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t.ioiii. On cntrovoil que le successeur de la XIT dynastie, sans doult' arrivé au Irône par usurpation, alliclia des intentions novatrices et révolutionnaires, reniant la tradition des grands prédécesseurs d'une manière qui vint promptement, après lui, à paraître imprudente. La formule solaire en Sekhemre-[À ] devait être reprise, un peu plus tard, et fournir une assez belle carrière; mais les successeurs de l'usurpateur aimèrent mieux la laisser tomber et s'attacher à des formes plus traditionnelles. Ce respect du passé leur était inspiré par la faiblesse de leur royauté réelle. Tandis, en effet, que nous voyons un Sekhenn'e-Khoutaoui, sans doute l'usurpateur lui-même, dominer sur l'Egypte entière depuis le Delta jusqu'au fond de la Nubie, tandis ([ue son successeur Sekhemkare se manifeste encore à Tanis, à Kabun et en Haute-Egypte, il apparaît que la puissance des rois suivants est limitée à la Haute-Egypte, d'où vieniient tous leurs monuments, et que leur domination ne dépasse guère la région d'Abydos du côté du Nord : ces rois qui défilent devant nous forment comme une petite dynastie tbébaine, dont les conditions sont exactement celles que nous trouverons à Thèbes, immédiatement après eux, sous les rois j^ntef. 11 ne se présente pas encore chez eux de noms de famille , comme étaient les noms d'Amenemhat et de Senousrit pour la \\\ dynastie, comme seront les noms d'Antef et de Sebekemsaf un peu plus tard; les rois qui nous occupent ici portent tous des noms de simples particuliers, sans relation entre eux, sauf l'apparition des noms de Senousrit et d'Amenemhat, en composition le plus souvent, et ce curieux mélange de Penten, d'Ougaf, de Senousrit, d'Anab et de Kbenzer évoque irrésistiblement l'image d'un temps oii des princes quelconques montaient sur le trône a la bâte et au hasard des circonstances. Que le règne de chacun d'eux fût de peu de durée, cela est assuré par le nombre très petit des monuments qui nous les font connaître : Kabotep, Anab, Kbenzer, Penten ne se rencontrent qu'une fois. Amen-
emliut-Senhof n'a que (l(3S cylindres, les antres ne sont guère plus riches. Même les premiers en date, qui détenaient encore l'empire de la Xll' dynastie, n'ont sans doute pas eu un règne très long ni très prospère; on connaît l'an A de Sekhemre- Klioutaoui, l'an 9 de Sekiiemkare, et Ton est 1res tenté de croire que leurs diu'écs n'ont guère dépassé ces chiffres.
11 ressort de là que la monarchie égyptienne tomha en dissolution peu d'années après la fin de la XII* dynastie. Il n'y eut pas, à proprement parler, fractionnement du territoire, mais plutôt émiettement, chute brusque dans l'anarchie par suite de la disparition de toute autorité royale véritable , et cela dans des conditions qui ne nous apparaîtront clairement que plus loin, quand nous ferons l'histoire des Sebekhotep de Thèbes et de leurs contemporains de la Moyenne-Egypte et du Nord. Mais nous entrevoyons déjà que, très vite, les petits rois thébains ([ui vinrent après Sekhenire-Klioutaoui furent amenés à se désintéresser de tout ce qui n'était pas la principauté méridionale. Leur histoire, d'ailleurs, est la seule de cette époque qui se révèle à nous dans une certaine mesure, l'histoire de la Basse- Egypte se perdant, à partir de là, dans une nuit complète, tellement que nous ne savons pas si c'est au temps des successeurs immédiats de Sekhemre-Khoutaoui, ou plus tard, que doivent être placés les deux Tanites que les monuments nous apportent, Mermashaou et Nehsi, et aussi l'Amenemhat inconnu du Fayoum et le petit Amou d'Assiout.
