DE LA FAMILLE KHA-[X] RE
KHASEKHKMUE NOFIHHOTKP KT KIIANOFIRRE SEBEKHOTEI», LEUR POSITION HISTORIQUE ET LEUR PARENTE'.
La situation d'immédiat voisinage où sont ensemble ces deux rois est manifestée clairement par la pierre cubique trouvée jadis à karnak, par Mariette, et qui porte sur deux faces opposées, en disposition symétrique, c'est-à-dire inscrites, la première, de gauche à droite, l'autre, de droite a gauche, les deux légendes ^'^ :
if 3^
D'après ce fragment architectural, on a pu se demander à plusieurs reprises, non sans vraisemblance, si les deux rois
^'^ Marikitk, hanial-, [>\. K, /(, ", cl j). A'
nommés n'avaient point régné ensemble, au moins pendant un certain temps. Comme nous allons voir, ils sont frères de père et de mère; mais il semble bien que leurs règnes furent successifs, car de leurs monuments très nombreux, la pierre de Karnak est le seul sur lecjuel ils paraissent l'un et l'autre. Le papyrus de Turin les indique aussi comme ayant régne l'un après l'autre; heureusement conservé à l'endroit qui les concerne, le document fournit la succession que voici''' :
L'auteur du papyrus travaillait sur des documents historiquement assez bons, mais il les comprenait mal, ou bien ce sont ces sources qui, dans le détail, renfermaient des inexactitudes. Entre Khasekhemre -' et khanofirre s'intercale, en effet, un roi au nom étrange et sans signification, Re-se-Hatlior ou Se- HatJwr-Re, qui serait embarrassant si nous ne savions, par un monument qu'on verra tout à l'heure, que le roi khasekhemre Nofirhotep a eu pour lils un prince Se-Halhor : le scribe de Turin avait ce nom dans ses listes, et,
<'^ Papjrus de Turin, bas du fragment 79.
^*î 11 est inulile de mettre le lecteur en garde, une fois de plus, contre une lecture Khasesheshre où Ion sentit entraîné par l'analogie de forme du sekhein. dans re cartouche, avec le signe du sistre : nous avons longuement parlé, plus haut, de ces formes décorées du lekhem, qai sont des variantes purement grapliiquis. spéciales à Tépoque on nous sommes. Voir ce qui est dit à ce sujet ci-avant, chap. i", S 11, à propos de certains exemples du nom de Sekhemre- Khoutaoui.
comme il avtnit coutume de faire, comme on observe qu'il a lait en plusieurs .uilrcs places du papyrus, il le Iranslormail en nom solaire par l'absurde el loule macliiiial(3 atldiliou du signe © en lêle ''l Gela est très intéressant à constater ici; car, de trouver le prince Se-Hallior, au papyrus, sous ce nom de Se-Halhor maladrollcmctit Iravesli vu iioui solaire, cela montre que Se-llathor navtiit pas de nom solaire, c'est-à-dire que Se- Hathor n'o jamais régné; et si on enlève alors son nom de la place où il a été abusivement inscrit, on voit que dans la liste épurée Khasekbomre et Klianolirr»' deviennent voisins comme le bloc de karnak indique que cela doit élre.
Il n'est pas sans intérêt, d'autre part, de voir dans celte liste Kbasekhemre Nofirbotep succéder immédiatement au Sekhemre-Souaztaoui Sebekliolep dont les monumeuls ont été étudiés au précédent chapitre; nous savons en eft'et, par les données chronologiques mises en lumière au chapitre ni ciavant, que ces deux rois peuvent être considérés comme appartenant réellement k deux générations successives, et cela nous conduit à nous rendre compte (jue le scribe de Turin était fort exactement renseigné pour la période correspondante. Sur la foi du papyrus ainsi corroboré par les indications monumen laies, nous pouvons admettre que les rois Kbasekhemre et Khanofirrc sont venus immédiatement après Sekhemre-Souaztaoui. Un indice supplémentaire de ce voisinage réside dans l'analogie de certains scarabées de Sekhemre-Souaztaoui, sur lesquels il nomme son père ou sa mère, avec des scarabées de Khasekhemre et de Khanofirre dont les inscriptions, exactement de la même manière, mentionnent le père ou la mère de
'•' Voir ce qui est dit à ce sujet plus haut (cliap. i", fin du paraffraphe m), à propos de» nomu solaires anormaux, quoique parfailcnicnt aullu.'ntiqui's, de Re-Klwiilaoui ot du lii'-iSifjlanui di' la XI' dMiaslio, iH's de la prclixiition ubuûve de Re à une appi^Ualion pharaoni(|ue achevée et correcte, et à propos des écriture*, irrégulit'-res cf Iles-là, des noms de Nojîroutebek et de Sebekhulrp, lorsqu'on leur impose la surcharffo arbitraire et illogi(|ue d'un © initial.
—♦».( h'-lh )^— [5G5]
CCS derniers souverains. Nous allons examiner tout de suite ces petits monuments, qui nous renseignent de la plus heureuse manière sur \i"& relations de parenté du Nolirhotep et du Sebckhotep auxquels ils appartiennent.
Voici d'abord deux scarabées inscrits dont on connaît, pour le premier, celui du père, huit exemplaires au moins, et neuf exemplaires pour le deuxième, celui de la mère; l'inscription, dans chacun des deux types, est de rédaction et de disposition invariable, les signes tournés face à droite :
\Jl w
rrLe dieu bon Khasekiiemrc , fils du père divin Haankh-f^'Kv
R Le Fils du Soleil Nojirhotep, né de la Mère Royale Kemi'^K r>
*'' Un au Caire, n° 36oi3 : Mariktte, Cat. frén. Abyilos, n* i383, p. 536, clAhijJos, H, pi. /io g; I'ktiîie, Hist. Scnr., n° 298; NewBKnny, 6'ea/» (dans Cat. gcn. Caire), p. k, pi. 1. — Deux au Louvre : Petiue, Hist. Scar., n" 29^, 295; cf. Piehhet, Cat. salle historique (1873), p. 106, n" 456 (I. 543). — Trois au British Muséum, n°' 3982, 3933, 2/1 133 : Hall, Cat. nf Efryptian Scarabs. . . ta the British Muséum, I (1913), n°* i58, iSg, 160, ji. 17; le n" 2/11 33 est celui sl{;naié antérieurement ( Wledomann ) dans la collection Loftie; des deux autres, Tun csl certainemeni celui de la collection Abbott jadis copié au Caire par l'r.issE, i\'otice sur la salle di>s ancêtres etc., dans Rev. archéologique, i8'i5, p. 17. — • Un dans la collection Fraser, Cat., p. 7, n" 46, et Newherhy, Scarabs, X, 4 et p. 122. — Un dans la collection Pétrie, History, I (1899), p. 21a, qui est sans doute le même que celui de Pétrie, Kahuti , Gurob and Hawara, X, i5.
Essais de biblio}^raphie do Wiedemann, Gesch., p. 269, n. 1, 2, 3, et Gauthier, Rois, 11, p. 26, n. a.
'*' Un au Louvre, E. 7728 : Pétrie, Hist. Scar., 11° 297. — In à Turin, n° 3o : Pétrie, Hist. Scar., n" 298: cf. Wiedema.nn, Gesch., Suppl., p. 3o. — Un à Stuttgart, au musée arcbéologique : Wieukmasn, Gesch., p. 269 el
Ainsi kliasekcinre INolirliotep est lils d'un certain lla-anklj-f et (l'iuK* (lame Komi. ^olls n'avons le droit d'cnretristrer ce résultat, remar(juons-l(' bien, qu'à la condition d'être sûrs que ies deux légendes appartiennent bien au même roi; ce qui n'est pas absolument évident tout d'abord, malgré l'analogie de disposition et de facture des inscriptions, en raison de la persistance avec laquelle ces scarabées ne nomment jamais (pie Khasehhemre avec Ha-ankb-f, et Nofivholep avec Kemi : car il n'y a pas qu'un seul roi Nofirholep, et d'après les scarabées eux-mêmes, rien ne nous permettrait d'alïirmer en toute rigueur que sur ceux de kemi il n'est pas question d'un autre Pharaon que khasekbemre, par exemple le Mersekbemre Xolirhotep dont nous verrons les monuments par la suite. Hâtons-nous d'ajouter qu'on est immédiatement tiré d'incertitude par la grande stèle de l'an 2 de Khasekbemre, à Abydos, dont nous parlerons un peu plus loin, et sur laquelle on trouve, l\
latin d'une titulature complète du l'oi» ^^ ( ® JL,^ 1 ^
(î^J fH ZZ.+ >Z lî "-" ^ ! J- O'i voit que le royal fils de la dame kemi est bien kliasckhemre.
Ceci une fois établi, on est mieux placé pour interpréter les inscriptions des scarabées du père et de la mère de l'autre roi, khanolirre Sebekhotep, extrêmement analogues par la disposition et par tous les détails à ceux de khasekbemre qu'on vient de voir. Gomme pour les scarabées de khasekbemre, \\ faut supposer les légendes refournées face à droite, symétriquement à ce qui est disposé typograpbiqiicment ci-après. On connaît vingt
notes. — Deux dans la collection Krasor, n°' /l'y, 48, Cat., p. ^y. — Un dans la collection Hissinjj : Nkwbehry, Scarabs, X, 5 et p. 19:î. — Trois au Rritisli Muséum, n°' 893/1, SyGtio, /ioôgS : Hall, Catalogue etc., I (tgiS), n"' 162, i63, i6û , p. 17.
Bibliofjrapliies de Wiedemann, Ucsch., p. 2G9, n. 1, iî , •>, et Gaithilh, llois. H, p. a6, n° XIX.
