CHAPITRE VIII
LE MONDE PHARAOMQUE DU TEMPS DES SEBEKUOTEP ET SES RELATIONS AVEC LA XIP DYNASTIE.
Résumons les faits acquis. Les Sebekholep et Xofirhotep de Thèbes, continuateurs des premiers fidèles de la \\V dynastie, ces Anienemhat-Senbef, Ameni-Antef-Amenemhat, etc., dont ils semblent à certain moment se déclarin* les fils, restaurateurs d'une tradition ancienne en opposition avec celle généralement régnante chez les Antef et les Sebekemsaf, proclament qu'ils sont les héritiers de la MI' dvnastie. et ils ont pour contemporains, dans le Delta, do petits princes à scarabées de la première période ^ hyksôs » , dont certains se parent des noms solaires de la \IP dynastie, notamment de celui d'Amenerahat III. Nous allons rencontrer maintenant d'autres successeurs légitimes, ou soi-disant tels, de la grande famille antérieure; le plus remarquable d'entre eux est un roi chez lequel on retrouve cette particularité de vouloir se rattacher spécialement à Amenemhat III : il s'agit de l'Aouabre Hor bien connu de Dahchour, dont nous allons voir que, selon toute apparence, il vivait au temps même de Khanofirre Sebekhotep.
[08] ~^>.( im ).c^^
AOUABHK HOR.
On sait que le tombeau d'Aouabre Hor, dcîcouvert par J. do Morgan à Dahchour, faisait partie d'une sérii» de caveaux alignés dans l'intérieur de l'enceinte de la [)yraniide d' Anienembat III, véritables dépendances de la pyramide, aménagées pour servir à la sépulture des membres de la famille du roi ou de ses principaux serviteurs. Le roi trouvé là en 1^9^ possédait un mobilier funéraire admirable dont les pièces les plus remarquables étaient le grand naos en bois et la grande statue en bois qui décorent le musée du Caire; la statue est anépigraplie^'^ tandis que du haut en bas des montants de la porte du naos, en une colonne de chaque côté se répétant en disposition symétrique et de manière rigoureusement identique, on
autre petite statue en ])ois doré porte '^', sur le socle : ^^^ ( ^ 1 ^ j, et sur deux vases on trouve'*^ : ^ ^
'■' Morgan, Fouilles à Dahchour, I (189^1), pi. XXXIII-X XXV, belles rcpro- Htif lions; cette statue a élé plusieurs fois reproduite depuis lors.
(') Morgan, /oc. cit., p. 91,93. — Pour ce naos comme pour tous les autres objets au nom du roi qu'on va citer, voir Gautiiieii, Rais, I, p. 317- 3 18.
^'' AIoiiGAN, lue. cit., p. 90, 95; Breasted, A Ilistury, fijj. 88. '' Morgan, loc. cit., p. 90, 95; Rkisner, The iluted Canopic Jars of the Gizeh Muséum, dans A./.., XXXVII (1899), p. Ga.
f@ ,^ ♦ j. Le cercueil''^ a In mention royale sous la forme
1 \|; ( 0 .n., ■*■ J ^ («2:, *** J- ^ui' u"*^ grande stèle dans le
tombeau ('-> allernaient T^X^l et^^r©~^Vj, et la
dernière de ces deux mentions se trouvait aussi sur une stèle plus petite, ainsi que sur nn autel circulaire'^'. La caisse à canopes dont le sceau en terre devait donner lieu à tant de
d(5bals, cst''^ aux noms de ^^^(®'-*-- ♦ jS' ^^ *'^^ quatre vases qu'elle renfermait-^', deux portent i^l^ [ © ^*-, ♦ J , «t les deux autres , 7^ Ç^^ *$*] '^'.
Il résulte de toutes ces mentions que la tilulature complète (lu roi comprend les éléments que voici :
Horus Hotep uhtaoui;
Nibti fiojir-khaou ;
HoFQS d'Or A'o/?r nouùrou ;
Roi (lu Sud et du Noi-d Am-iih-rc;
Y'\h du Soleil llor.
