‹ La fin du Moyen Empire egyptien; étude sur les monuments et l'histoire de la période comprise entre la 12e et la 18e dynastie (volume 2)Chapitre 39 sur 51 · DE LA XIU DYNASTIE · texte numérisé non relu

DE LA XIU DYNASTIE

LES AMENEMHAT ET SENOUSRIT POSTERIEURS À LA XIF DYNASTIE.

D'après l'indication concordante des papyrus de Kahun cil/'s plus iiaut (cbap. i, S II) et du papyrus de Turin, .SVlihomre-Khoutaoui a eu pour successeur Schhemkare . Mais, de même qu'il y a deux rois Sekhemre-Khoutaoui, diiïérenciés par leurs noms de deuxième cartouche, il y a aussi deux rois Sekhemkare, les Horus SankJitaoui et Mehahtaoui, impossibles à confondre, comme on voit; le dernier, l'Horus Mehabtaoui , a pour nom de deuxième carloucbe Amencmhot-Senhef, remarquablement analogue à celui d'Amenemhat-Sebekhotep qui appartient à l'un des deux Sekbemre-Kboutaoui.

Voici d'abord une belle stèle, trouvée à Athribis'", appartenant à un Fils Royal ^ ^ ^ et à un autre personnage nommé

C' Br. Muséum , n° i346. Bnicscii, Tlu-xauius , p. i'i55; Wiedemann, Eine Stèle des Koenijrs Jle-scehem-la , dans Eludrs dédiées à Leemans, i885, p. 27- 28; lionne reproduclion dans Bcdge, llislory, 111, p. 86, et A Guide etc., I9<if), pi. XWIII, p. 223; cf. A Guide {Sculpture), 1909, p. 80.

^^Fiiii' '^" .V li'tHive, en un {jiaiid liil)I(';iii (|iii occupo toute la inoilié supérieure de la sièle, la litulalure que voici :

(lace à droite)

Cet llorus Stnihlilnoiit li^'ure encore dans un {jrallilo de Slialt

Er-Uiyal, j^ P T ^'', et on doit sans doute le reconnaître

dans l'inscription des cubes de bronze de Tanis, avec t , qui sont au musée du Caire ^^K Quant à l'autre roi Sekhemkhare, il nous est présenté par deux petits monuments très remarquables. L'un est un beau cylindre en stéatite recouvert d'émail bleu, découvert à Mohalla en face de Gebelein^^', et portant l'inscription :

iiTz^-t^f^ièRfin

^gOrv-fP7-lAf!ii^ï\

L'autre, un scarabée ^*^, donne : ^ °^ i ^ ® P T Lî

.On

ainsi, outre les deux noms de cartouches, le nom d'Horus, Mehahlnom, et le jiom de nibti, Teti-sekhem-f; on remarque, dans ce dernier nom comme dans le cartouche solaire, la forme du signe srlchcni, ornementée et analogue à celle du

'*' Pétrie, Season in Egypt, pi. XV, n° /j66. (-' MAniETTE-MASPF.no, Mnn. (Uvcrs , pi. io3 G, loA; p. 99-80. (•^' Coll. Amiierst; Newiikmhv, P. S. II. A., \\l (1899), P- 289, et Scnrabs , VII,. 3 et p. 11^.

**' Coll. Percy; Budge, BooU nf ihe Kings, 1, p. i.wxvii.

sistro : cet!»' parlicularitt^ |;ici|iliiqiii', qui uo doit point nous inihiiro en erreur, a été étudiée au précédent chapitre (S^ II), à propos de certaines manières d'écrire le nom d'Amenemliat- Schekholep.

On possède enfin un autre monument au nom de Sckhemkarc, dont on ne peut savoir auquel des deux rois de ce nom il appartient, parce f|u'il ne mentionne le roi que par son nom solaire; c'est la partie inférieure d'une slafue en granité noir^"

apj.artenant à un ®"23^.- [t^ 'Tl ^, ]P U rtl ^ # ] V ^, Khenmes né de la dame Set-Klientkhati . qui la reçut en

présent du roi , ^^ \ V ^ <:L. i ^ (® f Ll 1 ^^ • ^^ monument porte, en outre, la formule du soulen tn holcp à q , '^*' 4= \ '-p, Sebck Seigneur de Soumnou : nous avons rappelé plus haut (chap. i, § II), à propos de Sekliemre-Klioutaoui qui était, lui aussi, un fidèle de Sebek de Soumnou, ce qu'est cette place de Sebek, la Crocodilopolis de Haute-Egypte entre Erment et Gebelein.

Ainsi que pour les deux Sekhemre-khoulaoui, il est extrêmement probable que les deux Sekhemkare sont voisins. En joignant à eux le Rc-Khou(aoui dont nous avons vu que le voisinage avec les Sekhenire-khoutaoui est également vraisemblable, on se trouve avoir le groupe des cinq rois dont les noms suivent :

Seklicnire-Khoulaoui Amenemhat-Sebekholep

Seklienire-Khoulaoui Penlen

Re-Khoulaoui Ougaf

Sekhemkare Anienemliat-Senhof (Horus iMehahtaoui,

nibli Tclisekhemf) Sekhemkare X (Horus Sankhtaoui)

<'^ NKwiiKtmï, Ediracl» elr., 96, dans l\ S. f{. A., a3 (1901), p. aaa-aaS. I,n nlalui', acholée au (jairn, est de provenance inconnue.

'- Ajoiilons, pour prévenir iiiic «Trcnr, (|ut' le Srl.hrDil.air su|>|iosé d'un pa j)\ru> (lo la VI' dvnarstie, provenant d'KIcplianlinc (Hiei-alitche Papyrtu ans

[jPs noms (lo donxirmc c-irlmiclic sont loniiiiNniahlos. Doux sont dos noms do simplo piuliculior, ol dciw aiUros, formés ;ivor cidni d' \niriit'mli(il , nous donnoni lion do penser qno ces conlinualours de lu Xll" dyntistie, on dopit des inlontions novatrices (pio le nom solaire des Sekiiemro-Khoidadni e\|)rimo, se raKfiiiuiionl aussi bien (pi'ils pouvaient au souvenir do leurs illuslres prodi^cesseurs. Il ne fait {juore de doute (ju'à côté do ces deux Amenemliat, il ne ïiùWn donner place ù un troisième Auïonendiat au nom composé, celui dos deux laMos d'oflVandcs bien connues de kaiiiak ' dont les inscrij)tions nous fournissent sa tilulature complèle :

rkmmik i f^ imnài^.