Cela est d'ailleurs d'importance secondaire au point de vue de la détermination générale de l'histoire, qui résultera de la mise en ordre des règnes et des événements thébains, les seuls qui soient assez bien connus, au moins jusqu'au temps des Sebekhotep, pour permettre une reconstruction suivie. Celte reconstruction, dans l'ensemble, sera assez facile, dès que nous aurons montré, ce qui sera l'objet du chapitre suivant, l'existence d'une famille thébaine très caractérisée, très cohérente.
au §ein d*' laquc^W^ la succession des gr&upes partkuliers cl son^enl des règnes s't'^iahlif piir iVtbs^Tvatiou de faits rpvtaiïis : rVsl la laniiiie liisloriqnc des Antef . des Schekcmsaf H i\i^s SeiîeLiiolep. Que ies plus anciens d'entre eux succèdenl immf-idialeinent, à Thèbes, aux derniers des Senousril K jiiitifs - Anienrmhal complexes 75 étudiés plus haut, cela rcsui- Icra principalement de ce qu'il ne nous restera ni rois ni nionum«'nts, d'aucun côté, <fu'on puisse proposeï* d'interc.der dans «o intervalle p(»ssiMe. .Aussi bien, comme nous verrons, nen ne ressemble pins à la rovauté d'un Am^^rii-Antef-AmenemhHt ou d'un Snofirabre Senousril, que la royauté des faibles Antef de la principauté tbébainc aux premiers temps «le sa renaissance.
CHAPiTRK m.
LE <i«OUPE HISTOBIOLE DBS ANTEF,
l)€S SEBEkEMSAt"^ ET DES SE8EkHOTE4» DE TREBES :
CLASSIFI€AT10> D^ERSEMBLE.
Reprenons ie t-ahleau des rois Sekhmirc que nous mettions sous nos yeux au début du chapitre 1" ci-avant, et complétonsle en donnant la place qui leur appartient au roi Penim, et à ce Sekhemre-Gergiftoui Se}>€khoiep, de noms trèsvdisins de ceax de Sekhemre-Souaztaoui Sebekbotep, dont nous avons été conduit à reconnaître l'existence. Noms obtiendrons ainsi la liste suivante :
Sekhemre-Klioutaoui AmeneiHhat-Sebekbole|)
SekLemre-Khoulaoui Penleii
Sekhemre-Harhermat Antef
Sekhemre - Apmal Anlef-à
Sekherare-NofirkhaoH Onpotraitemsaf
Seklieinre-Oujizkliaoïi Sf^bekomsfil'
Sckliemro-Sesliedlaoui Scbckemsaf
Sekliemre-Sankhlaoui X. . .
Sekhemre-Snientaoui Tliouli
Sekhemre-Sdiiazlaoui Seliekholep
Sekhemre-Gergtaoui Schekholep
Voici onze rois Sckhcmre, parmi lesquels les noms de deuxième cartouche nous permettent de délimiter plusieurs groupes remarquables : des Antef, des Sebekemsaf, des Sehekliolej), (jui ont ce dernier nom en commun avec les rois d'une antre famille, caractérisée par la formation en K/ia-[A]-re du nom solaire. Le groupe nominal des Sekhcnire correspond-il à une réalité historique, en d'autres termes, les rois qui portent les noms solaires construits suivant ce type très particulier ont-ils entre eux les liens de parenté et de voisinage qui unissent les membres d'une « dynastie pharaonique » ? Gela est 1res probable (out d'abord, à condition de mettre en dehors de l'hypothèse les deux premiers rois de notre la])leau, les Sekhemre-Khoutaoui, dont l'un, qui a été le successeur immédiat de la XIP dynastie, a été suivi, non d'une lignée de rois Sekhemre. mais d'une autre famille, étudiée en détail au précédent chapitre. Lorsqu'on laisse de côté ces deux Sekhemre- Khoulaoui, pour porter son attention sur les unités suivantes de la famille onomastique Sehhemre, on rencontre des faits intéressants d'où il résulte que ces Pharaons Antef, Sebekemsaf et Sebekhotep forment une famille véritable, groupée historiquement dans des conditions parfaitement claires.
