrillilli, l\(tliitn I^ipyri, |il. X,
lie, ^SSÎ aS ^'*P" ^^ Turin , fr. 7>.
11 résulte de là qu'au fragment 71) de Turin, on n'a pas le nom de Sekiiemre-khoulaoui, et par suite (|ue Sehliomrr-klioiiliioiii SebeLholop, inconnu des monuments, disparaît également du papyrus. Avant do nous occuper de déterminer la vraie lecture du nom du fragment 76, voyons comment la situation est moditiée en ce qui concerne les mentions du papyrus, dans leurs rapports avec les rois SfLliemre-Khoutnoiii et He-Kliotilinnii des monuments.
A ces trois rois, bien caractérisés historiquement, ne correspond plus que la seule mention de lir-KlioiiInom du fragment 7tJ. Sekhemre-khoutaoui ligurait-il également au document et a- 1- il disparu dans les lacunes'/ On ne peut le savoir, mais on remarque que le premier roi de la «XIH' dynastie», au papyrus, est précisément Re-khoulaoui, tandis que d'après les monuments c'est Sekhemre-khoutaoui, et non Ke-Khoutaoui, qui succède immédiatement à la XIP dynastie De toute façon il y a donc au papyrus une faute; ou bien le scribe a interverti dans sa liste les rois des monuments, ou bien il a seulement enregistré, en tête de la période qui suit la
\ir dynastie, lîo-Klioulaoui au lien (1(3 SfîklicmiN'-klioutaoui, soil par suilo (J'uiic coiirusioii V(!'rilal)lL', soit par siniple Idpsus. L'erreur ne consislanl mati^riollement que dans l'omission du sijjne |, on est tenté de le reslituei", sinon an papvrus lui-môme, comme le voiidiaienl Maspero, (irifïllli cl Pieper, du moins dans l'esprit de l'écrivain, de manière à remettre sa documentation en accord avec les indications monumentales.
Revenons, maintenant, au fragment ■76 et au signe dans
liMpiel on a, si longtemps, cru voir un signe a 1. Sa véritable
nature n'est pas évidente, et courrait grand risque de ne pouvoir (Ure éclaircie''', sans un petit nombre de monuments avec
titulaturos rovales où se présente le groupe JL Gergtnoul ,
reproduit de rhiérati([ue avec une beureuse maladresse et fournissant pour le signe JL des formes identiques à celle du signe problématique du papyrus de Turin. On le voit au tableau ci-dessous, où nous rassemblons quelques éléments de la paléographie hiératique du -S. sous le Moyen et le Nouvel Empire :
D'intéressants spécimens du nom d'Horus de Khasekhemre Nofirbotep, -i-~, tel qu'on le trouve gravé sur les rochers d'Assouan et de Sehel;
Trois exemples d'un nom d'Horus de la XP dynastie, récemment découvert dans plusieurs inscriptions rupestres de la Basse-jNubie, et que l'on n'a pas d'hésitation à lire
Une collection de formes du signe ji dans les papyrus de la Xll*' dynastie et de l'épocjue immédiatement consécutive à la Xir dynastie;
Enfin les formes, parfois encore très «Moyen Empire 57,
''' Dos formée lii(''raliqiios roniiiios, la plii'^ somblablc à relie (|iii nous o^rii[)o esl celle du siijno •-^^- , dont (in ne peut évidemment supposer la présence dans le nom royal que nous avons à expliquer.
— -K>.( 304 )kh^ [108]
mais le plus souvent régularisées et enrichies, qu'on trouve aux papyrus de la période thébaine.
NOM D'HORUS DE KHASEKHEMRE NOFIRHOTEP.
Assoiian, L. D., II, i5i e (de g.iuche à droite);
Sehel, Catalofrtie des Mon., I, p. Sh (de droite à g-auche);
•SL» Sehel, ibid, p. 85 (de droite à gauche); m f • Sehel , xh'ià. , p. 85 (de gauche à droite).
>0M D'HORUS D'LN ROI NOUVEAU DE LA Xl^^ DYNASTIE.
Illl Abou Hôr, Weigall , Lmver Niibta, pi. 32, i ;
^^ Toskeli, ilml, pi. 05. i;
^g^ Molokalt-Medik, t&tV/. , pi. 69, 1, 5n, 1, et
*^— ^ Rre.'istt'd . Lnivor Niihin. p. 5^.