Par son nom d'Horus, ce S-liar-tdoiti s'apparente avec THorus S-anl,lt-tnoui ([ui est l'un des deux Sekhomkare examinés un peu plus baul. Le nom solaire SniihlKibrc est très intéressant par sa construction, de type S-[Àyab-ir, ([ui reproduit,

(leii Kon. Museeii zii Ih'ilin, III, it)ii, pi. V), n'existe prohnblcmcnt pas, le cartouche de re pap\nis devant être lu Ankhlarc.

'•' L'une des deux tables est publiée complètement par MAniKm:, Kumak, pi. 9 et 10 (cf. texte, p. 45-A6); il s'abstient di> publier l'autre, dont les inscriptions n'apportent que des variantes insignifiantes. Quelques inscriptions de la première dans RomÉ, Elude des iiioniimciils du massij'de kaniah, dans Mé- Intigi's d'aivh. éipjphi>nuo et axgjineiiiie, I (187a), p. 37-88, et, plus com[»lèlemoot, HoroB, Itmcr. hirrngl., pi. 7, où sont l'jfalemonl notés les textes de la deuxième table. Voir enliii A. Kamai. , Tahlcs d'ujj'iHiides (dans Cal. jjéu. Caire), I, p. 31-87, *^' ^ALTiinii, Livre des Uni», II, p. S-9.

rommo on voit, celui de S-linlrji-ab-rr Ami'nj'ri)li;il V', le fondatei/r de la XIl' dynastie. Une relation avec la XII" dynastie ressort plus nellement encore de l'examen du deuxième cartouche, Ameni-Anlef-Amenemlial , où il faut surtout remarquer le {Toupement des noms Amem et Amenemlinl, placés côte à côte comme dans les différentes formes des noms de VAmonf-Amenrniliat de Beni-Hassan ^^', qui vivait sous Senousrit I", et comme dans une titulature singulière d'Amenemliat III que nous apporte un cylindre de la collection Mac Gregor^^^ :

faisant face à

L'intention de rappeler la XIP dynastie devient plus évidente encore lorsqu'on rapproche, de la titulature qu'on vient de voir, celle d'un roi indubitablement voisin dont deux monuments, également trouvés à karnak, nous apportent tous les noms :

nsD f I I I

<') \oir L.D., II, 191, el, beaucoup plus complètement, NnuBEnnï, Bi-ni- Ilasan, I, pi. III et suiv. , p. i i, pour la collection des variantes di's noms du prince.

'*J Newberrï, Scarahs, VI, i g et p. ii.S.

Ce souverain s'a|)pclle Sriiousril coinine les précédents s appellent Aiiirnriiihal; il l'orme son nom solaire, comme Ameni- Anlef-Amenemhal, sur le tvpe S-[A]-nb-i-c qui appartient à Amencmhat I", et en outre, il se forjje un nom (rilorus avec les éléments initiaux des noms dllorus des deux premiers rois de la \ir dynastie, qui sont J [j] et -^[j^. On remarque de plus, assez curieusement, que le tvpe des noms d'Horus en 'S-[/l |- Idoiii d'Ameni-Antcf-Amencndiat et de l'un de nos Sekhemkarc, est adopté par ce Senousrit pour son nom de nihti, Sniihlitooiii, qui se trouve (^tre précisément identique au nom d'Horus du Sekhemkare précité, et que par une descente parallèle d'un degré dans l'échelle des noms, le type du nom de iiibti, en [X]hhaou, d'Ameni-Antef-Amenemhat, passe chez Senousrit comme nom d'Horus d'Or. Tout cela constitue un faisceau d'analogies très concordantes, qui rapprochent de la MP dynastie tous les rois qu'on vient de voir, et paraissent les resserrer en un groupe assez bien défini. On se rappelle, à ce propos, que le cartouche d'un Sciioiisrif paraissait , avec les noms de Re-Khoutaoui Ougaf, sur la plaquette d'Eléphantine : il semble qu'on puisse admettre que ce Pharaon en relation avec Ougaf n'est autre que le Snoiirabre Senousrit qui nous occupe.

Les deux monuments qui nous le font connaître sont une statue de grandes dimensions et une stèle, toutes deux sorties des fouilles de Karnak au cours des dernières années. La statue'" portait au dossier, en une colonne, la titulature complète,

d'où le nom d'Horus avait disparu : ]^ ,,2^^yj-rr n^

C Caire, n" AaoaG. Leurain, Animlcs du Service, Il (1901), p. 97a (dans liappiirl tuv les travaux exécutés à Karnak elc), et à la suite, Maspeho, ibid., p. 281 (dans Notes sur le rapport de M. Legrain)\ Leghain, Statues et statuettes etc. (dans Cat. géii. Caire), I (1906), p. i5-i6 et pi. XVI.

M. n. WEri.i.. 9'A

nom d'Honis fut apporte, plus tard, par la stèle "^, où subsistent ce nom, \^ J "f*;. le nom de tiibll . ^^^^^ , f^t 'in

fragment du deuxième cartouche, | '^ J.

Quelques Pharaons encore paraissent devoir être rattachés à c»'tle famille qui se réclame de la XIl" dynastie, et tout d'abord, le Jinltolep du tlécret connu découvert par Pétrie à Koptos '-', relatif à une remise en étal du temple de Min. Ce roi porte un nom de simple particulier, comme Amenemhat- Seiihcf, Penten, Ougaf. Sa titulature se lit sur la stèle ainsi qu'il suit :

Le nom d'Horus est remarquable par son analogie avec celui du Snohrabre Senousrit qu'on vient de voir; notons aussi que (hmh-ankli est le propre nom d'Horus de l'Antef-â de la XP dynastie, et (ju'il reparaît encore, comme nom d Horus d Or, chez Amenemhat 111. Ouant au nom solaire de liahotep, il est perdu; on croit assez généralement, aujourd'hui encore, que ce nom solaire était ®|f J^, ''t «^ela sur la foi d'une titulature mal lue, rencontrée sur un autre monuni(;nt, et dans laquelle, eu réalité, ne se trouvent ni Sekhcmn'-OunltUinou ni même llihotep''^^; d'où il résulte que la stèle de Koptos est le seul monu-

('^ Leghain, Sur une stèle de Senoitsrii ]V, clans Rec. de travaux, XXX (1908), p. i5-i6.

t-J i*ETniF,, Koptos, pi. XII, 3.

<•■'> Ils'ajjitile la stèle de l'oITicier 8 H 5- au Brilisli Muséum, non publiée, 1res mal conservée, et connue seulement par des ci(ations discordantes. Elle e^l datée par le nom d'un roi dont le carlouclio solaire, seul, est conserve; le nom de ce cartouche e:l lu, tantôt ® f I * 1 tantôt ® f 5 * . Le second rarlouclie e^l perdu, mais Pétrie a cru lire, à la suite du premier, L^ ® (sans cartourhe), qui est loin d'èlre certain j>our plusieurs raisons el d"i»ii est mi Ig Sekheini-e-Ouuliltaiiu Ralioii'ji, très prol>alilenieiil iiiiajjinairo, que l'ieper

mont jusqu'Ici rcmoMln'' du roi H)iliutc|>, et (|iic son nom solairo nous nian(|U('.