Voici d'abord les Anief. Aux deux Antef qui figurent dans notre tableau, Sekhemre- Apmat et Sekhemre-Harhermat, il nous faut tout de suite en adjoindre un troisième, dont le nom solaire, iSoubLliopirrr, est d'un tvpe tout différent des autres — nous verrons sans peine d'où ce nom solaire procède, — mais dont le nom de niblt, Har-hcr-nesit-f, offre une ressem-
M. I!. WKIl.I.. %h
blance remarquable avec le deuxième ëlémeFit IhirlimiKil d'un des noms solaires précités, La parenté de ces trois rois Antef a été établie, en 1 8f)5 , par Steindorft", dans le mémoire où il a effectué la séparation de§ Antef antérieurs à la Xll' dynastie et de ceux de la période suivante ''^ Kappelona que V Antef aux chiens du tombeau de Drab abou'l Aeggab découvert par Mariette et si heureusement décrit dans le papyrus Abbott, exactement J 3!^ ■•-^ ? avec ^ -^ pour nom d'Horus, est démontré antérieur à la XIP dynastie par un témoignage historique direct '^^, et qu'un autre J^, Horus ^j^|, que Mariette considérait déjà comme de l'époque du précédent , s'est révélé depuis comme «'tant son iils''^^; c'est l'un de ces deux rois, sans doute, qui paraît devant Nibkheroure Mentouhotep sur le tableau connu de Shatt er-Rigal près de Silsileh. On ne connaît pas d'autre Antef pour la période ancienne. Quant aux trois rois de ce nom qui se placent après la XII'^ dynastie, le premier caractère sur lequel Steindorff s'est fondé pour leur attribuer cette position est la (lijjfércmuition du nom dlionts et du nom de iiihti''^ , qui, inconnue encore sous la \[' dvnastie et au début de la \IP, apparaît avec la tilulature de Senousrit H et se maintient à partir de ce moment. Jusqu'à quel point ce fait, déjà remarqué par Lepsius^^*, peut-il servir de critérium pour placer un roi avant ou après la XII' dynastie? Selhe, en 1 899, notait pour l'Ancien Empire quelques différenciations du
<*' STEiKboUFF, Die Konige Menhihotrp und Antef, dans A.Z., XXXlll (189,5), p. 77,9e.
■'-> ta stèle d'Aiitefaker, à Lcyde, dont le propriétaire, eu l'an 33 de Senousrit I", mentionne que son arrit ro-j;rand-j)ère étall contemporain de THorus T ■*, roî Anlvf.
^^ Stek' du British Muséum, u° J9t>3; voir Navilie, Tke \hk Dytunly Tetujfic (tl ikr i^i-Uahri, I (1907), y. 3; et if, Anokkssox d«as Sjjliiitj\ Xll (if(o8)j y, 'ja et >uiy.
'*> StEiNDonFP, lac. cil., p. 80-91.
'*• Lri>8Id», Veber die imt/le (H'i^yplitche kiiuifrtdynushv (i853), p. i5.
non) d'Horus et du nom de mbfi dans certaines lilulalures de Papi I" ef de Noiisirre, mais il rrovait ces titiilaturos exceplioniielles ou erronées 'l D'autres exceptions à la ri'ijle ont été constatées depuis lors, dans la tituiature d'Ounas et dans celle de Khephrèn ^'-', mais comme elles ne se manifestent qu'au cours (le l'Ancien Empire, et que le "Ci ili'rinui de Setlic^ est complètement vérifié aux ahords de la \11' dynastie, tant par les litulatures de la XI* dynastie ([ue par celles du Nouvel Empire, il semble qu'on puisse en faire application très sûrement dans ces limites. Des trois Antef rpii nous intéressent, d'ailleurs, iNouhkhopirre est le seul dont le nom de nihti soit connu à l'heure actuelle et pour lequel, par suite, on puisse constater la significative différence des noms (Horus |^j, nibti ^ ^
^ [): et justement, pour lui, la preuve directe de sa situation
postérieure par rapport à la Vil' dynastie est fournie par son décret bien connu de l'an 3 , gravé à Koptos sur un montant de porte de Senousrit I".
Les deux Antef, Sekhemre-Apmat et Sekhemre-Harhermat, évidemment apparentés entre eux par l'analogie de ces noms solaires, se manifestent comme postérieurs à la XII" dynastie par les caractères du cercueil de Sekliemre-Harbermal Antef au Louvre. Deux autres cercueils, comme on sait, au nom d'un Ahlej-ii et au nom d'un AnteJ, malheureusement sans les noms solaires, sont au Louvre et au British Muséum, et, très analogues à celui de Sekhemre-Harhermat. doivent être joints à ce dernier dans un groupe très caractéristi(|ue. celui des »/?<•* anciett.s (les rerruetls cw fitnnc th ntotine, loruje qui n'est pas anté-
'' Sktiik, duns .4.Z., \\X (iHya), p. 53 (dans Dus Liiulneilli iIch llaiiisiininnis (1rs Koiiifrs Clwops).