M. 11. \VKILI.. 3n
ol iiii c\ein])ljiircs publiés du premier lype^*', cinq seulement (lu deuxième '-' :
L'extrême similitude avec les précédents scarabées, cette disposition commune à tous, par laquelle le nom solaire n'accompagne jamais que la mention paternelle, tandis que, sur
(') Deux au Caire, n°' 81017 et 36ot8 : Newbrart, Seah (dans Cal. général Caire), p. 5. pi. I; Tun d'eux dans Newbrrut, Scarubs, X, 8 et p. laa. Un de ces deux scarabées est celui de GAUTiEn-JÉQUiEn, Fouilles de Licht, fi{r. i34 et p. 107. — Un à Leyde, B. i365 : Leemins, Lettre à M. Fr. 5a/viilini etc., p. 99 et pi. II, n° 98: Boeser, Besch. der àg. Altertiimer etc., At)t. II (1910), p. 9, n° 74. — Un au Louvre : Pierret, Cat. salle hislnrique (1873), p. 106, n° 'i56 (I. oii); Pétrie, Hist. Scar., n° 807: Wiedemann, kleinere aeg. Inschr., n° 6. — Un à Vienne : Wiedemann, ibid., n" 7 ( références supplémentaires dans Wiedemann, Aeg. Gvschichie, p. 269, n. 6). — Un dans la collection Farman : Wiedemann, Kleinere aeg. Insch., n' 8. — Un dans la coUcclion Grant : Wiedemann, ibid., n" 31. — Un dans la collection Pétrie : Pétrie, Hislory, I (1899), p. 21 5. — Deux dans la collection Fraser : Fraser, Cal., p. 7, n" 62, 53. — Un au musée Steen à Anvers : Wiedemann, ibid., n" 39. — Un trouvé à Ballas par Quibell, Naqadu and Dallas (1896), pi. LXXX, n" 19. — Un lot de neuf scarabés, enfin, au Britisli Muséum, n" 99992, .3o5o7, 3o5o8, 323i3, 87666, 87657, /io6g6, ^0697, 48687 • Hall, Catalogue etc., I (1918), n" i65 à 178, p. 17-18.
Le recueil le plus nombreux pour ces scarabées est fourni , comme on voit , par Wiedemann, Klninere negyplische Inschriflen aus der \III-\IV. Dynastie, n"' 6-8, 21-98. — Bibliojjraphic abondante mais très confuse, pcle-niélc avec les scarabées d'autres types du même roi, dans Wiedemann, Gesch., p. 369-970, notes. Bibliograjibie plus spéciale dans (jaitiiieu, Rois, II, p. 36, n° XXVI.
(-5 Un au Caire. 11° 86019 • Nenvri-rry, Seals (dans Cat. gén. Caire), p. 6, pi. I; c'est Pétrie, Hist. Scar., n" 809. — Ln au Louvre: Pierret, Cat. salle hist. (1878), n° 456; Pétrie, Hist. Scar., n' 3io. — Un au Biitish Muséum, n" 8984 : Pétrie, Hist. Scar., n° 3o8; Newberrt, Scarabt, X, 9 et p. 199. — Un dans la collection Fraser, Cat., p. 6, n° 45. — Un à Berlin, n' 1896 : Wiedemann, Kleinere aeg. Inschr., n" 28; cf. Ausf. Ven., 1899, p. 4i6.
Kssai de bibbojjrapbie dans Gauthier, Rois, II, p. 86, n" XXVII.
les sc.arahces do la mèro, c'est le iioiii iicisomikI (|iii lijriiro, foiil cela inoiilrc à rnidciico (|tMl n'y a (jiniii seul lla-ankli-1" et (|n'uiic st'iilo tlaiiio Kcmi dans ces diverses légendes roVales; par où l'on voit , tout d'abord, que Kliasekliemre et Khanoliire sont frères de père. Ils ont aussi la même mère; on n'a pas do preuve explicite que \e SebcL/iolep des scarabées du dernier type est bien kbanolirre, et n'est pas un autre des nombreux rois Sebekholep dont on connaît l'existence; mais si ce roi Sebekhotep n'était pas kbanolirre, il n'en serait pas moins, étant fils de Kemi, fils de Ha-ankli-f, époux de Kenii, de sorte que le seigneur Ha-aukh-f se trouverait le père, non plus de deux rois, mais de trois, Khasekhemre, Kbanoflrre, et l'autre Sebekhotep supposé difTérent de Khanofirre. L'invraisemblance de cette complication saute aux yeux, et démontre, en quelque sorte par l'absurde, que dans le dernier couple de légendes il n'est question que d'un seul roi, Kbanofirre Sebekliotep. Notons que la fraternité de père et de mère qui unit Khasekhemre et Khanollrre n'a jamais été mise eu doute par personne; mais cela ne doit point dispenser d'un minutieux examen des raisons, dans le cas d'une situation plus évidente, à vrai dire, que très rigoureusement démontrable.
Jamais, nous l'avons dit, les deux rois frères ne paraissent ensemble sur les monuments, sauf dans le cas de la pierre de karnak, qui décèle une simultanéité et semble indiquer que l'un d'eux, vers la fin de son règne, pour une raison que nous ne connaissons pas, peut-être par l'effet du manque d'héritiers mâles, aurait associé son frère au trône. Lequel des deux fut roi le premier? Khasekhemre, comme nous verrons un peu plus loin, eut trois fils, dont le Se-Halhor que le papyrus de Turin devait enregistrer, bien (|u'il n'ait jamais eu la qualité royale; mais khanofirre, de son côté, eut un fils au moins. Un indice assez sé'rieux est fourni par le papyrus de Tiu'iu luimême, d'après lequel il semble que khasekhenue fut roi
d'abord , que son fils Se-llatlior fut désigné pour lui succéder, et (jiie (0 prince ayant disparu du vivant de son père, — ses frères étaient-ils morts aussi? ^— un frère du roi fut sul)stitué à ses neveux dans la position d'héritier du trône. Le détail des événenoents est inconnu; en ce qui concerne seulement l'ordre de succession des deux souverains, il est confirmé par des circonstances historiques d'un grand poids que nous aurons à examiner plus loin, et qui montrent de façon prescnie certaine que Khanolirre fut roi après son frère.
AUTRES MONUMENTS DE KHASEKHEMRE NOFIRnOTEP.
La titulature complète du roi nous est apportée par un mo nument connu depuis longtemps, la grande stèle placée dans le temple d'Abydos en l'an 9 de Khasekhemre''^. Dans le cintre, les noms du roi sont disposés en tableau décoratif, à lire vers la droite et vers la gauche à partir du miheu et aboutissant, à chaque extrémité, à l'épithète raimé d'Osiris». La partie gauche de ce tableau, — écrite de droite à gauche, — donne les trois éléments :
V if ^
La partie droite, écrite de gauche à droite symétriquement à la précédente, affronte au nom d'Horus le nom d'Hnrus d'Or,
<*' Mariette. Cal. gén. â'Abtjdos, n° 7GO. )). aS.S-a.S^i, et Ahydos, II, |)1. aS-.So. Cf. VViEDEMANN, Gesch. , p. 268; AIaspeuo, Hisl., 1, p. 53o, n. 7, cl Ihsl. ancienne (if)oi), p. i i 'i , n. 3; Pethie, Ilislnri/, l (i8()f(). p. aia- 3I.Î; Meïki'., Gesch. d. Allerliinis , l. ii (icjocj), p. 286-2S7. Traduction et roramenlaire de BnEASTED, Ancienl Records, l (1906), p. 333-338.
[r)70J — ^i^( fr2\) )^ —
(lerrii'i'o lequel se reproduisent les deux cartouches; ce nom d'Horus d'Or est écrit :
Au-dessous commence un texte en lignes horizontales dont la première est rédigée ainsi qu'il suit : { © M ^ J ^ ^ ^ ^
paraissent encore les cartouches du roi, suivis de la mention : o.,^.8o^pj^-.^^..j.^ Nous avons signalé
déjà l'inlroduclion du nom de la mère du roi dans cette titulature , dont les éléments sont, comme on voit, ceux qui suivent :
Horus Gerg-tnoui;
Nibd Ap-nial;
Horus (l'Or Men-merlou ;
Roi du Sud et du Nord Khasekhemre ;
Fils du Soleil Nojirliotcp.
Parmi les noms divins, il faut remarquer le nom d'Iïorus et le nom de nihti, choisis l'un et l'autre dans la série des élémenls personnels des noms solaires de la famille Seliliemve-[X] : le nom de nibti est pris dans le nom solaire de l'ancien Sekhemre- Apmat Antef-à, et le nom d'Horus, de même, dans le nom solaire de Sekhemre-Ger^/ffo««' Sebekhotep, ce souverain très obscur dont nous avons, à la fin du précédent chapitre, signalé la présence probable à côté de Sokhemrc-Souaztaoui Sebekhotep. A propos, d'ailleurs, de ce dernier roi Souazlaoui, qui avait été chercher son nom d'Horus Klwulaoui, exactement comme Khasekhemre plus lard , dans le nom solaire en Se-
khemre-\X] d'un prédécesseur, nous avons déjà attiré l'attentlon sur ce remarquable procédé de détermination des noms d'Horus et de nibti à l'éjjoque où nous sommes, Rnppelons immédiatement que Klianolirre Sebekhotep fait son clioi.v de la même manière, au moins en ce qui concerne son nom denibti Ounzkhaou, pris dans le nom solaire de Sekhemre-Ouazkhaou Sebekemsaf.