Voici ensuite un cerluin "] | "•^ ^ f © ^ ♦ J ^ '-*^ ^ nV^^JJ^^J, rencontré sur un (h'hris (["('dilice à El- Alaoula eu lace d'Assiout'"; il porto un nom de particulier, \nioii (?), qu'il anoblit, pour le cartouche, en t^Amou (?) (ils de lïor-nou: lieMcfy), et son nom solaire rappelle fort le nom solaire Sdioiopnhvc d'Anieneniliat 1"'. Mais à mieux regarder, on voit que le nom de Ilotcjxiljir est en n'alité d'un aiitie type, et ([u'il faut l'enregistrer à côté des noms solaires de (hmli-nl)-rc la-ab et de Aou-ah-re Uor, deux rois dont on n'a pas parlé encore et que nous rencontrerons seulement plus tard, à Tépoquc des Sebekhotcp de Thèbes dont ils sont, comme nous verrons, les contemporains. Il résulte de là que pour dater le petit roi d'Assiout d'après ses noms, on hésite entre l'époque des f^ Amenomhat''?, successeurs proches de la Xll" dynastie, que nous étudions ici, et l'époque ultérieure des Sebekhotcp. Mais la même hésitation, bien probablement, s'imposera à nous dans une foule d'autres cas; en ce (jui concerne les Scbekhotep eux-mêmes, nous aurons à constater ([ue la titulature du plus yrand d'entre eux, khanofirre Scbekhotep, est en relation avec celles des rrAmenendiat complexes 15 passés en revue plus haut, notamment par le nom d'Horus Anhh-ah- Inoiii , du mémo type que le nom d'Horus -]/^/h/7/;-/^/o?// d Amenemhat-Senbef, et par le nom de nibù Ouazkhauu, du même type que le nom de nihù Sohhomhluwv d'Amoni-Anfef-Amencmhat ; de telle manicre (pie, à ju{;er d'après les seules analogies nominales, on dirait que Khanofirre Sebekhotpp est contemporain

et en dernier lifii Gauthier de\ aient enrejfistier : cf. ce qui sera dit à ce stijet, aTcc pins de détails, à propos des monun)enls de SekbeiBre-OuazIthaoïi Sebekcmsaf (ci-après, chap. v, délmt du paragraphe 11, notes).

") DinEssï, Hec. de Iramux . XVl(i89'i), p. \'à'è; h. Ka».ii, Annnics du Scnice, III (icjoa), p. Ho.

de ces successeurs presque immédiuls de la XII' dynastie. Cela est impossible, les Sebekhotep de Tlièbes n'étant venus, comme nous verrons aux cbapitres suivants, qu'après une famille assez nombreuse de rois Antef et de rois Sebckemsaf. Les analogies nominales que nous venons de signaler n'en sont pas moins à retenir; on les interprétera sans imprudence, à ce qu'il semble, en disant que les Sebekbotep et nos «Amenemhat complexes» appartiennent à une même période d'étendue point très considérable, en d'autres termes, qu'il ne s'est point écoulé un temps très long entre les premiers successeurs de la XIP dynastie et l'avènement des Sebekbotep de Thèbes. Nous verrons, par la suite, l'importance historique de cette remarque.

D'autres rois d'époque fort incertaine, mais qu'on ne peut guère éviter de mentionner à cette place pour la forme de leurs noms solaires en [Z]-/.yî-;v, plus exactement S-[-ï]-Jîn-re , apparentés, par conséquent, avec le nom des deux Sehhemhnrc vus plus haut, sont deux Pharaons, dont le premier est le Smenhhlare Mermashaou des statues bien connues de Tanis, aujourd'hui au musée du Caire. Ces deux statues colossales '•* furent usurpées, comme on sait, par Aknenre Apopi^^', ce qui fournit une précieuse vérification de la situation historique

''' L'une d'elles, déjà copiée par Biirlon (Exccrpla hierogl., pi. 3o, n°' i, 7) el par Lepsius, qui est excusable de n'avoir pas bien classé le roi {L.D., III, 959c), fut retrouvée tout d'abord par Mariette {Lellre à M. le Vicumle de Rougé tur les fouilles de Tanis, dans Rev. arch., a* série, III, 1861, p. 101- 102), qui découvrit la statue juiuolle un peu plus tard [Deuxième lettre, dans Rev. arch., s' série, V, 186a, p. 298-299). Cf. Mariette, Fragments et documents relatifs aux f,uilles de San, dans Rec. de travaux, IX (1887), p. la, et \o'.ice des principaux mon., 18G9, p. 276, n" 6; Roigé, Inscr. hicrogl., pi. 76, et Album photographique , n" 1 1 4 (d'après quoi le dessin de Maspeao, Histoire, 1, p. 5.33; cf. ibid., Il, p. 69, n. G). Voir enfin Pétrie, Tanis, I, pi. III, 17 b, Xlll, 6, et p. 8-9.

'*' Voir ce que nous avons dit à ce sujet précédemment, Hyhsûs, Section II, chap. 11, Aknenre Apopi,

relative des rois intéressés. Quant à l'inscription jDrimitive. gravée au montant vertical du dos en une seule colonm', elle donne nnifoi'nK'nient, sur les «leiix statues : | | ^ ^^

W\. Ce nom de Mcrmnshaou , on le remarque, est un nom

de simple particulier, comme ceux d'Amencmhat-Senbef, de Penten, d'Ougaf, de Rahotep, d'Amou; à côté de lui, à Tanis, on poiu'rait peut-être placer le roi Nclisi — encore un nom de simple particulier, — dont les rares monuments ont antérieurement été passés par nous en revue ^'l

Le roi Mermashaou figure au papyrus de Turin, qui note (frag. -76-80) ses deux noms de cartouches. Quant à l'autre roi au nom solaire du type S-[X]-ha-re, c'est un certain Shcha^t)have, comme on lit d'ordinaire, connu par quelques cylindres de Sebek de Soumnou qui portent :

1îC^MU]|r + >tM!

son nom

et par un scarabée donnant : J "^ (® PJ UJ i "î" ' ^

se rencontre encore, à ce qu'il paraît, dans un grallito de la

tombe de la reine kliouit à Saqqarab : 1 î (® P J LlJ A "î" ^''•

Un autre adorateur de Sebek de Soumnou, probablement de la même époque, est un roi dont nous n'avons malbeureu-

C' Hyksôs, section II, rliap. 11, AV/isi.