-' Aiiii/tips du Sin-ria- , Il (lyoi), |i. ab't . pour Ouna^: ScnirER, rfnns A.Z., XLil ()yo4), p. 88, pour les lails rclaliik a Ounas et Klieplirv'n. Cl. Wkill dans lire, de travaux , X\l\ (ujoy). p. /i3, n. 7, cl Gaithikr dans Bull. Iiist. fruutais Hirli. (irirniale, V (iyo6). p. y'i, on Gnntliior jK'nsc (pic la rrjrlr de Srllie n'est jias pniùaitlr.
rieure à la X\V dynastie, car jusqu'à la fin de la XII*" dynastie persisie la foi-ino du grand cercueil rectangulaire à faces planes. Il y a de grandes ressemblances, d'ailleurs, entre les cercueils anthro[)oïdes des trois Antef et ceux du début du Nouvel Empire, ceux des rois Skenenre et Kamès, d'Akbor, de la reine Alihotep. et ces alïinilés, déjà bien remanpjées par Mariette, ont permis à SteindorfT d'induire qu'il n'y avait pas un grand intervalle entre ces Antef et la XVIII'' dynastie '•'.
Les trois cercueils des Antef proviennent de Thèbes. Deux de leurs tombeaux, ceux de Noubkbopirre et de Sekhemre- Apmat, sont mentionnés par le papyrus Abbott dans la nécropole thébaine, où le tombeau de Aoubkbopirre, à Drab abou'l Neggah, fut découvert par Mariette non loin de celui de \Anlef aux chiens de la XP dynastie. H y a toutes probabilités pour que les trois cercueils de Tbèbes appartiennent aux trois Antef dont la postériorité par rapport à la XII" dynastie est démontrée, et comme celui de Sekhemre-Harhermat, au Louvre, est complètement attribué par ses inscriptions, il reste à répartir le cercueil de Londres et le deuxième cercueil du Louvre entre Sekbemre-Apmat et Noubkbopirre; nous apporterons à cette question , plus loin , l'attention nécessaire.
Ce sont des observations archéologiques, non sans analogie avec celles relatives aux cercueils dont on vient de parler, qui permettent d'inscrire à côté de ces trois Antef les Pharaons dont le nom de deuxième cartouche est Sebekemsaf. Il ne servirait de rien de savoir qu'une reine Sebekemsaf fut la femme d'un certain roi Antef, car il v eut des Antef avant la XII" dynastie aussi bien qu'après, et de rien non plus, que le tombeau de Sekhemre-Seshedtaoui Sebekemsaf et de sa femme Noubkhas, curieusement décrit au papvrus Abbott, ait été retrouvé, récemment, à Drah abou'l Neggah, car les tombeaux
<•' Steindorff, loc. cit., p. 8'i-85, 99-9^4.
(les Antef des doux périodes voisinent dans cette nécropole. Mais on posst'^'de, d'nii roi Sehi'henisdf — on ne sait s'il s'agit de Sekliemre-Sesliedtaoïn ou de Seklienne-Onazkhaou — un coffre avec inscriptions (Leyde, AH 3 16), provenant de son tond)eau à Tlièbes, qui présente ies plus complètes analogies avec un objet de même nature au nom de Sekhemre-Apmat Antef-à (au Louvre); ce sont des boîtes en bois destinées à recevoir les quatre vases canopes, reproduisant la l'orme extérieure des cercueils rectangulaires de l'Ancien et du iVIoyen Empire, et l'on connaît encore une troisième boîte du même type, celle faite pour le roi Thouti et qui fut affectée, ensuite, au service d'une certaine reine Menloubolep (Berlin, 1 lyB). Ces trois caisses ont des analogies telles, dans l'ensemble et dans tous les détails de leur structure et de leurs inscriptions , qu'il est impossible de ne pas les considérer comme de même époque et de même provenance ''l Si l'on ajoute à cela que d'après le rapport, malheureusement un peu douteux, des Arabes qui, en 1827, tirèrent de terre le cercueil d'Antef aujourd'hui à Londres, la sépulture a également fourni un scarabée de jaspe vert au nom du roi Sebekemsaf — il est connu et nous le décrirons plus loin , — on pourra considérer que nous avons la preuve des relations qui unissaient, à Thèbes, les Antef postérieurs à la Xll' dynastie et les Sebekemsaf que leurs noms solaires classent, les uns et les autres, dans la grande famille SekJiemre. Peut-on se rendre compte , mainte-
C La l)oUe à canopos do Berlin est décrite et publiée partiellement par Erhan, Uistorischo Nachlese , 2. Der Konig Dhuli, dans A.Z., XXX (1899), p. iS-iy, où TliDuli et la reine Mentouhotep sont attribués à la Xll" dynastie. C'est Borchardt, un pou plus tard , qui restitua l'objet à la «XIII' dynastie;: , et montra ses relations avec la boite de Leyde et avec celle du Louvre : Borchardt, Der KaiKipenkaslen des Koni^g Sbk-m-s'f, dans A.Z., XXXII (189/1), p. 28-26. Cf. SiEiNnoRrr, h>c. cit., dans A.Z., XXXlll (1890), p. 8A, 86, 9^. ■ — Publication conipItHo, depuis lors, dos inscriptions de la boite de Berlin, dans Aeg. IngchriJ'lcii aits ili-n Kiin. Museen, 1 (A" fasc. , igiJi), p. 253-a55.