Le texte de la stèle de l'an 2 est la commémoration des actes de dévotion accomplis par le roi. à ce moment de son règne, en l'honneur d'Osiris dans son temple d'Abydos. Il s'agissait principalement, à ce qu'on croit comprendre, de l'organisation de la procession du dieu et de la confection de la statue divine qui était faite à l'occasion de certaines grandes solennités religieuses; le roi prétend avoir, pour cet objet, consulté en personne les livres du dieu Atoum, ce qui impliquerait — à moins qu'il ne faille voir là une allégation illusoire et toute de style, un mensonge d'usage courant en l'honneur du dieu — que le roi est allé à Héliopolis : un messager, de là, fut envoyé à Abydos, vers le Sud, précise le narrateur en deux places (1. i3, i/i), pour préparer la réception solennelle du roi par le dieu. Au point de vue historique, il semble qu'on puisse tirer de là une observation intéressante. Le roi n'a nullement sa résidence permanente à Hébopolis, comme on a pu un instant le croire ^^^; le voyage à Héliopolis lui-même n'est pas certainement véritable, et l'admet-on , ce qu'on peut faire sans inconvénient, cela ne sullitpasà prouver que le souverain thébain avait Héliopolis dans son domaine; mais si Héliopolis ne lui appartient pas, si le voyage à Héliopolis n'est peut-être qu'un thème narratif sans réalité, il ne résulte pas moins de l'emploi de ce thème, qu'on circulait entre la Haute et la Basse-Egypte sans difTicultés, précautions ni obstacles, c'est-
(" Cf. BnBASTED, Record», I, p. 335, n. d.
à-dire qu'au temps de Klinsoklieuire la paix rd{pail dans la vallée entière. Peut-ôlre — nous n'avons pas le droit de le nier — la région de Mempliis et d'Ilt-liopolis ('lail-clle dé]ii tombée sous l'autorité ihébaine; peut-être aussi d'autres dvnastes commandaient-ils dans le pays du Nord, et alors il faut admettre qu'il y avait entente entre les diverses royautés qui se partajjeaient la vallée, comme au temps de l'ancien Nouhkhopirre Antef qui semble, nous l'avons vu plus liaul (chap. iv, § II), parler le plus tranquillement du monde de ses collègues royaux en Haute-Egypte.
Ajoutons immédiatement qu'il n'est pas impossible que Kbasekbemre ait possédé cffectivemeni, du Delta, au moins sa partie supérieure : une indication dans ce sens, valable, à vroi dire, non pour le Delta lui-même, mais seulement pour le Kayoum, est fournie par un petit monument du roi dont nous parlerons sans plus attendre, une slulucKc du musée de Bologne '** portant deux inscriptions symétriquement disposées,
dont l'une donne : 1 î = (^ - ?1 \, I Y M l. <^' dont l'autre ne diffère de la première que par la substitution doO^Yà Nojh'holep dans le cartoucbe. Cette statue, comme on voit, paraît avoir eu sa place à Sliedit-Crocodilopolis dans le Fayoum.
Voici maintenant une autre stèle trouvée à Abydos, exactement à El-Amrah, et publiée par les fouilleurs de yEgyft Exploration FutuU-K Les noms royaux du tableau supérieur étant
<*' Bologne, n° 1799 : Hosellini, il/0/1, storici, lexlf, II, pi. XIII, n" i52; \dler , Heri>ut]iii)n , pi. 96, n" 10; représonlation de la statue tlansL.D., 111, 291, n"' 9 0-2 1, dans I'etkie, Ilistonj, I (1899), p. ai 3, et dans Bissing, Drnktnriler aejjijptischcr Svulplur, pi. î?8 A; cf. Naville, dans Rcc. de Irnviiitx, 1,
p. 109-110, et WlEDEMANS, Gctih., p. 2G9.
'*' MacIver et Mace, El Amrak and Ahijdiis {iç)o-a), pi. X.\l\ et p. 8^1; trad. pjlp GriilUli dans le même ouvrage, p. gS-gi. Traduction et connnentaire de Breasted, AiicieiU Hecurds, I (190G), p. ',V.\']-'i'Mi. La stùlc est au musée du Caire,
pravés en surcharge, il n'est pas certain que la date de l'an â, (lu'on trouve au début du texte en lignes horizontales audessous, se rapporte à notre Nofirhotcp, usurpateur du monument. Le roi, dans le libellé de cette titulature rajoutée, est dit r.aimé d'Oupouailou Seigneur du Ta-Zeser»; il est désigné par les deux noms royaux dans les cartouches, orthographiés comme d'habitude, et précédés du nom d'Horus écrit ainsi qu'il suit :
JL
Quant au texte de l'inscription inférieure , il nous apprend que cette stèle avait pour objet, avec une autre semblable, de compléter et de préciser le périmètre d'une certaine zone de la nécropole d'Abydos, dans laquelle il était rigoureusement interdit de construire des tombeaux nouveaux et même de pénétrer.
Voici enfin une troisième stèle d'Abydos '^^, de petites dimensions, où l'on voit simplement le roi en adoration devant Min. Au-dessus du tableau, la légende du roi, en deux petites colonnes (i) orientées face à droite, s'affronte avec le complémont de la plirase en une colonne face à gauche (^2) :
if
eî
On remarque que le roi n'est désigné que par son nom personnel sur ce petit monument, dont l'attribution à Khasekhemre
Cî Caire, n° 20601 : Mauiette, Cat. gén. Abydos, n° 768, p. 9.36; Lance- SciiÀFEii, Grab- und Dunksteine dus Miulercn llcichs (dans Cal. ijén. (Àiire), II, y\. XLVII ol [). ail. Cf. Wiedeman.n, Gesch., p. a08.
ir)7'ij -•-»».( /i:53 )<^—
n'est nullemenl certaine, et (]ui pourrait loiil aussi bien aj)parlenir au Mersekhemre Nolirhotep dont il sera ([ueslion plus loin.
A khasekhemre, par contre, appartient très probable- \ ment un fragment architectural, d'Abydos également, J T sur lequel on voit la moitié inférieure d'un cartouclie '" : ^^ZJ. Si le cartouche est à restituer, comme il semble, en la forme : on voit que l'on a dans l'encadrement les deux noms de Khasekliemre Nojîi'holep, et l'on remarque de plus que le seliliem , dans le nom solaire, asa forme graplil{|ue simple, C*~V sans les ornements latéraux : c'est le seul cas où celte forme se présente dans les exemplaires connus de ce nom solaire.
Khasekhemre a fait quelques constructions à Karnak, comme nous savons par la pierre aux noms des deux rois que nous avons examinée au précédent paragraphe de ce chapitre. De Karnak vient en outre un remarquable naos en calcaire, brisé, trouvé par Legrain dans la grande cachette^-', et qui fut dédié par Khasekhemre à Amon-Re; la mieux conservée des inscriptions, à l'intérieur du naos, sur son liane de droite, montre le début d'une titulaturc en une colonne verticale :
"H Iv
(|ui se continuait, dans annellations de :
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e voisine, par les
l?^>:[™iZ(ii:::i:i':'=-H
(') Petuie, Abydos, I, pi. 5().
(^) Cairo, n° h^.o-^-i : I>Ei;r.AiN , dans Archneolngkal Report for ipoo-irfofi, I». ■>•'., cl Slnlui-s i-t slului-ttvis (Iv mis vl de particHlieni (dans (Àd. (fén. Caire), I, p. i.j ol pi. XIII.
— .«.( ftU )H^'— |575J
Un autre fragment architectural, malheureusement de provenance inconnue, se trouve à Berhn. C'est le de de l'exlrémilé
siinrriciin' d'une colonne, donl une face portf l'inscriplinn , tournée face à droite''^ :
Celle inscription commémorative d(^ Ha-ankh-i^, père du roi, est remarcpiahlemcnt analogue à celle des scarabées du père que nous avons étudiés au .précédent paragraphe de ce chapitre; par elle, nous sommes ramenés aux monuments, remarquablement nomhreux sous ce règne, où le souvenir des parents du roi est conservé. On se rappelle que la mère du roi, la dame kemi, outre les scarabées qui lui sont consacrés, paraît sur la grande stèle d'Abydos en belle place; voici une autre inscription qui paraît faite en son honneur, un graiïito de Shatt er-Rigal au nord deSilsileh, qui donne ^^^ :
Ce sont des inscriptions du même genre, des gralTlli en grand nombre qu'on relève sur les rochers du district de la cataracte, aux environs d'Assouân, dans l'île de Sehel et à
Cî Berlin, n° 10889 : Ausf. Verzeichniss (1899), p. 78, et Aeg. Insch. aus den Kôn. Museen, III (190/4), p? iho.
"-I Pethie, Scason, pi. XV, n° 479, et p. i5; Pétrie, llistnrij, I (1899), p. aii. Cf. Legraik, dans Annalps du Service, IV (1908), p. 220-221 et li(f. 9, et Pétrie dans ^t;i/i«/es du Service, V (1906), p. tlil*.
[57GJ — .«.( /i3B ).«—
Koiiosso, qui nous apportent ies renseignements supplémentaires que nous possédons sur la famille de Kliasekliemre. Voici d'abord une inscription d'Assouàn "* dans laquelle un cartoiiclie, avec les deux noms royaux, gravés face à droite (i), s'affronte avec le cartouche d'Horus, face tl gauche, et suivi d'une liste de famille dans la disposition suivante :
(Oi*
fî
A\ I 1 T Jl l ^»«w^ T ^^ o
Nous retrouvons ici, comme on voit, le père et la mère du roi, le nom de cette dernière écrit autrement que sur les monuments déjà vus où elle figure, avec un hha initial dont il n^ pas d'autre exemple pour elle et qui paraît bien être une erreur du rédacteur de l'inscription. Viennent ensuite deux fils du roi, le Se~Hathor dont nous avons déjà parlé à propos de sa mention au papyrus de Turin (paragraphe précédent), et un Sebeh\}iotei)\ dont le nom est moins négligemment écrit dans la deuxième liste de famille que nous allons voir; enlin un certain Nibankh. Tous ces personnages figurent également dans la liste plus complète d'une inscription de Sehel, en neuf colonnes face à droite f'-^'
(') L.O., 11, i5i e, et Texi., IV, p. lai ; Pkthik, Season, n" 887; Morgan, Frontière de Nubie à Kom Ombos (dans Catalogue des monuments etc.), p. 17, n° 79. Cf. WiEDEMANN, Gesch., p. 3G8, et Maspero, références de la note suivante, à propos de l'inscription similaire de Seliel.