'-' Trois exemplaires connus, un dans la collection Amberst, deux dans la collection Pétrie; un au moins provient de Kalmn. Publ. : Pétrie, Illaliiin, Kabun and Gurob, VIII, 36; Petuie, Hislonj, I (1899), p. a^5; Newoerry, Scarahs, VII, 6 et p. ii5 (celui de la collection Amhersl).

(') Musée du Caire; Newberry, Smrabs, XLIV, 9 et p. 198.

<^> Galtuier, Livre des Hois, II, p. 93, d'après une cnmmimication de Loret.

sèment que le nom d'Horus, (juo nous apporte un cylindre ('* :

â f ^ ^ ? "^ 4" ^ i M ! • ^'^ ^^ demande si

îî

te nom d'Horus ne serait pus à allrihuer à (juelqu'un des rois vus plus haut et dont nous ne connaissons que les noms de cartouches, par exemple le Sbeka(?)kare même que nous venons d*cnre{jistrer, ou Lien Sekliemre-Khoufaoni Amenemliaf-Sel)ekhotep, qui poss^denl par ailleurs des cylindres de Se!)ek dans ses places de la Haute-Egypte, Soumnou ou I-ma-atourou.

Dans le m(^me groupe des princes obscurs qui, à l'i^poque des rt Amenemliat complexes 55, se r<^clamenlde la XIP dynastie, semble devoir être placé un Amoncmhat encore, signalé depuis 1889 sur une colonne lotiforme de Medinet El-Fayoum qui porte rinscription suivante :

r : î Af r w

çcLIIorus lierai) -Shcdil, Seigneur du la couronne blanche, choisi de Umou-nhoui , [le dieu] qui est dans le grand temple, le Seigneur du grand trône, qui donne toute vie, toute fermeté et richesse, à jamais, à son (ils Amenemhat, etc.^'l» Le nom

Ci NgWBEnnv, Scavaii, VII, a, cl p. ii4 (coll. Murcli).

Ci fioLKNiscniîFi' dans l\ec. de travaux, XI (18H9), p. 97-98; Brucsch dans A.Z., XXXI (iH9;{), p. n6 (Dor .WoVù-.SVc ). Golcnisrlioiï indiqua <\\\o. ]('. moiiiiinf-nt pourrait ap[iarlf>nir à Ameiiomhat 1''; Hnij^scli ratlrilnu' siniplemcnl à la XII' (Iyn;i4ic. (jaulliicr, en dernier Vioii (lAvrif deg Uni», i, p. lîog, ;}3'i), raUribueaiiirinaliM'nionl à Amcnemlial I", inalim; la dillérence du nom d'Horus.

d'Honis do ce Pharaon le incl en relation directe avec CrocO' (lilopnlis-Arsinoi^. où a ôiô. trouvé son nionnnienl. c'est sans (loiile un petit prince du Kavoiim.

Il nous faut cnlin doiiner un coup (l'œil à la titulature d'un dernier Amenemhnl, qui n'appartient vraisemhlahlenient pas à la période ipii nous intéresse, mais (pi'(u» pourrait être tenté d'y atlribu(M' cependant. Il est connu par une tahie (rollrandes en calcaire provenant de Sebennytos''^, dont les inscriptions nous donnent tons les noms du roi :

i* (SI

1^ /TST— N

3^ VI A'Aw.^v jUX i

Son nom solaire est celui d'Aincnemhat I""", mais ce n'(^st point lui, car chez le fondateur de la Xll' dynastie, nom d'Honis et nom de nihli sont ] [jj. La construction du nom d'Ilorus, analogue à ceux d'un Sekhemkare et de Sankhabre Amoni-Antef-Amenendiat vus plus haut {^S-nnhh-tnnui , S-linr-tnoiii ) , aussi à celui de Sekliemkare Amenemhal -Senbef (^Mrli-nb-tnoui) , sujjgère l'idée que ce nouveau roi pourrait appartenir au même îjroupe — Daressv et Gauthier, pour des raisons diverses, s'accordent à le placer dans la rXÏII' dynastie <-'5i, — et l'on

(') Dahessï dans Annalt» du Sn-viri', V (ioo6), jt. i :îA ; GAtTHiBR, Ltwe tlpt Unis, 11, p. 6-7.

<-) Voir noie précédente.

voit alors' qu'il se rattacherait de manière particulièrement étroite, par ses deux cartouches, au souvenir d'Amenenihat I". Mais à un examen plus attentif on se rend compte que les caractères de cette titulature ne sont pas d'une date postérieure îi la XII' dynastie. Le nom d'Horus le plus voisin de celui de S-lwlcjhab-laoul est celui de S-mhh-ab-taoui , qui appartient à un Mentouliotep de la \\% et quant au procédé ({ui consiste à former tous les noms divins avec un même élément — ici l'élément P~^, — il s'observe de la manière la plus frappante dans plusieurs titulatures de la XI'' dynastie, notamment chez Mhtnoulir Mentouhotep, qui est Horus NIhtnoui et iitbti l\ibiaoui, et chez S(itdhl,(ii-e .Mentouhotep, quia pour noms d'Horus et de nibli celui de Sanhiuaouif. Cette espèce de parcimonie dans le choix des éléments des noms royaux semble très caractéristique de cette période ancienne. Si l'on y replace, comme il convient, notre Amenemhat, il deviendra tout naturel de le voir user d'un même nom pour ses appellations d'Horus et de tiibti : ces deux noms ne se différencient, comme on sait, qu'à partir de Senousrit II, et il y a très peu d'exceptions à la règle d'un côté comme de l'autre de cette limite ^^\

Il est intéressant de constater la présence d'un Amenemhat , le plus ancien des rois 'qui portent ce nom , dans la XP dynastie; voici qu'il y a des Amenemhat, comme il y a des Antef, avant la XIP dynastie et après elle. Le fait est peut-être également de nature à éclairer l'histoire des origines de la XII* dynastie et de ses relations avec la famille antérieure, par la manière dont le fondateur de la XIL dynastie, celui que nous appelons Amenemhat I", reprend le nom solaire d'un prédé'cesseur et homonvme.

" M. PieptT ponso que l'Amenomliat (jai nous occupe est tout simplement Amonemlial I" de la XII" dynastie, qui aurait changé de nom d'Horus et do nihii à un certain luoment de son rèjfne ; Pieper, Ein Weclisrl im llnvunuauvn Amenemltèt» I, dans A.Z., 5o (i<jin),p. iig-if>o.

MENKHAOURE ANAB ET \E-KIIA-NEMATRE KIIENZER.