naiU, <!<' l;i niinilèn' donl li's luis qui portent ces noms sont à ranjjer les uns par rapport aux autres? C'est ce cjue nous allons essayer de voir, sur la hase de (piokpies rensei}jneni(Mit8 précieux qui délermiiif'nt la position relative de l'un des Sebekemsaf, celui qui a pour nom solaire Sekhemre-Seshedtaoui, et de certains de ses successeurs.
Sans le pap\rus Ahl)utt, qui nous 1 apprend au parafjraplie des lignes i-y de sa page 3, nous ignorerions que la reine Noubkhas de la célèbre stèle C. i 3 du Louvre, ^'T'^ ^ * |*4^r«r^ J^-^ I p J, fut la femme de Sekhemre-Seshedtaoui Sebekemsal". .Mais ceci enregistré, et la reine Noubkhas ainsi localisée dans l'histoire, on peut situer approximativement, par rapport à elle, le Ransenb d'un tombeau bien connu d'Klkab dont la femme descendait delà reine Noubkhas en ligne directe. On lit, en effet, aux lignes 2 et 3 du linteau de la porte intérieure donl les inscriptions sont les seules connues de ce tombeau "^ : \^^ ' — vj-A ^ P 'j^ )^ [nom laissé on blanc] ^ ^
VI — wTKT» * n ,|'()^ Il ivj^^yj.t qu,. J;, l'oine Noubkhas fut
la mère d'une princesse khonsou qui épousa Ai , prince d'EIkab, d où naquit un certain Nofirhotep, de rang inférieur sans doute mais qui fut le père de la femme que Ransenb , gouverneur royal , devait épouser : en somme, la reine, Noubkhas est l'arrièregrand'mère de la femme de Ransenb. Ola n'est utile à savoir
*•' L.O. , III, 69 a, corrlfjé pn quelijiH's jioinls par TpxI, IV, |). .^4-.o5; c'est le lomheau (l'Klknl) n" 9 de la nomenclature de Le|)«ius. La j;(''nt'Hlo};ie qu'on va voir el Icti irldicalions connexes sont disculées par Pikpkh, IHf Konif^f Afifffin^ni elc, igo^. |i. a-5, cl Ed. MsiBa, Sachlidfft zut- aifr. Chnmolngte ,
qu'à lu condition ([n'oii iirrivo à situer Hansonh lui-niùine par rapport à (pii'hpif roi comiii; ce (pn est sans doute possiblo à l'aide de la suite de notre insiription, où nous lisons, immédiatement après les indications qui précèdent, celles qufe voici (linteau, lin de In li^jne 3, et première colonne du
montant gauche) :i'SZPT^LM'~~''^r*!)ïîP^
menlion co!nerii(\ comme on voit, une épouse de Hansenb, nommée Ait-scl-lldtshcjmloii , lille de l'ollicier Tessenb el d'une princesse iNofirllotep qui est* dit très lji«arr(;menl le texte, vde la reine Smscnhyi : il y a probablement, ici» un mot oublié dans l'inscription, d'où il ressort seulement que la princesse ^ofirhotop était avec la reine Sensenb dans un rapport quelconque. Pour éclairer ceci, il faut remarquer d'abord que la dame Ati'set-Hatshepsitoui ét&ht fdle de Tessenb et non de l'olficicr ^o(il■hotep, (ils d'Ai, rencontré tout à l'beure, est une autre personne que la première épouse de Hatiselib, au noiii perdu, dont la généalogie est détaillée auparavant; Hansenb avait deux femmes, et ce sont elles qu'il nonmie tout d'abord dans ce tableau des membres de sa famille, parce qu'elles sont de souche royale ou que leurs parents ont été en relation avec les rois : la première, la plus élevée, sans doute, en dignité, est arrière-petite^fdle de la reine Noubkhas et petitefille d'un prince d'Elkab; la seconde est fille d'une princessie qui connaissait la reine Sensenb* Bien qu'il y «it quebpie chose de non expliqué dans celte dernière relation, il semble (pion en puisse conclure que la reine Sensenb appartenait, approximativement, à la génération antérieure à celle de Hansenb, et ce résultat devient extrêmement intéressant lorsqu'on fait entrer en ligne que la reine Sensenb était — d'après les monuments — la femme du roi Kbasekhemre Nofirhotep; car nous
^w.( 3Vi )^4-~ [267]
nous trouvons alors en présence des relations chronologiques suivantes :
khasekhemre Nofirholep antérieur à Ransenb d'une génération;
Sekhemre-Seshedtaoui Sebekemsaf (époux de \oubklias) antérieur à Ransenb de trois générations.