'■'' JÉC!nER,dans Morgan, Fouilles à Dahchaur, f, ji. 101-102: L(cu :, Sarcophai^es nnlériears au Nout'cl Enijiive, (dans (Jal. gêu. (Àiirc), II, p. 8/i-85 (Caire, n" 28106).
**' Morgan, /oc. cit., p. 9^.
W Ibid., p. 94, 95.
W lùid., p. i09-io4.
(*) Ibid., p. 106.
'") Sur la curieuse particularit(î de celle mnnière d'écrire le nom Hm; qu'on rencontre sur tous les objets du tombeau à roxccj-tioa de la petite slatuc et du /[rand naos en bois, qui ont Hor par le faucon comme il est écrit d'liabitud(^ Noir Lacau, j4.Z. , LI (191 4), p. Gl (dans Supprpssion^ fil tmulijicHtiitng ih sifjnfs dans les le.rles funéraires).
[70] -.•^>.( fn\) )^s^
Les analojjios de relte tiliilaliin» sont extrc^momcnl ninar- (jiial)l('s. Deux iiom,s, immrdiatcmiMit, lo nom d'Ilonis cl le uomdenibd, font prendre place au roi à côté (l(^ Klianolirre Sebekliotep, qui est llorus Ankli-ab-laoui vÀnihù Ouaz-lihaou^^\ et l'on observe, de plus, que le nom de nibli Au roi Hor esl déterminé par un procédé exactement seml)la])le à celui qu'on employa pour Klianofirre et Miasekhcnue : les noms de mbùàn ces derniers Pharaons, Ouazhhaou et Apntul , étaient pris dans les noms solaires de deux prédécesseurs de la famille Sekhemre, à savoir Sekhemre-.l^/;/fl/ Antef-â et Sekhemre- Oîfrt^/./irtou Sej)ekemsaf, et, tout à lait de même, le nom de uibù (h» Ilor est pris dans le nom solaire de l'ancien Sekhemre-Ao/?r/c/moM Oupouaitemsaf. Quant au nom d'ilorus d'Or Nojir-noutirou, il a son analogue dans celui de khaankhre,le successeur de Khanofirre, ^V^.yj | ||, à propos de quoi nous avons déjà (au précédent chapitre, § iv) rappelé le nom d'Horus très semblable Hotep-noidirou , qui fut celui de Senousrit IL Si l'on passe maintenant aux deux noms de cartouches, on verra que Aou-ab-re est étroitement apparenté avec Ouah-ab-re, nom solaire de la-ab, et avec Nojir-ab-re, nom solaire d'un certain prince de la série Aura, — deux personnages reconnus ciavant (précédent chapitre, § v) comme de proches voisins de Khanofirre; on verra aussi que Hor a ce caractère commun avec la-ab d'être un simple nom de particulier, sans apparence royale.
Toutes ces rencontres sont, comme on voit, extrêmement concordantes; elles rapprochent le roi tantAt de Khasekhemre, tantôt de khanofirre, tantôt de khaankhre; mais les analogies avec Khanofirre sont les plus nombreuses et les plus remarqua-
<'' Nous avons fait remarquer d'aiHeurs, à propos de ces deux noms do Ktianofirre Sebekliotep, que leur forme reproduisait les formes du nom d'Horua d'Amenemliat-Senbef, Meh-eib-taoui, et du nom de niOli d'Ameni-Anlef-Amenemhat, Sekhemkhaou (voir ci-avant, précédent cliapitre, S m).