Voici deux rois, très peu connus, qui se présentent à nous, une seule fois chacun, sur des monuments de même provenance et dont nous allons voir l'analogie, des stèles d'Abvdos dont l'une, celle du roi Anab, a été trouvée par Mariette "'. De forme rectangulaire, elle se partage, dans la hauteur, en deux registres sensiblement égaux; en haut, sous le disque ailé, toute la place est occupée par les lilulatures largement écrites et disposées face à face, du roi et du dieu Min; la partie de gauche, tournée face à droite, donne :

Ki

et vis-à-vis,

face à gauche,

on trouve :

Le registre inférieur est composé d'une inscription centrale, encadrée de personnages; l'inscription comprend quatre colonnes, face à droite, dont le texte exprime l'acte d'adoration

•^ Min : *-k1^Vr=i.êîT!^i*(i^l3

i "î" !^ ^ S (KH"*"! ^ ]D <rl *^^^'' ^^ par-dessus ces quatre colonnes se font face le roi, à gauche, et le dieu, à droite. Or, rapprochons de là une stèle bien connue du

'"' Mahiettk, Cat. gén. Abydng, n° 771, p. aî^C, et Abijdos, II, pi. aj b ; RoucK, Ingci: hiérogl., pi. i5; Lange-Schafeu. Grab-und Denksteine etc. (dans Cal. gén. Caii-fi), II, p. i 1 1-1 la (Caire, n' 9o5i7).

Louvre, la stèle C. i i , dans le cintre de larpielle s'étale lar- {Toment une titnlalurc ro\ale dont les éléments, fié([n(Miimenl (lisciilés, interprétés et lus (lilleremnient, seront étudiés tout à l'heure, et que nous appellerons provisoirement la stèle du roi Klimzcv. Sous la tilulalure du cintre prend place un texte en lignes horizontales, et au-dessous de ce texte un registre inférieur reproduit identiquement la disposition caractéristicpie du registre inférieur de l'autre stèle; on y voit l'inscription centrale de quatre colonnes, écrites face à droite, encadrée di^ deux personnages se faisant face par-dessus Tinscriplion , le dédicataire à gauche et le dieu à droite; le dieu, ici, est Oupouaitou, et le texte est celui de la prière à lui adressée : rt Royal don d'offrande à Oupouaitou, Seigneur du Ta-Zeser, pour qu'il donne les souffles agréables de vie au Double du chef de classe d'Abydos, Amenisenb, Voix Juste, né de la Dame Nibit-atef , Voix Juste. ^^'^^-^S^'^fJV ^ -S> < — , de la part du chef de classe d'Abydos, Amenisenb, Voix Juste, fils de Ouamkaou. »

On voit que cet Amenisenb, officier du roi Khenzer, est un fonctionnaire d'Abydos, et cela sera amplement confirmé j)ar les indications du texte supérieur; la stèle de Khenzer et la stèle d'Anab ont donc la môme provenance. Ceci constaté , f analogie de disposition et de rédaction, dans le registre inférieur, est tellement frappante, qu'on croirait que le même atelier d'Abydos a fourni les deux monuments : par où Ton est conduit à reconnaître que les rois Khenzer et Anab ne peuvent être que ii'ès voisins. Dater fun d'eux sera donc en même temps dater l'autre.

Or la stèle d'Anab est immédiatement mise en place, au point de vue historique, par la grande analogie qu'elle présente, d'autre part, avec une stèle étudiée au précédent paragnqihe, celle de l'un des deux rois Sekhemkare, celui dont le nom de deuxième cartouche est inconnu, et qui a pour nom

(l'Horiis Saiiklitaoïii. On'oti juxtapose les doux inonumenis, on verra imiiu'clialcinenl la simililude (|iii n'îsulti! lUi la division de la pierre, dans l'un et l'autre cas, ((ii deux grands coni[)arliments superposés, le coruparliment supérieiu' entièrement occupé par une tilulature royale étalée en manière de tableau, et ces tableaux, sin- les deux stèles, disposés de même, orientés de même et composés en majeure partie des mêmes éléments de titulalure semblajjlement placés. L'analogie archéologique et, si l'on peut dire, optique, ((ui ressort de là, est corro])orée, dans ses consécpiences, par lélroite parenté des deux noms d'IIorus qu'on remarque à la même place dans les daux inscriptions : Anal) a pour nom d'Horus S-oiin:-(aoin , tandis que ccilui du Sekhemkare précité est S-onhh-tnoui . k la même série de noms d'Horus en iS-[/l ]-/^o?/« appartient encore, on se le rappelle, celui d'Anieni-Anlef-Amenemliat, qui est S-har-laoui; on voit que par son nom d'Horus du même type, comme par les analogies de sa stèle, le roi Anab se montre contemporain (le la famille étudiée au précédent paragraphe, celle des Amencndiat et Senousrit qui suivent la \Il'' dynastie à courte distance.

De même que nombre des Pharaons de cette famille ou rattachés au groupe qu'elle constitue, 1//^//.» a conservé, dans son deuxième cartouche, un nom de simple particulier. Quant à son nom solaire Menkhaoure , il est sans analogues dans l'histoire jusqu'à grande distance en arrière. Pour trouver des noms similaires il faut chercher plus tard , sous le Nouvel Empire — Mon- Llinpinr Thoutmi'S 111, Mc/iLliopiroiirc Thoulmès 1\ , Mrumnlrr Seti P', etc., — ou remonter jusqu'au Menhaoure (Mykerinos) de la IV^" dynastie.

Venons maintenant au roi de la stèle G. ii du Louvre, contemporain, nous l'avons dit, de Menkhaoure Anab d'après les caractères de leurs monuments, La stèle C. i i ne peut être examiin'e (pi'cn même temps que sa voisine la stèle (]. i -j,

-^>i 32/i )kh— [128J

qui la complète inséparablement '" : les textes des deux inscriptions se juxtaposent exactement, l'un à la suite de l'autre, sans solution de continuité et -sans répétition, C. la étant à lire d'abord, C. 1 1 à la suite; le tout est une narration relative à la carrière d'un officier royal du tem|)le d' Abydos, un certain Amenisenb, qui portait le titre de ^^f '-"J? f^chef d'une classe sacerdotale (?) d'Abydos», et exerçait les fonctions de chef de la comptabilité du temple, ayant été promu à cette charge pour s'être bien acquitté de la mission de restaurer, dans ce temple, les édifices dégradés.

