CONDITIONS HISTORIQUES DU GROUPE DES SEBEKEMSAF
La famille dont nous venons d'étudier les monuments comprend six rois, les deux Sebekemsaf, le roi Oupouaitemsaf
'•' Gauthier, Livre de» Rois, II, |>. lai; Hall, Cat. of Egyptiaii Scarab»... in the British Muséum, I (1918), p. 91; NEWBEnnv, Scarabs, pi. XIII et p. 3o, où plusieurs scarabées de cette reine sont notés.
(*' Voir ce qui est dit à ce sujet plus loin, chap. viii, S 11, à propos de certains contemporains royaux de Klianofirre Sehekhotep.
<') Dahessï, dans Rec. de travaux, XX (1898), p. 72, oij Daressy confond le carlouchc avec celui de Seklicnire-Souaztaoui ; erreur qui passe, ea igoS, chez GACTHiEn, dans Bull. Inst. français arch. or., V, p, 53. L'erreur est rectifiée, plus tard, par Daressy lui-même, Sur un nouveau roi du Moyen Empire, dans Ann. du Service, IX (1908), p. 70. L'auteur, de plus, en 1898, avait
transcrit le nom solaire ( © T "r li par omission malencontreuse du I5
il a rétabli la lecture véritable en 191 3, dans une note qu'on trouvera dans Sphiiu-, XVll, p. 10a, n. 1.
nt le roi Thouti, puis le roi Raliolep, enfin le Sekhennrc-Sankhlaoui cnre<jisti'é en doniier lieu, de nom personnel inconnu et (le silnation hislori([iie problématique. Ces Pharaons, héritiers directs et successeurs des Antef, continuent à bâtir leurs tombeaux dans l'ancienne nécropole de Drah abou'l Neggah; nous connaissons l'emplacement de celui de Sekhemre-Seshedtaoui Sebekemsaf, et nous possédons la boîte à canopes thébaine de Tiiouti. Le petit royaume des Anief n'a pas périclité entre leurs mains, mais il ne semble pas non plus qu'ils soient arrivés à l'accroître; comme les monuments de la période antérieure, tous leurs monuments se sont rencontrés dans cette région de la Haute-Egypte dont Abydos, Koptos et Tlièbes sont les points principaux. Ces monuments sont la plupart du temps très pauvres; des statues royales, quelques stèles royales et particulières, l'intéressante r- pyramide» du scribe Sebekhotep sous Sesbedtaoui. Guère de travaux dans les temples; on ne possède dans ce domaine qu'un petit obélis([ue de Sekherare-Ouazkhaou à Karnak, et de très rares vestiges de l'activité architecturale de Sesbedtaoui à Abydos, de Thouli à Negadah.
«Rois du Sud 75, ils le sont oiFiciellement comme Tétaient les Antef, et la boîte de Thouti nous en apporte le témoignage; mais ils n'en prennent pas moins, d'une manière courante, les titres royaux complets, ainsi que faisaient les Antef eux-mêmes. Dans le monde de la Haute-Egypte, d'ailleurs, l'autorité thébaine s'afl'ermit, et il n'est pas téméraire de supposer que les Sebekemsaf nourrissaient déjà les rêves d'hégémonie dont les Sebekhotep, à quelque temps de là, devaient faire une réalité. Ce fut un acte de grande politique, en tout cas, bien que sur un petit théâtre, que le mariage de la fdle aînée du dernier Sebekemsaf avec le prince héréditaire d'Elkab ; on réalisait ainsi l'alliance de la principauté tliébaine avec un voisin peut-être auiisi puissant qu'elle-même, et certainement indépendant depuis le jour de la dissolution de l'empire. Le
M. li. WKILl.. 29
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loyalisme lliu aiii dos scignours d'EIkab ne devait plus se démciilir par la suite, qu'ils gardassent encore leurs litres de comtes féodaux comme sous le successeur de Sesliedtaoui, ou (ju'ils les eussent abdiqués entre les niairjs des Sebekhotep de la période suivante.
