‹ La fin du Moyen Empire egyptien; étude sur les monuments et l'histoire de la période comprise entre la 12e et la 18e dynastie (volume 2)Chapitre 41 sur 51 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LES AÎSTEF

(Sehliemre-\X] et I\'oubliliOj)inrj.

SEKHEMHK-HARHEKMAT ET SEKHEMHE-APMAT ANTEF-Â.

La personne du roi SeUicmre-.\pmnt Antef-à est définie, historiquement, par deux monuments qui proviennent certainement de son tombeau, la petite pyramide de Londres et la boîte à canopes du Louvre. La pyramide de Londres *'^, en cal-

"' Bv. Mtts^mTi, n" A78. \«ir Shabpe. E^fttinn Intn: , I. j>l. hj h: PnrssB (laas \iUue »m- lu fuUt de* aneéhet, . . {Hev. ttrek.^ i8^û), \k ta; Ëisemlohe dans l'.S.Ii.A., lit (1881), |). 99, (lécrîvant rohjt't sous rindiration erronée (lu n" 5*20, maïs avec des cilalions plus conijilètcs (juo celles de Sliarpe et que «viles (jue donne , plus ta«l , Steihdouff, iw. ciê. , dans A.Z., 1 895 , p. 84 ; enfin BuMB, A Guide {Sculplure}, 1909, p. 97-98. — Le vérilalile numéro au Brili>li Muséum esl k']S et non 378 coninie il est dil (jueltpiefois. Quant à la tlaliie ù-j8 dont parle Bpdgk. HooL (,f ihe Kliifrs (1908), L p. 8'i-85, elle n'est antre rjnise (jue noire p\raniide ellc-nn"nie. ni'iii.inpier aussi (pic Gauthier, en dernier IÙmi {Liive det linity I, p. 220 J, induit en erreur par Eisenlohr. a fait

(•jiiro, imUil(«H à la partie siipôriiuire ot à la parlin iiiloritMirn, porto siii' t'l»a(|ue lace mie inseription on une eulonite, dont il reste :

P S.iis(lc IVriiimo, Fa(.k 1 l'An; 3 l''vi:i; 3 Kack A

tiif ((lixiil* à («»iii-hi«). («(«(ilo il ijHticlii'). (iJioil» Ji («lll^^|»»^). /);hu<'Ii« ii <lr<>ili>).

les i|M9li'*' fui"* :

fcia

Le nom solaiiv est formé, comme on voit, en adjoignant le nom d'HoiHis Apmal au nom de famille général Selihemre, ce t|ui déeM© une assea curieuse tendance à la simplicité, et cette même {MUfimonie dans le choix des éléments des noms divins (jiii caractérise plusieurs titulatures de la \l' dynastie ^^ ; rappelons que dans la XP dynastie, justement, figure un roi Antef-4 au nom écrit exactement de même que celui que nous avons sous les yeux : c'est THorus Ouah-ànkh, le bien connu «Antef aux chiens» de Drah abou'l Aeggah, On voit, d'autre part , que notre pyramidion portait les noms du père et de la mère du roi, qui constitueraient pour nous, s'ils n'étaient détruits, des indications généalogiques bien précieuses; dans l'état du monument, on voit seulement que Sekhemre-Apmat était (ils d'une épouse roffule, et ainsi qu'il n'a pas été le premier Pliaraon de sa lignée. A propos de l'épithète khnoumh

un olijol spécial du rpvramidion n" Ssc. — Publication claire et complète, |>oup la première fois, dans Iherufrli^ijhie teJcU... in lUe BnlttU Museutn . i\ (iç,i8), jÀ. XXIX.

(') Noter rtinitui iVi^ouM», rtù Uv^NihéHimi .\lenlkkuli«>tep. cl l'Horu» Saukkluouif, roi Sankhkare Menlouhotej).

mjiv hr: dans la titulaturc de la reine, très ordinaire à celte plai-e, il faut signaler l'erreur singulière dont elle a été l'occasion dans le cas présent, à savoir, la confusion de cette épouse roi/nlr inconnue, mère de Sekhemre-Apmat, avec la reine Menlouhotep qui ligure sur la boîte à canopes de Tliouti et dont la tilulalure est rédigée de manière analogue'" : il est évident que celte identification est sans raison aucune.

Remarquons, en outre, que dans le cartouche solaire des inscriptions qu'on vient de voir, le signe sehhom se présente sous la forme aux deux branches latérales ascendantes qui lui donne, lorsque ces deux branches sont développées en hauteur, une certaine ressemblance avec le sistre sesliesh; mais celte ressemblance, ici, est très imparfaite. Nous avons étudié plus haut, à propos de certains exemplaires du nom de Sekhemre- Khoutaoui (chap. i", ^ ii), cette forme ornementée du sckliem, et déjà signalé que, sur la boîte à canopes de Sekhemre- Apmat, on la rencontrait concurremment avec la forme ordinaire.

Cette boite à canopes est presque entièrement inédite ^^; elle est en mauvais état de conservation, gravement endommagée déjà et exposée à une destruction progressive par suite de l'effrilemenl du stuc peint qui couvre la surface du bois, de sorte qu'on trouvera sans doute utile que nous lixions, sous la forme des croquis que nous insérons ici , ce qui subsiste des

'■' Celle erreur, d'ailleurs peu répandue, esl due à Elsonlolir (voir P.S.B.A., m, 1881, p. 99); on la retrouve chez Wiedemann, Aeg. Geschichte, p. 228, d'où elle passe chez Gacthied, Livre des liait, I, p. 2^9 (cf. p. 219). Mais Erinnn, dt'-s 1899 {Inc. cit., dans A.Z., XXX, p. ^15-47), se bornait à supposer <pio la reine Mentouholep était la femme de Thouti, et ainsi ne sonjjeait pas à la titulatiire de la pyramide do Londres.

'*' (Jitations frajjmcnlaires de Piehret, Cal. de la Salle hislurique , p. i5-i. n'Oii; Steindorff, loc. cit., dans A.Z., 1896, p. 84, 86,96; Gacthieb, flou, I, p, 2 2 0. L'objet esl celui de Louvre, G 39, provenant de la collection CIol liev.

liis( rintioFis à riiciirc acliicllo. Elles sont très grossirremcnl ('M'cutéos. Sur cliacune dos (jualre faces verticales du colîre la li»;un' du cliacal Anubis, couché et accompagne d'un de ses

Sâi^^»î^lXïï/1

Je cJmmi en<e*i'^ Uue. à JlÊik.

ïïrrril

ta cJUuJ. cmu^ , ^itC à cîtiiÀ.

noms , est encadrée par un texte en une llffne supérieure et deux colonnes latérales; on y voit paraître, alternativement, Isis, Nephthis , Gebeb et Nouit , sous la protection desquels est mis

M. n. WEILL.

le roi . (lésigni? huit fois par la formule 4- yJls(®.t-^ j ç!^^^ Voir Juste {une fois on lit : 4^ ^^J; deux fois le — liiial est omis). On voit que les deux noms du pyramidioii de Londres

v-mi^man

cil c^«»<; CMiM , mt à- mucfe.