Commençons, cependant, par porter notre attention sur la stèle C. 11, dans le cintre de laquelle s'étale largement une titulature royale, dont les deux moitiés, affrontées et divergentes à partir du milieu, donnent respectivement,

a gauche : ;^ ^^^

\lJ.

vers la (

Iroite

La lecture des cartouches a été controversée longtemps; les difficultés viennent principalement de ce que dans le premier cartouche, le cartouche solaire évidemment, le dernier signe

''^ Reproduites et étudiées par J. de Hourack , Sur deux stèles de l'Ancien Empire, dans Chabas, Mélanges égyjdolagitjues , 3' série, II, p. aoS-ai^, pi. XIV (C. 19), XV (C. 11). La sli'le C. 11 également dans Prisse, Momimenls, pi. IX, intégralemenl, et la tilulalure royale du cintre dans Lepsics, Autwahl, pi. X. Textes dans Erman, Aeg. Clives tomathie (igo/t), p. 79-80. Traduction générale de Breasted, Records, I, p. 349-3A4. Cf. Wioderaann , Maspero, Erman, Pétrie, Pieper, Ed. Meyer, renvois donnés aux notes suivantes.

est fait un peu sommainMucnt sur la pierre, et peut, si l'on n'y prend {jarde, être confondu avec un •, ou même avec d'autres signes, tandis (|uc dans le deuxième, qui ne peut pas renfermer un deuxième nom solaire, le premier signe est dess:né cependant à la manière du cercle du soleil, si bien qu'une transcription irraisonnée y peut voir à volonté un © ou un ®. En réalité, dans le premier cartouche, le ^ est certain : voir, à défaut de l'original, la très exacte copie de Veine [History, I, 1899, p. 236). Quant au deuxième, qu'il faille lire au début 9 et non ©, cela résulte de l'impossibilité absolue d'un nom solaire à cette place.

Ceci bien posé, rappelons quelques opinions notoires. A l'époque ancienne, antérieurement à 1870, on lit correctement le premier cartouche, et on donne au nom du deuxième la valeur ® ^, Khenzcr^^'. Maspero, en 187/1, pense'-' que le dernier signe du premier cartouche, au lieu de *, est •^, ce qui lui donne le nom solaire Râ-n-mâ An, et en mémo temps il lit © en tête du deuxième cartouche; jusqu'en ses œuvres les plus récentes, Maspero devait persister'^' à lire Rànmàtan ou Râ-ni-màit-âuou le premier cartouche, et Rânouzir ou Nozirri le deuxième. Wiedemann ''*' lit comme Maspero, dans le deuxième cartouche, Ra-en-tcr, mais dans le premier, il voit simplement un ^ à la fin, ce qui lui donne le nom Rncn-Maâ-ent. En 1895, chez Erman, on trouve le * restitué à sa place '^', comme dans les lectures anciennes, et il semble

('^ Lv-vswjs ^ Kônigshuch , n" 186. Lauth, Manelho luid der Turiiw Koaij^spapyrus, p. aSi, où Laulh croit pouvoir induire, du cartouche solaire, qu'il appartient à Amenenihat 111.

-' Maspkuo, Noies elc. , S la, dans Mélanges d'archéologie égyptienne et assyrienne, I, p. 1 ^40.

(^) Maspero, Histoire, I (1895), p. 53o, n. 8, et Ilist. ancienne (i9o4 ), p. 1 44, n. 4.

(*' WiEDEMANN, GescL (i884), p. 978, n. 4.

'^' EuMAN dans À.Z., 33 (1896), p. i43.

nue, depuis lors, l'iclentilé de ce signe Llin n'u pas été révo(piéc en doute, non plus (jue celle du © en télé du deuxième cartouche, car Pétrie, en i8(){), transcrit les deux noms'' lia-enninn-rn-l.ha Khouzer, et Pieper, en i()oA, transcrit et lit de même '-l Plus t;ird enfin , sous l'influence de la lecture Ne-^iint-rc reconnue exacte pour le nom ^^-^ d'Amenemhat III, lui. Mever permute les éléments du nom solaire pour la lecture, et arrive ''^^ à une titulaliire ^ e-ma-ii-chn-rc Chonzn-,

Celte dernière lecture du nom solaire pourrait être admise, si elle fournissait un sens intellijjible; mais ?sc-))ial-n-kh(i-re est dillicile à comprendre. Voici une explication dill'érente. Ce qui frappe tout d'abord, dans la composition du nom, c'est la présence, au début, du nom connu de ^^, avec tous ses éléments dans leur ordre ordinaire; ne semi)le-t-il pas, dans ces conditions, que le nom est composé, en réalité, avec le nom solaire .\t'ni(ilre, et doit être lu et analysé en iSe-khnl\eninlre, absolument comme le nom de demain' lui-même s'analyse en \e-mai-RoA^'i Si l'on admet cela, on voit que le nom de premier cartouche de khcnzer n'est plus, à proprement parler, un nom solaire, puis(|uele nom de J\e v est remplacé par un nom royal tout formé; ce qui roient à dire que khenzer veut se placer, par rapport à un certain iSeinatrc divinisé, (jui est sans r)ul doute Amenembat III, dans la position oij Ameneinbat lil lui-même, .^ c-mat-lic , se plaçait par rapport au dieu Soleil. Il est impossible de formuler plus dévote-

f) Pkthik, Iflxif»}f. I (i8(>9),p. 23G.

■J*) PiKPKR, L>ie konigfi Aejrifpiena zivi»cken Miuleren untl Seum Ilcirh (iqo/i), (». .'i;»: dans ce nom de khvnzcr, Pieper, très singulièrement, ?eul retrouver celui du Hylisôs Salitia.

'') Ed. Meyer, Gesch., 1, 11 (1909), p. 981.

'*' Bappelvos reiisteiice de divcrsi autres noms solaire<< en Ne . . . : le .\iiinnir-ii' (le la V d\nastir>. ie Ne-ha-n- des iisles royales d'Ali\dos et de (plf^(|^es hcaraliées, dont ii' lyp:' de composiliori s*; relrou»e daii» di\crs nom» de particuliers tels (jue i\e-l<aou-re.

iiKMil un aclo (rudoialiou liliale. l'I mille parliciilnrilé no soniil plus propre à rapprocluM' te klicn/cr obscur du {jroupo de ces Sciiousril et Ameiiendiat au nom complexe (pii eux aussi, nous laNoMs vu, s'eirorceiil par leurs lllulalures de se rattacher au souvenir de la Xll' dvnastie.