L'histoire dynastique du groupe des Sebekemsaf ne peut s'établir que de manière plus ou moins hypothétique dans le détail. Le plus probable est que le premier Sebekemsaf, Sekhemre-Ouazkhaou, était l'héritier direct, sans doute le fils de Noubkhopirre Anlef, lequel, nous nous le rappelons, avait épousé une Sebekemsaf. Sur la descendance de Sekhemre- Ouazkhaou, on est très mal renseigné; nous savons seulement qu'il eut un fils nommé Sebekemsaf comme lui-même, et sommes tentés de croire que ce fils est celui qui devint roi sous le nom solaire de Sekherare-Seshedtaoui. Ne faut-il pas, cependant, intercaler entre les règnes des deux Sebekemsaf celui de l'obscur Sekhemre-Nofirkhaou Oupouaitoumsaf? On est, ici, réduit à l'hypothèse. Quanta Sekhemre-Seshedtaoui, il épousa Nonbkhas, fille de simples particuliers de distinction, eut d'elle trois filles, dont la princesse Khonsou qu'il maria , comme nous venons de le rappeler, à Ai, prince d'EIkab, et disparut sans doute sans laisser d'héritiers directs du sexe masculin. C'est peut-être après sa mort que la couronne passa au roi Sekhemre-Smentaoui Thouti, mari probable d'une certaine reine Mentouholep.
Au temps de Seshcdtaoui, on connaît encore une princesse Sebekemsaf, vraiscrablublement apparentée avec la famille royale, et dont le nom, en tant que porté par une femme, rappelle celui de la reine Sebekemsaf que Noubkhopirre Antef avait épousée. D'autres reines, une Noubhotepti, une Senbhenas, se rencontrent non loin de là, dans une position historique encore indéterminée.
[55^1 -•!->.( 'ill H-i—
CHAIMTUE Vi.
LA Fl.\ DE LA FAMILLE SEKlIEMIUv ET LES PHEMIERS SEBEKIIOTEP.
( Schlicmre-Souaztaoui Sebehlwlep.
Sekhemrc - Gergtaoïn Schehholep. \
Le roi Sekhemre-Souaztaoui Seheklwlep a suivi de près Sekhemre-Sesliedtaoui SebekemsaF, ainsi qu'if résulte do la {jénéalogie d'EIkab étudiée au cliapiire m ci -avant. Cette situation est confirmée par des circonstances onomasiiques dont certaines ont déjà élé remarquées tout à l'heure. Souaztaoui, qui n'était pas fds de roi, a tenu à conserver à la postérité les noms de ses père et mère, exactement comme feront un peu plus lard Khanofirre Sebekliotep et Khasekhemre Nofirhotep, dans de simples inscriptions de scarabées dont cinq échantillons sont arrivés jusqu'à nous : on possède quatre scarabées avec le nom du père, et deux avec le nom de la mère'''. Les quatre scarabées du père sont de deux types, dont le premier a fourni trois échantillons, très peu différents par la
disposition et de rédaction identique '^' •'î'']î(®fPî ^
(') Voir, pour l'ensemble de ces scarabées, Wiedbmann, Ge»ch., p. 267, n. 9, et Suppl., p. 99; Maspkro, IUhI., I, p. 528, n. ^1, et, avec plus de détails, GiiTHiEn dans Bull. Insl. français arch. orientale, V (i9oG),p. 5i-5'j (\olfis et remarques hisUtriqui'H , VU. La famille de Sebekhotep Uî).