'-) L.D., Texl, IV, p. 196; Mariette, Mon. divers, pi. 70, 3; Morgan, Frontière (ie Nubie etc., p. 87, n" 44. Cf. Wiedemann, Gesch., SuppL, p. 3o, et, pour cette inscription et pour la précédente, Masi-kro, llist., I, p. 53o, n. 1, et Hist. ancienne (igoi), p. i43, n. 3,
dont nous retournons rcnsenil)lo face ;i gauche poin- la typo- {jraphie :
tf
La , J
p J Ml
Après le père et la flàère, voici paraître la femme du roi, la reine Senscnh dont il est fait mention, on se le rappelle, dans les inscriptions d'un tombeau d'I'^lkab, tout à fait fondamentales pour la détermination de la position qu'occupe le roi Kliasekliemre par rapport aux Sebekemsaf de la période antérieure (voir ci-avant, chapitre m). Aj)rès la reine viennent trois fils, le Se-Hathor^^^ et le Sebehhotep de l'inscription d'Assouân, puis un Ha-ankk-f c^ui porte le nom de son grand-père paternel; après eux, une fille à laquelle on a donné, de la même manière, le nom de sa grand'mère Kemi. Vient ensuite le Nibnnhh de l'inscription précédente, avec mention de sa mère (nom perdu) et de son père Sebckhotep; pour finir, un officier du nom de Senbi.
Un grand nombre des personnages mentionnés dans ces deux listes sont mat hherou, c'est-à-dire probablement défunts; Ha-Ankh-f le père est sans épithète à Assouàn, mais mat
'') Le seul monument connu par ailleurs de ce prince Se-Halhor est le scarabre du Caire, n° 86026 , qui porte l'inscription : X^ L^ [^ L^ "^i ; MAniRTTE, Cal. gén. Abydos, n" 1896; I^etiîie, Hisl. ScaraOs, n" acjij; "Stw- BEKBY. Scnmb», \1I, 3 et p. 199, et Seuls (dans Cal. gén. Caire), pi. I et
I.ltrivtt à Selii'l, ce (jiii loiulrnil à faire croire <|ii<' riiiscripliuri (le Seliel est postérieure à l'autre, si l'on n'observait inimé- (lialemcnl ([ue c'est l'inverse pour Kcmi la mère, sans épithète a SeiiL'l et mat hlicroii à Assouan. De même, le fils aîné Sellalhor est défunt, d'après la mention de Sehel, et aussi iNibankh, d'après celle d'Assouàn; seuls sont vivants les deux fils cadets — Sebekhotcp est nommé sans l'épitbèle wa/ hherou dans une inscription et dans l'autre — et Kenii la fille. Dans ce Sebekbotep, fils de kliasckhemre, faut-il essayer de reconnaître un des souverains de la famille qui régnèrent après les deux rois frères? Le nom de Sebekbotep est tellement commun à cette époque que ce serait là bypotbèse pure.
Les autres graffiti du roi dans la région sont moins intéressants. A Seliel, on trouve i 2^|r*7 1 qualifié d'«aimé de
sa mère Anoukit^i, cette légende surmontant le tableau du roi vis-à-vis de la déesse'"; à Sebel encore :
i '^ affronté avec le nom d'Horus : ^
Tî
JL
le tout surmontant la légende connue de .\ibànkb,^ '^■^'-'; ailleurs dans la même île, le même groupe du ^ q cartoucbe ^ ^ et du nom d'IIorus affrontés, avec cette seule différence que les noms, dans le cartoucbe, sont écrits
fî
comme on le voit ci-contre '"*^; à Sehel toujours, d'autres iii^ groupes de deux noms royaux disposés verticalement et affron-
<'•' L.D., II, loi g, et Tcxl, IV, p. 126; Moucan, Fnnilièrc de Nubie elf. p. 87, n" io.
'-' Mor.ijAN, loc. fil., |>. b>5, n" )."i.
- ^^^^^{ ^'is y**- —
lés. Mlle fois : /"""n^ vis-à-vis du nom d'ilorus d'Or : fWl "', une
autre fois, le même •t'^^Fils du Soleil Nofrholepv vis-à-vis du nom d'Horus'2).
A Konosso, voici un tableau avec figures divines, dédié par le roi 11 — '— "^^r®^! 7*~ j , à Khnoumou Seigneur de
la cataracte, ^^'■^1^; on lit, au-dessous, les légendes du père Ha-Ankh-f et de iNibànkh :
l!wt>.f
A Konosso, enfin, un autre tableau met en présence Satil, dame d'Éléphantine, et iMontou, avec les deux légendes que voici pour la déesse et pour le dieu :
II ne nous reste à noter qu'un petit nombre de monuments du roi; un scarabée avec les deux cartouches (de droite à gauclie)(5): -|| ^
f'î Morgan, lue. cil., p. 85, n° i6.
('' Morgan, loc. cit., p. Si , n° 1 1.
^^) L.D., II, i5i/, et Texl, IV. p. i3o; Moiigan, loc. cil., \,. 7^, n" Itb. Cf. WiEDEMANW et Maspebo, références des notes précédentes.
(*> L.D., H, i5i h, et Texl, IV, p. 109; Morgan, loc. cit., p. 71, n" 3n, déjà dans (Ihahpollion, Notices, p. 63 1, et Monmnenls, I, pi. 90, n° 1.
'^' (collection Jay Gould : Newbeiiuï, Egijpliaii llittorical Notes, <j d, dans P.S.B.A., XXXVI (1914), p. 37 et pi. IV, 1.
un vase en all)Alre de l'ancienne^ collection Abbott, qui porte l'inscription "ll(*Tîr*Tj ''" '""' colonne verlicalo"' cl une petite pièce cylindricpie en terre cuite de la coUecliou StroganolV*^', avec l'inscription :
qui probablement appartient à Kliasekhenare. L'attribution n'est pas absolument certaine, rappelons-le encore, car il y a plusieurs rois du nom de JNolirholep; c'est une circonstance qu'il ne fant pas perdre de vue lorsqu'on rencontre les scarabées, d'ailleurs en petit nombre, où le seul nom de Nofirhotep ou Fils du Soleil Nojirhotep figure ^^l
Les monuments qu'on vient de passer en revue sont en somme assez pauvres, et ne donneraient guère, par euxmêmes, l'idée d'un très grand progrès réalisé par la royauté thébaine depuis le temps des Sebekemsaf. La portion centrale du royaume est toujours la région d'Abydos et de Thèbes, où se font les seuls travaux dans les temples dont nous ayons trace. Du côté du Sud, les relations de bonne amitié avec les princes d'EIkab, inaugurées par le dernier Sebekemsaf, sont maintenues, et la suzeraineté au moins nominale du roi thébain est sans doute reconnue jusqu'à la cataracte, où ses officiers inscrivent mention de leurs passages; mais en fait, les seigneurs d'EIkab n'ont pas abdiqué leur indépendance, et le Sebeknekbt qui est sans doute, à Elkab, le contemporain de Rhasekhemre, porte encore son titre féodal de prince hérédi-
('' PnissE, Notice sur la salle des ancêtres etc., clans Bev. aixhéoloffique , i8/i5, p. 17.
(-' WiKfiKHANN, Kleinere aegyplischc luschriflen etc., n" 16, et Gescli., Sapitl.. p. 'Ao.
'^î Kn voir quelques-uns ciles par Gauthiki\, Huis, II, p. «7.
--»>.( 'l'iO )^^^ [581]
taire*''. l);ms une eiulre (lircctioii, cependant, la statue (juc Khasekheinre consacrait à Sebek du Fayoum nous donne lifu de nous demander si les Tliébains n'avaient pas étendu leur autorité dans la Moyenne-Egypte, et une indication encore plus large, nous l'avons vu, ressort peut-être du fait que kliasekliemre, dans son inscription de l'an 2 à Abvdos, fait allusion à un vovage à Héliopolis. Ce (|in en résulte véritablement est toutefois très problématique, et il semble en lin de compte que les conditions du royaume soient bien meilleures sous klianofirre Sebrkbotep, dont les monuments se rencontrent a Tanis aussi bien que dans la région lliébaine : ce progrès réalisé est sans doule la meilleure vérification qu'on puisse trouver de l'ordre de succession des deux rois frères, dont Khanofirre Sebekbotep a bien été l'héritier de l'autre.
ÎMOMMEMS DE KIIAISOFIRRE SEBEKHOTEP.
Parmi les monuments les plus intéressants de Khanotirre sont quatre grandes statues en granité d'un type très uniforme, assises, avec inscriptions sur le socle, disposées symétriquement en une colonne de chaque côté des jambes. Les deux plus grandes de ces statues, absolument identiques entre elles, décoraient un temple de Tanis; l'une est au Louvre depuis longtemps, l'autre a récemment été transportée au Caire. La troisième statue est celle bien connue d'Argo en Nubie. La quatrième est au Louvre, et vient, comme nous verrons, des environs d'IIermonthis.