se reti-ouvenl ici <i.>hs un seul rnrtouclie. L)e plUs, diins le ïiom solî^irei, «n rt îe siify^Vi^ sd'knn sous sa foitii^ 1^ plus simpto. rt^ lifeU <i'«n\ii forttté d^é^î^i^ ^lis ttW tooins Voisine du scià^^fh; il

n'en (3sl qur plus nMiiiinjuaMc (juc. sur If convenir nn^m« do

notre boîte à cnnopos. nous Ironvions 4"/Jlv('^' T ^1 ^^^^^ ^'*

I si(]ne du type ornementé, sous une forme assurément som-

maire, mais pourvue des caractéristiques appendices ascendants. Nous renconlrcroiis un peu plus loin, dans le texte du décret de Noubkliopirre Antel à Koplos, un remarquable exemple de ce développement grapliique du signe, qui paraît spécial à cette époque et dont on ne voit pas bien les causes. Le nom de Sokbemrc-Apmat est parmi ceux mentionnés au [)apyrus Abbott. Rappelons, pour n'y revenir (|ue le plus brièvement possible par la suite, que dans les procès-verbaux de vérilication de tombeaux de la nécropole tbébaine qui font l'objet de ce document , (juatre paragrapbes consécutifs se rencontrent, qui concernent des tombeaux dont l'Iiistoire intéresse notre étude; ce sont, dans l'ordre du document : le tombeau de Noubkbopirre Antcf(p. a, 1. 12 etsuiv.), le tombeau de Sekliemre-Apmat Antef-à (p. 2, 1. 16 et suiv., jusqu'au bas de la page), le tombeau de Sekbemre-Sesbedtaoui Sebekemsaf et de la reine Noubkbas (p. 3 , 1. 1-7), enfin les deux tombeaux des deux rois Skenenre Tiouâ (p. 3, l. 8-12), ^deux rois:'5 ainsi nommés, précise la rédaction, sur laquelle nous avons arrêté notre attention, précédemment ''^, à propos de l'Iiistoire de Skenenre Tiouâ'-'. Le paragrapbe relatif au tombeau de Se-

('> Hylsôs. swlion II, diap. i"'.

'-* Le j)a()yrus Ahltoll est |iul)li<' en fac-siiiiilt", comme on sait, dans les Select Papyri du British Musoiiiii. Boiino tratiuclioii de Ciiabas, Une spoîlation des hiipiigées de Thèhei, dans Méian(res ^fr)jph)hfpqriet, l!l, t. i (1870), voir p. 62 ol suiv. {wiir la paili** qui nous iiUérosse: li-an!»cri|>lion et traduction de Masl'ijto, Une en^ftvle jii(liriaire ii T\tèbes . . . . iHjfl. voir j». iG et suiv. (If. l'élude idli'riiMuv d'EnMAN dans yl.Z. . X^ Il (i>>7())- |i. Si-80, i'i8-i5i! {ïieihtige znr Kenntniss des fipjphschrn (Jenchisvevfithren, 1. Up}- l\tpijrvs AhifMl).

kliojnro-Apmnt dit ce (|iil siiil : trLa pyramide de 4^^ J

Irouvc^e avec une ouverture pratiquée par les voleurs à l'endroit oii est érigée la stèle de cette pyramide; examinée en ce jour et trouvée intacte, les voleurs n'ayant pas su arriver à leurs fins. »

Le roi, comme on voit, est appelé soulon, et non souten baiti, absolument comme dans les inscriptions de sa caisse à canopes, et de même que sont appelés, au papyrus Abbott, ses voisins Noul)kliopirr<' Antef, Sekhemre-Seshedtaoui Sebekcmsaf et Skcnenre Tiouà lui-même : nous aurons à remarquer, plus loin , que ce simple titre de Roi du Sud, pour les Pharaons de la famille thébaine, correspond réellement aux particularités des circonstances historiques. Pour le moment, le phis intéressant est de constater que les enquêteurs de la XX" dynastie trouvèrent la sépulture royale intacte; cela explique que des pièces du mobilier funéraire soient arrivées jusqu'à nous, le pyramidion de Londres, la caisse à canopes recueillie dans la collection Glot bey et passée de là au Louvre. 11 est clair que le tombeau a été ouvert et vidé dans la première partie du xix" siècle. C'était, selon toute apparence, une de ces pyramides en briques à chambre intérieure ménagée, avec ou sans chapelle extérieure, mais toujours avec une stèle en pierre, dont Mariette a exploré un certain nombre à Abydos et à Thèbes; mais de celles de Thèbes , nous savons seulement que Mariette a identifié la pyramide A' Antef aux chiens, de la Xr dynastie, et celle du Noubkhopirre Antef dont nous parlerons tout à l'heure; quant à celle de Sckhcmre-Apmat, si Mariette l'a vue, il ne nous en dit rien, ou bien le monument ne possédait plus aucun voslijjc do son propriétaire. Tous ces tombeaux, d'ailleurs, sont aujourd'hui détruits de la manière la plus complète et leurs emplacements oubhés ; on sait seulement qu'ils se trouvaient

(lans la nécropole do Drali abouM Ne^jgah, où deux fois, dans le courant du xi\'' siècle, la tondre de Noubkhopirre Anlef fut découverte, ainsi que la tombe ancienne dWntef aux ilnens, et où d'heureuses circonstances permirent, en 1898, de déterminer l'emplacement de la pyramide démolie de Sekbemre- Seshedtaoui : nous verrons tout cela plus loin.

De la tombe de Sekiiemre-Apmat provient encore, sans nul doute, un des deux cercueils au nom d'/l///e/" qui sont au Musée du Louvre. Comme nous l'avons rappelé plus haut (chap. ni), il existe au Louvre et au Hritish Muséum trois cercueils appartenant à des rois Antef, analogues entre eux, analogues à ceux des prédécesseurs immédiats de la XVIIP dynastie, nettement postérieurs à la XIL dynastie par leur forme anthropoïde. Or, l'un des cercueils du Louvre porte le nom d'un certain SeLliemre- Harliermat qui n'est point connu autrement; cet objet mis à part, il reste, à Paris et à Londres, un cercueil au nom de

U^" — 1 (Pai'Js) et un cercueil au nom de ( J ^ ^ j (Hritish Muséum), qui doivent être restitués, la chose est presque évidente tout de suite, aux deux autres Antef (^ue nous connaissons, les rois des monuments et du papyrus Abbott, Noubkhopirre et Sekhemre-Apmat; et cette attribution se trouve confirmée dans l'ensemble et, du même coup, précisée dans le détail, lorsqu'on remarque que J^»^? sous cette forme et avec cette même orthographe particulière, est le nom de Noubkhoplrre d'après ses monuments, tandis que Antef-â est le nom de Sekhemre-Apmat. Il est donc établi qu'à Sekhemre-Apmat appartient un des deux cercueils du Louvre, celui qui ne porte pas le cartouche de Sekhemre-Harhermat. Transcrivons ses inscriptions'". Du haut en bas du corps, en une longue ligne

''' BiRCH, ilaiis/l.Z. , iSOg, j). 5i-5a (dans On ihfi forniitlns of ihree royal Citffîns), très fautif; Pierrkt, Rec. d'iiiscr. inédites du Musée du Louvre, I (187/1), P- 85-80, est mcilleiir. Les Iranscrlplions ci-dessus sont collationnéos

— 1»< 358 >t^— [38IJ

rîîT^: ®* sous les pieds : p ^ — K U HiT^ l! fTiX

^i^ + Zd^^SlVSfc- f^'"P'''^ '^' P'-^mi^po inscription, lo cercueil a été doua»; iui l'ui «on don à lui, de son frère, le Roi AnUf, aimé d'Osiris, ù jamais». Ce frcro royal, d'après l'orllioijriiphe purticulière J||^ tjue nous signalions loul à riiéure, serait NouLkliopirre, et c'est un résultat exliM^mement intéressant, tant pour lo rangement historique des rois cpi'au point de vue des relations familiales, car Noubkhopirre , ayant donné son cercueil à son frère Sekhemro- Apmat, a forcément été son successeur. Remarquons encore que, dans les textes qu'on vient de voir, les deux rois frères s'intitulent »ou(en l'un et l'autre, comme il est fait pour eux au papyrus Abbott et comme sur la boîte à canopcs de Sekbemre- Apmat; cela décèle, chez ces princes, une conception modeste de leur royauté dont nous verrons, au temps de Noubkhopirre, la conlirmation très claire.