i') Uiî 8faral>ée de ranciciine roHeclioii Palin, maintenant au Louvre, E. 3395-, cité pnr Pirrret, Cal. salle historique, 1878, p. 106 (n" /|."j()); publié jadis par DtBois, Choix de pierres antiques (çravées, 1817, pi. V, n" 9, et depuis lors par INusse, Muniimenls, p. a, où T objet est noté comme acbdé à Tliébes, et I'rthik, Hisl. Scarubs, p. 10, n° agt : la mauvaise reproduction de Dubois a donné lieu à la fin liciisc copie de (îautuikii, Livre des liou, 11, p. I i(i, où le caractère du monument n'est pas reconnu. — Un scarabée ana-
"î" "-^ ]I^ 1 w ™ ^ J^ - m^ ^^ ^^'^^ ^^ deuxième , composé un peu dilléremmenl, est connu par un seul spécimen au musée
.lu Caire"): 1 îÇ-^ f P I Z -] ^Z:1. |-S > :^-
Les deux scarabées connus de la mère sont absolument identiques; ils portent ^-^ :
li(HÏÏÏzrifï\fliP~+^"
Le roi, d'après cela, est fils de Menlouhotep et de la dame [oulietabou, simples particuliers. Nous avons signalé au précédent chapitre (S m) l'identité du nom si remarquable de celte Aoultelahou avec le nom d'une autre Aouhelabou dont le mari, un certain Sebekhotep, était en faveur auprès de Seshedtaoui Sebekemsaf. Quant au nom du père de notre roi, Mentouholcp , il est moins caractéristique, mais on peut remarquer qu'il se présente plusieurs fois parmi les noms princiers de l'époque de Seshedtaoui, d'abord comme nom de la reine Mentouhotep, épouse probable de Sekhemre-Smcntaoui Thouti, puis sur la stèle Weisz citée plus haut (précédent chapitre, §ni), dont le propriétaire, l'oUicier Mentoubotep, était fils d'une princesse Sebekemsaf et d'un préposé au domaine de la reine Noubkhas.
lo{jini donné sans références dans L.D., Te.rl, I, p. lo. — Un troisième dans la collcrlion Sa\cc, publié par Wiedemas.n, Kleinc aejj. Iiuchrijlen atts dvn MII-XIV Dynaslicn, n" li.
*') Caire, n" 36oii : Mariette, Cat. fféiiéral d'Abydos, n" i383, p. 536, el Abydos, II, pi. lio g; I'ethie, Hist. Scar., p. lo, n° 992, et Hislonj, I (1899), p. 210; NEMBEnnv, Scavabg, X, 23 et p. 122, et Scarub-stiapnd Seals, 1907 (dans Cat. général Caire), p. 4, pi. I.
''^ Caire, n° 366Zi : Mariette, Mon. divers, pi. ^8 ;; Pétrie, Hist. Scar., p. 10, n° 990; Newrerry, Scarab-shapcd Seals, 1907 (dans Cat. général Caire), p. It , p|. I. — Br. Muséum, n" 3o.toG : Newiierry, Scarabt, X, 3 et p. 122: Hall, Cal. of Egijplian Scarabs . . . m the British Muséum, I (1913), n" 167, p. 16.
(](' roi Sobekliotop. premier du nom selon foute apparence et (rcxiraclion non royale, apporte un soin remarquable au choix d'un nom solaire qui ailirme sa légitimité; et l'on se rend compte qu'en se nommant Sehiiemre - Souaztaoui , il entend signifier qu'il continue Sekhemre- Sesliediaoui, Sekhemre- Smentaoui et les autres Pharaons de leur groupe. En fait, il les continue dans leur politique. On se rappelle que Seshedtaoui avait réalisé l'alliance de sa maison avec la famille princière d'Elkab par le mariage de sa fdie aînée avec le prince Ai; Souaztaoui fut sans doute le contemporain de cet Ai, et c'est en son nom, peut-être après sa mort, qu'une importante donation territoriale fut faite au Sebeknekht qui succéda à Ai à Elkab^''. Les rois thébains obligent d'ailleurs les seigneurs d'Elkab sans les assujettir, car Sebeknekht porte encore les titres de comte indépendant (^;^) qu'il a hérités d'Ai, et qui ne disparaîtront que sous le gouvernement de son successeur Ransenb, lorsque la royauté thébaine, affermie et grandissante, aura progressé dans l'œuvre de l'unification du Sud par l'absorption des dominations voisines.