Des deux statues de Tanis, la mieux conservée est celle
''' Au sujet (les relations de la royauté thébaine renaissante avec les princes d'Hlkab, \oir Tanalysc générale faite au chapitre m ri-avant, et ce qui concerne Tliisloire des rois Scklieinre-Seslicdtaoui Sebekemsaf (rhap. v, S m) et Seklicmre-Souaztaoui Sebekliolep (chap. vi).
[5821 -^o.( Vil )^-i~
qu'oii voyait encore sur place il y a une dizaine d'années f''. Comme la statue jumelle, elle est en {ji-anite rose. Les inscriptions symétriques du socle, en une colomie de cliacpie côté, les signes tournés face au personnage, se lisent :
à gauche : I~! à droite :
ibid.
àD
Ml
'') lU)SKLi,iM, Mon. stor., Icxtc, III, i)!. 1, n" H (les inscriptions, seulement le début); Makiktte, Deuxième lellrc à Monsieur le Vie. de Rougé fttc, dans Rev. arch., 3' série, V (1863), p. 398; RoncÉ, Insci: hiéroglyphiques, pi. 76 (les inscriptions); Petuie, Tunis, I (1889), p. 8 et pi. III, iGa, 16 6 (les inscriptions). Cf. AViKDEUANN, (Jesch., p. 3G9, n. 8, et Maspero, Hist., I, p. b'-io, n. f) , et llist. ancienne (1906), p. il^[^, n. 3. — La stiitue a étt- rapportée au Caire en même temps que les autres gros monuments de Tauis jusqu'alors laisses sur place : Maspeho-Bai\santi, Transport des gros monuments de San au musée du Caire, dans Annales du Serviee, V (190^), voir p. a 10-31 a, tableau des monunienls transportés.
M. R. WEILL
-^M 'i'iL> ).«^ [583]
Sur la statue jumelle du Louvre ^", \os inscriptions étaient sans doute identiques sitjnc pour sijjne, à en juger ])ar la partie subsistante; ces inscriptions sont d«Hruites au-dessous du deuxième cartouche, sous lequel on reconnaît seulement encore, du côté gauche, les deux premiers signes du nom de Plah^^K
L'autre statue du Louvre'-'' est en granité noir, de grandeur naturelle; les deux inscriptions symétriques sont identiquement pareilles, sauf un seul signe; celle de gauche donne, toujoiu"s en une colonne sous le signe »— ^, les signes tournés face au personnage :
(') C'est la {{rande statue A. tG, tout d'abord menlionnéo par Rolgé, Notice sommaire des monuments etc., iSig, p. 3-ti. La question de provenance a été longtemps obscurcie par des fonfusions : Rougé, en 1879 encore, signale la statue comme provenant de Tell Uasta ou de Thèhvs {Notice sommaire etc., 1H79, p. 07), et, bien qu'il ait dès l'année suivante reconnu la provenance rrprobablen de Tanis (Rougé, hotice etc., 1880, p. 16), l'indication erronée de Buhasle a passé chez Brugsch [Gesch. Avg., p. 18a), chez AViedemann {Gesch., p. 269) — Wiedemann, un peu plus tard, se corrige et note wTanis probablement» [Gesch. SuppL, p. 3o), d'après de Rougé, — et elle reparaît eucore, en 1909, chez Ed. Meyer [Gesch. d. Alt., I, 11, p. 281). Cf. encore Petiue, Tanis, I, p. 8, à propos de l'autre statue. Le monumeut est reproduit, sous forme de dessins médiocres, dans MKVF.n, Gesch. Ae^., p. 189, Perrot et CiHPiEz, Hist. de Vart etc., I, p. 679, et Maspero, Hist., 1, p. 599, d'après un dessin de Faiicher-Gudin : sur ce dernier dessin, par une inexplicable confusion, les inscriptions véritables ont été remplacées par celles d'un monument, inconnu par ailleurs, du roi Khaankbre Sebekholep, auquel nous reviendrons au paragraphe suivant. Photographie très Belle dans Bissing, Denhnaler ag. Sculptur, pi. 98 (1906). Les inscriptions n'ont jamais fait l'objet d'aucune publication spécialo: sans doute leur idrniité exacte avec celles de la statue de Tanis en est-clle la cause.
-' L'une des deux statues identiques a été connue de Sharpe, d'après la reproduction qu'il donne d'une titulalure royale identique signe pour signe : Sharpe, Egyptian Inscriptions, I, pi. 38, n" 3o.
'^> Louvre A. 17 : Rosellisi, Mon. Sior., texte, III, pi. I, n° 7 (l'inscription, jusqu'au bas du deuxième cartouche); Pieruet, Bec. d'inscr. inédites etc., II (1^78), p. 19. — Pour les statues A. 16 et 17 du Louvre, rf. encore Prisse dans Hev. archéologique, 1845 [Notice sur fa Salle des antétivs etc., p. 17).
[584] ~^{ Vi;] )^--
(l'inscription de droite intercale s après le nom de la déesse Hemen, aviint ^) : tf Le roi Kliaïudirn^ Schckhotep, aimé de Ilemen (»n son Sépulcre [liât nojiron) de Ilrfat.v La ville de Hefat, on le sait, est Tttphium de l'épocjne jjrécoromaine, aujourd'hui Tout, sur la rive droite du lleuve et à peu pivs en lace d'Ermenl; c'est de là ipic provi(;iit forcément la statue. Sur la déesse Hemen, dame d'un temple de la localité d'après l'inscription, on a quelques renseignements obscurs et rares ^'l
Voici enfin la statue d'Argo '^l Des deux inscriptions symé-
^'' 8 J "Il \ iC (dieu ou déesse?) fi/ïure clans une liste de divi-
nilés qu'on rencontre sur les monuments funéraires du Moyen Kmpire et que cite Brugscli {Dict. géngr., |). 1955-1956) d'après une stèle de Turin et la stèle C. i ô du Louvre, mhué J, d'autre part, dans une liste des dieux de la Haute-Efjypto à Esneli (Brlgsch, iind., p. 547). C'est encore (rHemen Dame (ou Seigneur) de Tupliiumn qu'on retrouve, à ce qu'il semble, dans un texte d'Kdfoii qui donne (Bnucscii, ibid., p. igA-^igS) : I ^^ 11! '^^ "^ îmvi. ^ ! l'analogie avec le texte de notre statue du Louvre porte à croire qu'à Edfou , le graveur a pris le nom de | ^^ pour celui de I *"**, peut-être par suite de l'analogie des deux signes verticaux en hiératique. Quant au ffsépulcre^i de Tuphiuni, il reparaît prohablement sur une statuette trouvée à Asfoun en 1908, dédiée par Thoulmès III à frson père Tlioutmès II, et sur laquelle l'un des deux rois est dit | ^g ^ — ' QP î ^ M ! (^^eigall, Upper Egyptian Notes, 6, dans /t/i/ia/es (/« Service, IX, i()o8, p. 107-108); l'inscription est transcrite de la sorte par Wcigall, avec ces indications dubitatives, d'après un tvslnmpage, et l'on se demande si le nom de la divinité ne doit pas être corrigé en I ■■■■ •. On songe aussi que | ^--^ © est le propre nom, très connu, de la localité même où la statue fut trouvée, et il paraît alors possible que le graveur ail écrit ce nom, par mégarde, en place du nom divin Hemen. De toute manière, la rédaction véritable restituée nous donne, encore une fois : «Hemen en son Sépulcres, et l'on voit «pie celte divinité, en même temps qu'à Tupbium, avait un culte dans la ville voisine d'Asphynis, située sur la rive opposée du (leuve, à une quinzaine do kilomètres de distance vers le Sud.
"^ Caillaud, Voyage à Méroé, II, p. 5 ; L. I)., II, lao h, i (dessins de la slatue, cf. BiiDGE, The Egypiian Sudan, l, p. 6^7), i5i « (les inscriptions); WiKDKMANN, Gesch., p. afiç), n. 10; M\si>kiio, IlisL, 1, p. 539-53.'{ (ligure), et Hist. ancienne {u^oh) p. i/i3; Bhkastkd, SnAane»e Nuhin, dans Thr .Imrrican Journal of Se initie languages air., \\V (ujub), p. It'.i , lig. :•() (Imnne
-"i^( /iVi ).«^— [585]
triques Hu socle, en une colonne chacune sous le signe »— •, celle de gauche donne :
et celle de droite ne diiïère de la jiremière que par la substitution de 1^ f»^ ~*^ 1 à souten baiti Khanojirre.
Par cette dernière statue nous connaissons donc le nom de uihti du roi. Son nom d'Horus, en outre, nous est apporté par deux montants de porte en granité rose, trouvés à Karnak il y a une dizaine d'années, et dont les inscriptions, exactement semblables et symétriquement disposées, donnent, sur chacun des deux montants, en deux colonnes ^^^ :
if
|>holofrr;i]jliif), et Breastkd, A hislory of Egypl, p. 216-217, "îî- 99 (l't'"tojfra|)liio analogue).
'•' Lkcbain, Second rappwl sur Ira huraux exécutés à Kariial,, dans AunuliH (tu Seivire, IV (1903), p. 2G.
D'après tout cela, les éléments connus de la lilulature tle notre Sebekhotep sont les suivants :
Horus Ankh-ah-taoui ;
Nihd Ouaz-khuou ;
Roi (lu Sud et du Nord Khauofirre;
Fils du Soleil SebeUiotep.