D'où il résulte par soustraction que :
Kliasohhemre .\ofirhotep est postérieur de deux générations à Sekiieinre-Seshedtaoui Sebekemsaf.
Il est possible, maintenant, de trouver des renseignements historiques d'égale importance dans les indications d'un autre tombeau d'Elkab. d'époque très voisine de celui de Ransenb. Remarquons d'abord que Ransenb, qui détaille avec orgueil la généalogie de ses deux épouses, ne nomme pas son père à lui, ce qui donne à croire que ce gouverneur d'Elkab était d'extraction modeste, et qu'il tenait principalement ses droits de son mariage avec la petite-fille du prince Ai. Mais les droits de cette descendante, quels étaient-ils au juste? Son père Nofirhotep, fils d'Ai, n'a pas succédé à son père dans la principauté, point même dans le «gouvernement» comme le Ransenb plus modeste de la génération suivante; il est à peu près évident que Nofirhotep n'était pas l'héritier principal d'Ai, mais un simple cadet aux droits primés par ceux du (ils aîné — non nommé dans l'inscription de Ransenb — qui devait succéder à Ai à Elkab. Or ce prince ou gouverneur d'Elkab, intercalé historiquement entre Ai et Ransenb, est connu d'autre part : c'est le Sebeknekht dont le tombeau avoisine celui de Ransenb et se manifeste, par le style, comme antérieur d'un certain nombre d'années '^ ; Sebeknekht porte encore les titres de prince héréditaire qu'avait Ai et que Ransenb devait abandonner, et rien ne paraît s'opposer à ce qu'on admette que
(') L.f)., III, i3 b, c, et Texl, IV, p. 55 (n° lo de la nomonclaliiro de I^'»]»sius); cf. PiKPER et Ed. Meyer, références de la note précédente.
Sebekn(îkht était ce fils aîné d'Ai que les précédentes indications rendent nécessaire. Sans doute convient-il, avant d'aller plus loin, de résumer tout ce qu'on vient de voir sous la forme d'un tableau généalogique :
Le roi La l'oine NoubLhas
Sphheiiire-Seishedtauui ('poiise (lu roi
SebokpnisaJ' Soklu'inrc-Sosliodlaoui
Ai
prince héréditaire d'EIkai)
La priiicc!:
épou
se Klionsoti
>e d'Ai
L'ofTicier Tvssenb
Sebchnekhl
prince héréditaire
d'Elkah
L'oll Nof,
icier hotep
La princesse Nojiiholep
La dame X... Ransenb An set-Ilalshi'psilou
épouse de Ransenh {gouverneur épouse de Hansenh
d'Elkah
Norahreux fils et filles nommés Nofvholep et Sebekneklit
11 ressort de là, plus clairement, que Ransenb devint, par mariage, neveu du prince héréditaire Sebeknekht auquel il devait succéder''^ dans le gouvernement du nome. Sa bellemère la princesse Nofirhotep, nous venons de le voir, était probablement une contemporaine du roi Khasekhemre Nofirhotep, et cela fixe approximativement la distance de ce dernier souverain à Sekhemre-Sesbedtaoui et à Noubkhas. Or, un pré-
C II serait tentant de supposer une relation de parenté entre Seheknekht et Ransenh, d'admettre par exemple, comme fait Pieper, que Ransenh était le frère cadet de Seheknekht; mais si Ransenh était de la lignée des princes d'Elkah, il ne manquerait pas de nous le faire connaître en première ligne, au lieu de passer sous silence, aussi discrètement cju'il le fait, ses ancêtres à luimême.