Souaztaoui choisit de la manière la plus intéressante, en outre, son nom d'Florus, KItoiitaoui, qui n'est autre chose que l'élément personnel du nom de Sekhenue-Klioidaoui , le premier successeur de la Xll" dynastie, le créateur de la tradition des noms solaires en Sekhemre. . ., l'usurpateur auquel les rois de Thèbes, à ce qu'on croit comprendre, cherchaient à cette époque à rattacher leurs droits. En allant chercher son nom d'Horus à cette place, Souaztaoui inaugure un procédé qui sera suivi avec une précision parfaite par plusieurs de ses successeurs, notamment Khasekhemre Nofirholep, dont le nom d'Horus, Gergtaoui, est pris dans le nom solaire Sehhemre-
<') Voir ce qui est dil à ce sujet plus haut, cliap. m. Le tombeau de Sebeknekht dans Ciiampoi,i,io.\, Polices, I, p. GSS-GSg; L.D., lit, i3 i, cet Text, IV, p. r)r).
--.i>.( 'i Fi )^s- [555]
Gerpiaoui d'un Schekhotop très voisin de notre Souaztnoui et dont nous parlerons tout à l'Iienrc; de même, ii; roi Dndhoteprr Touloumes évoquera, dans son nom d'IIorus (hnilJinou, \e sovLScnw de Sehliemre-Ounzhkaou Sebekemsaf. il est vrai qu'on voit aussi employer le prorédé inverse, c'est-à-dire former un nom solaire on Sekliemre-[Xj avec le nom d'Horus d'un prédécesseur : c'est précisément ce qu'a fait notre Seklienire-Souazlauui , empruntant pour 8on premier cartouche lo nom d'Horus, Souazlaoui, de Menkhaoure Anah qui régna avant lui à Thèbes (voir plus haut, chap. ii, §n); c'est également ce ([u'avait fait l'obscur S<'hhomvc-Sanhhtaom noté au précédent cha|)itre (S m), qui dans son nom solaire avait fait entrer un ancien nom d'Horus Sanhhinoui, celui d'un des deux Sekhemkare voisins dudit Menkhaoure Anab (voir chap. ii, § i). A l'époque des divers souverains qu'on vient de nommer, on aime tant ce système de rappels onomastiques, que ce n'est pas seulement le nom d'Horus, mais aussi fréquemment le nom de nihti, pour lequel on emprunte l'élément personnel de quelque nom solaire en Sf.'khemre- [X] de la période antérieure; la chose se constate, notamment, chez lo Khasekhemre Nofirhotep déjà cité tout à l'heure pour son nom d'Horus et qui pour nom de nihti ^ celui d' \pmiU , tiré du nom solaire de ScUiemre-Apmnl Anlef-à, et chej! son frère Khanofirre Sebekhotep, îiibli Ouazkhaou, d'après le nom de Sekhemre-Ounzhhaou Sebekemsaf. Le système était d'ailleurs d'application très diverse dans lo détail, et, à côté de l'emprunt do l'élément personnel des noms en Sekhemre [X] pour en faire dos noms d'Horus ou des noms de nibli , ou des noms d'Horus pour en faire l'élément personnel des noms en Sekhemre- [X] , on connaît un procédé encore qui consiste à faire un nom d'Horus d'un nom d'Horus d'Or ancien : nous en avons parlé déjà (chap. v, §11) à propos de la tilnlalurc de Sekhomre-Ouazkhaou Sebekemsaf.
Nous n'avons pas dit comment le nom d'Horus de Sekhemre-
.^^ 'llf) ).«-
SoiniKtaoni nous est conmi. Le monument qui nous l'iipporln est lu stèle bien coiuiue C. 8 du Louvre''', qui Jippnrlient à deux Filles Hoyalos représentées en adorulion deviiiil le dieu Min; la lilulalure du roi Souaztnoui, dans le cintre, montre qu'il est le père des deux princesses. Celte titulature est disposée (face H droite en réalité) de la manière suivante :
Les deux princesses sont :
Elles ont donc la m(3me mère, et celle mère, la reine Anm', est forcément la femme de Sounztaoui. La seconde fdle s'appelle simplement Anhiltoutou. L'ainée porte, conformément à une règle dont nous avons rencontré de nombreux exemples dans la famille de Noubkhas et ailleurs, le nom de sa grend'mère Aouhelabou, la mère de Souazlaoui'^', et pour se
('' Prisse, Notice sur ta saUc des ancêtres etc., clans Hev. archéologique, i845, p. 17 du tirage, et Mon. égyptien», pi. VIII; FiERnKT, Rec. insci: inédite», II, p. J07; LiKHLKiN, Dict. noms liiéroffl., n" 385. Ci. Wikukmann, Geich., p. fl68, I'htiue, Hiêlory, I (iSyij), p. 211, avec une rpproilurlidu, et les références données à la note suivunle.