Mêlions- nous en {jarde, imniédialenient, contre l'errcuir (|ui consisterait à croire cpie le souvenir de la WV dynastie, et les prétentions à la léfjilimité tpron y rattache, se manifestent spécialement à l'époque relativement ancienne où nous sommes. Un des Pharaons les plus remarquablement fidèles au souvenir de la dytiaslie antérieure, particulièrement à Amenendial 111, est le roi bien connu de Dahchour, Aouabre Hor, et, comme nous verrons par la suite, ce petit prince était contemporain du grand khanonrrc Sebekhotep de Thèbes. A l'époque des Sebekhotep, le nom solaire d'Amenemhat Ili reparail souvent encore en d'autres circonstances, et l'on a une foule d'indices que la tradition de la XIP dynastie était plus vivante et plus bonorée qu'à nulle autre époque. Nous arriverons à apercevoir, en fin de compte, ([ue le souvenir de la grande royauté antérieure n'a jamais été perdu une minute, juscpi'au jour de la restauration définitive.

Avant de quitter le roi khenzer, il importe de lire le texte consigné par son officier sur les deux stèles du Louvre. Comme ce texte est intéressant, on Irouvera sans doute utile qu'il en soit donné la traduction d'un bout à l'autre.

((1. 12.) f^Royaldon d'offrande à Osiris en fOccident, le dieu grand Seigneur d'Abydos, pour qu'il donne le repas funéraire de pains, liquides, viandes et volatiles, fillustration et la richesse en la (iité divine, au double du chef de classe d'Abydos, Amenisenb, Voix .liisle, fils de Ouamkaou, né de la dame INibitatef, qui dit : \ int le scribe du \izir Senb, le fils du vizir, pour m'appeler de la part du vizir. J'allai avec lui. et trouvai le vizir Ankhoii dans sa demeure; ce dignitaire pro-

duisil un ordre à mon adresse, disant : «Il est ordonné que rlu purifies le temple d'Abydos; on te donnera des ouvriers, «dans la mesure convenable, pour joindre au personnel des «adora leurs (?) et des gens du sanctuaire attachés aux terres du «domaine sacré (^grenier des divines ojfmndesy w Je fis donc celle purification, dans l'édifice inférieur et dans l'édifice supérieur, dans l'enceinte des murs, par derrière, et dans l'intérieur; les inscriptions furent regarnies de couleur, en peinture et en pâle(?), en remise à neuf de ce qui avait été fait par le roi Khcperhare, Voix Juste. Or le Prolecteur de l'olivier (le Pharaon, comme on va voir) s'en vint pour s'asseoir sur son trône dans-ce temple; l'olficier du chef du sceau, Se-Anhour, était à sa suite. Alors il me fit louange, plus grandement que toute chose, disant : «Salutaire extrêmement, l'accomplissement de «ces choses pour son dieu \v Et il me donna une masse [de présents de la valeur] de lo dehen, comprenant (?) des pains de dattes (?) et la moitié d'un bœuf. Et ensuite le chef du . . . s'en vint, en descendant le fleuve; on vit les travaux, et on s'exclama à leur sujet, grandement, plus que toute chose. ?;

(C. 11.) «Ordre fait à l'adresse du chef de classe d'Abydos, Amenisenb, Voix Juste, savoir : «On a vu les travaux que «tu as faits. Sois chéri du Prince, chéri de son double; fais «une vieillesse heureuse dans le sanctuaire de ton dicu.w — Et on ordonna qu'il me fût livré la partie postérieure d'un bœuf. El on fit un ordre à mon adresse, disant : «Fais le travail de «tous les comptes dans le temple. w J'agis alors conformément il tout ce qui était ordonné. Je fis prospérer les chapelles de hbations de tous les dieux qui sont dans le temple, remettant à neuf leurs tables à sacrifices avec du hois de cèdre, la grande table à sacrifices qui est devant [chacun de ces naos]. Je suis zélé de cœur, sanctifié du dieu, et le Prince fait ma louange, n

Cette petite histoire, faite de menus incidents auxquels l'in-

téiTss(5 tiKacbail nnc ir«|K>rliUice cvlremo — il est convoqué p;>r le vizir, il se rend cliez lui, est ciiargé d'une mission, s'en ac([iiiite, voii ses travaux visilés par le iM>i, ijui le gralilie de présents, puis par nue autre personne, reçoit ensuite, en une lettre olFicielle, l'expression de \n satisfaetion royale, et de nouveaux présents, puis est nommé à un poste administralif par lettre odicielle encoi^c, — oetle histoire est très insifjniliante, et c'était un mince personna{je (jne notre héros, récompensé ^ deux reprises par un (piarlier de brrnf et (|«efqu«s livres de dattes. On se demande aussi ce que pouvait être le l*haraon qui faisait de tels présents el que nous ne connaîlnons pas sanT=> la vaniteuse préoccupation de «on petit officier d'Abydos. Un regain d'intérêt vient à cette relation, cependant, qnand on la rapproche de celle que donne un des décrets royaux ^lel' A ncif^n Empire trouvés à koptos en 1 9 1 o- 1 9 1 1 , et qui est une lettre de félicitations adressée à un officier par le roi Nofirkaonhor "*. L'histoire n'est pas sans analogie avec celle <i' Amenisenh : l'oflicier avait été chargé d'un Iravail administratif pour le compte du roi -à Koptos, le vizir tétait venu examiner le travail terminé, avait complimenté fauteur et rendu compte au l^araon q\n', au reçu de son rapport sans tloute, avait envoyé h l'officier la lettre qui devait être reproduite sur pierre. Oes analogies d'expressions, entre ce texte et le nôtre, sont remarquables; le roi écrit, à Koptos : rtTu as fait cette détermination en perfection, pour être envoyée par-de>ant le dieu, et de manière -que tu en fusses loué»; et encore : ^Tout ce qu'on fit jamais pour le dieu est égalé par ce qui fut fait cette seule fois, quant à l'accomplissement parfait de cette détermination ...» On voit cependant qu'alors que les faits, à Koptos, sont présentés dans le cadre d'un décret royal non accompagné de commentaires, dans le récit d'Abydos, au contraire, c'est l'intéressé lui-jociae

'') Weill, Le» décrets r«^tntx de l'Ancien Empire, 191 2, p. 81-86. M. R. wEiLL. a3

nui parle, en nofaiil seulement, par endroils, le sens dis paroles ou (les lellrcs royales qui lui ont été a(lress«5es.

Remarquons encore, dans la relation d'Abvdos(C. ta), ^

P>lk>JL3;i^(®¥Lj]ll(^^'^"0usritI-), curieusement

semblable à \P>\3;i# (T^Û^ ) J d'un monu-

ment de Khanofirre Sebekhotep qu'on examinera plus loin. Pour khenzer, on voit avec quel soin il profile des occasions d'aflirmer sa dévotion aux souvenirs de la \IV dynastie. Une autre observation de portée historique est que le deuxième visiteur d'Amenisenb à Abydos, un officier venu à la suite de l'inspection royale (bas de la stèle G. 12), était arrivé «en descendant le fleuve», c'est-à-dire, sans nul doute, venant de Thèbes : c'est à Thèbes, d'après cet indice, que Nekhanematre Khenzer régnait, comme le plus grand nombre des Senousrit et «Amenembat complexes» qui sont voisins de lui chronologiquement.