cioux n nseififnprnenl du môme ordre se rencontre dans le» inscriptions (lu tombonu du prince S(.'l>ekneklit, qui avait obtenu uno confession torritnrifde du roi Si'khnmro-Souaztaoui Sebekhotcp; on bt. en elFet, ajM-ès l'énoncé des noms et litres du
pruice
jj'^^l^'^l^j^j^ etc. « Terres obtenues du Roi, sur
les terres de son dieu dans la ville d'EIkah. et transmises en propriété au nom Y(''nérable du dieu bon, Sd-iiemro-Sounztnont , Voix Juste, aimé de Nekhbit : état de ces terres. . . w (suit le détail de la donation). Le roi Souaztaoui étant mort, comme on voit, au moment où Sebeknekbt enregistre la chose, on peut admettre approximativement qu'il appartient à la génération précédente, qui est celle du prince Ai; à la génération de Sebeknekbt lui-même, d'après ce qu'on a vu plus haut, appartient le roi khasekbemre Nofirhotep, de sorte qu'on aboutit, tinalement, à inscrn'e dans trois générations successives les roii
Sekh(mrcSeshedlaoui Sebekemsuf,
Sekhemre-Souaztnoiii Sfbekhotep,
Klia.schhemie ^ofnltofci) ' ,
ce qui revient à admettre un intervalle de 3o ou /lo ans entre le premier et le troisième d'entre eux ''^K Ce resultat n'implique
0) Tombeau pn-cité d'Elkab, LD., 111, 1.3 b.
■*' 11 n'est pas sans intérêt de remarquer immédiatement que Sekhemre- Sotiaztooui et Khai^flkhemro sont inscrit* à lo suite Tun de Tautfe au papyrus ilo Turin ( fr. 7G-80).
'"' Du raisonnement rtioin» sciré de l'ieper {loc. cil.) paraissait rénuller (jli'il y avait un intervalle de trois jjénérations, soit un siècle, de Seklieuue-St'siledlaoui è Khasekiiemrc; Terreuf a été si|^nalée et corrijjée par Ed. Miirsh, Nachlrnire zur aeg. Chronologie , p. .3.3.
jxis i'orcément que lus Iruis souverains ainsi mis en place succu- (Irrciit imm(5(liatemenl 1rs uns au\ autres; mais les rois intercalaires, s'il y «^n u «i>i» sont Ibrcénient [>eu nombreux, et l'on observe que les faveurs prodiguées par Souazlaoui au prince Sebeknekbl continuent simplement la tradition du règne de Sesbedtaoui, qui lit d'un prince d'Elkab son gendre.
Une dernière et très importante remanjue qu'il nous faut faire, est que le nom de ScbclnemmflomhQ conqjlotement en désuétude dès le temps de Sekhemre-Souaztaoui. On connaît, en efïol — nous verrons les monuments plus loin, — le père cl la mère de Sekliemre-Souazlaoui, un frère du roi, le prince Senb, plusieurs enfants des deux branches de cette famille, et nulle part, au cours des trois générations qui nous en sont connues, on ne rencontre de Si'hvhemmf, non plus d'ailleurs que dans la famille assez bien connue de khasckhemre iNolirholcp et de son frère de père et de mère, le roi khanolirre Sebekhotep. Le ffroupê tout entier des Sebekenisnf est donc antérieur à ii'poque de Sekhcmre'Souaztaoui, Les Sebekemsaf entraînent avec eux, d'ailleurs, les Anteff très voisins historiquement comme il a été établi plus haut, et qui appartiennent, comme les Sebekemsaf, au groupe général des rois Sekiiemre; à l'appui de celle situation de voisinage, on peut encore remarquer que chez les contemporains et les descendants de Sekhemre-Souaztaoui et de Khasekhemre, dans les familles dont on vient de parler, le nom d'Antef est tout aussi oublié que celui de Sebekemsaf. De tout cela se dégagent les faits suivants, dont l'importance au point de vue du classement des rois est fondamentale :
1° Les rois de la famille Khn[A]re (Khasekhemre. Khanofirre, Khaânkhre et quelques autres), qui ont pour nom de deuxième cartouche Schchliolcp et quelquefois Nofrltolep, viennent après lu famille S('l<ltemrc[\].
a" Sekhemre-Seshedtaoui et Sekhemre-Souaîitaoui flont les
derniers, ou parmi les derniers, de In hmiWe Sekhetnre ; Soiiaztaoui — dont on sait d'ailleurs qu'il n'était pas fds de roi — annonce déjà la famille suivante par son nom personnel Sebeh- Itotcj), et il convient sans doute de placer à coté de lui le Sehlœmre-Gergtaoni Sebehiiotep dont nous avons, au précédent chapitre, constaté l'existence, et dont les noms de cartouches, curieusement voisins de ceux de Souaztaoui, présentent les mêmes caractères intermédiaires. Ouant à leur prédécesseur Sekhemre-Seshedtaoui, il a probablement été le dernier des rois du nom de Sebekemsaf.