'^) On a longlempii comini» la faute d'identifier VAouhetaùou de la .4èle du Louvre avec celle qui est, d'après les scarabées, la iiicre du roi Souaziuour, de
~^^5.( 'il G )<H^^~ [557]
distinguer d'elle sans doute elle a un surnom, Fen. Cette princesse devint reine un jour, comme l'indique le cartouche (jui entoure son nom sur sa stèle funéraire, et cela tend à indiquer que Souaztaoui, dont nous ne connaissons pas de fds, aurait eu pour successeur le mari de sa fdle aînée.
Nos données sur la famille de Souaztaoui sont complétées par la stèle non moins connue de Vienne, n" G/i, appartenant
à un frère du roi nommé Senb ''J : ^ Iml P "jf ^ '*" "^ ^ ^
>:^:MrifllP — + -'l^lâ.T,-I^e père et la mère
sont, comme on voit, ceux mêmes du roi Souaztaoui d'après les scarabées passés en revue plus haut. Quant à Senb, qui prend le litre de Fils Royal, on voit qu'il n'y a en réalité aucun droit, et c'est un exemple de plus à l'appui des récentes observations de Weigall, relativement au caractère entièrement illusoire du titre se soulen à cette époque '-'. Le personnage avait épousé, d'après les autres indications de la même stèle, une dame ^^^, et eu d'elle quatre enfants, un fils
Scbekholep, une fille J» fer; * . une deuxième .fille i «îi ' et
sorte que la reine Aniii étail considén-e, non comme la femme de Souaztaoui, mais comme sa grand'mèrc : sur celle idée est fondée la généalo{jie de Bnucscu, Hisl. d'Egypte, I (2' éd.), p. 120, 122, et Gesch. Aeg., p. 180, acceptée par WiEDEMAXN, A.Z., XXIil (i885), p. 78-79, Gesch., p. 268, et SuppL, p. 29- 3o, et par Maspeug, Hist., I, p. 028, n. li , Hist. anc. (1904), p. i43, n. 2. La grand'mère et la pelite-fille sont différenciées, et les parentés réelles de la stèle du Louvre reconnues par GAniiiEn, Note» et remarques historiques, Vil. La famille de Sebekholep III , dans Bull. Inst. français arch. orientale, V (1906), p. 5i-56. Bldge, de mémo (Book of the Kings, 1908, I, p. 71), interprète correctement la slèle.
'*' WiEDEMAN.N, daiis A.Z., XXllI (i885), p. 78-79 (dans Beitriige zur ag. Gesch.); E. v. Bergmakn, dans Rec. de travaux, VII (1886), p. 188; Lieblein, Dict. noms hiérogl., I, p. ilio, n" 4i.3. Cf. Wiedemaxx, Gesch., SuppL, p. 29- 3o , et Gauthier, loc. cit., p. 5 1-62. >^
t'' Wkigai-l, dans Annales du Service, XI (191 1), p. 170; déjà cité à propos du même objet plus haut, cliap. v, 8 m.
[558] -»^>.( 'il 7 ).«<—
un autre fils Mentouhotep. Le tableau {jén(5alofji(jiie de la famille entière se présente dès lors ainsi (|u'il suit :
Meiilouliofcn
Ai)ulielabou
La reine Anni
Le roi
Scklienirc-Soiiazlaoïii Sebekholep
Senb
La damo Nibilatel"
Aouliolabou Ankiltiniloii, Scbekliolep, Aoiibelabou, Ilcnit, Mciilouliulep,
surnommée fille lils lillo lillc lils
Fcn
(devient reine) "
Dans ce tableau figurent, comme on voit, trois Aouhetahou , les deux cousines germaines, fdles du roi et de son frère, et leur grand'mère commune; rappelons que nous avons rencontré une cpiatrième dame du même nom, sans doute contemporaine d'Aouhetabou la grand'mère, l'épouse du scribe Sebekholep qui servit Sekhemre-Sesbedtaoui Sebckemsal "l
Les seuls monuments de Souaztaoui connus par ailleurs sont : une statue provenant de Tanis, au British Muséum ^- ; un
'" Plusieurs femmes du nom d'Aoubetabou sont encore mentionnées dans des inscriplions de la même époque; la plus intéressante de ces inscriptions esl celle de la sièle de Vienne, n° io3, où l'on voit paraître deux Aouhetahou , ta grand'mère et la petite-fille, comme dans la famille royale des stèles de Paris et Vienne qu'on vient d'examiner.