Avant d'arriver aux monuments de \oubkhopin-e, examinons, pour n'y plus r<'venir, le deuxième cercueil du Louvre, le seul monument de l'obscur Sekhemre^Harhermat Antef, De facture et d'aspect très analogue au précédent, il porte une ligne d'inscription du haut en bas du corps et une ligne d'inscription sous les pieds, plus une titulature royale rajoutt'e après coup, en surcharge par-dessus lo décor de la poitrine et de manière extrêmement grossière, L'inscription longitudinale

«iir rt.lijt'l mhw, (;f. noL'GK, iVo/i'cc idtnmaire des monument». . . (1876), p, 79, cl Stkisdorfk, U. cil., dans \,Z., .\X\lil (i8<j5;, \>. 8^8.'), cja-;,').

donne Ci : y\\' — * "î" t^ î !^ 7^ '•^ ^— * 4" ** i (1 1 2*1 (•^*''') ^ »■»» ^ P ^ ""^ ^ j^ 2Ij 1 ' ^""'' '*^^ pit'ils , on lit ! j7\ ^/ — \ j ^ ^ q] ^ \ !^ • ^ Â i ' i ' — ' ^- Qii^nl à la surcharge de la poitrine, elle est rédigée ainsi qu'il suit, en unceolonnq \&\licale : J ^ (® f <^T ^1 ^^'^ ^fl «e sait si cette su|'qhai{fe fut

faite pour compléter régulièrement la litulature du ("qj, qu sH| faut y voir l'indice d'une usurpation, d'une affectation do l'ohjot au service d'un roi pour qui d n'avait pas été fait to>it d'^'l^ord; il semble, en tout cac, que ce Sekiienu'e-Harhermat avait |iien comme nom personnel celui d'Antef ou d'Antef-â, puisqu'il s'accommodait des piHîjnièrfls légendes.

ÏI

aiOPUHITÛPlRRB .^Î^TBF, frîîre et scccesseur de SEKHEMRE-\PMAT.

Le troisième de nos rois Antef, Nouhkhopirre, nous 3 iégwé de^ monmneuts pli|s importants et plus nom|jreu\ (jue cewx ((ue nqns venons de voir. J^e prentiier, aujourd'hui di^truit, est le remarquable tombeau de Drah abqu'l ^eggali que Mariette, i'ïi i8(io, décrivait comme creusé ctdans les llant's d'une colline; c'était ".{in hémi-spéos, et la façade était ornée de deux

Ci RiBCH, lue. eif., p. 52-53; Pierrot, /oc. cit., p. 85; Rougé, Notice t^oitimaire des monuinonls . . . (i87()), p. 79. Comme pour l'ol)jol précédent, |ips lran6r.rii)li<ins sont vériliées sur rorijjinal.

- Le (leiisfiènie si{;ne a prcbijue exactement le dessin d» sislpe »«|/i«j«^; mais, comme nous l'avons evpli(pi('' pn-cédeiilinent (cbap. 1", 8 11; cf. ce (pii i-sl dit lin pei4 plus haut à propos des monuments de ,Spkhqmre-Apniiil), jl n'y faut voir autre chose (ju'une variante grapliique du sekhepii prdinairçt

obcMisques^'^T», On n'en a point de relevé plus précis, et seul, (le la (lérouverte de Marielle, osl publié l'un des obélisques de la façade; haut de 3 m. 5o, il porte les inscriptions suivantes sur ses (piatre faces '^^ :

1. Formant petit tableau carré sous le sijjne du ciel, la titulalure :

lî ^ face à droite, vis-à-vis de ^'^ face à gauche.

Ml

if ïl

vA> v^

j P'" -'^îîîri?"" ■'';<^<^^'^^^;?^^4$?;??

On a ainsi, outre le nom solaire Nouhhliopin-e et le nom personnel de cet Antef, son nom d'Horus, Nojîrkhopirou , et son nom de nibli, llarlieniesitf. La manière dont est écrit le nom d'Antcf, avec un ^ intercalaire, est personnelle à Noubkhopirre et se rencontre invariablement sur tous les monuments à son nom que nous verrons tout à l'heure; c'est pour-

('' Mariettk, Li'tlre à M. le Vicomte de liougé sur les résultais des fouilles entre pn ses par ordre du vice-roi d'Ej^ypte, dans Rev. archéolog^ique, 9° série, II (18G0), p. 28.

*'' Mabiette, Monuments divers, pi. 5o a; tcxto, p. iC. Cf. Villiers Stuart, Nile Gleaninfrs, p. 9-7.3-974, pi. XXXIII; Wiedemann, Aeg. Geschichte, p. aa^, n. fi; Maspero, Archéolo[pe éjfijptienne , |i. 1. 39-1 4 9, ol Histoire, I, p. /160, n. .'j; Stkindorff, loc. ci7.,(lans À.Z., XXXIII (iSyS), p. H."}; Ciautihkr, Livre des Unis, I (tyoS), p. 938.

['29,fi] -^9.( 301 ).«^H—

quoi il est nécessaire, comme nous le disions plus haut, de reconnaître Noubkhopirre dans le ^'AnvlJ!^^] '1"' ^ enseveli son frère, le roi Sek]i('inr(î-A|)niat Antef-â, et très probableuient, par suite, a été son successeur. Notons, à propos de cette relation familiale, et comme susceptible de déceler un fait du même ordre, l'analogie qu'il y a entre le nom de nibiî de Noubkliopirre, Hnrhernesitf, et le deuxième élément du nom solaire de l'autre Antef, Sekhemre-//flr/!e/*wwf, dont la position exacte n'est pas connue.

Il est également nécessaire, et pour la même raison, de restituer à Noubkhopirre le cercueil de Londres dont nous avons dit un mot déjà; très scmidable aux deux cercueils du Louvre, ce dernier objet porte, comme eux, une inscription en une colonne, dans l'axe du corps, et une inscription sous les

pieds ''• ; elles donnent respectivement : ^^ ( J \ 3^ J ^

( *!<H1]^* R<^iïï9i'quer sonten haili, ici, au lieu du soiUcn

exclusivement rencontré chez Sekhemre-Apmat.

Que le cercueil soit arrivé intact jusqu'à nous, cela s'explique lorsqu'on remarque que les enquêteurs du papyrus y\l)]joll , inventoriant la sépulture immédiatement avant de passer à celle de Sekhemre-Apmat, la trouvèrent également inviolée.

(•' Br. Muséum, n° 665a-, Biucii, /oc. cil., dans A.Z., 1869, p. 53 (je n'ai pu collationncr les inscriptions sur i'orijjinal et les donne simplement ici d'après Bircli). Un croquis de l'olijel dans Stkindouff, Idc. cit., dans A.Z., XXXIII (1895), p. 85. Budf;e dH{Uistory, II, p. i84-i85; Book <,f the Kings, 1, p. 8A) que ce cercueil porte le cartouche Sphhemre-Apmnl ; mais il n'y a là qu'une confusion.