-^y>[ hSO )<~t^ [71]
blés, cl par saito l'époquo do KlianofiiTe est, pour le roi Hor, la j)lus probable. Une indication tlironologique supplémentaire est apport('e par un intéressant scarabée sur lecpiel on lit la li'fjcnde :
/*^ en une petite colonne (pi'encadre, symétriquement, un dé- 0 cor pseudo-hiéroglvpbi(pie composé avec les éléments iiiii • y|. On connaît deux exemplaires de ce scarabée'". Son U caractère «hyksôsTi saute aux veux, et l'on voit combien il est analogue au scarabée cité plus baut (précédent cbapitrc, fin du paragraphe iv) sur lequel les noms de Kbanofirre et de Khaankbre se présentaient mariés en une foi-ine graphique
© unique * , encadrée de pseudo-hiéroglyphes. Ici de même nous
ÎT avons, reliés par le signe solaire central, les noms de Aouabre et de Khnhare; et de même que l'autre scarabée avait apporté confirmation du voisinage immédiat de Khaankbre avec kbanofirre, de même ici nous sommes en droit de conclure que Aouabre et Kbakare sont contemporains. Or, ce Kbakare, nous le connaissons bien : ce n'est pas Senousrit III comme on a pu jusqu'à présent le comprendre, c'est un Aura, un petit roi des scarabées du type étranger examinés au précédent chapitre (§ v), où nous avons vu que sa date, à lui aussi, est celle de Kbanofirre : l'indication qui en résulte pour Aouabre concorde
f' Un de ces exemplaires au British Muséum, n° 3^652 : Bidge, Kings (1908), I, p. 61, et Hall, Catalogue of Egyptian Scarahs. . . in ihe Br. Mugeum, I (1918), n° 187, p. là. Un autre a été copié au (]aire, chez un particulier, parLeGUAiN, \oir ses Notes d'inspection, XXIII. Un scarabée à double num royal, dans Annales du Service, VI (igoS), p. 137-188, et cf. GAUTiiiEn, Rois, I, p. 809 et 3 18. — Cf. un scarabée de type différent du roi, avec ^-*-^ rncadn'' d'ornements pseudo-hiéroglyphiques formés avec les cléments q
*"" Î A "î" = ^' "'■■'•'' ^"'- '/'''^ ^«'^i/ -^^^"-^ Collection (1896), n° 876, p. 196, et A li,siori,. m. p. 77: Fr.ASEK, dans P.SM.A., XXI (1899), p. i53, pi. II, n" 20; Legiuix, loc. cit., diins Ann. du Service, VI (igoS), p. 187; Gauthier, Rois, I, p. 3 18.
oxactement, conimo on voit, avi'c celles oblcnuos d'aiilrc pMil tout à rheurc.
La boîte à canopcs trouvée dans le toinheaii était entourée, comme il a été souvent raj)j)e|('', d'une ficelle ([ue retenait un
sceau en terre portant l'empreiMle ( ^Y^'^y^K «jui se lit le plus probahlement JSemalrc. Qu'un certain roi Nemalre ait été en rapport avec Aouabre Hor, cela résulte d"aiilre pari de la petite plaquette carrée (]u'F]rman a fait connaître en iHfjf),
et dont une face mofiire le roi Hor, i^ *^i' '"'^ adoration devant le Faucon d'Edfou, ^, perché sur son serdh, tandis que sur l'autre face rura}us du Nord accompagne un cartouche
royal f^^"^ , Nematre^^\ Il est à peine besoin, après
tout ce qu'on a vu antérieurement, d'ajouter que ce Xematre n'a rien de commun avec Amenendiat 111, et nous avons assez longuement étudié les Nematre et Khakhopin-e des scarabées «hyksôsî? de la première période, contemporains de Khanofirre'^', pour ne pas nous étonner de rencontrer l'un d'eux en contact avec cet Aouabre Hor qui est également de l'époque de khanofirre. La plaquette qu'on vient de citer est un de ces petits monuments aux noms de deux rois voisins ou associés, fréquents à cette é'poqiie, et dont les scarabées dont on parlait tout à l'heure , de khanofirre avec khaankhre , ou d'Aouabre avec khakare, sont d'autres exemples; la plaquette apparente Aouabre avec un certain Xematre qui lui a survécu et a présidé aux opérations de son ensevehssement, puiscjue c'est à son nom que la boîte à canopes du roi défunt fut scellée.
■') Morgan, Fouilles à Dahchour, 1, |). loT) ol pi. \\X\II.
■'' Berlio n° 7670: Er.MiN, />)• Knnii; Ituriix, dans A.Z., WXIII (iSgf)), p. 1/19-1 /i3.