(-' lÎRiGscii, Gesch. Aeg., p. i8a (le texte de Brugscb, mal compris de Maspero, îligt., I, p. 53o, n. 5, et de Pétrie, Tanin, I, p. 8, les induit à parler d'une slaluc de Muiilholeii, Jils du roi); cette statue est celle du Brilisli Muséum, n" 871, en pbotograpbie dans Budge, A Guide, 1909, pi. XWII, p. 223 (cf. BiDGE, Book ofthe Kinirg (1908), I, p. 72, et j4 Guide, Sculpture, 1909, p. 80), copie des inscriptions dans Hierofrlyphic texts. . . in the Hrilisli Muséum, V (191/1), pi. Xil, cf. p. G; la légende royale serait écrite : | I —
-^.»>.( /lis )^— [550]
(lél)ris (1p manche do hache, également au British Muséum, avec u'ie légende (i) gravée sur i'aboul^'^; une perle d'améthyste dans la culleclion MacGrcgor, avec l'inscription ci-dessous (y)'-'; un fragment de karnak (3)^^'; cnlin, peut-être, un bloc d'architrave à Louxor^''^
fPt
Ces divers monuments n'ajoutent rien à l'Iiisloire.
Notons encore la mention du roi à la tB])le de Karnak, où le cartouche SckJiemre-SounzUioui , en partie détérioré, se voit à côté de celui de Sekhemre-Khoulaoui, et au papyrus do Turin, où l'on rencontre, au fragment 79, le nom de ^^^
r©^P|[ ]^»-.. ^j J, (|ue suivent, circonstance extrêmement remarquable et qu'il faut signaler tout de suite, les noms de khasekhomre Nofirhotep et Khanofirre Sebekhotep. Rappelons que c'est tout près de là et un peu plus haut, au papyrus,
<') Bldce, a Gnidt', igo'i, p. 26, cl A Guide, 1909, p. asH; i'inscriplion m'est connue par une comniunicalion ilirecle.
(" Newbrrry, dans P.S.Ii.A., XXVII (1905), p. io4, n» 03 d.
'') MàniETTE, Karnak, pi. 8 m et texte, p. hb. C'est une statue de granité rose dont la lôlo et les pieds manquent.
'*' Nous voulons parler de l'a architrave de Sovkhotpou II à Louqsor?» découverte par Grkrait (Fouillrs de Lovrjsoi; dans Hull. higlilul figyptien, 9* série, X, p. .'{S.'î-.'i.'ir); cf. ViHKV, Mutice dei princijinux monumenln, n" i36, p. hd) et dont on no sait pas aulre chose. Une communication verbale de M. Gréhaut me donne lieu de croire que ce «Sovkhotpou II» est Sekhemre-Souazlaoui,
[500] -^».( 'ilO )h^^^ que figure If ^V|^r©^t. •»-^j'^j dont nous avons, précédemment (chap. I, Hiv), montré Texislence : ce Sckhemre- Gerglaoul, toujours conlondu, conmie nous avons vu, avec Sekliemre-khoutaoui, est un roi très obscur dont nous n'avons pas de monuments contemporains, mais qui semble apparaître encore une fois dans un papyrus du INouvel Empire au musée de Vienne. Ajoutons que par son nom de Sebekbotep et par la forme de son nom solaire, il se place aussi près que possible de Souaztaoui; on se demande s'il n'est pas de sa famille, et, comme il est vraisemblable que Souaziaoui n'eut pas do fils, s'il n'a pas été son gendre et successeur, l'époux do la princesse Aoubetabou qui devait devenir reine; allant plus loin dans riiypotbèse, on pourrait mémo cbercber à reconnaître, dans ce deuxième Sebekbotep successeur do Souaztaoui, le neveu du roi, le fils aîné de son frère Sonb d'après lu stèle de Vienne. Quoi qu'il en soit en réalité, la carrière de Sekbemrc- Gerglaoui fut des plus insignifiantes ^'', et s'il suivit effectivement Souaztaoui on peut allirmer qu'il disparut sans béritiers, puisque, après eux, on voit une nouvelle famille arriver au trône.