Lj) pyramide — nous disent-ils "> — de 4" Jl, J ^©fn^^

"î 1 P^ i Olcjil "î" i P' '^"•^ ^ •^^"^ trouvée avec des ouvertures nrati([uées par les voleurs, qui avaient fait une excavation de deux coudées dans son couloir (?), et [une autre] d'une roiidi'e dans la salle extérieure du tombeau du chef des apports d'olfrandes de la maison d'Anion Aouri, lequel tombeau était détérioré. I Quant à la sépulture royale dont il est question ici,] elle était intacte, les voleurs n'ayant pas su arriver à leurs fins." Do nif'mc que lo loml)eau de Sokbemre-Apmat, celui-ci n'a été pillé que dans la première partie du xi\' siècle; mais, taudis que l'histoire de la découverte du caveau de Sekhempcr- Apmat est complètement inconnue, pour celui de Nouhkho^ pirro nous savons à quel moment et de quelle manière la chose s'est produite. Le cercueil de Londres, en effet, est sorti de (erre en même temps que d'autres objets extrêmement remar- (juables trouvés par les Arabes, en 1827, à Drah abou'l Neggah, notamment le célèbre diadème d'argent acquis par le musée de Leyde et des morceaux d'une toile inscrite qui ont suivi le cercueil à Londres; on a exposé à diverses reprises ce qu'on sait de l'origine de ce trésor et de sa dispersion '*l Les toiles inscrites sont remarquables par l'écriture 4c leurs lp\los

(') Abbott, p. 0, I. lâ et âuiv. Bililiograpliic lionnôé plus haut i pFOpns du Imiibeau de Seliliemre-A|^iinat dans Abho.ft, p. 3,1. |6 et suiy.

'*' Leemans, Lellre à M. Fi: Saholini etc., i838, pi. II, 22, p. 9'j-28, et Monuineni» égyptien* du musée de Leyde, Il(i8i6), texte, p. 18; Prisse, dans Nulice »ur la talle det ancêtres etc. (dans fiev. archéologique, i8'(5), p. l5 du tirage, et dans ?\i)tice sur les antiquités égyptiemies du }{usée Britannique (dans l{pv. archéoloirifiue , i5 février 18^.7), p. 20 du tirage; Bircii-Chabas, Le papyrus Abbott, dans Hev. archéologique, XVI (18.59), p. 269-270. — Prisse eut ses renseignements, à Thèbes, dii l'assorié du Grec Yanni Alliauasi, qui avait aciielé le cercueil; celui-ci fut revendu efl i835 à Londres avec I9 co||ec(ioi) Sait, laisse alla à la recherche du tumheau, mais, malgré t'aide de co fluépip associé de ^anni Atlianasi, ij ne put réussir à ie retrqiiver- — Cf. STEishORF», loc. cit., dans À.Z., XXXIII (1H95), pp. 85-87, 92-9^.

qui rappelle l'écriluro du pupvrus «le Sinouliit ù Uerlin; (juant uu (liadî'me, c'est un simple, baiuleau d'argent sans inscription, sobrement orné aur 8a eirconlérence, avec l'ura^ua dressé en avant ot un grand nœud stylisé en arrière''^ C'est également du morne tombeau (pie serait sorti, d'ajavs le rapport des indigènes qui firent la découverte, le scarabée gouvent cité, de jaspe vert, monté en or, que possède le British Muséum et qui

porte le nom d'un roi Sehehcinstif, ^ ^ i^\^^^'\it^i '• '^

fait, s'il était certain, constituerait une preuve extrêmement précieuse du voisinage où sont ensemble les Sebekemsaf et les Antef, et il est regrettable qu'on n'ait pas le droit d'en faire, usage sans réserves.

Quoi qu'il en soit en réalité, on a toujours, depuis l'origine, cité ce scarabée de Sebekemsaf en mémo temps que le cercueil d'Anlef de Londres et le diadème de Leyde, et cela nous donne peut-être l'explication d'une note très singulière qu'on trouve dans la relation sommaire de Mariette. Observons d'abord qu(^ , a il est vrai que le cercueil de Londres appartienne à Aoiibkliopirre Antef — et nous avons expliqué plus liant pourquoi il n'en pouvait guère être autrement, — c'est le même tombeau dévalisé en 1 8q y que Mariette a retrourê, le jour oiJ il découvrit la façade aux deux obélisques. Or Mariette, dans son compte rendu de 1860, dit ce qui suit^^^ ; «J'ai reconnu à Drab abou'l Neggali l'emplacement de sept tombes royales qui sont : celles des rois

''1 Le diadème est publié par Lkkmaks, Mon. éifypt. Leyde, II, p. jh, pi. XXXIV 1 a, b, et, beaucoup mieux, par P. A. A. Bokser, Das Diadem eines dev Inle-fkonifje , dansi.Z. , XLV (njog), p. 3o-Bi, avec deui photographies. Dcrnit'ro pultiicatiou du nièuic auteur dans Ueiicti. der dg. Summhinn dix Aiederl. Hetcli»mu»eutm . . . in Leiden {Mien und MitUvren Jieichs, 11. Aht., 1910).

l') Leemans, Pristio, Uirch-Chalias, n'-fcrcaccs de la note antéproct-denlo. La rédaction de la mention royale m'ebt fournie par une communication directo (lu Londreii.

t'' Mabiktte, Inc. cit., dans Itvv. arcliéidogique , 2' série, Il (|8Gq), p. nH,

Ra-M()iil>-khoj)(M'-Enl('f ol Scvok-em-Saf , creusi^es à l'ouest de la nlainc, dans les llaFU's (riiiio colline. . . v La tombe d'un ritl Sei)ekemsaf, à côté de la tombe de Noubkliopirre ? C'est de celle tombe inconnue, alors, et non du sarcophage de Noubkliopirre, que serait sorti le scarabée de Sebekemsaf au cours des fouilles indigènes de 1827, et Mariette aurait recueilli des indices de la personnalité de cet autre roi? On se rend compte, à la réflexion, que cette explication séduisante ne doit pas être la vraie. Mariette savait, tout simplement, qu'en 1827 on avait découvert à Drah abou'l Neggab la sépulture d'un roi Antcf; rencontrant, à son tour, un tombeau décoré aux noms de Noubkliopirre Antef, d'ailleurs dépouillé entièrement, il l'identifie sans hésiter avec celui de la première trouvaille, et cette identification, (pii pourrait aussi bien être erronée, se trouve par hasard être bonne; il se rappelle d'ailleurs qu'en 1 827 on avait trouvé sur des objets voisins deux noms royaux, ceux d'Antef et de Sebekemsaf, il a trace dans ses notes d'un certain tombeau d'Antef et de Sebekemsaf, qu'il dédouble, par erreur ou sur la foi de quelque indication perdue, en un tombeau d'\nlef et un tombeau de Sebekemsaf, et il croit pouvoir reconnaître le tombeau de Sebekemsaf dans quelqu'une des sépultures pillées qui avoisinent celle de Noubkliopirre Antef. La ''tombe de Sevek-em-Saf>5 de Mariette doit donc, jusqu'à plus ample informé, être considérée comme imaginaire"'.

licmarquons encore que l'édifice de Noubkliopirre a été abordé, en 1827 et en 1860, de manière très différente. Les fouilleurs indigènes de la première époque ont vraisemblable-

'') La noie do Mariette est intorprétée quelque peu dillorcinniont par Da- RESSY, IjPs cercueils royaux de Gournali , ilaus Annales du Service, XII (i()ii), p. 6^-08. Daressy pense que Mariette a luen retrouvé la tombe de Sebekemsaf, violée lonplcmps avant lui , et que la tombe de Noubkhopirre, vraiment découverte et décrite par Mariette, ne peut être relie d'où le cercueil de Londres a été extrait en 1827; mais l'impossibilitc' que voit Daressy à celle dernière identité n'apparuit pas bien.

iiieot p<''mUro dans le caveau par la maçonnerie siipi'riciire, et l'uni vidé sans s'occuper des organ(vs environnants; Mariette, au contraire, a reconnu et dégagé la façade aux ohéliscjues avant de pénétrer dans le caveau saccagé. En combinant les renseignements déplorablement brefs de Mariette avec ceux qu'on a obtenus des Arabes de 189 7, on arrive dans une certaine mesure à restituer la configuration de l'édifice. C'était, «dans les lianes d'une colline», à la base des pentes de Drah abou'l Neggab, «un bémi-spéos?? dont la partie avant, construite en matériaux rapportés, présentait au visiteur une façade 'ç ornée de deux obélisques», sans doute une grande stèle extérieure, peut-être une chapelle très peu profonde, sans communication en tout cas avec l'intérieur de l'édifice; quant à la demeure proprement dite du mort, elle comprenait une seule chambre, dans le fond de laquelle s'offrait le sarcophage, ménagé à même la roche dans le travail d'excavation et qui renfermait le cercueil anthropoïde, avec la momie, le diadème et les autres objets que les premiers fouilleurs devaient enlever. Dans la construction de la partie avant, il est extrêmement probable qu'on n'avait employé ([ue la bricjue crue.