^' Voir cfi (pii conccrno ces iiioniimorils et ces personiiafjes au précédent riiapilre, S vi, ot siirloiil aiitérieurcmenl, Les llijksùs, (iuniplémenU, S m, (î.
Ces constatations sonf tellement simples, on les fait si facilement et avec le bénéfice d'une si évidente certitude, qu'il faut un etïort, ensuite, pour comprendre la longue discussion h laquelle a donné lieu ce pauvre cachet de terre, avec le nom de .\ematrr dont on ne se figurait pas qu'il put apparlr-nir à une autr^' personne que l'Amenemliat III de la XII' dynastie. Maspero cependant aperçut la vérité immédiatement, au moins en ce qui concerne l'époque d'Aouabre , et comme suite au rapport a(h'essé par Morgan au moment de la découverte, il déclara ''^ qu'il ne lailail pas songer à intercaler un roi nouveau dans la XIP dynastie, que l'Aouabre découvert était identique à l'un des deux Aouabre enregistrés par le papyrus de Turin , cl qu'il était à placer, par suite, dans la XIII' djnaslie'-. Morgan répondait, brièvement, qu'il n'était pas sur de l'époque; mais qu'il ne lui «semble guère admissible que la caisse renfermant les canopes d'un roi de la XIII" dynastie ait été cachetée par un souverain de la XII' dynastie antérieur de i5o ans au moins au règne du défunt '^^». D'accord avec lui, son collaborateur Jéquier range le roi Hor dans la XIP dynastie, pense que le «sceau d'Amenemhat lilr) détermine son époque, et (|u'il fut un associé au trône d' Vmenemhat 111, mort avant lui ''l Exactement de la même manière raisonne et conclut H. Brugsch^^l
Etrange aberration, (pii empêchait même de songer qu'un
•'' C R. de l'Acad. de» Inscr., séance du 'i mai iSq'j, ot leUre à Morgan du 3o avril iSg'i; cités et discutés par Morgan, Fouilles à Dahchour, p. io5. Cf. Maspero, Hutoire, I (i8g5), p. 53o el n. 1 1, o3a et n. i.
<*J Maspero ajoutait que le protocoin d'Aouabre Hor est modelé sur celui des rois de la XIJ' d\naslie, mais reia est inexact; la seule analogie de ce protooie avec les titiilatures de la Xll" dynastie ressort, nous l'avons vu, de la forme du nom d'Horus d'Or, apparenté avec celui de Scnousrit 11.
(*' Morgan, loc. cit., p. io5.
'*^ JÉQiiER dans Morgan, loc. cit., p. 12G-138.
<*> Lettre do H. Bnigscli du ag mai 189/i, dans Morgan, Fouillée à Dahchour, II (i8g5), p. 107-109.
vieux sceau d'Ameneinhat III oAt pu «^Ire utiiisi5 par la suite, pour les opérations de la sépulture d'un roi enterré an pitnl d<' la pyramide de ce même Amenemlial III! Cette idée si simple apparaît pour la prennère lois clicz Pétrie en lî^tjy; Pétrie ne doute pas (jue le sceau de Nemalre n'appartienne à Amenemliat III, mais il se refuse à admettre l'existence d'un nouveau roi à côté de lui . et expli(|ue l'emploi ultérieur du sceau d'y\menemliat par le souvenir que le grand roi devait avoir laissé h l'époque suivante^*'. Au mépris de celle interprétation raisonnable des choses, (Jauthier, en 190H , revient à pens'T que la caisse à canopes a été scellée par Amenemliat III. que le roi Hor est de son époque, que sa situation entre Senousrit III et Amenemliat III est certaine'-'. La môme illusion est partagée, en 1909, par Ed. Meyer'^'.