Les choses ainsi établies, il reste à mettre en place, au-dessus de Sekhemre-Seshedtaoui, les autres rois de la famille Sekhemre, c'est-à-dire principalement l'autre roi Sebekemsaf et les Antef (il n'est plus question, bien entendu, du premier de tous, Sekhemre -klioutaoui, définitivement classé comme successeur immédiat de la XIP dynastie). Or, le roi Thouti est voisin, par son nom solaire Sehhemre-Smenlaoui , de Sekhemre- Seshedtaoui Sebekemsaf, duquel il convient également, sans doute, de rapprocher le plus possible le Sebekemsaf qui a pour nom solaire Sekkeinre-Ouazhhaou ; et ce dernier entraîne avec lui, par l'analogie des noms solaires, le Sekhemre- Nofirkhaou dont le nom personnel est Oupouaitemsaf. Si l'on admet tout cela, il n'y a plus qu'une situation possible pour les trois Antef, celle où ils se trouvent lorsqu'on les inscrit en tête de toute la si'rie, avant les Sebekemsaf, TJiouti et autres rois groupés comme on vient de le dire.
Telles sont les bases sur lesquelles on peut organiser le tableau historique des groupes examinés ci-dessus : les Antef, puis les Sebekemsaf avec Thouti et Oupouaitemsaf (groupe central des Sekhemre\^X^) , puis les premiers Sebekliotep, qui sont encore Sekhemre\X^ (deux rois, Souaztaoui et Gergtaoui), puis les Sebekliotep et Noiirliotep du groupe principal (rois Kha]^\ ]r^]. Les divers éléments ainsi rangés forment un
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ensemble liistori([ue extreinciiuMit coluîrent et de composition très sûre dans l'ensemble, les Antef tenant étroitement aux Sebekemsaf et les Sebekemsaf étant reliés aux Sebekliolep par une cliaîne au long de laquelle on voit évoluer, par degrés, le type de la titulature. Tous ces rois, d'ailleurs, sont essenliellenuMil tliéi)ains. On a donc, des premiers Antef aux derniers des Sebekiiotep, une sorte de bloc liistorique de conliguration définie, dont il reste seulement à savoir comment, il doit être placé, dans son ensemble, entre la XIT dynastie et le début du xXouvel Empire, plus ou moins loin de la XII" dynastie, de Sekhemre-Khoutaoui et des Thébains qui viennent immédiatement ensuite, plus ou moins près des Apopi dont la domination précède la restauration tliébaine. Il nous faut encore, en somme, des attaches qui partiraient des extrémités et iraient rejoindre, en montant et en descendant, les derniers faits acquis de la période antérieure et les premiers faits déjji mis en place en avant de la période suivante.
Or, ces liaisons, nous les possédons déjà, dans l'une au moins des deux directions, du côté de l't^aval», ayant constaté par les monuments que le plus remarquable des Sebekhotep (le Tbèbes, le roi Klianofirre, est contemporain des scarabées Ay/.'.sYJ.s de la première période "^, les([uels sont en contact immédiat avec les monuments de l'époque des Apopi , dont l'histoire est faite. Dans la direction opposée , il faudrait trouver un point de contact entre les premiers Antef et ces autres Thébîuns. forcément antérieurs, dont les noms se groupent autour de ceux des r Amenemhat complexes w; mais ce point de contact fait jusqu'à présent défaut, ainsi que toute indication de chronologie relative qui intéresserait les deux groupes, et si l'on est conduit à so rendre compte qu'entre l'un et l'autre il n'y a point d'intervalle, c'est par la constatation, négative en quelque
'" Voir ci-avant , Las Hijkgns , Etud^x et notes complémentaires, S lit, D.
sorlo, que dans l'infcrvallo su[)|)os«^ il ne nous resioniit plus jiuVun nom royal à metti-e. Celte situation, on le comprend, est de {Tnuuie importance au point de vue de la reconstruction de rhistoiro; nous ne pouvons ici ((ue l'annoncer par avance, on attendant qu'elle ressorte naturellement de l'analyse dos monuments et du {jroupemenl historique des noms royaux, juscni au leuq)s «les Sehekiiotep, de leurs contemporains et de leurs successeurs en Haute et en Basse-E>jypte.