Nous avons d'ailleurs quelques moyens de confirmer et de préciser cette restitution, grâce à la description beaucoup meilleure que Mariette nous a laissée d'un autre tombeau de Drah abou'l Neggab, à vrai dire delà XP dynastie, ce\m à' AnteJ aux chiens''^\ grâce surtout à ses notes très instructives sur les petits tombeaux de la Ml" et de la \IIP dynastie qu'il a relevés dans la nécropole d'Abydos. La construction'-' est tout entière en briques; l'aspect extérieur est celui d'une petite pyramide posée sur un grand soubassement rectangulaire, tout à fait la forme de l'hiéroglyphe ^. Dans le type le plus simple et pro-

'*' Makiette, loc. cil., d;ms Rev. anli., a" sério, lt(i8Go), p. 33. ^-' Maiuettb, AIj)J(Iiis, II, j). li-2-[\i, pi. 66, 67.

hahlomcMit I»' plus ancien^", il n'y a poirtlde chappll»» oxldHeuiV, et IVdilice ht' pn^snntc à l'arrivant qu'une slèle en piolYe, posée sur le socle on ni^me au pied du sorle; lu pyramide esl creuse; die enveloppe une grande cavit<5 centrale, m('na|j^»c partie dans le soubassement, partie dans la pyramide ellenif^me, et rouverte en encorbellemenl ; c'est là que repose le cerrueil, introduit par un trou qu'on houche au moment des funérailles. Dans Un type plus développi5 el plus fréquent, dont il y à diverses variantes ^*^, une petite chapelle carnée s'accole à l'extérieur de l'édifice , et la stèle est dans la chapelle : l'évidomcnt de la pvramide existe toujours, mais il ne sert plus qu'à allégiT la consthtction et n'abrite plus le Cercueil, descendu maintenant plus bas, dans une salle tah^ti^e voùl^ée dont les maçonneries prolongent inférieurement relies du socle; pour arriver à cette crvpte au moment des funérailles, il y a un puits, qui s'ouvre le plus souvent dans le sol de la chapelle exliéricure. Telles sont les tombes-pyramide? de la *Xllï'' dynastie ti à Abydos. Celles de la même époque à Drah abou'l Neggah étaiont certainement très semblables; Mariette dit encore au sujet de ces derniers tombeaux : r^On ])âtissait un édifice quelconque, souvent massif et de forme pyramidale; dans celle masse, on ménageait une chambre qui contenait la momie ^^'. . . -^ Plus précisément, voici une tombe -pyramide de Drah abou'l Neggâh — une seule, — exactement relevtHî par Prisse , dont le croquis el les 'épures <*' nous montrent

(•) lbid.,i>\. 66, «, b.

'*' ihid. , ]ii. 66, c, (f, p; 67. (i-e.

'*> Mariktir, hc. cit., dans Het. atvh., 9' serre, II (1860), p. 98. Mariette ajoute qu'à cette rhamitre cdonnàit arcès une jK)He toujours pratirable-', mais il est permis d'en douter 1res fort; le trou par lequel on introduit le cercueil et qu'on bouche ensuitiê, constaté par Marielte A Abydos, est beaucoup plus vraisemblable également à Tlièbes.

'*> l'ttissK, lliêloirede l'art cffijptien, l, pi. Z16 et texte, p. H78. La petite vue fpii arrompa{pY(p les ép«n>s rst veproduilv |)ar M.Vst^tut), K^Jte (datt? la collection /lr« una, 1912), p. loa.

la suporslriictiil'ô pyramidale sUrle soclo cubicjUR, envclopp.uil deux ('videinenls superposi's, ruii on mutiièrc do four do plan cil*cul{til*e, ailnS la pyràinide, l'aiili'e carl'o, voAlo on ploin eîhlriîj dailâ \q sôuhasscûiehL On a là, comme on voit, lo lypo n Abydôs diéVbiopp»S avec la chambre funorairo basse el le vide supérieur do décharge, privé seulement, peUt-ôlfô, delà chapelle eîitéHèUlSS^".

AM*i\'ons, niailil(?i1àni, aux autres monumenls cohhus de Noiibkbopiitfî Ahlef, dôht le règne a été dVine certaine iinporlance d'jiprès les travaux de cotistruction dont nolis avons dos veslige"^ h Abydos et à Koplos. A Abydos, de beaux fragments dccolohttfeStIvGc litulaiures détaillées du roi ôhl été trouvés put Pcirie^^'; ils conservent le nom d'ilorus^ ÎS!'^' ^^ les cleuîc rtomii ik carlouches, ©nsftn^ ot J^^I^. Un autre relief, provenant du niiême édifice et portant le nom solaire du roi, est au British Muséum ^^l Pétrie lira du sol, en même temps que les colonnes, la stèle d'un rertain i\ofir, ^2 a^"^ ^ '^' ^"*' laquelle l'oiricior Nobr est repit^senié derrière le roi vis-à-vis dX)siris; le 1*01 fest désigné par ses deux cartouches, Nnuhkhofi'h'è y^^jféf <*'. Au même endroit fui enfm trouvé un autre monUhiettl, ett nombi-PU^i fragments dont l'asisemblage permit de l-^lUwer, e« partie, la stèle d'un ofticier nommé Nekhi^"''; on y Wttconlre l'intéressant iambeaii que voici : ... ^%\

<'* IjWe ittscri^ltw jSpi.'héraip do r?5 iniiibciuix en bviqire du Movvn Kmpii-o, H Drali alioul Nog[;ali ot à Al)ydos, d'apn'-s Marieltcol d'aprrs l'risso (voir noies prérédentes), a él«î donnée à plusieurs reprises par Maspeiio, dans MoiiidiipiiU divers, texte, p. 16, Arcliéolofrie étryptienne , p. ii'^-ih^, ttl ii>n dernier îiou E^;i/p(fi{r^\'^),p. itta-ioS.

(») !V.«»ïs, Ai>)fârns, \ (1909), pt. LV, 8-5, LVt.

<*' Br. Muséum, n" 63 i; BidcV;, Bort*- nf ihv ftVng-», I, 8«, d A G»<tWe iShilpfiri'f'), 1909, \>. 98; Hin-à^hjphir tr.rfg . . . in ihv linlinh M<nvcvm . IV (ï9i3)s pi. XXMU.

<*> P^n^t-^Ahif^oi, Iï(i903), pi. XWH, 3.

^''' IV.rniE, AOydos, 1, pi. LV, 8, LVH; tcxlc ix'slilMVi en partie par Wk^.au, ibid., p. 1*2.

f|iÊ> T V ^ ^ + V ^ î vlQl ÎH • • 1 '"'""f-

coiunic on voit, à un certain édirice Ash-Anlof, clans Abydos, après quoi l'olTicier Nekht dit : çtj'ai suivi le Fils Royal du nrince Anlcf. . . w L'emploi du mot Jiil- pour désigner le roi est très remarquable.