Il faut porter notre attention, enfin, sur la personne du vizir Ankhou nommé aux lignes /i-5 de l'inscription de G. 12, ^O •^7'Î'T* \-> ^ cause d'un personnage de même nom, chargé des mêmes fonctions, qui paraît dans un papyrus connu, déjà signalé comme appartenant à l'époque des Sebekhotep. G'est le papyrus 18 de Boulaq, un livre des comptes de la maison royale"^ en l'an 3 d'un roi dont la titulature, malheureusement, est perdue presque en totalité : {©'"^ ...

(lacune étendue). - Jl,?, • • . (lacune). .. i)-^ ^ ;^|| ©;

'•' Publié par Mariette, Les papijrus égyptiens dit musée de Boulafj , II, pi. 1 4-5.5. Etudie par Borchardt, Ein Rechnungsbuch des KonigUchen HoJ'es ans dem Ende des Millleren Beichs , dans A.Z., 38 (1890), p. 65-io3 — cf. Borchardt dans Aegyptiaca fur Ebers, 1897, p. 8, n. 1 (dans Etn Rechnungsbuch des Koniglùhen Hofes aus dem alten Reiche), — et par Griffith, The Account Papyrus Nu. 18 of Bulaq, dansi.Z., 29 (1891), p. 102-116.

il semble bleu r|ii'on ail, dans le carloucbo, la (in du nom de Schcldiolcp , et auparavant, la fin de OanzUmou, nom de mbli de khaMoiirie Sebekliulep, ou de Dudkhaou , nom de mhu de kliaanivhre Sebekhotep, et qu'ainsi on puisse restituer la tilulalure de l'un de ces deux Pharaons; cela est confirmé, en ce (jui concerne ré[)oque , par le retour fréquent , dans les listes de personnes qui remplissent les pages du livre, des noms de SebcLliolep, Ha-ankh-f, NafirliotepelSe-ltàllior, caractéristiques, comme nous verrons, de l'entourage des rois khasekbemre et khanolirre, et l'on peut considérer de la sorte que la datation du document ne fait pas de doute ^". Or, dans ces listes de personnes, on voit paraître à deux reprises un vizir Ankhou, ^.*,^7

a pu se demander s'il est le même que celui de la stèle du Louvre; à supposer l'identité, c'est au même personnage encore (^l'appartiendrait un cylindre, aujourd'hui perdu, portant l'inscription jH j^'^ ^ ^ (3)^ gj (.'ggt lui qu'on rencontrerait sur la stèle de Saint-Pétersbourg, n" 1 4 , où l'on trouve £ ]^ A"--* 3^*^ "î" V ^ I f '"'' ^^'"^^ 4"*^ ^"'' ""^ ^^^^^ ^^ Budapest (^'. Mais

(" BoRciiARDT, hic. cil., flaiis Â.Z., 98, p. io2-io3. Par les caractères graphiques, aussi, it.' manuscrit se classe parmi ceux de la période entre XII' et XVIll" dynasties.

'-) PI. 1 5, I. 3 , pi. 1 6, 1. 3, de la publication de Mariette. Les formes graphiques un peu sommaires, en nsage à la fin du Mo\en Empire et qu'on trouve dans le document, ont induit en erreur Borchardt {loc. cit., p. 77), qui lisait f V ç an lieu de Ankhaii ; la vraie leiurc a été donnée par Grifkitii, loc. cil., p. 1 0().

■' Noté par N'ewherry dans les mss. Hay au British Muséum, M»s. Add., n" 29816 : Nkwberry, Exlraets . . ., 10. A cylindev of ihe Vezir Aiikliu , dans l'.S.R.A., 99 (1900), p. (i/i, et Scnrahs, VII, i3 et p. 1 1 5. *' L1KBI.EIN, IJicl. liomg liinoirltn)ltiqucii , n" i659, p. r)83.

'■' D'après Brkastkd, Ane. Record», I, p. 3'i2, n. d, où Breasted ajoute qu'une statue du personnage a été trouvée par Legrain à Karnak, dans la "rande cache le.

n'y a-t-il vraimefit en cfii'ini seuJ vfzir Ankfeou''^? Pcmstf TikImeWre, il ftiuilrjtit îMÎmçlfre <mi iiièm*' temps f|tie K^M*n//er appnrtrfn't :i l^'époiHH* (h* KhnnoHrrc Scbekhotep, et nous avons vu mi**, très tlttféremrïU'Ht , il prend place à eMé (rl'un growpe plus a-ncîe«, r^m viefttimmédiatenîent après ta \\¥ dynastie. W finit «loftc considérer (ju« te vhzir Ankhou tjui servait le roi Kheflzer n^» de commiFn que le nom avec cettti qui est mentionné pjH' te papyrus du temps de Ktianotîrre; concltisiou qui ne peut faire d'^itteurs aucune difficulté, te nom d'Anlihou parsHssant' avoir été des |>lus i^réquents dans toute cette période.

CONBITION.S D« LA ROYAUTE A L'ÉVOLUE COiVSKGtlTlVK \ LA Xlf BYNASTIE.

Nous avons passé en revue, au cours des pîirajjraptîes qur précèdent, sh certain nomt)rede rois dont h groupement tiislîoriqae est manifesté par de- ncMnl!>reuses analogies dan« l'es séyies no«ijialies, par t<*s analogies des monuments et par qiiietiques tadications lûuoaumentaiies pi'écises; le plus fréquemment, les litulatures des rois du groupe sont inspirées de celles de la Xll" dyuastie, et l'on sait positivement que les premiers en (tate d'entre eu^, un Sektïemre-Khoutaoui et un Sekheinkure, succédèrent à la Xlt' dynastie iumiédialeuienl. La positiâu assurée de ces d«u\ rois détermine la position tiisloriquc d<e kK*t le groupe, dont il sera commode de réunir les éléments sons nos yeux, (hn^ le tableau ci-contre.

Les titulaturcs, malgré leurs analogies fréquentes avec celles de la Xir dynastie, montrent une certaine tendance à l'instauration de formules nôuvelfees, do»t la plus remarquM<ble , iioius le savons, est celle du nom solaire d^es tleu\ Sekhemre-Kliou-

W' (CVet Pavis de Gbipfith, Ivc. ci/. ,p. joë, de Nïwbemht, Scarabi , p. i i i> . de Bheasted, Recurd», 1, p. 3/ia, n. d.

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