Toute incertitude de ce côté a disparu pour nous, qui savons qu'Aouabre est contemporain de khanofirre, et qu'à l'époque de ces rois il y avait des Nematre sans nulle parente'' avec celui de la XII" dynastie. Mais il n'en subsiste pas moins ces faits importants, qu'Aouabre est en rapport étroit avec un de ces petits rois qui se paraient des noms solaires de la dynastie antérieure, que ce Nematre, qui prétend faire revivre en lui Amenemhat III, veille à la sépulture d'Aouabre, et qu'il lui aménage son tombeau dans les dépendances mêmes de la pyramide de ce grand Amenemhat. Il se dégage de tout cela, très nettement, que les deux rois Aouabre Hor et Nematre avaient une dévotion particulière au souvenir d'Amenemhat III, qu'ils s'attachaient à le traiter comme un ancêtre dont on a le droit de prendre le nom et auprès duquel on a sa place marquée, en
(" Pbtrie, HnUivy, I (1899), p. wi-xxii (addenda). Pétrie fait ressorlir, de plus, des affinités archéologiques entre la statue de Hor et les statues de Sebekiiotep.
^*) Galthier, Hoiê, I, p. 817, n. 1.
t^) Ed. Meïer, Ge»ch., I,ii (1909), p. 967
somnae, qu'ils prétendaient être ses descendants et ses héritiers. Ce besoin d'aflllrmation légitimiste, si naturel chez les princes débiles de l'Egypte morcelée que nous connaissons à entrevoir, est le même qui se manifeste à la même époque , nous l'avons vu, du côté des Nofirhotep et Sehekhotep aux noms solaires d'un type rXU' dynasties si caractéristique; mais dans cette course à la légitimité le petit roi de Dahchour, moins puissant que son contemporain de Thèbes, avait sur lui l'avantage de posséder dans son domaine les tombeaux des ancêti-es désirés, et il n'est pas douteux que dans la Moyenne- Egypte on ne cherchât à en tirer un certain prestige.
Le nom de Nematre paraît encore sur d'autres petits monuments de cette époque. Voici un scarabée '^^ dont l'inscription met face à face deux cartouches royaux avec noms solaires :
celui d'un .\ematre
et celui d'un certain roi "^ ISofirhare : /■ — ■
Les deux cartouches en vis-à-vis sont séparés par une colonne centrale de pseudo-hiéroglyphes "^ et |, qui donnent à l'inscription un certain caractère rihyksôsw; mais d'après le signe du vautour qui surmonte leurs noms, ce Nematre et ce Nolir-
(') Coll. J. Ward : Griffith, dans P.S.B.A., XIX (1897), p. 99.3, et reproduction dans P.S.B.A., XXII (1900), p. 3i3. Griflilli voudrait retrouver, dans \e Nemalip de co petit monument, le roi Neklianematre Klienzer (ci-avant, ctiap. Il, S II), et ce serait assez l'avis, d'aulrf^ part, d'Ed. Meïer, Nachirâjre zur lïg. Cliron. (1908), p. 87, n. 1. Cette idonlilicalioii, injustiliée et qui serait des plus incommodes, parait suggérée par l'analogie du scarabée avec l'autre objet décrit par nous ensuite, sur lequel, conunc nous allons voir, le même nom de Nematre pourrait facilement être iaterprélé comme étant celui de Nekhanemalre.
karc sont des liois du Sut! , à inollro par suiU' à côlé des rois de la famille thébaiiie plutôt (|u'à côté du roi Mor. Il se df'jjajje de là une observation intéressante, relative au domaine dans lequel on rencontre les scarabées du type « hyksôs » : de même que les ïliébains du temps dos Sebokbotep, notamment Kbanotirre, ont, dans le Delta, des scarabées "•hyksôsj? de liais (ht Nord, de même il existe des scarabées «hyksôsw de lîois du Sud, très probablement fabriqués dans le Sud, et l'on voit ainsi que le type de ces scarabées était arrivé, vers le temps de khanofirre, à se répandre dans la vallée entière.
Voici un autre objet do même espèce, connu par deux exemplaires remarquablement semblables, un scarabée de Berlin et un scarabée de Londres qui portent les inscriptions suivantes :
îrlin (1) :
sur le dos :
^'~^ sur le plat :
Londres^-'
sur le (10 ■> ;
dJ
sur le |)i;
at : O
D'après l'écriture singulière du deuxième nom, on pourrait se demander, avec Erman, s'il n'est pas à lire Ne-hhn- ternaire, le dernier signe, m, apparent, étant en réalité un *, et le nom
C' Erman, Der Konif; Nefer-re, dans I.Z., XXXIII (iScjS), \>. i/13.