Le nom d'Horus d'Or fait encore défaut. Des quatre autres noms de la titulature, les deux premiers sont particulièrement remarquables par l'analogie de construction qu'ils présentent avec des noms de même ordre portés par certains de ces «Amenemhat complexes ?7, proches successeurs, à ïhèbes, de la XIP dynastie, et que nous avons passés en revue au chapitre H (§ i) ci-avant. Le nom d'Horus Ankh-ab-taoui, en effet, est exactement du modèle de Mrlt-ab-taoui , nom d'Horus de l'ancien Amenemhat-Senbef , et quant au nom de nibti de Khanofirre, Ounzhhaou, il faut le rapprocher de Sekhemkhaou, qui était le nom de nibti d'Ameni-Antef-Amenemhal (cf. aussi Nofrlîhaou, nom d'Horus d'Or de Snofirabre Senousrit). Chose remarquable, on relève les mêmes principes de construction dans la titulature du roi Aouabre Hor dont on parlera plus loin, et dont le nom d'Horus est Hotep-ab-taoui , tandis que son nom de nibti est I\ ojirkitaou ; mais en ce qui concerne Aouabre Hor, on doit avoir imité, tout simplement, les types de la titulature de khanofirre, dont le roi Hor, comme nous verrons, a été le contemporain et en quelque manière le vassal. Plus singulières sont les relations de titulature de Khanofirre lui-même avec les rois du groupe des «Amenemhat complexes », et il est assez difficile d'imaginer pourquoi KhanofiiTe s'attache à rappeler le souvenir de ces prédécesseurs chétifs et déjà quelque j)eu lointains. Il devait courir, du haut en bas des groupes royaux de la série thébaine , entre la Xn^ et la XVIIP dynastie, des filiations réelles ou prétendues,
— o.( -Vil') ).€<— 15871
que chaque souverain invoquait pour juslifior la Ic^jjitimilf'î do son règne, et par lesquelles un Pharaon pouvait avoir intérêt, dans des circonstances di^lcrminées, à se réclamer d'un prédécesseur moins puissant que lui-même. N'avons-nous pas vu qu'au début même de la XVlIi" dynastie, un officier de la reine Ahhotep était^chargé de réparer le tombeau d'une reine Sebekemsaf, du temps des rois Sebekemsaf ou des rois Antef^*^? Ahhotep se considérait, évidemment, comme en relation de descendance avec l'obscure reine thébaine des temps passés, et ne voulait pas qu'on l'oubliât; c'est trrs probablement une noblesse du même genre que cherche à affirmer notre Khanoiirre, dont on n'oublie pas qu'il est fils de simples particuUers, lorsqu'il va chercher certains éléments de sa titulature dans celles des modestes prédécesseurs des Antef.
Il faut retenir de là, cependant, que Khanofirre Sebekhotep ne peut être très éloigné, chronologiquement, des Amenemhat- Senbef et Ameni-Antef-Amenemhat auxquels il se rattache de cette manière; l'observation sera sans doute, pour nous, d'une certaine importance au point de vue des considérations historiques générales.
Outre les montants de porte qu'on a vus tout à l'heure, Karnak a fourni deux monuments intéressants du roi; le premier, connu depuis longtemps, est la base d'une statue en grès appartenant à un officier du nom d'Amenemhat, et qui lui fut donnée par la faveur royale : |^ ^ ^ | îî '^ ^ 4" ■^ i^ r© ifc|j(2). pg^^^^.g gg^ ^^g grossière statue, trouvée par
Legrain en i ()o5 , et que notre K.hanofirre déclare avoir remise à neuf : elle avait été faite en l'honneur de Nibkheroure, de la -\l' dynastie, par les rois Khakaoure (Senousrit III) et Kha-
(') Voir ri-avant, chap. iv, 8 m.
W MAniKTTK, Kmnak, pi. VIII^j, ot p. /iTi.
khopirro (Senousril II) «le la \{l\ comme on voit par Tinscriplion (Ml sept lignes horizonliiles qui se lit sur le ventre ^'^ :
^^k.-^ .W SIC /WMnA
Il semble bien que c'est le vieux roj Nibkberoure , le possesseur delà statue, que Klianofîrre appelle «son père»; malgré la banalité de la formule, on peut voir là une intéressante aflirmation de la continuité dynastique dont les Thébains de cettp époque soutenaient certainement la théorie, et que leurs prédécesseurs les Antef, les premiers artisans de la reconstitution thébaine, manifestaient par l'identité de ce nom de famille avec celui des Anief de l'ancienne dynastie. Ce n'est pas à dire, certes, qu'Antef, Sebekemsaf et Sebekhotep aient renié l'héritage des Senousril et des Amenemhat, plus fayoumites que vraiment thébains; bien loin de là, nous verrons que le souvenir et le culte de la XII' dynastie n'ont jamais été plus vivants, que la succession légitime de la XIP dynastie n'a jamais été
C Léguais, Notes d'inspection, XXX. Une statue de Montouhotpou Nibhepelii, dans Annales du Service, Vil (1906), p. Hli-'itt.
— ^>.( Vi8 ).c-i — [589]
plus soigneusement revendiquée qu'au temps de notre Khanojirre, qui prend bien soin de dire, sur le monument que nous venons de voir, que ce sont les travaux des Senousrit qu'il renouvelle.
A Abydos, où Khasekhemre avait pris soin odiciellement de l'accomplissement des grands rites, Klianolirre bâtit dans le temple d'Osiris une chapelle, dont des débris ont été trouvés en 11)0 1-1 c)02 par Pelrie. Voici d'abord les deux montants d'une belle porte, avec trois larges colonnes d'écriture de
chaque côté^^^; on lit d'abord les noms du roi : «®^||
^r>ç\]^ (montant de droite, première colonne), puis a
mention de la construction en monument à Osiris : ^f||fl] ^ ^ "^ ^ "1 S ^! ^ (montant de droite, deuxième colonne; texte analogue à la place symétrique du montant de gauche), enfin , dans la troisième colonne à droite et à gauche : r. . . .Osiris projette son lluide derrière lui, chaque jour, et lait qu'il Donne la Vie. » Sur un autre fragment ^~\ en un tableau disposé face à droite, on voit le roi debout, derrière lui
son cartouche d'Horus J^ "î"* m , au-dessus de sa tête la
tilulature :
[jH autre monument de Khanofirre, une dalle portant un fragment d'inscription en colonnes, est au British Museufn'^';
'' PhiniE, Ahijdns, II (1908), pi. XXVIII. Ces deux pierres ont élé trouvées «■n miellés, surtout celle de gauche, el partiellement reconstituées.
'*' Petiue, Abydos, 1(1902), pi. LIX.
'■^' Br. Muséum, n" loOo; cité par Budge, A Guide, 1909, p. 2;i.3, el .1 (iititi-, Sciillilun;, 1909, p. 80, et publié dans Hieroglijphic ti-xls. . . m lltc Ihilmli Muséum, IV (1918), p. 8 et pi. XXIII.
on y lit le nom de ^ ^ ( ® Jl, | , et duiis le texte on remarque
la mention de ^^ j»^**^» <|iii paraît se rapporter à un compte rendu de victoires sur les Nubiens.
La Moyenne-Egypte est représentée, dans le catalogue des monuments du roi, par un petit sphinx en granité noir ([ui vient d'AtTieh d'après l'inscription qu'il porte ^'^ :
1î(SS^(S)|HST?^o'M^
Quant à la Basse -Egypte, elle a fourni du roi, outre les grandes statues de Tanis décrites au début de ce paragraphe, une pierre récemment découverte, employée dans la construction d'une maison au Caire'-', et qui porte les titulatures :
Outre les vestiges d'édifices et grands monuments en pierre que nous venons de voir, on possède de Khanofirre une intéressante série de petits objets avec inscriptions. Voici un support de vase de forme annulaire, en terre émaillée bleu, portant à l'encre noire, peinte en une bande circulaire, la titulature'^' :
(nt^^^î^^i^sTcoMi;
'*' D'après Gauthier, Ruts, II, p. 34. L'objet est au musée du Caire. Polrie, je ne sais sur quolie indication, dit [llislnrij, I, 1899, p. 9i5-ai6) qu'il fut trouvé à Gebelein.
•-' Daukssv, Annales du So-vicr, XII (igi.5), p. «85 (dans Note sur des pu'rrt's anliqncs du Cairi').
w Nkwbkiuiy, Extracls etc., 9/1 a, dans P.S.U.A., XXIII (1901), p. 'Jîîo.
Voici ensuite une coupe, également en terre émaiilée bleu, également inscrite à l'encre noire, sous l'émail, en une ligne circulaire ''' :
Voici encore un petit vase en marbre bleuâtre trouvé à Denderah; de forme singulière et très fantaisiste, il porte l'inscription suivante en deux colonnes tournées face à droite ^^^ :
Aï
ir
Au musée du Caire, on trouve un fragment de planchette en bois^^' qui porte le bas d'une colonne d'écriture gravée dans des conditions de très grand soin; on lit :
C'est, comme on voit, un objet ayant appartenu à un prince au nom en partie perdu, . . Jiotep, fus de klianofirre et de la reine Zan, que nous ne connaissions pas et dont le nom nous
t" Collection Dattari : NEWBERfiv, ibid., ^2, dans P.S.B.A., XXV (igoS), p. i3/4-i35.
■- Weigall, Upper Effyptian Noies, 5. .-1 Vase of Sebekhotep III f roui Dendereh, dans Annales du Service, IX (1908), p. 107.
'■^'1 Ma copif. Cf. Nkwberrv, Extracts etc., 69. The Queen of Kha-nefer-fia Sebfk-hel^p III, d?ns P.S.B.4. , XXV ( 1 903 ) , p. 358 , et Gauthier , Hois , 11 , p. 38.
1502] -.!-».( /iHl ).**^
est ainsi apporlr. Klle paraît enconi une fois, avor une de sna filles, dans l'inscriplion, malheureiiseinenl df'truile en parti(î, d'un vase on terre émaillée bleu actuellement à Oxford"' el qui porte :
On ne sait sj le groupe mhk hiit fait partie du nom de la princesse, ou si c'est un titre de la déesse Hâthor, à qui aurait été consacré le vase.