A Koptos, d'intéressants témoignages de l'activité de Noubkbopirre sont fournis par les beaux fragments sculpturaux, provenant du temple de Min, que Pétrie a publiés''^; le roi y est désigné par l'un ou l'autre de ses deux cartoucbes, aux noms toujours ortbograpbiés de même, et par son nomd'IIorus |]^ ^ ^. Du même édifice, sans doute, venait la pierre remarquée depuis longtemps dans la maçonnerie d'un pont du voisinage, aujourd'bui détruit, et qui porte'- : , -^^ ^ f ^ J ^

{^■^%\ i ^ WM ¥ CH^J- C'est là, enfin , que fut trouvée la remarquable stèle, datée de l'an 3 , mois 3*" de fer'il,

jour 2,?, de \ •§ (ff^ '^ ^ J! 1 SH ' ^^^"'^ ^^ ^^^*^ promulgue la condamnation prononcée, pour une faute; inconnue, contre un certain Teti, fils de .Minhotep, qui se voit dépossédé de ses charges et bénéfices avec toute sa famille'^'. Ce qui fait surtout l'intérêt du document , c'est la malédiction destinée à arrêter quiconque, oj^cier ou rot du Sud en exercice, serait tenté de s'intéresser au personnage déchu; les phrases qui expriment cela méritent d'être reproduites : (l- ?) •••!=• + Z^^f"^ (*• ^) ?^ ^

(') Pétrie, Koptos (189G), pi. VI, Vil.

'-' Si(;nalé par Wilkinson, A Handbook for travellers etc., p. 821 (cf. Murnnjs Ejfypt, p. 891, ou A/17, ou autres, suivant les éditions); Iîiuch-Chabas, l.e papyrus Abbott, dans Her. archcolojfique , i" série, XVI (iSSg), p. 267; VViEDEMANS, Aeg. Geschichte, p. 22^; Pétrie, Koptos, p. 10; Maspero, Histoirc , I, j). 6(»o, n. 1, el Hist. nncienne (igoi), p. 113, n. a. — (le petit texlo est jtuhlié, enlin, par A. H. Gaudinbr, A Monument oj AnleJ V froni Koptos, dans P.S.B.A., XXIV (1902), p. 2o4-2o5.

W Reproduction dans Pétrie, Koptos, [il. VIII.

^âlPrTi • • • ^'^''' ''^^ '"^ ''^' ''" '^'"' quelconque, un potentat quelconque faisant fondions de roi du Sud(itekhem^^^ ar-f soiflfii^, qui se montrerait favorable à lui, qu'il ne saisisse pas la Couronne Blanche, (pj'il ne coiffe pas la (i(»iu'onne Houge, qu'il ne s'assoie pas sur le trône de riioius di.'s \ivanls, que ne s'unissent point à lui la déesse Vautour et la déesse Uraws, en leur amour; s'il est un ollicier quelconque, un prince (juelconque, qui adresserait des prières à Sa Majesté afin qu'il lui lYit |)ardonné, ses gens, ses biens et ses terres seraieiit donnés on offrande divine a mon père (|^^) ^lin de Koptos, etc.» Il y a plusieurs renseignements précieux à recueillir dans ce passage. D'abord il n'y est question que de rots du Sud — soitton déterminé par le personnage coiflé de la couronne blancbe, ou ce personnage seul, — et le roi, ayant à parler de lui-même, écrit le pronom suffixe de la première persornie par ce même personnage à la couronne b'anche; il se qualifi*' ainsi, explicitement et exclusivement, de roi de In Hnulc- Egyple. Il ne résulte nulle ijidication on sens contraire, remarquons-le bien, des allusions voisines aux deux couronnes du Sud et du Nord, aux deux déesses du Sud et du Nord; car ces dernières mentions sont de style, et le plus chétif roitelet qui s'est proclamé Pharaon s'en approprie l'usage en même temps que celui du double titre sotitrn Imiti, tandis ((u'il faut, au contraire, qu'un roi (jui tout naturellement s'in-

('' Remarquer le sekhem décoré, avec les appendices ascendants qui le font presque identique, d'apparence, au $oshesh,c\. cela, dans un cas où la présence du complément phonéli<iue »« rend la lecture sekhem particulièrement certaine.

M. R. WEILL

litiile frroi du Sud», uil les raisons les plus forlus de se tenir à celle Jitlilude niodesle. Nouhivliopirre, bien <|u'il porte d'ailleurs les litres royaux complets, bien qu'il s'appelle som/cw i^j/i sur son cercueil et sur la stèle de Koptos elle-même, est donc njellement un simple souten, un roi de Tlièbes, et cela confirme de la manière la plus décisive ce (ju'on pouv;iil apercevoir déjà d'après Tappellation souten sur la boîte à canopes et sur le cercueil de Sekhemre-Apmat, ainsi qu'au papyrus Abbott pour ce Sekbemre-Apmat, pour iXoubkhopirre lui-même et plusieurs autres rois thébains; nous retrouverons plus loin, sur quelquesuns de leurs monuments, ces souten Scbekemsaf, Thouti et autres.

Il résulte de là que l'Egypte, au temps des Antef, était divisée au moins en deux royaumes, et l'on ne peut s'empêcber de mettre immédiatement en parallèle, avec ces «rois du Sud», les ç^rois du iNord», ^j ^ ou ^, qu'on rencontre si fréquemment à l'époque des scarabées dits liyksàs et parmi lesquels prend rang, par quelques-uns de ses scarabées, Aousirrc luimême : renvoyons, pour ce qui concerne ces princes , à ce que nous avons vu antérieurement '\ Si l'on se borne, cependant, aux renseignements thébains de l'époque des Antef pour déterminer l'état de division du pavs à cette même époque, il n'est peut être pas impossible de trouver d'autres indications encore dans les phrases précitées du décret de Noubkbopirre, dont certaines injonctions, nous l'avons vu, s'adressent à «tout rot du Siidv, à rtout potentat faisant [office de] roi du Sud v : d'ap.^ès le sens général et d'après lu construction de la phrase, il paraît bien s'agir de personnages actuels, non de souverains à venir, et ainsi l'on est conduit à supposer que la royauté, au temps de Noubkhopirre, était exercée simultanément, rien que pour la Haute-Egypte, par plusieurs princes souverains; on

!'' Hylitôs, seclioii II, cliaj). ii, 8 Auushre Apopi el Aura.

croit iinMiîc comprendre, d'après la nianièro oxlrcmoment naturelle dont Noiihkliopirre parle de ces collègues royaux, rois proprcmcnl dits ou pvincca e.vcvvanl la royauté, que les Pharaons cpii se partageaient le pays de la sorte se considéraient mutuellement comme légitimes et vivaient en bonne intelligence*". N'oublions pas, cependant, cpie celle image tout a fait intéressante n'est fondée que sur l'interprétation de quelques mots énigmatiques en somme, et dont les conséquences historiques doivent être envisagées avec une grande prudence.

Il nous reste à mentionner d'aulres monuments de Noubkhopirre Antef; une demi-douzaine de scarabées qui portent le nom solaire'-', puis la statue souvent citée — aujourd'hui perdue? — sur laquelle le roi est représenté en vainqueur des Asiatiques et des JNoirs'-'', avec son nom solaire écrit ( ® ^ '^'^ 1, puis encore une stèle trouvée à Karnak et à laquelle il faut nous arrêter un instant. Legrain, par qui le monument est connu ''", cite ainsi (jn'il suit les éléments de la titulature :

'' Indiqué d'un mot par Pieper, Die Kônige Aegyptens etc. (igo^), voir n" l 'i de sa classificaliou; exposé ensuite par Breasted, Ancienl Record», I (1906), p. SSq-IVii, puis par Ed. Meïer, Gesch. des Allerlums , 1,-ji (1909), p. ;îoo.

'*) Deux au Louvre, un à Vienne, un au Caire (provenant d'Abydos), un dans la coll. Grant. Références dans Wiedemann, Gesch. Aefjypteiis, p. 2 ai et n f).