C' Br. Muscum, n" Hj;.")') = Il au., Cololnirur Hc. , I (ipiSjjn" i5/i, \i. \()
se li'ouvaiil identique, par suite, au premier nom de khenzer de lu stèle connue du Louvre (ci-avant, cliap. ii, ^ ii). Mais l'analogie avec l'autre scarabée que nous venons de décrire, la correspondance des noms JSofirkare et Nojiire, montrent que très probablement les deux autres noms royaux, très semblables entre eux aussi, sont foncièrement identiques de la même manière, et par suite que, sur les scarabées de Berlin et Londres, il faut lire simplement \emnlre, en admettant la présence irrégulière d'un trait horizontal ou d'un ^— ■ redoublé au-dessous du .=__».
Il résulte de là qu'un nom royal, écrit Nofirhare ou Nojirrc , se présente plusieurs fois comme associé au nom de Nmiatre, sur des petits monuments analogues à ceux oîi l'on trouve associés Nemalre et Hor, Aouabre et Kliakare, et aussi, comme nous savons, Khanofirre et Khaankre : il faut donc joindre les noms de Nofirkare et Nojirrc à ceux des petits rois, des monuments rhvksôs:^ ou autres, qui se manifestent à l'époque des Sebekhotep. Remarquons que ces deux noms nouveaux ne sont pas complètement inconnus par ailleurs. La tilulature X\^ encadrée de pseudo-hiéroglvphes , se présente sur deux scarabées au moins ^^^ Le nom de Xofirkare, lui aussi, se rencontre assez fréquemment sur des scarabées, et, beaucoup plus remarquablement, il figure dans la composition du nom d'un certain vizir I-merou-NoJirkore , qu'on trouve mêlé à des affaires intéressant le souvenir d'un roi Sebekhotep : d'oii résulte, comme on voit, une conlirniation delà date de ce nom de Nofirkare. Le monument qui nous apporte ce renseignement est une statue provenant de Louxor, aujourd'hui au Louvre •^' ; elle est en grès, et représente un personnage de-
'*> Un à Berlin, n° 9007 : AusJ. Verzeichniss , 1899, p. hi%: un dans la foiloclion Grant : Neuberry, Scarahs, XX, 1 3 et p. 1^9.
-' Maiiiette, Karnak, pi. 8, r et texte, p. 45-, Pierbet, Mélanges d'arch. égyptienne, ÎII (1876), p. 63. Cf. Wiedemabn, Getch., p. 273, n. 2.
|7H| - ..»j.( 'iH7 ).c-i--
bout, 1111 peu plus jjrand (jucï nntun.', [xjilaiil sur la poitrine une prenii(To inscription en deux lignes (de droite à gauche) :
Le montant postérieur, à faces planes et verticales, rpii renforce la stabilité de la statue, port(; une autre inscription plus longue, en deux colonnes juxtaposées, gravées face à droite. Le texte donne :
^'kEl;;T^"{:i-fr(^^-L^' slalueaété
donnée à I-merou-Nofirkare, comme on voit, «par la faveur royale n , et en récompense des travaux accomplis pour le roi , dans le «Palais des millions d'années (nommé?) Hotep-ka- Sebrlxliotept. Il est clair que le roi Sebekhotep et le roi l\ofirkare, dont les noms ont servi à former celui de l'édifice et celui du personnage, doivent être à peu de chose près contemporains. On se rappelle, d'autre part, que i\ofirknre est aussi le nom solaire de l'un des deux princes obscurs, Binpou et Ahmès, nommés sur le socle d'une statue d'Harpocrate dont nous avons parlé à plusieurs reprises ^''. Cette dernière rencontre est d'un grand intérêt historique : elle tend à montrer que l'époque de Klianofirre, dont nous savons déjà qu'elle est celle de la première période 'fhyksôs», est aussi voisine de l'époque des Ahmès prédécesseurs de la XVIir dynastie.
(') Voir Ijf» Hykêôs, section II, chnp. i, et CompI«?ments , S ii, B.