Il ne reste plus à noter, maintenant, que les scarabées du roi, dont nous avons déjf\ enregistré un certain nombre au paragraphe I du présent chapitre, ceux qui portent les noms du père ou de la mère du souverain, Ha-ankli-f et kemi. En voici d'autres, fort nonabreux, dont l'inscription très simple donne seulement les deux noms de cartouches du roi, sans encadrement ni ornements d'aucune espèce. Le type rencontré le
plus fréquemment (on en connaît au moins vingt exem-
plaires '■-'), porte : ^; plus rarement, on trouve : ij, une
C Newberry, Exlracts etc., Sg. The Queen of Sebekhetep III, dans P. S. B. A., XXVII (igoS), p. loi-ioa, et Gactihbr, Roi», II, p. 38.
(-' Deux an Caire, n"' 3Goi5 el 36oi6 : Nkwbkhiiv, SeaU (dans Tat. fféii. Caire), p. 5 el pi. I; l'un d'eux esl certaineraenl celui de Mariette, Mmi. divers, pi. /i8 m, et p. i5, qu'on retrouve dans Pethib, Hist. Scar., n** 3()^i , et que connaît Wiedeminn, Gesch., p. aôg, n" la. — Un dans la collection Nash : Newherby, Searahs, X, 6 et p. 19Q. — \]n trouvé à Tarquinii : GiiipiR- DiNi, dans Alli dell' Aeoademia dei Lincei, mémoires de la série niorale-histoirephilosophie, X (1881-1889), p. 3oi. — Trois autres chez Pétrie, Hist. Scar., n" 3oi, 3oa, 3o3. — Un dans la coHeclion Stroganofl : W'edemann, Gesch., Supfl., p. 3o, et Kteinere dff. Inschrijïen etc., n" i3. — Un dans la collection Wiedemaiin : Kleinere rig. Inschri/lPii etc., n° la. — Ueux dans la collection Grant : Wieobu^nn, ibid., n" (| et 1 1, el Fetrib, Hist. Sçar,, n°' 3i5, 3iG. —
on : -
soulo fois à notre connaissance^''; puis, dos formes défec-
tivenienl écrites, telles f[uc »^, une fois'-', a^, une fois
aussi ^^\ et toute une collection de formes plus fantaisistes encore et sans intérêt pour l'histoire de notre Sebekhotep, étant donné que l'identité de sa personne , dans ces inscriptions trop irrégulières, n'est plus assurée (*'. Plus intéressant est un scarabée de dessin correct et sobre, proche parent des scarabées du père et de la mère, et sur lequel on trouve l'inscription tournée face à droite ^^'; l'importance de cet objet side dans sa grande analogie avec certains scarabées | du roi Mernojirre qu'on verra plus loin , ce qui contribuera à nous donner le moyen de situer, historiquement, le groupe dont le roi Mernofirre fait partie.
Un autre scarabée de k.hanofirre, qui mérite une attention
Trois au Louvre, n"' O298, 63ii, G076 : Pétrie, Uist. Scar., n°' 3ii, 3i2, 3i3. — Uulot de neuf scarabées, enlin, au Brilisli Muséum. n°' 2ii35, 32 434, 37668, 38575, 38694, 4o377, 40698, 41874, 43007 : Hall, Cataloifue etc., 1(1913), u°' 176 à i84, j). 19. Le premier, le n° 94i35, vient de la collection Loftie; on le retrouve dans Pétrie, Hist. Scar., n° 3i8, et Loftie, A ride in Efrijpl , p. i4'5.
La plupart de ces scarabées, ainsi que de ceux qui font Tobjel des notes suivantes, sont notés par Gautuier, Rois, II, p. 34 et suiv. , mais il y a dans la classilication de Gauthier un peu de confusion.
'"> Coll. Fraser, Cat., p. 7, n" 49.
(') Coll. Grant : Wiedemann, Kleinerc âg. Inschriften, n° 10.
'') Coll. Wilbour : Wiedemann, ibid., n" i4. Est-ce le même scarabée qui figure aujourd'hui au British Muséum, n" 42807 : Hall, CaUdogue etc., I (1918), n° i85, p. 19?
(*) Voir Gadtbier, Rois, II, S xxii à xvv. p. 35-36. (atons cependant encore le
^îî ^'"'^ scarabée de la collection Edwards (Pétrie, Hist. Sca)\, n° 3o5)
^^^ et d'un scarabée de la collection Fraser,' n° 5o, Cat., p. 7, les deux
♦ notés par Gacthieb, Rois, II, S xx, p. 35. Certainement analogue de type est un scarabée Ra-châ-nefer-ui , sans nul doute 1 1, vu par VVicdemann {Gesch., p. 269, n. 19) dans la collection Karman. Noter enfin, d'après VViedemann (même place), — mais de quel type?. — encore un scarabée Wicdemann et encore un scarabée Loftie.
''^ Ancienne collection Hilton Prire : ^"ewberry, Saualts, X, 10 et p. 122.
toute spéciale, osl celui que nous avons déjà rencontré et étudié^" au cours de nos inveslijjations sur les scarabées des types di(s «liyksôsj'. Renvoyons le lecteur à la rej)rodu(tion donnée à ce moment, et rappelons que cet étonnant objet, si purement liykms H dn tjjjic d'Anra par tous ses caractères, et qui désigne le roi par ses deux noms de cartoucbes, Kliatiojirra Sebekiiotep, nous permet de constater qu'au temps de Kbanofirre les scarabées du tijpc d'Anra étaient déjà en usage, et, par suite, que les cbefs asiatiques pour qui ces scarabées étaient faits, en Basse-Egypte, régnaient déjà dans leurs principautés à l'époque où Khanolirre était roi d'Egypte. (îc scarabée ççbyksos?5 de kbanofjrre, avec les symboles du royaume du Nord, n'est d'ailleurs pas le seul de ce type qu'on connaisse pour le roi, qui nous en a laissé au moins deux autres, également cités et décrits plus haut''^^ Comme nous l'avons indiqué, ces scarabées sont évidemment fabriqués dans le Nord comme tous les objets de la même catégorie, et si Khanofirre — qui règne à'Tanis, ne l'oublions pas — possède ces monuments d'apparence paradoxale, cela s'explique sans doute en admettant que dans certains cantons du Delta , très routiniers dans l'application des types une fois établis, on faisait ces petits objets en hommage au roi du Sud devenu le maître de la Basse-Egvpte. Peut-être aussi Khanofirre lui-même voulut-il avoir ses sceaux de roi du Nord, en signe de cette autorité nouvellement étendue. Quoi qu'il en soit, Khanolirre est le contemporain des Aura, lakebher et autres principicules asia-
'' Voir ci-avant, Les Hyksôs, complémenls , S m, D. Le scarabée on question, que nous avons reproduit à celte place, est île la collection Granl; on le trouvera aussi dans IShuberuv, Scarahs, X, 7.
'-' D'après Newberrï, Scarahs, X, 11, 1 9 ; le deuxième est au Louvre; le premier est celui du British Muséum, n° 25554 : Hall, Catalogue etc., 1 ( 1918), n° 176, p. 18. A noter l'existence d'un troisième scaraliée Khanojme du même t\|ie (rlnksôsA, au I5ritisli Muséum, n° 17<)34 :Hali-, h>c.cil.,n" 176 p. 18.
tiques des scarabées de la même famille . prédécesseurs des Apopi cl (les kinan à courte dislancc; ces frHyksôsn très modestes de la première période, le roi thébuin a implanté son aulorilé au milieu d'eux, il leur a fait accepter, peut-(îlre, une situation de vassalité plus ou moins complète ^ en attendant (|ue par un renversement des rôles, et sans doute point très longtemps après notre Seljekliotop, les Apopi et les kliian de Tanis prissent l'hégémonie, et, aidés des Asialicpies établis autour d'eux j s'avançassent victorieux jusqu'au fond de la Thébaïde.
Nous avons précédemment, autant rpi'il est possible, reconstruit l'histoire vraie de cette dernière invasion et de ce qui s'ensuivit, le retour offensif, couronné de succès et, cette fois, durable, des Thébains dont la victoire devait permettre la rcconstitution nationale. A la minute actuelle, nous faisons un pas de plus en reiiiontant, le long de la chaîne des événements historiques; nous découvrons le lien historique et chronologique qui met en contact la royauté Ihébaine, arrivée à l'apogée de sa fortune, avec les forces encore inorganisées qui se préparaient en Basse-Egypte. A-t-on le moyen de préciser quelque peU les choses? Peut-on savoir comment on passa, dans la région de Tanis, du stade (VAnra à celui des Apopi conquérants du Sud, et d'autre part, à Thèbes, peut-on trouver un lien visible entre les Sebekhotep un instant maîtres du Nord et les artisans ultérieurs de la grande restauration? \iu côté lanite, nous ne trouverons guère de renseignements dans ce sens. A Thèbes, non plus, nous n'arriverons à établir une relation directe entre les Sebekhotep et la famdle de Tiouà et d'Ahmès; toutefois nous apercevrons, de manière h vrai dire très générale, comment la monarchie thébaine a évolué après Khanofirre Sebekhotep, et nous mettrons en place, sans trop de peine, quehjups familles royales qui liront, à ce moment, une apparition plus ou moins brève. En ce qui concerne
ies successeurs immédiats (ie Khanolirrc», \r, ranjfcmoiil est facile et peut être l'ait (oui de suite.