'' Lkemans, Lellre à M. Fr. Salvolini etc. (i838), p. t/ia-i'iS et pi. XXVIII, n° :î88: Bircii-Ciia'bas, lac. cit., dans Rev. arche'ologiqtte , 1" série, \\ 1 (t (S.'jg) , p. 3G8; Wiedemasx, Gesch., p. 22^, n. 9; Maspero, Histoire, 1, p. '159, n. '1, et llisl. ancienni' (190A), p. 110, n. .5. Le monument est complèlenient inédit; à l'époque de la Lellre de I^eemans il élait dans la rollection Lee, et je no sais ce qu'il est devenu depuis lors.

*■ Lkcjrain, dans Annales du Service, III (1903), p. 11 0-11 '4 (dans Le temple de Ptah-ris-Anlmu-f dans Thèbes).

''''> Leprain lit /-~«a Ti , mais ce dernier ♦ est extrêmement invraisera- Itlalde; la pierre porte peutètro *.

¥E(|îrD

à quoi il faut joindre le nom d'Horus qui figure dans le tableau supérieur et qui est, parait-il, J^JjJ^^- Gauthier, plus tard, relève la dilFérence entre ce dernier nom et le nom d'ÏIorus auparavant connu de Noubkliopirre Anlef, à savoir 1 3^ ^ , et conclut que la stèle de Karnak appartient à un roi ditrérent, quoique voisin de Noubkliopirre par les analogies que présentent leurs noms^"; à l'examen, cependant, il ne semble pas que l'existence d'un nouvel Antef soit à admettre'-*.

ni

L* REFNE SKBRKFMS\F, FEMMK DE NOUBKIIOPIRRK ANTBP.

Un dernier monument de Noubkliopirre Antef est un pelit pendant d'or, connu par la publication de Newberry '-^^ et

sur lequel on trouve les légendes"] |^ \\ y^^ f't \ ^ ^ ^ J4^f ■».- ^ "^ . L'objet est analogue, de facture, au sca-

t') GAirruiER, dans Buil. Inst. français arch. orii'iiiale, V (i(^oG), p. 3Ô-37 (dans Quelqui'ii reianniues sur la M dynastie), et Livip ilfs Rais, I {iC(o8), jf. a40.

(*' Qu'il s'agisse du Noubkliopirre déjà ci^nnu , cola paraît résulter du nom de nibti, si caractéristique, et de rorlliojjraphe du nom d' Anlef, avec la I inleroalairc qu'on trouve sur les monuments de Noubkliopirre de manière uL-Miluiaenl géuérale. La diQ'éronce du nom d'Horus serait évidemiueut un»' dilliculté grave; mais la stèle potle-t-elle bien, en cet endroit, ^ au lieu de li — Ed. ItcTiR, (je$£h. d. Ah.,\, M (1909), p. .^01, m» croit pas à un roi nouveau, non plus que Budge, Kings, l, p. 8iî-8G.

«> NtwiBMT, fh» fttreniagt i,f Out-fn Aah-Hxley, dans RS.B.i., \\\\ I joa), p . 280-289.

rabée de jaspe monléen or, au nom d'un roi Sohekemsaf, qui fut Irouvé jadis dans le cerrueil de Xoiihkhopirreou an moins dans le voisinajje de son lond)eaii, el dont nons avons (iit un mot précëdemmenl; cette ressemblance donne lieu de penser que la reine Sebekemsafdu pendant d'or, femme (hi roi Anlel, est apparentée avec les souverains qui portent ce même nom de Sebekcnjsal, el la supposition se confirme immédiatement du fait qu'une autre princesse Sebekemsaf est contemporaine d'un roi Sebekemsaf bien détenniné, celui dont le nom solaire est Sekbemre-Sesbodtaoui. C'est ce qu'on voit par la stMe d'un certain Menlouliolcpf'^ dont la mère est la ^ -^^ ^ ^ "^^

* J^.l'lit'^^ ^^ ji '"^ Royal, porteur du sceau du

Nord, administrateur du domaine [de la reine] Noubkhas, Kltpnmes [surnommé (?)^"^'] JSihouiv. La reine Noubkhas étant la femme de Sekhenu^e-Scsbedlaoui Sebekemsaf, on voit que la princesse Sebekemsaf, femme du prince Kbenmes, vivait au temps de ce roi Sebekemsaf, et le rassemblement ainsi constaté des personnages do ce nom dans un court espace de temps permet de croire qu'ils appartenaient tous à la même famille.

La première Sebekemsaf , ccjîendant, est sans doute antérieure d'un certain nombre d'années, puisqu'elle épousa un Antef, et (|ue dans rensend)le, comme nous savons, les Antef précèdent les Sebekemsaf dans l'ordre historique. Il n'est pas impossible que cetfe union ail préparé l'accessicm des Sebekemsaf à la royauté, soit que le premier i*oi Sebekemsaf fut le lîls d'Anlef el de la reine Sebekemsaf, soittjue cel Antef, disparu

t') (ioll. VVeisz à Kalaz; VViEwesi^NS, ihi n HÀaiive uf Queen \uh--^à-t , daus P.S.li.A., IX (1887), p, 190-19:1.

'-' -IZ^ oublié avant t— ^ ?

sans ln'*riliers dirccls, ait éUS romplarr p;ii un prorlic parent «II» ii\ veux»'. On voit, en tont ras, (pie \o mari de Sebekemsaf a livs proh'ihleinent été le dernier en date des Anlef.; si c'est Nouhkliopirre. comme il y a tout lieu de le croire d'après l'orthographe de son nom sur le pendant d'or, celte indication hislorifjue concorde parfaitement avec celte circonstance que \oid)khopirre a succédé à son frère Sekhcmre-Apmat \ntef-a, et Ton est conduit, pour n'êlre point gêné par la personne de l'autre Anlef, le très obscur Sekhemre-Harhermat, à l'inscrire en télé de la famille, avant Sekhemre- \pmat ; comme on sait d'un antre côté, par le pvramidion de Londres, que la mère de Sckhcnire-Apinat était lljmusc Hoyalf, et par suilequeSekhemre- Apmat était fds de roi, on se demande si Sekhemre-Harhermat n'a pas été le père des deux rois frères, Sekliemre-Apmal et Nouhkliopirre.

Un autre monument du temps de la reine Sehekemsaf est im chevet de hois de l'officier Heri, chef des compt du domaine de la reine ''^ : X ^ "^ X ^ >!~7^'^ ■" > — ■^ X ^ ^

ï î ^"^ y ^ ^ ! ^ I "?■• 0" entend enfin pari r de la même souveraine, au début de la XVIII' dynastie, par la stèle d'un ollicier de la reine Ahhotep, nommé a \^ — , qui

est représenté'^' faisant offrande à la 4^ ^ ^(-"^7^] f^t à une reine vSebekemsaf, 4" ^ 4^ { ** ("^^^1' linscrip-

'i Br. Muséum, n° 28068. Newberry, loc cil.; cf. BuDf.F., A Gutdf tu ihe Thiid uiid Fiiurlh Efryplian Rnoms , tgo'i, p. •jo.

i '~~* à rorriper. évidemmi'iù. en

'^' Siéle trouviîc à Edfou en 188G: nii musée du Caire. Bocriant dans Mec. de travaux, IX (1HH7), p. 99-9:1: Maspero, Momies royales, p. fia.ô-ôaS; LiEBi.nN, dans P.S.R.A., X (1888), p. 3o2-3o3; Newberrv, loc. cit.; Sethe, Urk. der 18. Dynastie, I (lyo.j), p. uy-Si; Legbu>, Répertoire irénéalogique elc, (1908), p. 23->'l.

lion nous iipprriid (|iic cet oHicicr lui chargé de réparer h'

loiiihcan ruiné de celle reitie ancienne, 4" ^ ( "^^Ji^ ]•

(jelle Sebekcmsaf est-elle bien la reine de ce nom (pii fui la femme de Noubkliopirre Anlef? Kien n'empécbe de le croire, mais comme la slèle d'Ioiif l'appelle non seulement Epouse Royale, mais encore Sœui- Hoiftilc et l'illr lloyalr , il iaudrail à peu près inévitablement admeltre, en même temps, que Noubkliopirre a épousé sa sœur de père el de mère. Il en résullerait (pie b's Sebekcmsaf sont bien plus proches parents des Antef que nous ne le supposions tout à l'heure, qu'il ne fut pas besoin d'un mariage pour leur créer des droits au trône, et que vraisemblablement le premier Sebekcmsaf hérita du dernier Antef de la manière la plus directe.