Ces deux premiers en date des Sobekholcp, en effet, S(îkbemre-Souaztaoui et Sekbemre-Gergtaoui, sont les derniers du groupe des noms solaires en SeUœmro. Après eux viennent des rois au nom solaire formé suivant le type Kha[À]re, dont on a la preuve qu'ils suivirent Souaztaoui à très courte dislance, et qui abandonnent brusquement les traditions nominales auxquelles Souaztaoui se ratlacbait encore. Le plus grand nombre des nouveaux souverains continuent à porter le
<•' PeuWlre Sekliomre-Gergtaoui u'a-l-il «île qu'un Pliaraoïi Dominai, un polit prince vassal de Sekhemre-Soiiaztaoui , de son époque (^n tout cas et do sa famille; voir ce qui est mingéré à co sujet pIuH loin, chap. viii, Su, à propos de certains contemporains royaux do Khanodrre Sebokiioli^p.
nom (le Sebckhotep dans le deuxième (urtouclie; mais toia est de signification secondaire; le fait important est l'adoplion de noms solaires^d'une forme neuve, qui semblent indiquer, au moins dans l'esprit des rois qui les assument, une royauté nouvelle et un nouveau régime, ou bien, comme nous verrons, par delà le souvenir des prédécesseurs immédiats, le rattachement à une autre famille plus ancienne et plus illustre.
Note complémentaire, sur l'élément Kboutaoui employé, à l'état isolé, comme nom divin dans une titulature royale.
Sekbemre-Souaztaoui, avons-nous dit, a pris pour nom d'Horus l'élément personnel du nom solaire de son prédécesseur Sekbemrc-Kboutaoui. Mais sa titulature n'est pas la seule dans laquelle le nom Khoutnoui se rencontre. On connaît, en effet, un fragment architectural de Karnak portant un lambeau
de titulature, ^(^ ^ V+ «^ 1K:I' ^^<^^' ^^ "O"^ J/p///.7i-fli-/" surchargé par * ~, KIwu-taoui^^K II nous est révélé ainsi, du môme coup, l'existence de deux rois complètement inconnus par ailleurs, un premier en date, dont le nom d'Horus d'Or était Mcnkh-ah-f, un deuxième, usurpateur du monument du précédent, dont le nom d'Horus d'Or était Khoutaoïn. Ce dernier était-il voisin, par l'époque, de Sekhemre- kboutaoui ou de Sekbemre-Souaztaoui, Horus Kboutaoui? C'est seulement probable. Quant à l'Horus d'Or Menkb-ab-f, plus ancien, son nom ressemble à plusieurs de ceux qu'on rencontre chez les rois de la XP dynastie.
A rapprocher de là est encore une perle émaillée sur laquelle on trouve, gravé face à droite, le cartouche ^^' : '— ^ Il semble qu'on ait là le nom d'un certain Sa-aou, un personnage plus ou moins aulhcntiquement « pharaonisé n comme beaucoup de ceux que nous avons vus et verrons
'•' Legraix, dans Annules du Sei-vice, V (igoA), p. t33. <*) Steindorff, dans A.Z., XLTV (1907), p. 96.
par la suite, et dont lo nom, dans le cartouche, serait anobli par la préposition de l'élément KItoulooui. On peut supposer aussi que Kliouldoui i'iinl un des noms divins qu'avait choisis ce Pharaon tout à fait inconnu.
CHAPITUK VII.
LES SEIJEKIIOTl'l» ET NOl'llUIOTEl»