La raniille des Sehi'kliolep et des Nofirliolep, eu ell'cl, qui est celle des rois Kha-[X]-re, est assez cohérente par tous ses caractères pour qu'il soit certain que tous les souverains qui en font partie ont régné sans disronlinuilé. Or on sait — nous avons résumé la question au début du présent chapitre — que les deux rois frères, Khasekhemre et Khanofirre, sont venus immédiatement après Sekhemre-Souaztaoui, c'est-à-dire les premiers du groupe Kli(i-[X]-re. La place des autres Kli(i-\A\-re, tous Sebekhotep lorscjuc leur nom personnel nous est connu, est par suite absolument certaine : ils sont à mettre après khanolirre et en contact avec lui. Nous examinerons d'abord les monuments du seul d'entre eux sous lequel il semble (pie l'œuvre de Khasekhemre et de Khanolirre se soit plus ou moins complètement maintenue.
KIIAAÎNKHRE SEBEKHOTKl».
La titulature complète de Khaankhre nous est fournie par le socle de statue bien connu du musée de Leydc, que le roi avait consacré — dans quel temple? — pour le dieu t Min^^^ Chacune des quatre faces latérales est décorée d'un tableau dont le motif central est le cartouche d'Horus, avec la figure du roi debout, face à ce cartouche,
f'' Leyde C. i3 : Prisse, Notice sur la salle dcg ancèlres elc. , dans lii'V. arch., i8/i5, p. 18 du lira{Tc; Lkema.ns, Lellre à M. Fr. Salvolini etc., p. 119- 120, pi. XXIII, n"' 233-93.5, et Monumenls etc., I (18/12), pi. 87; Bobsek, licsch. der (ïg. Sammluiifr . . . in Lciilm (Ancien et Moyen Kmpiri', 11' partie, 1910), n" 7, p. 1! et pi. VI, li{j. 3-5. <if. HANkK dans O.L.Z., 1911, p. 3o8, n. â.
à droite et à gauche; encadrant le tout, sur les bords, en une colonne de chaque côté, face au centre :
d'un côté
de l'autre : i ^
di
if
Sur hi table supérieure, gravée à plat sur une bande faisant le tour des quatre côtes, une inscription formée de deux moitiés rigoureusement identiques et symétriques signe pour signe; le texte part du milieu d'un des petits côtés du rectangle, diverge, à droite et à gauche, à partir d'un signe ^ central, suit, parallèlement et dans le même sens, les deux longs côtés, puis les deux inscriptions marchent à la rencontre l'une de l'autre sur le petit côté opposé à celui de l'origine, et joignent, au point milieu, leurs derniers signes. Le texte est
une tilulature complète qui se lit : j\^ ^ ^Z».-^'^^ fil iTi
^^o^'^ L ^' l^'^pi'ès cela, les divers noms du roi sont
les suivants :
Horus Sam-taoui;
]\{bti Dad-Umou;
Horus d'Or Kaou-noulirou ;
\\o'\ du Sud et du Nord Kha-aul.h-re ;
Fils du Soleil Sehckholep.
Le nom d'Horus, analogue à celui de khasekhemre, qui est Gerg-taoui, et, d'un peu plus loin, à celui de khanofirre,
Anhh-ah-laoui , présente en outre cette particularité qu'il est renouvelé du ^il)klleroure Meiilouliolop de la W dynastie, Sn)ii- (aoiii comme Horus et comme nthli snnullanément; la même épilhète devait plus tard être reprise, comme nom d'Horus, par un Piankhi, et ensuite par Gambyses. Le nom d'IIorus d'Or, transcrit comme nous venons de le faire, est sin}jnlicr et à peu près dénué de sens, car «les Doubles des dieux?) n'exprime ni une qualité, ni l'accomplissement d'un acte; il [)araît indispensable de couper le titre autrement, de manière à comprendre : «Horus Nouh-hndii-noHlmmrs , «Or des Doubles des dieu\». Que cette explication soit nécessaire et vraie dans certains cas, cela ressort du nom d'Horus d'Or d'un autre roi de la XI' dynastie, voisin du Nibkberoure qu'on citait (oui à l'bcure, le roi INiblaouire Mentoubolep, Horus et nibli Mb-taoui, remarquons-le, de même que JNibkheroure est Sa?n-t(wui, et qui a pour nom d'Horus d'Or ^^ '■ cela est extrêmemement analogue, comme on voit, au nom d'Horus d'Or de notre Kbaankhre, mais encore plus simple, et tel qu'on ne peut traduire autrement que : «Horus Noub-noutiroun, «Or des dieux 75. On arrive ainsi à constater l'existence d'un type dans lequel le nom d'Horus d'Or n'est plus, à proprement parler, un nom d'Horus d'Or, mais une sorte de deuxième nom d'Horus, assujetti seulement à l'obligation de commencer par le mot iwub''^\ La remarque une fois faite, on s'aperçoit inunédiatemenl que l'invention des noms d'Horus d'Or de ce type remonte à l'Ancien Empire. Celui de Nousirre, ^, est parli-
('' Qu'on ne s'étonne pas de voir ainsi la dernière partie du tilre Hwus d'Or s'en détacher pour former le début du nom propre. Un fait analogue et très rcmarqualtle se rencontre, sous TAncion Kmpire, dans les noms de nihli si curieux de Kheplirèn et d'Ounas, ^ la 1 V *^l ^ t\ T V , (pi'il faut absolument lire Otuiv m nibli, Ouaz m uiOli, et traduire : «Puissant en la Double Seigneurie», «Florissant en la Double Seiçneurien : ici, on le voit, c'est le titre nihli, comme dans les cas signalés ri-dessus le mot noiib, (pii est absorbé et passe dans la formation du non) propre.
M. n. WtlLL. 3'J
culièrcment reiiitir(|unblc par son analogie avec celui de Nibtnouii'e, mais il doit sans doute être e\pli(jii(' un peu différemment, rrHorns (YOr diriiir; tout à fait seml)la])ies sont ceux de
Dadkare, jKv î, «;Horus d'Or fcrmoy), d'Ounas, m- ( , «Horus (YOr florissant V, de Nofirkare Papi, ^v^T, «Horns iYOr puis-
snnlv. En ce qui concerne maintenant le nom d'Horus d'Or de Khaankhre, qui nous a induit en ces remarques, il faut encore noter son analogie avec le nom d'IIorus d'Or de Senousrit II, V "ITT-â-, — qui servait de nom d'Horus à Sekliemre- Ouazkhaou Sebekemsaf, — et avec le nom d'Horus «l'Or du roi Aouahre Hor ([ue nous rencontrerons plus loin , ^^ | 1 1 | • Khaankhre Scbekhotep, à l'exemple de son prédécesseur Khanofirre, avait construit, à Abydos, une chapelle dont quelques fragments très beaux furent recueillis, jadis, dans la collection Mimaut, et sont aujourd'hui au Louvre. La sculpture et la disposition des tableaux et des inscriptions, sur ces beaux panneaux de calcaire, rappellent tout à fait l'exécution des rehefs de Noubkhopirre Antef à Abydos et à Koptos. Voici d'abord un admirable montant d'angle, scié, sur les deux faces perpendiculaires, avec une extraordinaire barbarie; le croquis ci-après'*' donnera une idée de la disposition des inscriptions de chaque côté de l'arête. Dans la colonne de gauche de la face.de gauche, on reconnaît lu mention de la consécration de l'édifice ^rà son père OsirisT^. Dans le cartouche de Fils du Soleil, on remarquera l'orthographe alphabétique du nom de Srhehhotep , orthographe qui parait ne point se rencontrer ailleurs que sur les monuments de Khaankhre. Voici ensuite
(') D'après mon dessin. Le monument est Louvre C. 9. Voir Dlbois, Descr. des antiquités égyptinmes dr la collectian Mimaut, 18.37, n° :^0(); WrKDEMANN, kleinere (ï/f. Insrh., p. 7. Pour cf'lle piorre el celles «le même provenance dont on va parler, Louvre B. 3. h, 5, G. 10, cf. Pétrie, Ilistorij, I (1899), P- ^'O' el Neuberhï, dans P.S.B.A., XXV (jgoS), p. i36.
[000] .^J.^ ',:,<) )kh—
une large dalle ^", brisée on haut et sciée, sur les côtés, avec une netteté parfaite et sans nul souci di; ne point mutiler les (igures; le long tableau d'où cette piern* fut détachée représentait, en une succession de scènes, le roi debout, face à droite, devant difïérents dieux accompagnés de leurs légendes
respectives, et surmonté lui-même, chaque fois, du vautour aux ailes éployées sur le nom royal. Sur le fragment qui nous est conservé, on voit le chacal, \*/^'^'f *©*, projetant le
signe de Vie vers le Pharaon et disant : ^ ^ ^ ^ j '•"^
'"' Louvre B. 3 : DiBois, loc. cil., ii" ao8; Wiedemanm, loc. cit.
-^+>.( 'i(;() ).e<^ [GOl]
fait la quadruple adoration, ] * , , , ,• Du même édifice et sans doute du même mur viennent deux autres fragments, également au Louvre t'^, dont l'un montre le roi devant Ptuli Sokar Osiris, l'autre le roi devant Horus : ces deux derniers fragments s'assemblent exactement.
L'attribution de ces panneaux au nom de Schehhotop, au roi Kliotvil.lirc, résulte de leur grande analogie avec le montant aux cartouches complets que nous avons décrit d'abord; mais elle résulte aussi de l'écriture alphabétique du nom de Sebelchotep dans son cartouche. Sur la foi de ce caractère il convient d'attribuer à Khaankhre, de même, la stèle 201/16 du Caire, en provenance d'Abydos également'^', et sur laquelle on voit le roi en adoration devant Min, avec la légende royale en trois petites colonnes face à gauche :
■^ 'fTl^ À"?- affrontée avec le complé- -^ ""^ "^ ment de la phrase, en V K^
deux petites colonnes ""^ 1 1 face à droite : ® *