Ouoi qu'il en soit exactement, c'est un fait historique de grande importance que l'intérêt porté par la reine Ahhotep au tombeau de l'ancienne Sebekcmsaf, et la représentation côte à côte des deux souveraines sur le monument d'Iouf. (]omme l'a compris Newberry, cela semble indiquer que la femme d'Alimès était une descendante de la reine ancienne, et, par suite, qu'il y avait des relations de famille entre le groupe des Antef el des Sebekcmsaf, et lesThébains postérieurs d'où la XYIIT dynastie devait sortir. Nous aurons sans doute, ultérieurement, à utiliser cette remarque.

CAKACTERKS HISTORIQUES DU GROUPE DES ANTEF.

D'après la manière dont Noubkliopirre Antef a formé les noms divins de sa litulature, on croit apercevoir qu'il voulait rattacher son règne aux souvenirs de la Xll" dynastie : son nom d'Horus, ^ojirlihopivou, est formé sur le modèle de ceux de Senousril III et d'Amenemhat IV, iSoulii'khopirou et Klioptr-

kliouirou — NoublvhopiiTc n'appariiîl-il pas uim; fois, sur la slrK' pr(^cil(^e do Kaniak, avec un nom d'IIonis écril khopirhlinnirou, romme colui mniic d'Ameriomliaf IV? — - ol quant à son nom solaire, c'est une combinaison pour laquelle on a pris (les «'lémenls des noms solaires d'Amenemliat II, ISouhImoure, et (le Scnousrit II, Khnkhopirve. Parla tendance ainsi accus(''e, ,\onl)kliopirre se rapproche tout à (ait de ses pré(l(^cessein's lliéhains, les Senousrit et « Amenemhat complexes» ('tudi(^'S au chapitre n ci-avant, et il sY'loigne au contraire de ses parents et voisins, Sekhemrc-llarliernial et Sekliemre-Apmat, qui pn> fèrent se rattacher à la tradition du nom solaire en Seklicmrr , créée, on se le rappelle, par le premier successeur de la XII" dynastie. Comme nous verrons aux chapitres suivants, le nom solaire en Sekhcmrp-\^\^ devait pn'-valoir définitivement à Thèhes, dès le n^gne des Sebekemsaf qui furent les successeurs immédiats des Antef , de sorte que les tendances légitimistes que Nouhkhopirre parait avoir allichées se présentent comme un cas particulier dans sa famille, ou, plus exactement, comme la dernière rnanif(3station d'un état d'esprit politique qui ne devait reparaître à Thèhes que plus tard. D'un autre côté, il est clair que nos trois rois Antef prétendent être les successeurs et les héritiers de la XP dynastie, et l'on devine que les droits qu'ils tirent de là ont plus de valeur pour eux, à Thèhes, que les liens tictifs par lesquels ils cherchent à se rattacher à Sekhemre-Khoutaoui ou aux rois de la XII' dynastie: plus utilement, ils portent le vieux nom théhain (V Antef, une fois même Anlof-à à l'exemple d'un de leurs lointains prédécesseurs^", et, ce qui est plus significatif encore, ils se font ensevelir à Drah abou'l Neggah, dans la nécropole des princes thébains de la première période.

'' Rappelons, àc plus, certains caractères de la litulalurc de Sekhcnire-Apmal Antpf-à que nous avons nolf^s plis liaut, cl qui rappellent la simplicité <to lormalioii de plusieurs tiluialurcs de la W dynastie.

Ces Antef d'après la XII" dynastie (étaient de très petits princes, et par là encore, ils se rapprochent des ftAmenemhat complexes fl dont nous avons déjà aperçu, par les caractères de la tilulalure de Noubkliopirre, que nos Antef devaient les avoir suivis à courte dislance. Les deux premiers d'entre eux, Seklieune-llailieruiat et Seklienu'e- \pniat, peut-être le père et l'aîné des fds, ne nous sont connus que par les pièces de leur mobilier funéraire. Le troisième, Noubkliopirre, frère et successeur deSekhemrc-Apmat, a eu un règne plus important d'après ses beaux travaux dans les temples d'Abydos et de Koptos; outre son lond)eau . d'autres monuments de lui ont été trouvés à ïhèbcs, et nous savons qu'il régna au moins trois années. Le nome d'Abydos était probablement, vers le Nord, le dernier sur lequel s'étendait l'autorité de ces princes, dont Tbèbes était la capitale et qui possédaient sans nul doute, au sud de ïbèbes, une étendue de pays très appréciable; ce territoire est exactement celui dans lequel se mamfeslait, avant les Antef, la domination d'Ameni-Antef-Amenemhat et de Snofirabre Senousrit, de Rahotep, d'Ougaf, d'Anab et de Khenzer. Les maîtres de ce royaume restreint se paraient, en vertu des convenances immémoriales, des titres royaux complets, mais leur qualité véritable était celle de rois du Sud, et eux-mêmes s'appelaient ainsi dans leurs actes officiels, ce qui montre qu'ils acceptaient l'existence de certains rois du Nord et que la division de l'Egypte, à leur époque, était de régime. Nous ne voyons pas encore au juste si l'Egypte était partagée en deux rovaumes ou en un plus grand nombre; l'évidente faiblesse des premiers Antef donne lieu de croire à un morcellement extrême du pavs, mais on se rend compte que, dès le temps de Noubkliopirre, la principauté thébaine était de taille à exercer une action prépondérante daïis le monde de la Haute-Egypte. Connue nous verrons par la suite, elle ne devait cesser de grandir sous la main des Sebekemsaf cl de leurs successeurs les Sebekhotep;

M. n. WKll

il est remarquable q\ie la dissolution de la royauté de la XII" dynaslie, donl le siège était dans le Nord, ait eu pour résultat de permettre à la principauté thébainc de renaître indépendante, et de prospérer pour ètie le noyau d'une monarchie nouvelle. Au précédent chapitre, nous avons reconnu que les Sebekemsaf étaient les plus proches successeurs des Antef. Depuis lors, nous avons vu le nom des rois Sehekemsaf passer à plusieurs reprises dans l'histoire de INoubkhopirre Antef, à propos d'un scarabée royal de Sehekemsaf trouvé jadis en même temps que le tombeau de Noubkhopirre et, dit-on, dans son sarcophage, à propos de la reine Sebekemsiif (jni fui la femme de iNoubkhopirre et dont il y a heu de se demander si elle n'était pas aussi sa sœur. Il est presque certain, dans ces conditions, que le premier roi Sehekemsaf a succédé immédiatement à Noubkhopirre, et qu'il était son fils ou son proche parent. Peut-on déterminer la personne de ce successeur et choisir pour cela entre les deux rois Sehekemsaf que leurs monuments nous font connaître? Nous allons voir qu'ici encore les monuments convenablement interrojjés sont aptes à répondre.

CHAPITHE V.

Page 1